‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 2)Chapitre 1 sur 67 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

sent presque toute la théorie des cophoses; de même que l’application banale des -vésicatoires, l’instillation dans l’oreille externe de quelques liquides insignifiants, la perforation aventureuse de la membrane du tympan, comprennent toute la thérapeutique de ces maladies.

Les anciens traités de Duverney, de Valsalva, la compilation de Trnka, n’offrent que des notions fort incomplètes, et quelques opuscules publiés sur le même sujet par des anatomistes et des médecins dont s’honorent la France , l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie et Genève, ont plutôt marqué que rempli le vide qui se fait apercevoir dans cette partie de l’art. J’ai conçu le projet de faire disparaître cette vaste lacune, en prenant cette classe de maladies, presque totalement inconnues, pour sujet de mes recherches. Je l’ai fait non par goût ni par choix, mais par occasion et par devoir ; car c’en est un sans doute, pour tout médecin placé à la tête d’un de ces asiles ouverts aux infirmités humaines, de dire ce qu’il a vu, ce qu’il a fai), pour les soulager, et de faire tourner au profit de l’humanité la confiance dont il fut honoré.

Attaché depuis près de vingt ans à un hospice de sourds, j’ai dû recueillir sur cette classe d’infortunés un grand nombre d’observations, m’é-

clairer par des recherches multipliées, et déduire de tous ces faits des considérations et des indications nouvelles : tels sont les principaux éléments de ce traité. J’y ai travaillé de longues années, le quittant et le reprenant sans cesse, tantôt arrêté par l’aridité du sujet, tantôt excité par l’espoir d’arracher au domaine de l’empirisme, et d’élever à la hauteur des autres parties de la médecine, cette branche négligée et presque dédaignée de l’art de guérir. Mais quand mon ouvrage a été achevé, quand j’ai pu en juger l’ensemble, et le comparer à quelques-unes de ces belles monographies qui ont illustré l’époque aotuelle, j’ai été peu satisfait de mes travaux : probablement je les eusse condamnés à ne jamais voir le jour, si je n’avais cédé aux encouragements de l’amitié, et à l’espoir d’avoir produit, sinon un ouvrage régulier et complet, tel que je l’avais d’abord ambitionné, du moins un livre utile, quoique bien imparfait et entaché de beaucoup de défauts.

J’ai cru d’ailleurs pouvoir me rendre cette justice, que, parmi ces défauts, les plus importants tiennent à la nature de mon sujet; tels sont la disposition de mes matériaux, la classification des espèces, et surtout le petit nombre d’observations cadavériques qu’il est possible de se pro-

préface.

curer dans les maladies qui, comme celles-ci, ne se terminent presque jamais par la mort. Il suffira sans doute a mes lecteurs de se proposer ces difficultés, pour me trouver excusable de n’avoir pu les surmonter. Quant aux autres défauts, qui tiennent moins au sujet de l’ouvrage qu’aux moyens de l’auteur, je les avoue nombreux, sans toutefois les croire assez importants pour affaiblir les avantages de ce traité, et m’ôter la modeste satisfaction d’avoir, je le répète, fait une oeuvre utile. Si j’ai atteint ce but, tout mon espoir est rempli, et l’on me pardonnera d’avoir donné un livre de plus à une science qui en compte déjà un si grand nombre.

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