‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 2)Chapitre 40 sur 67 · POLYPES DU CONDUIT AUDITIF · texte numérisé non relu

POLYPES DU CONDUIT AUDITIF

il reçoit le contact du caustique, à l’usage duquel on se voit quelquefois contraint de renoncer pour cette raison. Dans ce cas, ajoute M. Kramer, on se trouve bien de 1 injection avec une dissolution d’acétate de plomb, qu on peut porter jusqu’à un demi-scrupule par once d eau. La seule difficulté que son usage présente est de faire sentir la nécessité d’injections journalières à un malade qui se croit guéri, parce que la petite portion restante du polype ne lui cause plus aucune gène ; et cependant l’usage en doit être continué pendant des mois entiers, sans quoi l’action nécessairement lente de ce moyen ne produit aucun effet.

L’art est à peu près impuissant lorsqu’il s’agit de polypes durs, insensibles, à base large. Les ligatures et l’instrument tranchant ne sauraient être appliqués à ces excroissances, qu’on pourrait tout au plus attaquer avec les caustiques ; mais la cautérisation cause de vives douleurs; ils’ensuit une irritation dont le résultat final est d’accroître encore le volume de la tumeur et les accidents u’elle détermine, en appelant davantage de sang à l’endroit où siège la racine. La potasse caustique, le beurre d’antimoine, et autres escarrotiques analogues, ne réussissent pas mieux que le nitrate d’argent. De profondes scarifications faites sur les excroissances ne produisent pas non plus de soulagement, et l’application des caustiques n’est que plus douloureuse ensuite. Dans un seul cas de ce genre, M. Kramer croit être parvenu à diminuer un peu les souffrances du malade, en déterminant, au moyen de la pommade d’Autenrieth , une suppuration abondante derrière l’oreille; mais même à cet égard, des doutes sont restés dans son esprit' parce qu’il n’eut recours au dérivatif qu’après avoir été

forcé de renoncer à la pierre infernale, qui avait produit une violente inflammation, et parce que le même moyen n’a été suivi d’aucun effet dans d’autres cas. En général, dit-il, c’est des injections faites avec l’acétate de plomb liquide que les malades obtiennent le plus de soulagement.

Ce n’est pas seulement sur les parois du conduit auditif que des polypes peuvent se développer : on en voit aussi quelquefois sur la membrane du tympan elle-même, où ils sont également de deux espèces, les uns véritablement fongueux , les autres pour ainsi dire calleux. A l’égard des premiers, c’est surtout l’acétate de plomb qu’on doit employer , car la pierre infernale présente de grandes difficultés, ët demande beaucoup de prudence pour être appliquée avec soin, et sans craindre de nuire. Quant aux seconds, tout traitement est inutile. Lors même, dit M. Kramer , qu’on parvient à détruire l’excroissance polypeus j j u dernier reste, sans entame: 1 ni du tympan, on ne doit pas s’attendre au rétablissement parfait, ni même souvent à une amélioration considérable de l’ouïe ; les polypes produisent, en effet, des changements tels dans la structure de cette membrane, qu elle perd à jamais, en totalité ou en partie, la capacité de transmettre les ondes sonores à l’oreille interne.]

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