et 25° C
blesse, que la réaction ne se fit pas convenablement. Deux personnes, tenant à la main une grande casserole, étaient placées à côté de ces baquets. Le malade, débarrassé de ses vêlements, enveloppé dans une nappe comme dans un hamac, la tête seule couverte d’un serre-tête en taffetas ciré, était enlevé par deux personnes, tenant les deux extrémités du hamac et placé, ainsi suspendu, dans la partie la plus élevée de la baignoire : aussitôt les deux personnes placées à droite et à gauche, remplissant leurs casseroles dans les baquets, lançaient avec force l’eau dont elles étaient pleines sur le malade, dans la direction de la tète vers les pieds, d’une manière alternative, de sorte que l’affusion fût presque continue pendant le temps qu’elle durait. Ce temps était de quinze à trente secondes, pour les premières fois, chez les sujets très faibles; d’une .à deux minutes dans les affusions suivantes et chez les sujets moins débilités. L’affusion achevée, le malade était emporté nu sur un lit de camp, essuyé rapidement, mais complètement, avec du linge non chauffé, puis enveloppé dans un vaste peignoir de flanelle, où il était frictionné jusqu’à ce que la chaleur fût partout et convenablement rétablie.
» L’opération terminée, le malade prenait un aliment beaucoup plus substantiel que celui auquel il était depuis longtemps réduit. C’était, selon l’ancienneté du mal, tantôt un potage ou une rôtie de pain dans un bon bouillon, tantôt une aile de poulet ou même un morceau de bœuf ou de mouton rôtis, en lui laissant le choix d’en avaler une partie, s’il était tendre, ou de se borner à en bien exprimer tout le jus, dans le cas contraire. Ces affusions étaient répétées deux fois le jour, vers dix heures
du malin et vers cinq heures du soir, et chacune d’elles était suivie d’un repas analogue.
» J’ai employé souvent ces affusions et, si j’en excepte quelques cas rares dans lesquels les malades, dirigés par Récamier lui-même, prenaient trois fois le jour et souvent à contre-cœur de la viande, en quantité qui me paraissait trop considérable, je ne me rappelle pas avoir vu survenir d’aggravation; loin de là, tous ont éprouvé une amélioration immédiate, passant d’une abstinence presque absolue à l’usage d’aliments substantiels et abondants, d’un état qui semblait désespéré au sentiment d’un bien-être soudain et d’une guérison prochaine.
» L’immersion se fait comme l’affusion; seulement, au lieu de recevoir sur le corps l’eau qui y est lancée, le malade est plongé, suspendu sur le hamac, dans l’eau dont la baignoire est à moitié remplie. La durée de chacune de ces immersions ou de ces plongeons, qu’on répète six à dix fois, selon la manière dont ils sont supportés, ne dépasse pas quelques secondes.
» L’affusion est généralement mieux supportée. L’eau qui glisse sur la surface du corps produit moins de refroidissement; la percussion du liquide prépare mieux la réaction et assure davantage les bons effets de l’eau froide. Toutefois, il est quelques sujets très impressionnables, parmi les femmes en particulier, qui redoutent cette projection de l’eau et préfèrent être immergés. Chez ceux-là on peut employer l’immersion pour commencer, sans renoncer à la remplacer, quand faire se pourra, par les affusions.
» Quel que soit le mode préféré, on doit généralement continuer ce moyen deux fois le jour d’abord, puis une
fois, pendant au moins quelques semaines, pour mettre le malade cà l’abri du retour des accidents1 »
Ce que vient de dire Chomel des affusions d’eau froide et des immersions doit s’entendre des différentes espèces de douches; mais les douches ne sont applicables qu’aux cas de moindre gravité et lorsque le malade peut aller et venir sans trop de fatigue.
Les applications externes d’eau froide excitent vivement la périphérie, et cette excitation se communique à toutes les parties musculaires de l’organisme. Il en résulte une action tonique névrosthénique puissante qui réveille le besoin d’agir et de se restaurer; et ramène par degrés à son état naturel le jeu des organes digestifs. Les bains d’eau gazeuse vont nous livrer une action médicinale analogue.
Les eaux minérales naturelles tiennent en dissolution différents gaz : l’azote, l’oxygène, l’hydrogène sulfuré, l’acide carbonique, par exemple. Considérées sous ce point de vue, on pourrait dire de l’universalité des eaux minérales naturelles qu’elles sont gazeuses. Toutefois, on donne plus spécialement le nom d’eaux gazeuses à celles qui bouillonnent au point d’émergence et pétillent dans le verre ou se troublent passagèrement par la formation de bulles nombreuses. Ce phénomène est particulièrement remarquable dans les eaux minérales naturelles chargées d’acide carbonique : c’est pourquoi- le nom d’eaux gazeuses est presque exclusivement réservé aux eaux qui tiennent en dissolution une proportion no-