COMMENT ON PROCÈDE AU LAVAGE DE L’ESTOMAC
Pour vider entièrement un estomac et le nettoyer à fondpar l’irrigation, il faut se conformer à quelques règles fondées sur l’expérience et sur la connaissance de l’état des matières qui le souillent ordinairement. •
La première règle et la plus importante est de faire passer dans l’estomac une grande quantité d’eau agitai d’un mouvement comme-circulaire.
Jetez, par exemple, dans un bocal de verre muni d’une sonde, un mélange de poudre de réglisse, de sciure grossière et de très petits fragments de bois.
Mettez cet appareil en jeu; calculez le temps et la quantité d’eau nécessaires à toutes ces parcelles, petites ou grosses, pour venir se placer dans la sphère d’aspiration du siphon, et vous jugerez du temps assez long et de la grande quantité d’eau nécessaires au nettoiement du vase.
Vous pouvez constater, en outre, deux autres phénomènes :
Le tourbillon, quelque puissant qu’il soit, ne soulève pas à la fois tous les corps étrangers. Il se forme un dépôt que le mouvement de l’eau détruit peu à peu. De plus, les
matières, plus ou moins volumineuses, qui viennent aux orifices du siphon, les obstruent quelquefois.
Voilà des phénomènes qui ralentissent le lavage du vase. Pour y porter remède, vous n’avez qu’à agiter de temps en temps le bocal : le dépôt disparaît, les orifices se dégagent et, dans un temps donné, il sort après la secousse une plus grande quantité de gros fragments.
Appliquez les résultats de cette expérience au lavage de l’estomac, et vous sentirez aussitôt la nécessité d’introduire, dans la cavité de l’organe, pendant une durée assez longue, une grande quantité d’eau et de l’agiter de temps à autre par des secousses de toux.
La quantité d’eau nécessaire au nettoiement de l’estomac doit varier sans doute avec son état. J’ai employé jusqu’à 23 litres d’eau, et l’on peut aller au delà. J’ai vu souvent l’eau revenir fort chargée de débris, après avoir coulé propre; j’ai vu quelquefois les derniers moments de l’opération donner tout à coup un liquide souillé, alors que la limpidité de l’eau rejetée par le siphon faisait supposer que l’organe était entièrement nettoyé.
Parmi les matières qui souillent et encombrent l’estomac, les unes sont libres, flottantes ou déposées, mais mobiles, et représentent des résidus alimentaires mêlés à de la boisson, à de la salive, à du mucus ou à d’autres produits anomaux; les autres sont adhérentes et formées de débris épithéliaux et de parcelles d’aliments englués pap des mucosités visqueuses qui les fixent à la paroi.
Il est aisé d’extraire les premières, et un eseconde règle sera de les diluer convenablement avant d’amorcer le
siphon, si l’on suppose que l’estomacne renferme qu’une petite quantité de liquide.
L’extraction des matières engluées fixées à la paroi n’est pas si facile. Pour les détacher et les rejeter au dehors, on doit opérer de la façon suivante, lorsqu’on fait usage de la sonde gastrique à double courant et c’est la troisième règle du lavage de l’estomac.
Vous enlevez d’abord les matières mobiles et, quand l’eau revient propre, vous fermez le conduit et vous laissez aller le siphon.
L’eslomac entièrement vidé, vous livrez brusquement passage à l’eau qui va jaillir avec force contre la muqueuse, l’arrose dans unegrande étendue et entraîne tousles débris adhérents qu’un simple contact avec l’eau aurait ramollis sans les détacher.
Renouvelez cette manœuvre à plusieurs reprises, en faisant tousser de temps en temps le patient, et vous arriverez au résultat désii'é.
Lorsqu’on tire l’eau d’un réservoir suffisamment spacieux, le lavage de l’estomac au moyen de la sonde gastrique à double courant est une manœuvre très simple; mais il n’en est pas tout à fait ainsi, lorsqu’on puise à l’irrigateur.
L’irrigateur, en effet, quelque grand qu’il soit, n’ayant jamais la capacité suffisante pour donner la quantité d’eau nécessaire, on est obligé de le charger plusieurs fois; et cette manipulation devient aisément fastidieuse et fatigante.
11 vaut mieux alors faire jouer l’appareil d’une autre façon.
Je procède d’abord au déblayage de la cavité gastrique
en usant du gros tube de ma sonde en guise de siphon stomacal ; et je ne me sers du petit tube et de l’appareil entier que dans les derniers temps de l’opération et pour nettoyer à fond la muqueuse.
J’opère d’ailleurs ainsi toutes les fois que j’emploie loin des sources, quelque eau minérale naturelle; enfin, lorsque je veux simplement irriguer l’estomac ou donner une douche stomacale.