TROISIÈME SECTION
DE LA DIMINUTION ET DE L'ABOLITION DE L'OUIE, OU DE LA DYSÉCÉE ET DE LA COPHOSE.
L LA perte de nos sens entraîne avec elle une telle évidence, qu'il semble au premier coup d'œil trèssuperflu d'établir les signes distincufs de ces sortes de lésions. Cependant lorsqu'elle est peu intense, ou bien lorsqu'elle affecte des enfants ou des hommes, très-bornés , la surdité n’est pas toujours facile à reconnaître, et ne peut être constatée qu'au moyen de quelques signes et de certaines épreuves qu'il n'est pas-inutile d'exposer ici. |
Le premier symptôme par lequel s'annonce l’affaiblissement ou la faiblesse du sens auditif, est la ificulté de suivre une conversation générale et animée, où d'entendre avec la même netteté le chant et l'accompagnement dans un morceau de musique. Si l’on considère en effet tout ce qu'il faut de finesse à l’ouïe pour percevoir à-la-fois les sons divers de plusieurs instruments et de plusieurs voix venant frapper simultanément l'ouie, et se succédant avec rapidité, on sera peu étonné qu'une aussi merveilleuse faculté soit sujette à s’altérer , et qu'elle soit la-première à manquer dans un organe affaibli
ou imparfait. Il est beaucoup de personnes, en effet. dont l'ouie n’a jamais pu s'élever à ce haut degré de perfection; aussi sont-elles plus disposées que les autres à perdre ce sens de bonne heure. Ceux-là y sont encore plus exposés ; qui ont toujours éprouvé une sorte de fatigue à suivre une conversation générale, et qui, au moindre bruit, ou par le mélange de quelques autres voix, perdent le fil d’un discours qui captivait toute leur attention.
Assez souvent ce premier degré de cophose est accompagné de bourdonnement ou de céphalalgie; on se sent la tête moins libre , moms disposée à l'étude des sciences abstraites, et la mémoire trèsfaible ou affaiblie avant l’âge. Mais ilest deux classes d'êtres chez lesquels il est impossible d'établir la surdité par ces sortes de remarques ; je veux parler des enfants et des idiots.
Parmi les enfants, il en est qui, parvenus à l’âge de cinq ou six ans sans parler, où sans parler distinctement, nous sont présentés souvent, pour qu'il soit statué sur la cause de cette privation ou imperfection de la parole. On a constaté qu'ils ne sont pas sourds; mais entendent - ils assez pour jouir de la faculté de parler, à linstar des autres enfants ? la langue et les organes de la voix sont-ils eux-mêmes impuissants à remplir leurs fonctions? ou bien les faculiés imitatives seraient - elles paralysées par la stupeur des foncuons intellectuelles ? Voici la mar-