CHAPITRE XV
De l’inflammation de la trompe d’Eustache.
Les affections morbides du conduit guttural de l’organe auditif portent un préjudice plus ou moins notable au sens de l’ouïe; celles de ces lésions qui nous sont
INFLAMMATION DE LA TROMPE d’EUSTACHE. 345 le plus connues, et qui méritent le plus d’attention, sont l’inflammation et l’occlusion de la trompe.
Il est très-rare que la trompe d’Eustache soit atteinte isolément de phlegmasie. Presque toujours l’inflammation fait partie ou est la suite d’une angine, d’un violent coryza, d’une otite interne, de la phlogose vénérienne, été. Quand, dans le cours ou à la fin d’une angine, ou après la rescision des amygdales, T inflammation s’empare de la trompe d’Eustache, elle se propage jusque dans la caisse, et il peut arriver que le produit de cette fluxion catarrhale, au lieu de s’évacuer par le conduit guttural de l’oreille, se fasse jour par le conduit auditif, en rompant la membrane tympanique ; c’est là un des accidents le plus à craindre dans l’inflammation de la trompe.
Les symptômes de cette phlegmasie sont, outre ceux qui appartiennent à l’angine gutturale, une douleur plus ou moins vive dans l’intérieur de l’oreille, qui se fait sentir surtout à l’instant de la mastication et de la déglutition, et dans l’aspiration que nécessite l’action de se moucher. Il s’y joint un bourdonnement continuel et un degré variable de surdité.
Cette affection inflammatoire doit être traitée, comme celle qui affecte l’arrière-bouche, par des évacuations sanguines, des délayants, des gargarismes et des pédiluves. Un moyen très-avantageux à joindre à ceux-là, est de faire respirer au malade des vapeurs émollientes, et de lui recommander de les refouler avec force vers le fond de la gorge, en fermant la bouche et les narines.