‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 3)Chapitre 24 sur 45 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

De la surdité avec perforation de la membrane

du tympan.

L'’ororrxéE interne purulente ou puriforme, ne se montrant presque jamais sans être précédée de l'ouverture de la membrane qui ferme la’cavité du tympan, il serait surperflu de traiter séparément de cette dernière lésion, si on ne la rencontrait fréquemment dans l'état de simplicité, et tout-à-fait indépendante des écoulements par l'oreille. En l’étudiant ainsi isolément, on peut déterminer l'influence que cette lésion exerce sur les fonctions de Vouie. Dans la partie de cet ouvrage qui traite des maladies de l'oreille, et de la perforation accidentelle de cette ATOS nous avons vu que cette lésion élait susceptible d guérison , et que dans les cas mêmes où l'ouverture ne se refermait pas, l'ouie quelquefois n’en ‘éprouvait aucun préjudice; mais nous avons fait remarquer aussi que fort souvent le contraire arrivait ; c’est donc ici le lieu où il con: vient de traiter de cette espèce de surdité.

Si l'ouverture faite à la membrane est considérable , telle surtout qu’elle comprenne le point d’inserüon du manche du marteau , une surdité plus ou moins prononcée en est la suite immédiate, ou du moins peu éloignée. Ce résultat est encore plus inévitable , si la membrane à été dilacérée ou détachée dans toute sa circonférence; enfin, le tort fait à l'audition est d'autant plus grave, d’autant plus prompt que les osselets : renfermés dans la caisse ont été compromis davantage par cette lésion traumatique. Lors même que la déchirure ou l’ou- verture de la membrane est peu considérable et éloignée du point d'insertion du manche du marteau, il en résulte, si cette ouverture ne se referme pas promptement, que tôt ou tard l’ouïe finit par s’affaiblir ou se perdre. Néanmoins cette lésion ne doit pas être regardée comme la cause matérielle de la surdité qui se manifeste plus ou moins long-temps après; il y a lieu de croire que l'air extérieur pénétrant Hbrement dans la caisse, par suite de cette lésion , enflamme la membrane qui tapisse cette cavité et détermine la chute des osselets. [l'est impossible d’ailleurs que les frêles et molles ramificaons du nerf audiuf nefinissent point par perdre leur sensibilité, exposées comme elles le sont, après la déchirure de la membrane, à l’action im- médiaie de l'air extérieur et des ondes sonores.

Voilà, si je ne me trompe, ce qui explique pour-

quoi la surdité causée par la destruction de celte membrane ne survient souvent que long - temps après cet accident; d’un autre côté on a vu quelquelois une simple piqüre faite à cette cloison, et qui s'est même refermée spontanément au bout de quelques jours, produire une surdité complète et incurable : autre preuve que la lésion de la membrane ne produit par elle- - même aucun effet fàcheux sur audition.

Au reste, de.quelque manière que survienne cette espèce de surdité, immédiatement, ou long-temps après l'ouverture de la membrane complète OU in= complète, je n’ai vu aucun de nos moyens curaüls rationnels où empiriques en amener ni guérison. mi la dimmuuon. .

LXXXIX"®" oBsERvATION. — Une jeune demoiselle, âgée de 13 ans, avait éprouvé dans son bas âge; : plusieurs écoulements par les oreilles, mais pas" sagers, peu copieux, et qui , ne paraissant nuire en aucune manière-à l'audition , firent penser aux parents qu'il n'était besoin d'aucun traitement pour prévenir le retour de ces sortes de fluxions. Nulle récidive, en eflet , depuis trois ans jusqu'à sept, épo- | que où l'oreille droite commença de nouveau à fluer, mais plus abondamment et avec plus de Abe qu'auparavant, et avéc un symptôme qu'on n'avait point remarqué pendant les autres écoulements. On s’aperçut qu'à mesure que cette enfant se mouchait

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