‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 3)Chapitre 28 sur 45 · DELA SURDITÉ AVEC DISJONCT. DES OSSELETS · texte numérisé non relu

DELA SURDITÉ AVEC DISJONCT. DES OSSELETS

oreilles furent presque immédiatement affectées de douleurs sourdes , que suivit bientôt un écoulement des plus abondants, lequel entraîna au dehors, nonseulement les osselets de l'ouie, mais encore des fragments d'os appartenant aux cavités labyrinthiques. Du côté droit, le dépôt fut encore plus considérable ; et s’étendit dans l'intérieur de Papophyse mastoïde qui, perforée par la carie, devint le siége d'un ulcère fistuleux, d’où sortirent à diverses époques des esquilles appartenant aux cellules mastoïdiennes. En même temps , perte complète de . louïe, abolition de la parole, non-seulement par le défaut d’audition, mais encore par un état de paralysie dans lequel étaient tombés les muscles de la langue et ceux de la mâchoire, au point que le mafade était obligé d'aider à la mastication en faisant agir la mâchoire inférieure avec sa main. Au bout de quaire ans l'écoulement des oreilles tarit, mais sans aucune diminution de la surdité. Avant ce temps même les organes de la parole et de la mastication avaient repris en parüe leurs fonctions, mais nullement leur ton naturel; car à l'âge de douze ans, époque à laquelle cei enfant me fut présenté, il avait continuellement la bouche ouverte, les lèvres et le menton baignés d’une salive visqueuse, l'haleine fétide, la langue grosse et flasque ; cependant la mastication s'exécutait sans peine. Je mis mon doigt dans sa bouche en l’engageant par

signe à le presser avec les denis , et il me mordit assez fortement. Les fonctions des organes de la voix se bornaient chez cet enfant à répéter quelques mots, quil rendait avec ce ton mignard, enfantin qui accompagne les premiers essais de la parole; mais ce n'était que forcément et par l'appat des récompenses, que ses parents obtenaient de lui ces stériles répétitions. Il en était honteux et faisait entendre que ce n'était qu'aux petits enfants qu'il convenait de parler. Sans doute que se rappelant n'avoir parlé que dans son bas âge, il supposait que passé ce temps-là , tous les hommes renoncäient comme lui au don de la parole, comme à une habitude de l’enfance (1).

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