ÀG DEUXIÈME PARTIE, LIVRE 11, SECTION II
che que je suis, pour résoudre ces difficuhiés, quand on m'appelle pour prononcer sur la cause de ces.
sortes de mutisme. mil.
Je m'assure d’abord si Ét nest pas alteint d’idiotisme , ce qu'on ‘reconnait à sa physionomie inattentve , à sa turbulence, à ses iransports non motivés de joie qu de colère, à à ses caresses sans expression et automatiques, envers ses parents. | is
Lorsqu'il n'est pas tdi, ÿ peut Pre se préter aux épreuves sonribé il faut soumetire l’ouie pour en calculer l'activité. Je me sers, pour cette expérience, d’un instrument de mon invention, pro- | pre à déterminer les différents degrés d'audition, et que, pour cette raison, j'ai nommé acoumètre (1 }. Je le fais placer devant l'enfant , que j'exerce à lever un doigt à chaque coup que le battant frappe sur le cercle. Quand il est toui-à-fait familiarisé à ceiexercice, je léloigne de l'instrument à la distance de cinq mètres, et je lui bande les yeux. Tirant alors de l'instrument les sons les plus forts, je descends jusqu'aux plus faibles, qui, à eetie distance, nepeuvent être perçus que par des oreilles bien organisées, Je m'assure par-là si l'audition a l'étendue qu'elle doit avoir, et, dans le cas contraire, à quel degré l'organe est affaibli. Si l'enfant est idiot, cette épreuve
(1) Voyez les planches.
DE LA SURDITÉ EN GÉNÉRAL, ÉT estimpossible ; mais quoique, en général, toute tentative pour s'assurer de Pétat de Paudition soit alors superflue, il est des cas où l'on peut être appelé à prononcer encore sur ce point, et où cette connaissance n'est pas tout -à - fait sans uulité pour juger sainement de l’état moral de RAA et de son développement AE. à
Après d'nnombrabies tentatives ; plus ou moins infr uctueuses, auxquellesÿ ai eu recours en pareilles circonstances, jai été conduit à imaginer celle-ci, comme Îa plus infaillible. ;
On enfermef enfant. dans la chambr eoùil © cb etdans laquelle son lit est placé de telle manière qu'il puisse être aperçu par un peut trou fait à la porte. Le matin , on laisse passer l'heure de son lever et de son déjeuner, et quand on l’aperçoit bien éveillé dans son lit, on passe brusquement la clef dans la serrure, en examinant l'effet que produit un pareil bruit. Si cet effet est nul, si l'enfant ne fat aucun mouvement pour se lever , il faut le regarder comme sourd; si, au contraire, il a donné des signes d’audes on refait l'épreuve les jours suivants, en ouvrant la porte de plus en plus doucement. On parvient même, au moyen de ces épreuves successives, à connaitre avec exactitude l'intégrité de l'audition, ou le degré de dysécée.
$ I. Nous examinerons ailleurs les différences qui constituent les diverses espèces de, surdité : il
n'est question 1ci que des variations que présente cette lésion, mdépendamment des causes qui l'ont produite. |
C'est une chose remarquable que la diminution en quelque sorte partielle de la sensibilité auditive, et qui est telle, que l’ouïe s'affaiblit pour certaine espèce de perception, tandis qu’elle reste intacte pour certaine autre. J'ai vu des personnes devenues sourdes , ne pouvoir se prêter à la conversation, ét cependant conserver toute leur aptitude à goûter la musique et à faire leur partie dans un concert. Il s’en est présenté à moi d’autres, pour qui la parole et la musique n'étaient qu'un bruit confus, et qui entendaient nettement et disüinctement les bruïts les plus faibles, pourvu qu'ils fussent émis isolément. Il en est qui recouvrent momentanément l’ouïe au milieu des bruits les plus éclatants ou les plus tumultueux, tels que le roulement d’une voiture sur le pavé, la percussion du tambour, la sonnerie des cloches, etc. tandis que d’autres perdent toute leur surdité dans une conversation à voix basse, pourvu que le plus
profond silence règne autour d'elles. | |
Les différences qui résultent des divers degrés d'intensité de la maladie méritent d’être notées. Quoique sous le point de vue des indications curaüves et de l’étiologie, il n'y ait aucune différence entre l’affablissement et la perte de l’ouie, les conséquences en sont bien différentes, comme on le
DE LA SURDITÉ EN GÉNÉRAL. 49 verra par la suite, sur-tout lorsqu'il s'agira de la surdité de naissance.
Le vague de ces expressions, affaiblissement , dureté d’ouïe , surdité légère, m'a fait chercher à préciser les différents degrés de la même lésion ; au moyen de l'instrument dont je viens de parler.
Cet instrument ne me sert pas seulement à mesurer la surdité relative des personnes qu'afflige une pareille infirmité, mais encore à noter, quand elles sont soumises au traitement, les améliorations progressives du sens auditif. Un jour, sil devenait d’une application générale, s’il prenait sa place parmi les instruments dignes de figurer dans les cabinets des physiciens et des médecins, on en reürerait un autre avantage, celui de pouvoir préciser rigoureusement l'audition relative de tel ou tel individu (1), ou le degré d’affaiblissement de son oule. +
Afin de prévenir toutes les variations auxquelles pourrait donner lieu la confection d’un instrument plus compliqué, j'ai, après plusieurs essais, fait choix d’un simple cercle de cuivre qui, confectionné sur les mêmes dimensions , donnera toujours, per-
(1) C’est pour l’employer à cet usage que le capitaine Freyssinet a emporté un pareil instrument, lors de son départ pour les Terres australes, se proposant de s’en servir pour mesurer le degré d’audition des peuples sauvages qu’il aurait occasion de visiter. |
90 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE Il, SECTION IN.
cuié à force égale, le même son.’ Il n’en eût pas été de même d'un corps sonore fait avec la matière des cloches jetée en fonte; jai éprouvé que des sonnettes, des timbres d une dimension et d’un poids parfaitement égaux, sortant d'un même moulé, et frappés avec la même force, ne donnaient ] Jamais un son parfaitement égal. | |
Le corps sonore le plus simple et le pit invariable étant’trouvé, il m'a fallu chercher un Corps frappant, d’ uné Peine également simple et facile à déterminer. La forme sphérique 1w’a offert cet avantage, et je m'y SUIS arrêté. Il ne s'agissait plus que ‘de trouver un mode de percussion tel qu'on püt en
régler et en déterminer rigoureusement lintensité.
J’arrivai à la solution de ce problème, ‘en prénant pour mesure de la percussion les différents degrés d'écartement d’un pendule destiné à la produire, et marqués sur un cadran par une aiguille ajoutée à. l'extrémité supérieure. de ce balancier. Un coup d'œil jeté sur la planche sufhra pour avoir uñe idée Roue de l’'acoumètre.
. $ IT. Le début de la surdité est. Le plus souvent insensible, et l'on s'aperçoit qu'on entend plus diffcilement qu lautrefois, ou que touie autre per sonne, sans pouvoir àssigner le commencement de cette fablesse de louie. D'autres fois, l'époque de l'invasion a été marquée par quelque maladie dont la surdité est la suite, comme une angine ,-un ty.
DE LA SURDITÉ EN GÉNÉRAL. Df phus, un érysipèle facial, des céphalalgies, une otorrhée, etc. La maladie fait ensuite des progrès très-variables , tantôt elle augmente insensiblement jusquà l'abolition complète de l’ouïe, tantôt, après être restée au même degré pendant plusieurs années, ellé empire subitement; d’autres fois, au contraire , après avoir augmenté pendant plusieurs années , et lorsque tout porte à croire que l'approche de l’âge avancé complétera cette infirmité, on voit subsister pendant de longues années un faible et précieux reste d’audition. Malheuteusement ce n’est pas là le cas le plus ordinaire, presque toujours la surdité augmente dans la vieillesse; elle acquiert également de lintensité à l'époque de la cessation des règles, et devient momentanément plus profonde à l'approche de chaque évacuation périodique, après des inquiétudes W'esprit, des repas copieux, des courses rapides, et particulièrement sous l'influence d’une température froide et humide. Les circonstances opposées produisent une diminution, et quelquefois une disparition complète de la surdité. J'ai vu des personnes qui n'étaient sourdes que l'hiver, “ou lorsque des hémorroïdes fréquemment fluentes, tardaient à se rouvrir. Parmi ces surdités intermittentes, la plus curieuse que j'aie observée, est celle d’une ; jeune fille de huit ans qui perdait constamment louïe toutes les fois qu’en la peignant, on par-
venait à approprier complétement sa tête. La SUT—
dité durait jusqu’à une nouvelle reproduction des insectes parasites dont on l'avait débarrassée. |
K IV. La surdité est assez souvent une maladie isolée ; mais souvent aussi elle se complique d'autres états ur qui sont tantôt la cause, tantôt l'effet de la lésion acoustique, et, quelquetois seulement, la suite d'une cause commune. Parmi les organes qui se montrent en souffrance quand l'oreille est lésée, il faut placer au premier rang l'encéphale et ses à pendances. Cet état se marque par des céphalées opiniâtres, des vertiges, une disposition apoplectique, un état de torpeur, un affaiblissement des sens internes, et sur-tout de la mémoire. :
. L'ouïe est de tous les. sens , Celui qui se ressent le plus-promptement des moindres dispositions mor-
bides du cerveau, et celui dont les relations, tant …
physiologiques que pathologiques avec cet org ane, ont le plus d'activité. ÎLest peu de sourds quin aient observé 1 influence du chagrin, des travaux de l’esprit sur Jeur infirmité. On connait les profondes distri de ce sens dans la méditation et dans les grandes préoccupations de l’âme; et l’on peut remarquer que l’ouïe, plus fréquemment que la vue, que le goût, que l'odorat, se trouve affaiblie par une attaque d’'apoplexie. J'ai observé aussi que parmi les idiots , beaucoup sont sourds, qu'ils ont rarement loue Re: et que, d’un autre côté, parmi les sourds de naissance, on én trouve un assez grand
DE LA SURDITÉ EN GÉNÉRAL. 23 nombre affectés d’idiotisme. El résulte de ce rapport ‘si actif entre le sens auditif et les fonctions Céré-
Brales, qu’un grand nombre de cophoses ont leur Cause, non dans l'oreille et ses dépendances, mais dans le cerveau. Par-là s'explique le peu de succès qu'on obtient de tous les moyens irnitants dont on torture aveuglément l'organe privé de ses foncüons.
* Après l’état morbide de l'encéphale, éd qui se combine le plus souvent avec la cophose, est cette exubérance du système lymphatique qui constitue la diathèse scrofuleuse et une disposition parüculière aux affections catarrhales. Les personnes en qui on observe cette diathèse , particulièrement dans le jeune âge, sont sourdes par la même raison et de la même manière qu'elles sont presque constamment privées de l’odorat. Ici la maladie est dans l'oreille, et le iraitement local est souvent efficace. Enfin viennent en troisième ligne, les maladies du système cutané, et particulièrement les dartres. J'ai rencontré souvent cette complication: et, dans ce cas, il m'a presque toujours paru que la surdité n'était qu'un résultat de la prédisposition herpétique. Les maladies aiguës de la peau ont une influence encore plus active sur l'organe auditif: et Je ne saurais dire combien ? J'ai vu de sourds qui l’étaient devenus par suite d'une de ces maladies, et particulièrement de la rougeole et de la scarlatine.
5h DEUXIÈME PARTIE, LIVRE 11, SECTION ff
Ç V. C'est en traitant des différentes espèces de cophoses que nous dirons les chances de curabi= lité qu'offre chacune d'ellés. En général , on peut assurer que de toutes les maladies de nos sens, celles qui affectent l'audition sont les plus elle aux secours de l’art. On peut regarder sur-tout comme signes d'incurabilité les symptômes qui se rapporient à la soufirance de l'encéphale , et que nous avons désignés plus haut ; sont également sans ressources, ces surdités qui, sans lésion apparente dans le conduit audiuf, sans aucun dérangement de la santé, se déclarent insensiblement vers le déclin de âge, augmentent pâr degrés et sans étre interrompues par une de ces améliorations spontanées qui, quoique momentanées, sont toujours d’un bon augure; les surdités enfin qui sont le reliquat de | l'apoplexie, des maladies aiguës, particulièrement de celles qui sont caractérisées par des symptômes nerveux très-variables , ou l'effet immédiat d’un coup . sur la tête, de quelque grande explosion de l'arullerie ou de la foudre.
.… Ilest rare que la surdité se dissipe spontanément | quand elle à duré quelques mois. Les maladies aiguës l'aggravent au lieu de la dissiper. La jeunesse, avec tous ses développements salutaires et ses mouvemenits critiques, n'est d'aucun secours : la pu- | berté, par exemple, qui diminue ou dissipe un grand . nombre d’indispositions habiuelles, d'infirmités
DE LA SURDITÉ EN GÉNÉRAL. 55 même qui paraissaient invétérées, n'apporte aucun changement à la surdité; la menstruation, dont la première apparition chez les jeunes filles signale cette époque autant quelle la rend salutaire, me
paraît, d’après mes observations, tout-à-fait inapte | à la guérison spontanée de la surdité. Je n'ai va
qu'une seule fois cette maladie disparaître à cette époque, encore la. cophose n’était-elle que symptomatique et dépendante d'une otorrhée externe qui “tenait le conduit auditif dans un état permanent d’'engouement. Hors ces sortes de cas, j'ai toujours vu la puberté se déclarer sans bénéfice pour l'an. dition. C’est donc un conseil salutaire à donner aux parents et aux médecins des enfants qui sont alteints de surdité, de ne pas compter sur la révolution de l'adolescence, et de combattre sans délai, par des moyens appropriés, une maladie déjà trop rebelle aux secours de l’art quand elle est récente, pour
attendre qu'elle soit devenue tout-à-fait incurable
par son ancienneté.
Si la puberté, qui est, dans ï os de l'homme en santé, la révolution s plus importante, la plus salutaire, ne parvient pas à rendre la vie à l'oreille paralysée , on peut d'avance en conclure que, dans
cette maladie, les guérisons spontanées doivent être infiniment rares. Elles le sont en effet, mais beaucoup moins cependant qu'on ne serait tenté de le croire, d'après cette considération, et d’après
56 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE 1, SECTION Il.
Vimpuissance assez ordinaire des traitements les
mieux dirigés. À la vérité un très-petit nombre de ces guérisons spontanées sont venues à ma connalssance ; mais, dans ces sortes de cas, le médecin dont
a pratique est la plus étendue, ne peut pas juger
de ce qui est, par ce qu'il a pu voir : il connait les cures qu'il a faites, celles qu'il n’a pu opérer, mais il n’apprend que fortuitement celles qui ont été l'ouvrage de la force médicatrice inhérente à l'organisme. Si par hasard quelques-unes sont venues à sa:
Connaissance ,il peut en conclure qu'un plus grand
nombre restent nécessairement dans l'oubli.
Celles que j ai pu recueillir me portent à croire que lorsque la nature a opéré elle-même la guérison
de la surdité, cette maladie tenait à un engouement
de la caisse, où à une obstruction du conduit au-
; ie exierne, si un éhstaule a SR Er
dans les his communiquées des ces cb naiurelles ,1l m'a toujours été fait mention ou de quelque corps étranger sorti par l'oreille, où de quel-
que écoulement séreux où purulent survenu-toutà-coup os le méat auditif, ou de quelque chose
enfin qu on à senti changer de place dans l'organe, ù
à la suite d'un: éternuement violent. ou d’un effort
particulier d'excréation. Il résulte de là, ct j'en trouve encore la preuve dans mes observations, que pour la guérison spontanée de cette maladie d'âge
DE LA SURDITÉ EN GÉNÉRAL. DT est à-peu-prèes indifférent, et que bien que trèsrare , elle peut avoir lieu dans un âge avancé comme R dans la jeunesse. | | f + Quant au pronostic qu'on peut uürer de la sur- dité elle-même dans les maladies aiguës, je ne dois pas m'y arrêter long - temps. Je ferai remar- quer cependant, comme venant à l'appui de ce que j'ai dit des relations de l'oreille avec le cerveau, toute l'importance des cophoses symptomatiques * qui se présentent dans le cours des maladies aiguës, particulièrement dans les pyrexies ; cetie impor- - tance est telle qu'il est peu de symptômes dont Hippocrate se soit plus occupé, sous le rapport du pronostic, que de la surdité fébrile. Il y revient sans cesse dans ses Aphorismes, ses Coaques, ses Pronostics; et presque toujours il la signale comme un indice de quelque crise fâcheuse, ce qui n’est pas constamment vrai.
VE Pour se faire unejuste idée des tristes suites de la surdité, il suffit de jeter les yeux sur le . sourd-muet de naissance. En traitant de la cophose congéniale , j'aurai soin pareillement de faire ressortir l'espèce de mutilation morale à laquelle elle condamne l'individu qu'elle affecte dès son jeune âge : ilme suflira, dans ces généralités, de faire sentir les inconvénients de la surdité chez l'adulte. Je ne pense pas que la perte de l'ouïe, comme on le croit
généralement , soit plus dois à supporter
que celle de la vue. Les sourds, dit-on, sont plus tristes que les aveugles. Ceci ne me paraît nullement conforme à mes observations; et cette erreur serait moins répandue si, pour juger de ces deux classes d'infortunés, on les avait observés les uns et les autres quand ils sont isolés des personnes douées du sens qu'ils ont perdu. Sans doute, dans un cercle nombreux, au milieu d'une société animée ,celui qui n y voit pas, mais qui entend et qui parle, nous paraitra moins à plamdre qu'un sourd; mais changez le lieu de la scène, examinez-les l’un et l’autre dans la solitude, ou en présence des tableaux variés que l’industrie des hommes ou les merveilles de la nature étalent à nos yeux, et vous reconnaîtrez que le plus malheureux est celui qui est privé de la vue. Par suite des privauons qu'il éprouve au milieu dela société, le sourd s’en éloigne, ou n’en recueille qu'imparfaitement les avantages; et l'on conçoit, sans que je m'arrête à la développer, l'influence qu'un pareil isolement doit avoir sur le caractère, sur la culture de l'esprit, selon que le sourd est plus ou moins avancé en âge. Outre cette influence morale, la surdité agit aussi sur une des plus importantes fonctions de relation , celle de la voix. Il est rare quelle conserve son timbre et son ton naturel, et que la parole, dans les adolescents, n’en soit point altérée : ceci est très-sensible, sur-tout chez les jeunes gens. Je ne parle pas desenfants, qui,
DE LA SURDITÉ EN GÉNÉRAL. 9 comme on le verra, finissent presque toujours par perdre la parole, lors même qu'ils jouissaient pleinement de cette faculté. |
Un phénomène smguber qui accompagne fréquemment la surdité, sur-tout quand la perte de louïe est complète, est la diminution de la sensib1lité dans quelques autres organes. Ce qu'on aura
.… de la peine à croire, mais que je puis afhrmer, c’est
que les sourds sont plus difficiles à purger et moins susceptibles, en général, de l'excitauon médicamenteuse. J'ai été frappé aussi de les trouver moins sensibles à la douleur des opérations chirurgicales. Ceci m'a paru surtout remarquable chez nos sourdsmuets. Quelques moxas appliqués à plusieurs d'entre eux m'avaient, depuis long-temps, fourni cette . observation; mais jen ai eu dernièrement une preuve des plus convaincantes , dans une revue générale faite de l’état de leur bouche : sur dix-neuf auxquels l’on a arraché des dents, soit malades , soit
seulemeni parce qu'elles se trouvaient mal placées,
pas un n’a poussé un cri, et c'était à qui se placerait plus vite sur le fatal éioe
Je n'ai pas remarqué que la perte de ce sens fut compensée par la finesse d’un autre, comme on le croit communément ; C'est encore une opinion quon a admise sans examen. Je puis du moins assurer, pour ce qui regarde les sourds, qu'ils deviennent à la vérité plus observateurs, mais non pas. mieux
voyants. Cette infirmité ne diminue point la myopie, el ne garantit pas de l’amaurose : ces lésions de la vue ne sont pas plus rares parmi les sourds que chez les autres hommes.
$ VIL. Lorsqu'on examine, après la mort, l'oreille d’un sourd, il est assez ordinaire de trouver l organe dans un état d'intégrité parfaite. D’autres fois il se présente avec des lésions dont quelques - unes eEX=— pliquent celle de l'audition. Ce sont particulière ment des concrétions de diverse nature dans le con duit audiuf, la caisse, la trompe d’Eustachi, ou les cellules mastoïdiennes; la destruction des osselets ou leur ankylose; des érosions , par suite d’une carie qui à détruit les différents conduits du son; l'en gorgement, la fongosité des membranes qui les tapissent ; la destruction, l'épaississement, la carnification de celle du tympan.
D’autres fois la cause prochaine de la maladie est hors de l'organe , soit dans des tumeurs placées au voisinage à louifice guttural des trompes d'Eustachi, soit dans quelques lésions organiques de l’encéphale, non loin de l’origine ou dans un des points du trajet du nerf auditif. Toutes ces altérations seront désignées plus en détail, chacune à l’occasion de l'espèce de surdité qu’elle constitue particulièrement. |
VIIT. Je réunis dans le même article l'étiologie et la classification, parce que j'ai fait dépendre celle-
DE LA SURDITÉ EN GÉNÉRAL. Gt ci de celle-Hä. Si, en médecine, la chose essentielle est de guérir, il s'ensuit que la classificaiion la plus . avantageuse est celle qui nous met le plus promp- : tement et le plus clairement sur la voie du traitement rationnel, c'est-à-dire de celui qui consiste à combattre les causes du mal. |
Parmi les causes prédisposantes qui m'ont paru moins douteuses, j'ai remarqué les dispositions hé. réditaires, les transpirations abondantes de la tête ; qui diminuent ordinairement vers le déclin de l’âge; la calvitie, qui livre cette partie à l’impression trop vive des varlations atmosphériques ; et, parmi les professions, celles dans lesquelles he se trouve souvent frappée par de fortes détonnaüons , ou continuellement fatiguée par des bruits Shot et celles qui augmentent l’afflux du sang vers le cerveau, par le brusque refroidissement du corps, la gène de la respiration, comme dans la natation et dans la proféssion de plongeur.
Les causes déterminantes sont particulièrement les phlegmasies des membranes qui revêtent l'intérieur des cavités de l'oreille, soit que ces phlegmasies s’en emparent denis: soit qu'elles s'y propagent par la continuité de membranes , ou par sympathie, comme dans le Cor ysa M les angines, les maladies aiguës, sur-tout les exanthèmes fébriles, les fièvres dites ataxiques et adynana j l'hyidtocéplide aiguë, l'apoplexie , les
coups à a tête , l'explosion de la foudre, un accouchement laborieux , une salivation. orageuse , les - scrofules , la bis: etc. LL
Les causes prochaines fixeront plus particulièrement mon attention : la connaissance de, ces sortes de causes faisant la base du traitement, c’est principalement sur elles que j'ai établi les espèces. Malheureusement toutes ces causes ne se présentent pas avec le même degré d’évidence; car si les unes tombent sous les sens , ilen est d’autres dont l’existence ne repose que sur des signes négatifs.
On peut, sous le rapport des diverses causes qui les occasionent, a deux classes de surdités.
Les-unes dépendent, ou du moins se montrent accompagnées d’une lésion appréciable de l'oreille externe, de la membrane tympanique , de l'oreille interne ou du nerf acoustique. Ces cophoses forment un premier groupe de quatorze espèces.
Les autres ñe peuvent souvent être rapportées à aucune de ces causes, et ce sont principalément celles qui sont dues à une pléthore générale ou locale, à une diathèse qui s'étend jusqu’à l'organe de l’ouïe , ou enfin à la métastase de l’état morbide d'un organe plus ou moins éloigné. Les surdités comprises dans cette seconde classe, composée de trois espèces, sont parfois accompagnées d’une des lésions organiques qui caractérisent celles de la
première; mais la nature de leurs causes oblige à les étudier isolément en raison des AU AMONS spé-
ciales qu’elles PP
Enfin nous avons mis à part, sous Te rapport de son importance, la surdité qui date de la naissance . Où qui survient chez les enfants en bas-âge. Voici de tableau général de ces différentes cophoses :
1° Surdité par écoulement puriforme.
2 Surdité par ulcération et carie de l'oreille. 5° Surdité par excroissances dans le conduit auditif. 4° Surdité par concrétions dans le conduit auditif. 5° Surdité par oblitération du conduit auditif. 6° Surdité par élargissement du conduit auditif. 7° Surdité par épaississement de la membrane du tympan. 8 Surdité par perforation de la membrane du tympan. 9° Surdité par disjonction et issae des osselets. 10° Surdité par obturation de la trompe d’'Eustachi. 11° Surdité par engouement de l’oreille interne. 12° Surdité par congestion sanguine de l'oreille interne. 13° Surdité par compression du nerf auditif, 14° Surdité par paralysie du nerf auditif.
15° Surdité par pléthore.
16° Surdité par métastase.
17° Surdité par diathèse.
18° Surdité congéniale.
Il serait peut-être possible de tracer dans les méditations théoriques du cabinet une classification qui paraîtrait plus régulière, plus analytique; mais À coup sûr elle serait moins naturelle, moins pro-
64 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE II, SECTION mi.
pre à embrasser tout ce que J'ai à dire sur les co= phoses, et sur-tout moins susceptible de servir.de guide au praticien : qualité qui est comme la pierre de touche à laide de laquelle on doit ; juger des avantages d’une classification. |
( IX. Lorsque, par l'examen des symptômes qui ont précédé et accompagné la surdité, on parvient à découvrir la nature de cette lésion, et à la rapporter à une des espèces dont on vient de voir le tableau, on peut là combattre par le traitement rationnel, indiqué dans le chapitre relatif à chacune de ces espèces. Mais fort souvent, malgré l'investigation dirigée par la plus rigoureuse analyse, on reste dans l'incertitude sur la cause matérielle de la cophose qu'il s’agit de combattre; et c’est ici le lieu de tracer la marche expérimentale qu'il faut suivre dans ces cas embarrassants. |
Aïnsi qu'on le pratique pour éclaircir le datée 3 tic de la plupart des maladies, on cherche à s’assurer si la lésion du sens auditif est circonscrite dans l'organe, ou si elle tient à quelque disposition morbide d’un des grands systèmes. Dans ce dernier cas, , on s'attache à combattre et à détruire cette cause générale, et l’on observe soigneusement ce que Ja cessation ou la diminution de la maladie primitive produit sur l'organe de l’ouie. S'il n’en résulte aucun avantage, on se rattache à la supposition de quelque LE locale ; on la cherche dans le voisinage
DE LA SURDITÉ EN GÉNÉRAL. 65 ou dans les relations sympathiques de l'organe, comme dans l’état des amygdales, le travail de la dentition, un catarrhe chronique de la membrane pituitaire; et l’on traite la surdité en ramenant ces parties à leur état sain. Si ces causes n'existent point ou n'existent plus, on est amené à conclure que la cause de la surdité est dans l’oreille on dans le cerveau. Des maux de 1ête, des vertiges, et souvent l’affaiblissement de la mémoire, annoncent que le siége de la lésion qui donne lieu au dérangement de l’ouïe est dans la tête; et c'est alors le cas des stimulants dérivatifs , indiqués dans les congestions et les irritations de l'encéphale. Enfin, lorsque rien n'annonce un état maladif du cerveau, voyez si le conduit auditif est libre, si la membrane du tympan est transparente, si la caisse ne renferme aucune cause amovible de surdité, si les trompes d'Eustachi ne sont point obstruées; et si toutes ces parues sont dans l’ordre naturel, concluez que la cause de la surdité est dans le labyrinthe. Il ne reste plus alors qu'à attaquer cette cause par deux espèces d'agents curatifs qui embrassent presque toutes les médications possibles : les dérivatifs et les stimulants. :
Les DÉRIVATIFS peuvent être appliqués sur les surfaces muqueuse et cutanée. Parmi ceux qui font appel vers les membranes muqueuses , sont les purgatifs , les sialagogues et les sternutatoires. Ces