livre de liquide, et sur-tout le tabac, soit mâché, soit
en fumée au moyen de la pipe. Deux ou trois fois ,
dans l'espoir de réussir au moyen d’une abondante
salivation, j'ai employé les frictions mercurielles qui ont produit le ptyalisme, mais nullement la
guérison désirée. Après avoir employé des errhins
de toute espèce, j'ai fini par donner la préférence au
suc de poirée, et.à une poudre composée de fleurs de muguet et de fleurs d’arnica, à parties égales.
Une classe de dérivaufs qui dégagent d'une manière plus immédiate encore l'organe auditif, est celle qui se compose des moyens propres à augmenter et à dénaturer la sécréuon cérumineuse, au point d'établir une véritable otalgie. L'inflammation du conduit auditif externe, cause assez fréquente de surdité, peut devenir, entre des mains habiles, un moyen de guérison. J'ai eu connaissance de quelques cures produites par ce moyen dont lacuon était tout-à-fait ignorée tle ceux qui le mettaient en œuvre, et qui se prévalaient de lexcellence d'un remède secret propre à attirer en de-
DE LA SURDITÉ EN GÉNÉRAL. 67 hors, disaient -ils, l'abcès formé en dedans. Tous ceux de ces remèdes dont j'ai pu connaître , d’une manière ou d'autre, la nature, se composaient de substances the d AB NIaRS le canal, telles que le suc de joubarbe où de rue, la décoction de cabaret, eic. On trouvera, à l’article de la surdité de naissance, la formule d’un de ces remèdes, quieut une grande vogue à Bordeaux, et dont j’achetai le secret. Une application beaucoup plus simple, et qui manque rarement de faire fluer le conduit auditif, est celle de la moitié d'un pain sortant du four, arrosé avec de l'huile de rue, et mis sur la conque auditive, après, avoir nsillé dans l'oreille, pendant quelques jours, deux ou trois gouttes de cette même huile, ou après l'avoir tamponnée avec un de enduit de la pommade ophthalmique de Desault. Quelques substances tout-à-fait inertes m'ont paru provoquer cet effet par leur seule présence comme corps étranger. Tel était le remède qu'employait un curé de campagne, et qui consistait à remplir le méat auditif d’une espèce de mastic fait avec de la farine de fèves, du plâtre et de l'urine. Le tampon, après une semaine ou deux de séjour, provoquait une crise de douleur et un suiniement qui, en humectant ce corps étranger, en facilitait l'expulsion, et était quelquefois suivi de la guérison. J'ai voulu connaître aussi les effets du tamponnement : quelques essais de ce moven m'ont fourni une ob-
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servation des plus curieuses : c'est que, dans beau: coup de surdités, si le conduit auditif, après avoir été, pendant quelques jours, soustrait complétement à l'action des ondes sonores par le tamponnement, s'y trouve exposé de nouveau .par l'extrac- ‘ton subite du tampon, l'ouie s'exécute parfaitement, pendant quelques heures, au bout desquelles l'organe redevient ce qu'il était avant le tamponnement. J'ai vu, chez une dame sourde, l'extraction d'un corps polypeux du conduit audiuf n’avoir pour résultat que la disparition momentanée de la surdité. | |
Les purgaufs n’ont du succès qu'autant que la constitution du sujet permet de les employer fréquemment el à haute dose. J'ai été témoin d’une guérison produite par cette méthode; mais ce fut avec une telle détérioration de la santé , que je n'aurais pas voulu d'un succès obtenu à ce prix. Une marche plus prudente nous permet quelquefois de guérir où de diminuer la surdité par ces violents dérivatifs. J'emploie à cet effet la scammonée avec le mercure doux. Le succès le plus complet que j'aie obtenu par ce moyen, fut dû à l'usage des pilules purgatives de Rotrou, scrupuleusement préparées selon sa inéthode. Chez les personnes habituellement constipées, ou qui'ne peuvent supporter les purgaufs répétés, on emploie avantageusement les
lavements drastiques.
DE LA SURDITÉ EN GÉNÉRAL. © 69 Les sueurs m'ont paru n'oflrir qu’une dériva=. tion impuissante dans les affections morbides de l'organe auditif. Provoquées par les sudorifiques internes, elles dérivent d'une excitation générale du système sanguin, dont les vaisseaux cérébraux, et, par conire-coup, l'oreille, se trouvent toujours mal. Les exercices violents, comme Ja marche accélérée, l'équitation rapide, n'agissent sur la peau qu'accompagnés des mêmes inconvéments. L'étuve, les bains de vapeur sont immé= diatement suivis d’une augmentation de la surdité, sur-tout s’il y a bourdonnement. Enfin je ne trouve, dans cette classe de remèdes, que l'application des vêtements chauds, propres à entretenir une douce transpiration , qui produise du bien. C'est surtout aux pieds que la laine et le taffetas gommé opèrent le bon effet qu’on en attend. L’indication est d'autant plus évidente que, presque toujours, les personnes affectées de surdité se plaignent, par les temps les plus doux, d’un froid continuel aux pieds. J'ai observé aussi que la transpiration de la tête, provoquée par les mêmes moyens , était avantageuse aux sourds, sur-tout à ceux qui ont perdu leurs cheveux et qui ont été, dans leur jeune âge, très-sujets aux abondantes transpirations de la tête, lesquelles ont diminué ou tari depuis l'invasion de la maladie. | Les autres dérivatifs cutanés, connus sous le