DE LA POMPE GASTRIQUE
Je décrirai deux sortes de pompes gastriques : celle de M. Collin et la pompe dont le corps est formé d’une seringue ordinaire. Je commence par la pompe gastrique de M. Collin.
La pompe gastrique de M. Collin est en caoutchouc durci. Son corps est monté sur un robinet à double effet, dont la clef a la tournure d’un manche arrondi. L’une des embouchures du robinet est dans Taxe de la pompe et l’autre perpendiculaire.
A la première embouchure s’adapte le tube de caoutchouc anglais qui met en communication la sonde et la pompe; càla seconde, un tube de même matière, muni à son extrémité d’un anneau de plomb.
Un petit bâton d’ivoire, fixé dans le col du manche, sert à la manœuvre du robinet. Est-il horizontal? le corps de pompe est en communication avec la sonde et partant avec l’estomac; est-il vertical? cette communication est interrompue et le corps de pompe communique avec le tube à anneau de plomb.
Ainsi, par un mouvement de rotation du manche ne
dépassant pas le quart de cercle, on ouvre ou l’on ferme l’une ou l’autre voie.
La pompe gastrique de M. Collin, grand modèle, peut contenir environ 80 grammes d’eau.
Je vais expliquer le jeu de cette pompe.
La pompe étant fixée à la sonde et le tube à anneau de plomb introduit dans un vase plein d’eau, vous saisissez le manche de la main gauche et le piston de la droite; le bâton d’ivoire est, je suppose, perpendiculaire. Vous tirez lentement sur le piston, et le corps de pompe se remplit d’eau. Alors, ramenant à la position horizontale le bâton d’ivoire, vous poussez le piston, et l’eau chassée dans la sonde arrive à l’estomac.
Tel est le premier temps de la manœuvre; voyons le second.
Le bâton d’ivoire est horizontal. Vous tirez lentement sur le piston, et le corps de pompe se remplit des matières puisées dans l’estomac. Alors, ramenant à la position verticale le bâton d’ivoire, vous poussez le piston, et les matières chassées dans le tube à anneau de plomb tombent au dehors.
La pompe gastrique de M. Collin est un véritable bijou ; mais vraiment sa capacité est trop faible et je trouve sa manœuvre fatigante. Pour mettre un litre d’eau en mouvement, il faut près de trente coups de piston; et, en effet, on n’introduit guère dans le corps de pompe, à chaque aspiration, que 65 à 70 grammes d’eau.
La seconde pompe gastrique est plus simple; elle n’a pas de robinet et son corps peut contenir 250 grammes d’eau.
C’est une grande seringue dont la canule, présentant
un large orifice, est disposée de manière à se fixer dans l’embout de la sonde. On la manœuvre d’ailleurs à la façon d’une seringue ordinaire.
Veut-on jeter de l’eau dans l’estomac, on charge la pompe, on l’ajuste à la sonde et l’on pousse le piston. Au contraire, veut-on vider l’estomac, on tire lentement le piston. La pompe remplie, on la dégage et on la décharge des matières puisées dans la cavité gastrique, en poussant le piston.