‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 4)Chapitre 12 sur 47 · SARNIA AAA AA VU VRAI UUU VU M VU RAA VV RAA UV RU CHAPITRE T HA L · texte numérisé non relu

SARNIA AAA AA VU VRAI UUU VU M VU RAA VV RAA UV RU CHAPITRE T HA L

Pescription de l'organe de l’oute dans l’homme. L'ORGANE auditif, composé d’un grand nombre de parties, a été divisé en oreille externe et en oreille inierne; division assez commode qui n'est guère “mieux fondée que beaucoup d’autres, car il est une partie qui appartient également à la région interne et à Ja région externe de l'oraille, c’est la

membrane du tympan placée entre l’une et l'autre «de ces deux régions. ;

En procédant de dehors en dedans à étude de Vorgane de l’ouïie, on trouve successivernent le pavillon , le conduit audiuf, la membrane du tympan, le tympan ou la caisse, les osselets de louïe avèc leurs muscles, les cellules mastoïdiennes, la trompe d’Eustachi, le labyrinthe composé du vestüibule, du limaçon et des trois canaux demi-cireure le nerf acoustique et divers rameaux du nerf facial, des artères et des veines.

N L Le pavillon , aussi nommé auricule, est un appendice fibro-cartilagineux , mince , transversalement aplati, demi - ovalaire, plus large en haut qu'en bas, continu avec les parties voisines en avant et en dedans, libre en haut, en bas et en arrière, terminé inférieurement par un petit prolongement

-rempli de graisse, et nommé /obule. Situé de chaque côté de la région latérale de la tête , au-dessous de la tempe, derrière la joue et devant la région mastoïdienne; le pavillon, considéré à sa face externe, est incliné en avant , concave dans la plus grande partie de son étendue. On voit à cette surface :

La conque , large concavité , allongée transversalement, plus étroite en haut, triangulaire en avant et en dedans, où elle se continue avec le conduit où méat auditif;

L'hélix , repli ou bourrelet demi-circulaire, plus

ho PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE I.

marqué à sa partie moyenne, commence au centre de la conque au-dessus et en arrière du conduit audiuf, se porte le long du bord du pavillon, d'abord en avant, puis en haut, se dirige en arrière et se termine au-dessus du lobule; |

La r'ainure de l’hélix, espèce de sillon, quelquelois peu marqué, qui règne en dedans de l’hélix, commence à la partie supérieure de la conque, et se prolonge plus ou moins en arrière ;

L’anthélix, saillie, née derrière la conque, d’'abord longitudinale, parallèle à l’hélix, puis obliquement dirigée d’arrière en avant au-dessus de la . conque; divisée ensuite en deux autres saillies, dont l'une inférieure, étroite, plus saillante, marche horizontalement en avant, tandis que l’autre, supérieure, large, obtuse, se dirige en haut, de manière à ce quelles forment par leur écariement une concavité triangulaire plus large en avant qu’en arrière, nommée fosse naviculaire de l’anthélix ; Vune et l’autre vont ensuite se terminer insensiblement dans la rainure de Phélix;

Le tragus , éminence aplatie d'avant en arrière, irrégulièrement adhérente, triangulaire par sa base en dedans à la peau du visage, libre en dehors, située au-devant du trou audiuf, au-de$sus et en avant du lobule, au - dessous de la partie antérieure de l’'hélix, dont elle est séparée par une échancrure.

L'anti-tragus, autre saillie placée derrière le

DESCRIPTION DE L'OREILLE HUMAINE. {41 trou auditif, de même forme que le tragus, dont une échancrure profonde la sépare, tandis qu'en haut elle est continue avec la Re inférieure de Panthélix. gt

À la face interne du pavillon sont des enfoncements et des saillies qui correspondent aux éminences et aux anfractuosités de la face externe.

Fouites ces inégalités se trouvent dans le fibrocartilage qui forme la base du pavillon; on y remarque en outre, I‘ une petite éminence appartenant à l’hélix , et située au-dessus du tragus; 2° une scissure, peu profonde, qui sépare l’anthélix de l'anu-tragus; et 3° en avant, une fente qui isole le tragus de lhélix. Tous ces vides sont remplis par un tissu ligamenteux ou fibreux. Le tissu de cé cartilage est serré, fin, analogue à celui des ailes du nez. Fest très-flexible et d'un blanc jaunâtre; une membrane fibreuse très-mince le recouvre; il livre passage aux vaisseaux par plusieurs ouveriures.

Ce fibro-cartilage est fixé au pourtour de Vorifice du conduit auditif par trois ligaments , dont le supérieur né de l’aponévrose du nn temporal, l'antérieur de la base de lapophyse zygomatique, au-dessus de laruüculation temporo-maxillaire, et le postérieur de la base de lapophyse mastoide, vont tous s'implanter : le premier, au haut de la surface convexe qui correspond à la conque ; le second, à la base du iragus et de la région voi-

12 PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE IL sine de l’hélix; le troisième, à là partie postérieure de la convexité de la conque.

Une peau très-fine, parsemée de nombreux follicules sébacés, enveloppe le fibro-cartilage auri= culaire, auquel elle adhère par un üssu cellulaire serré, qui ne contient pas de graisse. Au sommet et à la face interne du tragus, elle est quelquefois garnie de poils ; toujours elle forme seule le lobule du pavillon, dans lequel on remarque des cellules très-étroites remplies d’une graisse très+ dense. Cette peau est percée d’une infinité de petites ouvertures , auxquelles aboutissent les exhalants perspiratoires, et les orifices des follicules qui sécrétent une humeur sébacée, onctueuse, d’un blanc jaunâtre, d’une odeur particulière, ?

Sous la peau, et à la face externe du fibrocartilage, sont quatre petits muscles, minces et peu apparents ; on en trouve un cinquième, aussi peu marqué, à la face interne , où l’on voit également trois autres muscles appelés extrinsèques de l'oreille , par opposition aux cinq premiers nommés intrinsèques , et qui sont les suivants :

Le. muscle grand hélicien , faisceau de fibres, long, peu épais, très-grêle, sur-tout en arrière, He en devant, situé, à la face externe du fibro - carulage; né de la petite portion de lhélix située au-dessus du tragus, il monte en avant, ct se perd sur le contour antérieur de l’hélix.

Le petit hélicien , faisceau musculaire plus grêle que le précédent, situé derrière lui, et qui, né de Yorigine de lhélix dans la conque, se termine sur Ja même éminence; il manque le plus souvent. bi

Le tragien , triangulaire, plus large, plus épais, plus apparent que les héliciens , commence à la base du tragus, recouvre presque entièrement cette éminence, et va se fixer à son sommet. Ce muscle, dont les fibres sont transversales, manque rarement.

L'anti-tragien , moins large, plus épais que le tragien, nait du sommet de lanti-tragus , se dirige obliquement dans l’espace qui sépare cette éminenice de lanthélix, sur le contour intérieur duquel il se perd; en avant il est recouvert par le üissu fibreux qui remplit le vide du fibro-carulage; en arrière la peau le recouvre. |

Le muscle transverse auriculaire, situé à la surface interne du pavillon, sur la convexité de la conque, né de la partie postérieure de cette convexité, se dirige horizontalement en avant dans la rainure qui correspond à la saillie formée par l'anthélix que l’on voit à la surface externe du pavillon, et va se terminer dans cette même rainure.

Les trois muscles extrinsèques de l’auricule sont ainsi désignés, parce qu'ils n'appartiennent pas seulement au pavillon, et sont fixés'aux parties voisines ; ils sont tous fort plais et peu apparenis.

NA PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE il.

L'auriculaire antérieur, étroit, né du bord exierne du muscie occipito-frontal, non loin de l'arcade zygomatique, et près du petit angle de l’orbite, finit à la parte antérieure de lhélix.

L'auriculaire supérieur, mince, rayonnant , né de l’aponévrose épicrânienne, recouvre une partie de la tempe, et va se terminer à la saillie qui correspond à la fosse naviculaire.

L'auriculaire postérieur, petit, divisé en plusieurs languettes, vient de l’apophyse mastoïde et de loccipital, et s’insère à la partie postérieure de Ja convexité de la conque. |

$ IL Le conduit auditif est ce canal ovalaire de haut en bas, situé entre larticulation temporomaxillaire et lapophyse mastoide, long d'environ dix à douze lignes, qui commence à la conque, au-dessous de l'hélix, et s'étend jusqu’à la membrane du tympan. I est plus long supérieurement qu’inférieurement, plus large à ses extrémités qu’à sa partie moyenne, et dirigé d’abord en dedans et un peu en avant, puis un peu en haut, ensuite en bas, de manière à formerune courbure dont la concavité est en bas. |

Ce conduit, pratiqué dans épaisseur de l'os temporal, est revêtu par une lame cartilagineuse , quadrilatère, recourbée sur elle-même de bas en haut et d'avant en arrière, répondant en haut et en arrière au temporal, en avant à la glande paro-

tide, et aux condyles de la mâchoire inférieure, et en bas à la peau. Les deux bords supérieurs de cette lame carülagineuse sont rapprochés l’un de l'autre en haut et en arrière, où un intervalle marque l’endroit où ils sont en rapport de contiguité, et fixés lun à l’autre par une substance ligamenteuse. Le bord externe se continue avec le cartilage de lauricule , sur-tout avec le tragus; le bord interne est réuni d’une manière peu intime , par un üssu cellulaire serré et comme fibreux , à l'arc supérieur du pourtour du méat auditit externe, mais il est fortement fixé à l arc inférieur de ce meéat.

Deux ou trois fentes peu sensibles, que l’on nomme les incisures du conduit auditif, quelquefois recouvertes par des fibres musculaires analogues aux muscles de la face interne de lauricule, se remarquent sur le cartilage qui forme ce conduit. On les voit près du tragus ; plus loin est la seconde; plus loin encore quelquefois la troisième; elles sont remplies par une membrane fibro- cellulaire, ou même dans certains cas par des fibres qui paraissent musculaires.

Ce cartilage est tapissé en dedans par un prolongement de la peau du pavillon, qui lui adhère fortement par l'intermédiaire d’un tissu cellulaire trèsserré, qui contient de petits corps ovalaires d’un jaune brun, dont chacun a un petit conduit excréieur, ouvert à la surface du méat, et exhalant une

humeur onctueuse, jaune, amère. Cette humeur, liquide au moment de son excrétion, se concrète prompiement ; elle a reçu le nom de cérumen de l'oreille.

La peau qui revêt le conduit auditif diminue d’épaisseur à mesure qu'on l’observe plus près du fond du conduit où elle forme un cul-de-sac en s’'appliquant sur la membrane du tympan. D'abord blanche et épaisse, comme celle qui recouvre l’auricule, elle devient plus rouge à mesure qu'elle se rapproche de cetie membrane; une sorte de duvet la garnit; à l'orifice du conduit on remarque plusieurs poils quelquefois fort longs et touffus.

SIL. La membrane du tympan, située obliquement en bas, en devant, et en dedans, à l'extrémité inierne du conduit auditif, forme avec sa paroi inférieure un angle très-aigu. Elle est aplatiede dedans en dehors, légèrement recourbée dans le même sens et à-peu-près circulaire. Elle est concave ou plutôt conique à sa faceexterne, tournée un peu en arrière et en bas vers le conduit auditif externe; convexe à sa face interne qui répond autympan, et adhérente dans son rayon vertical supérieur au manche du marteau ; mais sa partie la plus saillante n’est pas à son centre. Près de l’endroit où a lieu cette adhérence , commencent à paraître deux petits troncs vasculaires qui se répandent sur toute la surface de cette membrane.

Elle est presque sèche, peu transparente, et for-

mée : 1° de la continuation de l’épiderme et de la peau qui revêtent le conduit auditif; 2° d’une lame membraneuse, très-mince, transparente, élastique, fixée, par sa circonférence, au cercle osseux de:ce conduit, là où finit l’oréille externe et commence la caisse du tympan : cercle auquel on a donné le nom de cadre et qui fait en dedans une saillie légère en avant de laquelle est un sillon; 3° d’un prolongement de la membrane qui tapisse la caisse tympanique et toute l'étendue du manche du marteau,

$ IV. Le tympan, ou la caisse, est une cavité cylindroïde, ou plutôt presque hémisphérique située | dans le rocher , au côté interne de la membrane tympanique , au-dessus de la fosse jugulaire et de la cavité glénoïde, au-devant de l'apophyse mastoïde , derrière la trompe d’Eustachi, au-dessous de l’anion du rocher avec la portion écailleuse du temporal ; elle ne fait aucune saillie à la surface de la partie pierreuse de cet os. Son diamètre antéro-postérieur est un peu plus étendu que le vertical ; elle est toujours plus grande en haut qu’en bas.

Sa paroi externe , formée en grande partie par la membrane tympanique , est un peu inclinée en bas, en dedans et en avant , et répond au conduit auditif.

Sa paroi interne est inclinée un peu en: bas, en dehors et en arrière; on y voit en procédant de haut en bas: | |

Une saillie peu marquée, arrondie et allongée en arrière et en bas, qui n’a pas recu de nom par-

üculher ; | :

Plus bas et en avant de cette saillie, une ouverture demi-circulaire , ou plutôt demi-ovalaire, dont le grand diamètre, presque double de l’autre, est horizontal , dont le bord supérieur est arrondi et le ‘bord inférieur à-peu-près droit; cette ouverture, appelée fenétre ovale ou vestibulaire, située directement en face de la membrane du tympan , est rétrécie en dehors par un petit rebord plat, qui règne dans toute l'étendue de son pourtour ; elle est garnie à sa circonférence d’une membrane fort mince, qui fixe ses rapports avec la platine de Pétrier, ainsi quil sera dit plus loin;

Au- dessous de la fenêtre ovale, une éminence tuberculeuse , large , oblique d’avant en arrière, nommée promontoire , répondant en devant à l’extrémité d’une lame osseuse , placée entre la trompe d'Eustachi et le muscle interne du marteau;

Au - dessous et en arrière du promontoire, une ouverture plus petite que la fenêtre ovale , nommée

fenétre ronde ou cochléenne , située au fond d'une espèce de canal oblique, infundibuliforme , peu régulier, de telle sorte qu'elle n'est guère visible dans le tympan; cette fenêtre , malgré le nom qui lui a été donné, a réellement une forme triangu-

laire plutôt que ronde; une membrane dirigée en

arrière , en dehors et un peu en bas , analogue à celle dk tympan , la ferme Loi tétéchént.s

À Ja paroi supérieure de la caisse, qui dans cét endroit est fort peu épaisse, on voit un grand nombre de petits pertuis qui livrent passage à des vaisseaux. 1161 |

La paroi inférieure n'offre de remarquable que la scissure glénoïdale, dans laquelle sont la longue apophyse du marteau, le muscle antérieur de cet osselet , la corde du tympan et ae vaisseaux sanguins.

Plusieurs objets s'observent à la paroi postérieure :

En haut, derrière la fenêtre ovale, et au-dessous de la saillie située au-dessus de cette fenêtre, est une saillie osseuse , créuse, conique, dont le sommet tourné en avant est percé d’un trou, ou plutôt d’une sorte de canal, et dont la base offre une autre ouverture qui communique avec l’aqueduc de F'allope;

cette saillie nommée pyramide est quelquefois continue au promontoire, au moyen d’un ou de deux petits filaments osseux.

À la partie postérieure et supérieure delai caisse, au-dessus de la pyramide, se présente une ouverture wiangulaire , qui est l’orifice d’un canal fort court , dirigé obliquement en arrière et en bas, situé au-dessus de là courte branche de e., et communiquant avec les cellules mastoïdiennes.

On voit à la paroi antérieure de la caisse, au-dessus de la scissure de Glaser, une petite lame. osseuse, saillante ; courbée de bas en haut sur elle-même, confondue à à sa base avec le temporal, libre et aiguë à son sommet, nommée.bec de cuiller, et séparant deux canaux situés dans l'angle sphénoïdal du tem- “poral: De ces deux canaux le supérieur, arrondi, revêtu d'un périoste très-fin, loge le muscle interne du marteau: l'inférieur, plus grand, forme la’ ‘portion osseuse de la trompe. d'Eustachi, dont l’ orifice i interne se voit dans la caisse au-dessous de l'ouverture qui livre passage au muscle du marteau.

Dans la cavité du tympan sont quatre osselets, quatre muscles fort petits,:peu apparents, plusieurs

filets nerveux dont le plus gros a recu le nom de corde du! tympan, et: une membrane qui sera dé- | crite après les divers objets que Je. viens . de désigner.

fes osselets sont le marteau , L enclume Je lenticulaire et l'étrier. |

Le marteau. est un petit os, dont le nom indique à peu près la forme, te verticalement à à la face interne et. sur la moitié supérieure | de la membrane tympanique. Sa tête , dirigée en haut, est Ja. plus grosse de ses éminences ; elle est arrondie, ‘un peu allongée, lisse, un peu concaye en ayant, en rapport en ar avec le temporal, articulée en ‘arrière avec l’ enclume] par < deux légers. enfoncements

DESCRIPTION DE L'OREILLE HUMAINE. Di

que sépare une saillie, et recouverts d’un cartilage très - mince. De la partie inférieure de cette tête nait le col, prolongement court, épais, un peu étranglé, incliné en dehors, libre en arrière et en dedans, et sur lequel on voit en avant une apophyse, à laquelle Raw a donné son nom; elle est très-grèle, fragile, souvent aussi longue que l'os lui-même, donne attache par son sommet au tendon du muscle antérieur, et se termine dans la partie postérieure de la scissure glénoïdale, où elle semble se cacher. Le manche du marteau situé en bas au-dessous du col est plus long que lui, et forme avec cette portion un-angle obtus , saillant en dehors et en avant, rentrant en dedans et en arrière; il est large et aplati, un peu arqué à son origine, puis il va en se rétrécissant, et se Lermine par une pointe mousse, obliquement dirigée en avant, et fixée au centre de la membrane du tympan. À la réunion du col avec le manche, en dehors et en avant, est une éminence très-courte, étroite, aiguë, qu'on appelle apophyse du manche, et qui fournit un point d'attache au muscle interne du marteau. En arrière et au-dessus de cette deuxième apophyse est une petite lame saillante , obliquement dirigée en arrière et en haut,

Le marteau a trois muscles, dont l’un ne parait pas avoir une existence bien constante. L'interne ou tenseur né par de très - courtes fibres aponévrotiques de la surface raboteuse du rocher en avant de

Vorifice inférieur du canal carotidien, et du fibro-cartilage de la trompe d'Eustachi, en dehors du point d'attache du muscle péristaphylin interne, monte en arrière, devient bientôt charnu, se dirige en dehors, entre dans un canal situé au-dessus de la partie osseuse de la trompe, cesse d’être charnu et recouvert d’une gaine aponévrotique , pénètre dans le tÿmpan, et dégénere en un tendon qui se contourne sur le bec de cuiller, se porte en bas et en dehors à l’apophyse du manche et à la face interne du marteau; ce muscle recoit un filet du nerf facial. Le muscle antérieur ou externe, aussi nommé grand laxateur, moins gros que le précédent, naït de.la partie externe de la trompe d'Eustachi et de l’apophiyse épineuse du sphénoïde, monte parallèlement au muscle interne, en arrière de lui, mais plus en dehors, s'engage dans la scissure glénoidale , dégénère en un tendon qui va s'implanter au sommet de l’apophyse de Raw. Le muscle supérieur que M. Chaussier dit avoir vu, et qui paraît être le /axateur mineur de Soemmering , vient de la voûte du méat auditif, près le tympan, passe par une échancrure du cadre, et s’insinue à la peüte saillie oblique du col du marteau.

L'enclume, deuxième osselet de l’ouie, moins long et plus épais que. le marteau, est situé à côté et un peu en arrière de lui, à la partie postérieure externe et supérieure de la caisse, près

l'ouverture des cellules mastoïdiennes. Son corps dirigé en haut et en avant, est ovoïde, aplati transversalement , un peu concave en dedans, convexe en dehors , où il est appliqué et fixé par un ligament sur la paroi externe de la caisse, derrière la rainure osseuse qui donne attache à la membrane tympanique; en avant il offre deux éminences ou tubercules inégaux, séparés par un petit sillon, incrustés d’un cartilage fort mince , et articulés avec la tête du marteau; en arrière et en bas, il se termine en deux prolongements appelés branches , qui forment entre eux un angle droit, l’une supérieure , plus courte , plus grosse, aplatie, conoïde , s’amincit peu-à-peu, et va se terminer horizontalement en arrière vers l'ouverture mastoïdienne. L’inférieure plus longue, mais plus grèle, presque parallèle au manche du marteau, située à une demi-ligne de la membrane du tympan, descend verticalement , en diminuant d’épaisseur , se courbe ensuite en dedans , et s'articule, par son extrémité , avec l'os lenticulaire.

Celui-ci est le plus petit des osselets de l'ouie, et même de tous les os du corps humain; il a la forme d’une lentille; ses deux faces , légèrement con- vexes, sont revêtues d'une lame cartilagineuse à peine visible; l’une, située en dehors, est articulée, comme il vient d’être dit, avec l’enclume; l'autre,

dirigée en dedans, est contigué à l’étrier.

. La ressemblance frappante de ce dernier avec un étrier, lui en a fait donner le nom. Il est situé entre! le précédent et la fenêtre ovale. Satête, très-petite, dirigée en dehors, est déprimée à son sommet, où elle s'articule avec l'os lenticulaire, dé manière à formér un angle presque droit avec la branche de l'enclume; en bas elle dégénèré en uñ col trèscourt qui donne attache en arrière au muscle de Vétrier. Les branches de cet osselet, situées audessus de son col, sont horizontales, courbées en sens inverse, de telle sorte que la concavité de lune regarde celle de l'autre; la postérieure est plus courte, plus courbe et plus grosse que laniérieure, et présente comme elle une rainure à sa partie interne. L'une et l’autre se terminent à une lame aplaue, ès-mince, ovalaire, allongée d’avant en arrière, convexe en dedans, concave en dehors, posée sur la fenêtre ovale, qu’elle bouche incomplétement, et avec laquelle elle est aruüculée au moyen d’une membrane déjà indiquée, qui, du pourtour de la fenêtre, s'étend à là circonférence de la platine de l'étrier. Cette membrane est formée par le prolongement de célles qui tapissent la caisse ét le vestibule. |

L'étrier n’a qu'un seul rusclé, le plus peut de tous ceux du corps humain; il nait du fond de la cavité de la pyramide où est renfermée toute sa portion charnué, et va s'implanter, par un tendon très-

DESCRIPTION DE L'OREILLE HUMAINE. 55 court qui sort par le sommet de cette éminence et se dirige en avant, pour aller se fixer à la partie postérieure du col et à la branche postérieure de l'étrier.

Formés presque entièrement de substance com pacte, les osselets de l’ouïe se développent, du moins on le présume, par un seul point d’ossification.

La membrane muqueuse de l’arrière-bouche qui tapisse la trompe d'Eustachi, se prolonge jusque dans la cavité de la caisse, en recouvre tous les enfoncements , toutes les saillies, clôt la fenêtre ronde, s'étend sur le pourtour de la fenêtre ovale, gagne la circonférence de l’étrier, entoure le tendon du muscle de cet osselet, donne une enveloppe trèsfine à la corde du tympan, s'applique sur la membrane tympanique, se réfléchit sur le bec de cuiller, embrasse le tendon du muscle interne du marteau, bouche la scissure glénoïdale, et, après s'être déployée sur les osselets qu'elle maintient en rapport d’articulation diarthrodiale, s'engage dans l’ouverture mastoïdienne , et s’'épanouit sur toutes les cellules de ce nom , laissant libres leurs communications respectives, et les séparant seulement des cavités diploïques.

Cette membrane est très-mince; à sa face externe elle paraît fibreuse; à sa face interne elle a l'aspect des membranes muqueuses; elle est terne, blanche, assez résistante et peu vasculeuse ; on n’y disungue aucun crypte, aucune villosité, et pourtant

elle sécrète des mucosités qui descendent dans le pharynx par la trompe d'Eustachi.

{ VI. Zes cellules mastoïdiennes sont des cavités situées dans l'épaisseur de l’'apophyse mastoïde . Celles qui se rapprochent davantage de la surface de l'apophyse , ne sont guère plus étendues que les cellules du diploé de l'os; mais on en trouve vers le centre une, deux, trois ou quatre d’une grandeur remarquable. Toutes ces cellules, dont le nombre et la forme varient beaucoup selon l’âge de lPindividu, communiquent entre elles, et au moyen de cette communication et du canal dont nous avons déjà parlé, s'ouvrent dans la partie postérieure et supérieure de la caisse. Mais je ferai observer qu'à partir de ce canal les cellules deviennent de plus en plus déclives, et se dirigent au-dessous du niveau de la caisse : disposition importante qu'on n’a point encore remarquée, et qui nous servira plus tard à éclairer le diagnostic et la thérapeutique des congestions catarrhales et purulentes qui se forment dans les cavités tympaniques et mastoïdiennes.

Ç VIL La trompe d'Eustachi est un canal qui commence en haut et en avant du tympan, descend un peu en-dedans et en avant, s’élargit, puis se termine par une ouverture ovale de bas en haut, à la parue latérale’et supérieure de la cavité du pharynx, immédiatement derrière la narine postérieure, un peu au-dessus du milieu de l'aile interne de Pa-

pophyse piérygoïde. Ce conduit se compose de deux parties distinctes , quoique continues : l’une osseuse, l'autre cartilagineuse.

La partie osseuse de la trompe est creusée en grande parte dans l'épaisseur du temporal, entre le rocher et la portion squammeuse , au-dessus du canal carotidien ; l'extrémité postérieure des grandes ailes du sphénoïde la complète en avant et en dehors. Elle est plus large à ses deux extrémités qu'à sa partie moyenne.

La partie cartilagineuse représente un cône elliptique, dont le sommet tourné en haut et en dehors, est uni au tube osseux, et dont la base, dirigée en dedans et en bas, présente, sous la forme d'un pavillon évasé, bordé d’un bourrelet très-saillant, l’orifice gutturai de la trompe d'Eustachi. Deux cartilages triangulaires, mais de volume inégal , composent par leur assemblage la portion carülagineuse de ce conduit; le plus petit, situé en dedans, uni par sa pointe à la portion osseuse, et par sa base à l'aile interne de l’apophyse ptérygoïde, donne attache au muscle péristaphylin externe. L’auire carulage, beaucoup plus considérable, plus épais, également attaché par son sommet au tube osséux de la trompe, forme par sa base, qui est libre, la parue interne du pavillon de cette même trompe , et fournit un point d'attache au péristaphylin interne.

fous

Une membrane muqueuse , prolongement de celle des fosses nasales et de la cavité du pharynx, tapisse la face interne de ce cartilage, et forme, avant de pénétrer dans la trompe, un bourrelet épais et mou, disposé en pavillon, dans lequel sont plusieurs glandes quifournissent un mucus analogue à celui des narines. À mesure qu'elle s’avance dans la cavité qu’elle revêt, elle diminue d’épaisseur , acquiert plus de consistance , et, peu-à-peu, prend les caractères du périoste du tympan, avec lequel elle se continue.

{ VIIT. Sous le nom de labyrinthe on comprend le vestibule et son aqueduc, le limacon et son aqueduc, et les trois canaux demi-circulaires.

Le vestibule situé au côté interne de la caisse du tympan , avec laquelle il communique par la fenêtre ovale , au côté externe du conduit audiuf interne, devant les canaux demi-circulaires et derrière le limaçon, est une cavité à-peu-près sphéroïde, divisée en deux parties inégales par une crête osseuse qui s'élève de sa paroi inférieure , se dirige en avant et en dehors, et se termine au-dessus de la fenêtre ovale, près de laquelle elle forme une pyramide fort peute , dont la base est triangulaire, et le sommet rugueux et aplati.

On voit à l'intérieur du vestibule : |

En haut et en avant, un enfoncement demi-ovale, au fond duquel est une ouverture elliptique, où

commence le canal demi- circulaire verucal supérieur ;

En haut, et en dehors, une seconde ouverture où se termine le canal demi-circulaire horizontal ;

En bas, ün enfoncement hémisphérique et profond ; | | 2:

En bas et en dehors la fenêtre ovale ;

En bas et en avant l’orifice de la rampe externe du Himaçon ;

En bas, en arrière et un peu en dedans, une ouverture elliptique, où commence la partie inférieure du canal demi-circulaire vertical inférieur ;

- En arrière, une ouverture étroite, arrondie, où commence le canal demi-circulaire horizontal;

En dedans, quelques petits trous qui donnent passage aux vaisseaux et aux nerfs , ét qui communiquent avec le conduit acoustique interne;

En arrière eten dedans, un enfoncement en forme de sillon, répondant à une ouverture circulaire, assez largé, qui est l’orifice commun où aboutissent les deux canaux demi-circulaires verticaux ; et l’orifice triangulaire , souvent à peine visible, de l’aqueduc du vesubule; l'angle le plus aigu de cet orifice est dirigé en haut. |

L’aqueduc du vestibule est un canal extrêmement étroit, qui monte d’abord en se rétrécissant jusque derrière le canal commun, puis se courbe en arrière ét en bas, én s'élargissant, et va se ter-

6o PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE Hi.

miner, par une peute ouverture, sur la face postérieure du rocher, dans une petite cavité triangulaire remplie de Iymphe, et formée par l’écartement des deux lames de la dure-mère. Il paraïtrait que ce canal est susceptible de s’oblitérer avec l’âge, d’après ce que j'ai vu sur deux ou trois sujets avancés en âge, chez lesquels il était effacé dans la moïué de son trajet, qui correspond à son orifice vestibulaire.

Le limacon, dont le nom indique assez bien la forme , est cette portion du rocher creusée de deux canaux spiroïdes, obliquement située de dedans en dehors , de haut en bas, et d’arrière en avant, dans la parte antérieure , et sous la face supérieure de cette apophyse, au - dessus du canal caroudien, en avant et en dedans du conduit auditif interne et du vestibule. Considéré à l'extérieur, le limaçon est globuleux; légèrement concave à sa base presque verticale; large, à-peu-près, comme le diamètre du canal horizontal, et tourné en dedans, un peu en bas et en avant.

Dans l'oreille gauche , la ligne spirale qui marque, sur la face externe du limacon, les circonvoluüons de ses cavités , est dirigée en sens inverse de celui de la ligne spirale de l'oreille droite.

Au centre du limaçon, est un noyau osseux commun, conoïde, très-court, couché presque horizontalement , et dirigé en avant et en dehors vers

. DESCRIPTION DE L'OREILLE HUMAINE. Gi

la parte interne de la portion horizontale du canal carotidien , et de telle sorte que son axe coupe obliquement celni du rocher. Il est fort large à sa base, qui constitue le fond du conduit audiuf interne, et où l’on voit les orifices très-étroits de plusieurs canaux, dont les uns se perdent dans son épaisseur, tandis que d’autres vont s'ouvrir dans les canaux demi-circulaires et les deux rampes, et donnent passage à des vaisseaux et à des nerfs. Ce noyau va en se rétrécissant jusqu à son sommet, et se termine, vers le milieu de la hauteur du limacon où il abouut, à une cavité évasée , nommée e72É0nn0tr.

La surface du noyau est taillée èn vis par une double rainure, et laisse apercevoir un grand nombre de pertuis qui livrent passage aux filets nerveux. Les parois de la double rainure dont il vient d’être fait mention se continuent avec les bords d’une lame osseuse, plongée dans le tissu spongieux du rocher, compacte, roulée sur elle-même en spirale, dans le sens de sa longueur, recourbée selon sa largeur de manière à former, avec les rainures du noyau, un canal qui part de la base de ce noyau, et décrit deux tours et demi de spirale autour de l'axe, en s'avançant vers l’entonnoir où il se termine. |

Ce canal est divisé en deux cavités, appelées rampes du limaçon, par une cloison qui règne dans toute l’étendue de sa longueur: Cette cloison, plus

large à la base du limacon qu’à l’entonnoir où elle finit, est composée de deux parues bien disunctes, adhérentes l’une à l’autre par l'un de leurs bords, et dont l’une, osseuse, formée de deux lamelles, où l'on voit un grand nombre de petits canaux pour le passage des nerfs, adhère, par son bord interne, au noyau, jusqu'au milieu du second tour, où elle se termine par une sorte de crochet nommé | hamecon ; et dont l’autre, dite membraneuse, exitrêmement mince ,est fixée par son bordexterne à la face interne de la lame qui complète le canal du limacon; cette portion membraneuse règne seule dans l'intérieur de ce canal,depuisle milieu du second tour jusqu’au sommet, où elle est percée d'une ouverture qui établit une communication entre les deux rampes. Scarpa assure qu'elle est formée de deux substances , dont l’une est d’une consistance un peu moindre que celle des cartilages , et l’autre est entièrement membraneuse et presque muqueuse. La première adhère au bord de la partie osseuse de la fame spiroïde, l'accompagne jusqu’à sa terminaison, se prolonge au-delà jusqu'au sommet du noyau osseux; la seconde est une duplicature du périoste, qui recouvre la partie osseuse de la lame spiroïde et celle dont nous venons de parler; elle complète la cloison des rampes. |

Le bord de la première substance, examiné là où elle adhère à Ja partie osseuse, est percé de pe-

tits canaux disposés en rayon dans son épaisseur, et qui communiquent avec ceux que nous avons dit exister, entre les lamelles de la portion osseuse. L'autre bord de cette substance est un peu transparent, et semble contenir une humeur aqueuse; vue au microscope, cette substance paraît être formée d’un amas de petites cellules réticulées remplies de liquide et de filaments qui sont des ramifications nerveuses.

Des deux rampes, l’une, qui est interne ou postérieure, située à La base du limacon, plus large, plus courte, et d’abord un peu droite, commence à la fenêtre ronde; à sa partie inférieure est l'orifice de l’aqueduc du limaçon. L'autre rampe, externe ou antérieure , rapprochée du sommet du limaçon , plus étroite et plus longue, commence dans le vesübule, par une ouverture dont il a été parlé et qui est entièrement libre. La face de la cloison correspondante à cette rampe offre des lignes saillantes, rayonnées. À mesure que l’une et l'autre se rapprochent de leur terminaison, vers lentonnoir, elles se rétrécissent, et finissent par se communiquer entre elles, comme il à été dit. La rampe interne a de petites ouvertures, plus nombreuses que celles la rampe externe.

L'agueduc du limaçon est un canal fort étroit, long de trois à quatre lignes , qui commence dans la rampe interne , toui près de la fenêtre ronde, des-

cend obliquement en avant dans le rocher, sur le bord postérieur duquel il va s'ouvrir au-devant de la fosse jugulaire ; son orifice supérieur est plus large que son orifice inférieur ; quelquefois ce canal paraît manquer. ps #4

Les trois canaux demi-circulaires situés dans le rocher , derrière le vestibule, au-dessous et en arrière des cellules mastoïdiennes , commencent et finissent dans le vestibule par cinq ouvertures , dont une est commune à deux d’entre ‘eux. Îls sont à-peu-près de même grandeur, et chacun d’eux a une sorte de renflement à son origine. Leurs parois sont formées d’une lame osseuse, compacte, plongée dans le tissu spongieux du rocher; leur surface interne est lisse et polie.

L'un, vertical et superieur’, a la convexité de sa courbure directement tournée en haut ; néà la partie

supérieure et antérieure du vestibule, par une ouver-

ture elliptique , assez large , il s'élève au-dessus des

autres , et se termine, par son extrémité postérieure , avec l’extrémité antérieure du canal vertical inférieur, par.un conduit commun , long de deux lignes, qui s'ouvre à la partie postérieure et interne du vesübule.

Le second , ou vertical et inférieur’, aussi appelé postérieur, plus grand que le supérieur, a sa convexité tournée en arrière; né par une ouverture

évasée, arrondie, à la partie inférieure , postérieure

evun peu interne du vestibule, il se recourbe en arrière, monte en avant , et se termine dans le canal commun , où aboutit le vertical supérieur. Ge canal

n’est pas plus large que l’un des deux conduits Fes le forment par leur réunion.

Le canal demi-circulaire horizontal, situé entre les deux précédents et à leur côté externe, plus petit que l'un et l'autre, naît-à la partie antérieure du vesübule, entre la fenêtre ovale et le commencement du canal vertical supérieur , par une ouverture large ,elliptique,infundibuliforme, décrit une courbe tournée en dehors, à-peu-près parallèle à l'horizon , et va se terminer par une ouverture plus étroite, arrondie en dedans, à la paroi. supérieure et ex= terne du vestibule, entre Vorifice commun des cabaux verticaux et l’orifice propre du canal postérieur.

- Une:membrane très-fine et fortement adhérente aux os, tapisse toutes les cavités du labyrinthe, et se prolonge jusquedañs les aqueducs, oùellesetermine en cul-de-sac ( Cloquet ). Mais, outre cette membrane, on trouve encore dans le vestibule deux saés membrancux, dont lun communique avec trois.

tubes de même nature sitüés dans les canaux démicirculaires , tandis que l’autre e forme une cavité globuleuse sans ouverture. |

Le‘plus ample de ces deux sacs est oblong, transparent , situé sur la paroi supérieure et un peu postérieure du vestibule; son extrémité supérieure est

66 PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE il.

arrondie, elle repose dans l’enfoncement semi-elliptique, où commence le canal supérieur, se contuinue. avec le tube membraneux que renferme ce canal, et avec celui du canal horizontal; l'extrémité inférieure plus grêle , se porte transversalement vers le fond du vestibule, jusqu'au commencement du canal vertical inférieur, où elle aboutit au tube membraneux que renferme ce canal.

Les tubes membraneux des canaux demi-circulaires naissent donc en quelque sorte de ce sac; chacun d’eux est dilaté à son origine, et forme une sorte d'ampoule dans la cavité elliptique où commence chaque canal demi-circulaire; puis il se rétrécit de beaucoup, et parcourt le canal osseux où il est situé, de telle manière que celui du canal supérieur et celui du canal inférieur se confondent, comme ces canaux, en un seul, qui vient s'ouvrir, ainsi que celui du canal horizontal, à la partie moyenne de la convexité du-sac dont il s'agit.

La membrane qui forme ce sac et ces tubes est fort mince, transparente, entièrement distincte du périoste des cavités labyrinthiques; elle n’est point immédiatement couchée sur ce périoste; mais il y a, entre elle et lui, un espace très-sensible, en partie rempli par un tissu cellulaire rare, extrêmement lâche et presque muqueux, qui la maintient en position, et sans lequel le sac et les tubes flotteraient dans les cavités osseuses, dont le diamètre est plus

considérable que le leur. Il résulte de cette disposition que le sac et les tubes membraneux, qui représentent exactement le vestibule et les canaux demi-circulaires, sont en quelque sorte suspendus dans ces diverses parties. Le sac ressemble à une petite bulle d’air et les tubes à des vaisseaux lymphatiques. |

Le sac globuleux est situé de telle manière que J’enfoncement hémisphérique du vestibule en contient une moitié, qui adhère fortement à la paroi osseuse, tandis que l’autre moitié, saillante dans le vestibule, est adossée au premier sac qui lenve- loppe, à-peu-près comme le corps vitré enveloppe le cristallin. Ce second sac est clos de toute part, et sans aucune communication avec le premier, non plus qu'avec les autres cavités environnantes; la membrane qui le forme est, dans un fœtus de trois mois , si épaisse et si résistante, eu égard à son volume , que si on la divise avec la pointe d’une lancette, et si on la vide entièrement, elle conserve encore sa forme sphérique. Au fond de ce sac on voit une tache blanchâtre oblongue.

Telles sont les parties molles du labyrinthe, que Scarpa nous a fait connaître , et dont quelques portions entrevues par ses devanciers avaient reçu les noms de cordons nerveux (Duverney, Vieussens ); zones nerveuses (Valsalva ); filaments des canaux demi-circulaires ( Gassebohm ); filets d'apparence

fr

(ets. PREMIÈRE. PARTIE , CHAPITRE Ii.

nerveuse ( Morgagni }, et septum nerveux ( Cotugno, Meckel.).

Le limaçon, les. deux.sacs du. blé les tubes des canaux demi-circulaires, contiennent une sérosité, limpide, que l’on trouve. aussi, selon Scarpa, hors de ces poches membraneuses, dans l'intervalle qui les sépare des parois osseuses. Au reste, quelle que soit la disposition de ce liquide par rapport aux membranes qui le renferment, disposition si difficile à vérifier, qu'on en croira long-temps encore Scarpa sur sa parole, il n’est pas douteux que le labyrinthe n’en contienne une certaine quantité, quoiqu'on ne puisse pas dire qu'il en soit entièrement rempli, comme l'ont prétendu Cotugno et Meckel; car, en soumettant le temporal à l'épreuve de la congélation, j'ai obtenu. à la vérité une lymphe solide, mais je n’ai pas trouvé que les glacons contenus dans ces conduits formassent un corps con ünu, de manière à les représenter parfaitement ; ils étaient séparés par de petits interstices qui ne pouvaient être remplis que par de l'air. S’en- ‘suit -1l nécessairement que la lymphe ne remplisse pas complétement le labyrinthe dans l'état de vie? Je ne le pense pas, bien qu'on puisse encore fortifier cette expérience, de celle qui consiste à plonger le temporal dans l'eau, et à faire pénétrer un stylet dans le vestibule, à travers la fenêtre ronde, ou. à arracher l'étrier, ce qui donne

DESCRIPTION DE L'OREILLE HUMAINE. 69 ke

parfois issue à quelques bulles d'air, qu'on suppose s'échapper alors des cavités labyrinthiques. Il est plus naturel de croire que ces dégagements gazeux ne sont que l’effet très-ordinaire de la condensation que subissent les liquides animaux après la mort, ou de l'absorption bien constatée qui s'opère dans les derniers momens ; et même après la cessation de la vie. Au moins est-il certain qu'un liquide aqueux occupe visiblement ces cavités, et lon ne peut concevoir que son existence ‘ait pu devenir, pour nos anatomistes les plus distingués, le sujet d’un doute. Enfin si l'évidence d’un fait anatomique était de nature à puiser un surcroit de force dans le raisonnement , je dirais que le labyrinthe, non - seulement est destiné à renfermer un liquide, mais encore que les lois de l’organisation en excluent , dans l’état sain, existence de l'air, puisque hors l'étät pathologique , ou le cas de la décomposition cadavérique , il n'y a pas d'exemples de congestion gazeuse dans ceux des conduits ou des cavités qui ne communiquent point avec l'air extérieur. Admettre de l'air dans le labyrinthe pendant la vie, parce qu’il en contient après la mort, n'est-ce pas reproduire la doctrine erronée des anciens, qui admettaient aussi la présence de ce gaz, dans les artères des corps vivants, parce qu'ils les trouvaient vides de sang dans les cadavres ?

$IX. Le conduit auditif interne , sivué à la face

70 PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE Il.

postérieure du rocher, un peu au-dessous du trou déchiré, est un enfoncement conique et pratiqué de dedans en dehors dans l'épaisseur du rocher. Son fond, qui forme la face interne de la base du limaçon , est divisé en deux fossettes par une arête osseuse. Dans la fossetie supérieure sont un grand nombre/de trous, dont l’un, remarquable par sa grandeur , est l’orifice interne de l’aqueduc de Fallope; les autres s'ouvrent dans le labyrinthe. La fossette inférieure est ovale, son grand diamètre est transversal ; à sa partie antérieure on voit un enfoncement correspondant directement à la base du noyau osseux du limacon , et percé d'une infinité de petits conduits disposés en spirale , qui vont s'ouvrir dans les cavités du limaçon. En arrière sont d’autres groupes de pareils trous disposés en rond; l’un de ces groupes s'ouvre dans le vestibule; deux autres dans les canaux vertical supérieur et horizontal. Ces trous correspondent à des conduits qui se subdivisent à l'infini, avant de s’ouvrir dans les cavités où ils se terminent. Îl a déjà été dit comment ceux qui se rendent dans l'épaisseur du noyau du limaçon, traversent ensuite l’épaisseur de la partie osseuse de fa lame spiroïde , et s'ouvrent au bord libre de cette partie, ou plutôt au bord qui est uni avec celui de la partie membraneuse. 7

Le conduit auditif interne, et les petits canaux

qui viennent d'être décrits , livrent passage au nerf acoustique et à ses ramifications.

L’aqueduc de Fallope , quoique ne faisant pas partie de l'oreille, mérite néanmoins d’être étudié avec attention à cause du nerf facial qui le parcourt. C'est un conduit très-étroit, long , recourbé en plusieurs sens , qui commence dans la fossette supérieure du fond du conduit auditif interne, ainsi qu’il vient d'être dit, qui remonte ensuite en dehors et en arrière dans le rocher, jusqu’au haut de cette apophyse et reçoit un très-petit canal nommé hiatus Fallopir, venant d'avant en arrière de la surface crânienne du rocher ; l’aqueduc se dirige ensuite brusquement en arrière ; traverse la paroi de la caisse, dans laquelle il est en partie membraneux , redevient osseux , se recourbe , descend ensuite verticalement, parallèlement à la paroi postérieure de la caisse, . et se termine enfin au trou stylo-mastoidien.

$ X. Système nerveux de l’organe auditif. Le nerf labyrinthique tout entier, diverses branches et filets du nerf facial, du nerf maxillaire supérieur, du plexus cervical supérieur, et du ganglion sphéno-palatin , composent ce système.

1° À l'extrémité latérale du quatrième ventricule sont plusieurs stries médullaires blanches, dont quelques-unes se dirigent en avant, et vont s'unir à un faisceau plus volumineux de fibrilles formant

une masse pulpeuse, très-molle, née de la partie

antérieure des prolongements postérieurs de la pretubérance annulaire. Ces fibrilles, ces. strics réunies et dépourvues dé névrilème , constituent l’origine dunerf labyrinthique, acoustique ou auditif. si Jong-temps connu sous le nom de portion molle de la septième. paire. FT

: Entre l’éminence olivaire, le pédonculé: da cer— velet, la protubérance annulaire.et le corps réuforme, ce nerf, situé dans ‘une petite-fosse iriangulaire, s’isole dela substance :cérébrale, séparé . du nerffacial qui l'avoisine , par une petite saillie de la moelle vertébrale.et par quelques vaisseaux trèspetits. Là, il forme un cordon roulé sur lui-même, aplati et concave en dedans, ‘où le nerf facial est appliqué; bientôt il devient plus consistant, et lon commence à.y distinguer facilement de nombreux filets, revêtus de névrilème. qui se dirigent sur les côtés de,.la base de la ‘moelle:allongée en dehors, en hautiet en avant; puis il s'introduit dans le conduit, auditif interne, oùil semble tordu sur luimême; ses filets,. qui commencent à devenir bien manifestes, décrivent une spirale oblique.

Quand il est parvenu.au fond:du condun, l'une de ses parties, plus blanche-que les:autres, s sole. forme une branche:dite limacienne , qui se :dirige. vers la petite-excavation correspondante à Ja base..du limaçon ,-et-située en avant. de la-fossette inférienre du conduit.auditif interne. Là, les filets

de cette première branche, qui paraît être la conünuation du tronc, sont plus distincts , un peu 1s0lés les uns des autres, ce qui lui donne plus de largeur. Ces filets pénètrent en se tordant sur euxmêmes dans les nombreuses petites ouvertures disposées en spirale qui ont été décrites, marchent parallèlement à l'axe du limacon dans son noyau osseux, puis à travers la lame osseuse, se divisent en une infinité de filaments, dont les uns se terminent sur la membrane de.cette lame et sur la demilame membraneuse , tandis que les autres remontent dans l'axe jusqu’au sommet du limaçon, vers le lieu de communication des deux rampes. Ces divers filaments ont de nombreuses anastomoses mutuelles le long de l'axe pyramidal ; l'an d'eux, plus apparent que les autres ,’se termine à l’entonnoir et au dernier demi-tour de la cloison. :

La seconde branche du nerf acoustique , dite vestibulaire, s'isole de la première, se porte en-arrière et en dehors, forme une sorte de ganglion où renflement grisâtre ou rougeâtre, et se divise en trois rameaux.

Le grand rameau, plus volumineux que les deux autres , derrière lesquels il est situé, entre par Pün des petits cribles situés à la partie postérieure de la fossette inférieure du fond du conduit auditif interne, dans le vestibule, à travers la pyramide, puis se divise en deux branches. L'une se termine dans le vesti-

v LA PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE I.

bule même en formant une sorte de membrane ou d’épanouissement pulpeux, composé de ramifications réuculées très-fines et comme difiluentes. L'autre pénètre en se bifurquant dans les canaux demi - circulaires vertical supérieur et horizontal, tapisse l’ampoule qui est à leur origine, et se prolonge quelque peu dans leur intérieur, en formant une sorte de pulpe médullaire disposée en éventail.

Le rameau moyen pénètre dans le vestibule, près du précédent et aussi par la fossetie inférieure, se divise d’abord en deux filets, puis se perd sur la membrane qui forme le principal sac du vestibule, par une foule de ramifications fort molles et. trèsblanches. |

Le peut rameau, ou rameau inférieur, entre dans le vesüibule par une ouverture située au côté externe du conduit auditif interne, se dirige vers le canal demi-circulaire postérieur, s’épanouit sur son ampoule , et semble se prolonger dans son intérieur. | |

2°, Le nerf facial, né d’une portion médullaire en forme de bandelette, et d’une autre qui paraît plus fibreuse, derrière le bord postérieur de la protubérance annulaire, dans l'angle qu'elle fait en se réunissant avec le corps rétiforme, au-dessus et un péu en dehors des corps olivaires , à une ligne en avant du nerf acoustique , au côté interne duquel il est placé, marche avec lui , après s'être re-

DESCRIPTION DE L'OREILLE HUMAINE. D vêtu d’un névrilème, jusqu’au fond du conduit auditif interne, où il pénètre dans l’aqueduc de Fallope. Arrivé vis-à-vis l’hiatus de ce conduit, il recoit le filet supérieur du nerf ptérygoïdien ou vidien, puis un peu plus loin, il fournit un premier Jilet très-délié , qui perce l'os, et va se perdre dans le muscle interne du marteau.

Parvenu dans la paroi postérieure de la caisse, le nerf facial donne , 1° un second filet très-petit, qui pénètre dans une ouverture capillaire , située à la base de la pyramide, et va se jeter dans le muscle de l'étrier; 2° un troisième filet très-long , nommé corde du tympan, qui, selon quelques anatomistes , nest que le filet supérieur du nerf vidien , descend d'abord parallèlement avec le nerf facial , remonte ensuite en haut et en dehors , pénètre par une ouverture située à la base de la pyramide , envoie un filet d’anastomose, sur le promontoire ; au filet du plexus carotidien interne , venant

d’une petite ouverture pratiquée dans la paroi de : l’aqueduc de Fallope; traverse la caisse obliquement d'arrière en avant sous l’enclume , puis entre sa longue branche et la partiesupérieure du manche du marteau, auquel elle adhère, augmente de volume au-dessus du muscle interne de cetos, devient plus + consistante , presque horizontale , descend en avant à côté du tendon du muscle antérieur du marteau , et sort avec lui de la caisse par la fente glénoïdale ,

se dirige ensuite en devant et en dedans , et s’anastomose à angle très -aigu avec le rameau lingual du nerf maxillaire inférieur.

Après avoir fourni la corde du tympan, le nerf facial sort du crâne par le trou stylo-mastoïdien , puis il donne : 41° un rameau auriculaire postérieur, qui descend d’abord, puis remonte devant l’apophyse mastoïde, se porte derrière l'oreille, et se divise en deux filets, dont l’un, antérieur, se distribue à la surface convexe du pavillon, et donne quelques filaments au muscle auriculaire postérieur, tandis que l'autre, postérieur, remonte en arrière sur l'apophyse mastoïde, ‘se ramifie sur elle , et se perd dans le muscle occipital’et les téguments voisins,ets'anastomose avec des ramifications du plexus cervical; 2° quelques filets. qui s’anastomosent avec l’auriculaire antérieur, ou branche auriculaire, ou rameau temporal superficiel du nerf maxillaire supérieur ; 3° des rameaux qui vont se distribuer à la parte antérieure du pavillon de l'oreille, aux musclés de «cette partie et s’'anastomosent avec les filets du rameau auriculaire postérieur.

3° Le rameau auriculaire antérieur, ou temporal superficiel du nerf maxillaire inférieur, se contourne sur la partie postérieure du condyle de la mâchoire , devant et sous le conduit auditif, envoie deux filets d'anastomose'au' nerf facial, remonte devant le conduit, sous la glande parotide , donne

un filet à l'articulation temporo-maxillaire , fournit des rameaux au pavillon, et d'autres qui passent entre los et le cartilage. du conduit pour aller se distribuer à la peau quille revêt. L’auriculaire antérieur se divise ensuite en deux filets, dont l’antérieur se ramifie à la tempe, au front, au sommet de la tête, et s’anastomose avec le facial et l'occipital, tandis que le postérieur se distribue en grande partie à l’hélix et aux muscles auriculaires antérieur et supérieur. |

L° Des filets nés de la branche mastoïdienne du plexus cervical se ramifient à la face interne du pavillon, et s’anastomosent avec les filaments du rameau auriculaire postérieur du nerf facial, et avec la branche postérieure du second nerf cervical. - Le même plexus fournit une branche auriculair'e , plus volumineuse que la branche mastoidienne , et qui se porte d’abord'un peu en dehors, se réfléchit ensuite sur le bord postérieur du muscle sterno- mastoïdien, se porte obliquement en avant et en haut entre ce muscle et la peau, gagne son bord. antérieur, et se divise, au niveau de l'angle de la mâchoire, en: 1° Rameaux auriculaires antérieurs qui fournissent à la parotide des filets, dont un. communique avec ceux du facial, et qui tous remontent vers la partie inférieure du pavillon, s’y ramifient, soit à la face concave, soit à la face convexe, soit sur le contour de sa circonférence; ils s’anas-

7 PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE If.

tomosent avec le temporal superficiel du maxillaire inférieur ; 2° Rameaux auriculaires postérieurs ; il n’y en a quelquelois qu'un seul ; ils remontent le long du bord antérieur du Éitble sterno - masioidien , puis se divisent sur l’apophyse mastoïde en filets, qui se ramifient sur la face convexe du pavillon et sur la partie supérieure de la poruon cartilagineuse du conduit auditif. Ces deux ordres de rameaux s’anastomosent les uns avec les autres.

5° Des filets nerveux fournis par le ganglion sphéno-palatin se rendent à la trompe d'Eustachi, et donnent des filaments à la membrane qui revêt ce conduit et à celle qui tapisse la caisse.

J'ai décrit la totalité du nerf acoustique; mais il m’a parusuffisant d'indiquer seulement celles des ramifi. cations du nerf facial, du nerf maxillaire inférieur et du plexus cervical, ainsi que du ganglion sphénopalaun, qui se rapportent à l'oreille.

On voit d’après ce qui vient d’être dit que le nerf acoustique se distribue exclusivement au vestibule, au limacon et aux canaux demi-circulaires ; que le nerf facial fournit des filets aux muscles des osselets, et du pavillon, au pavillon lui-même et aux téguments qui le recouvrent; que le nerf maxillaire inférieur et le plexus cervical en fournissent au conduitauditifexterneetau pavillon; quele ganglion sphéno-palatin en donne à la trompe d'Eustachi et à la caisse du tympan.

DESCRIPTION DE L'OREILLE ce 79 $ XI Arières de l'organe auditif. Elles pro-

viennent toutes des branches de la carotide externe, sauf une seule fournie par la carotide interne. 1° Les rameaux auriculaires antérieurs de l'artère temporale se distribuent au conduit audit, au muscle auriculaire antérieur et au pavillon. 2° Les rameaux auriculaires supérieurs de la même artère se distribuent au muscle auriculaire supérieur.

3° La branche auriculaire profonde de l'artère maxillaire interne remonte sur le temporal, derrière le conduit auditif, et se distribue à ce conduit, aux glandes cérumineuses et à la membrane du tympan. | 4" La branche auriculaire postérieure de la carotide externe ( née quelquefois de l'artère occipitale ) commence au-dessus du muscle digastrique, remonte dans la glande parotide jusqu’à la partie inférieure du pavillon, fournit la stylo-mastoïdienne, se divise en deux branches, dont l’une remonte entre la peau et le cartilage, et se distribue à toute la face convexe de la conque, tandis que l’autre se porte au-dessus de lapophyse mastoïde pour aller se terminer aux muscles auriculaire postérieur et occipital, et à la peau.

5° Le rameau fympanique, ou inférieur de l’ar-

tère méningée moyenne ou sphéno-épineuse, sin

troduit dans le conduit qui loge le muscle interne

du marteau, et se distribue à ce muscle ainsi qu’à la membrane muqueuse du tympan.

6° L'artère tympanique ; fournie par l'artère maxillaire, se porte vers la fente glénoïdale, se distribue au Ses antérieur du marteau, et pénètre avéc lui dans la caisse.

7° Le rameau {ympanique ; né de de carotide interne, ayant quelle sorte du. canal inflexe du rocher , perce la paroi de la caisse, se distribue à la membrane qui revêt cette cavité,-et s'anastomose sur lepromontoireavec le rameau tympanique del'artère sphéno-épineuse.

8° Quelques ramuscules tnpaniques pénètrent dans la caisse par de petites ouvertures à peine visibles, situées à l'endroit où le rocher s’'unit à la portion écailleuse du temporal, et vont. se perdre dans la membrane qui tapisse le tympan.

9° L’artère stylo-mastoidienne , née de l'auricu-

laire postérieure, et quelquefois de l’occipitale, donne plusieurs. rameaux au conduit auditif externe, un seul à la membrane du tympan , pénètre par le trou | stylo-mastoidien dans l’aqueduc de Fallope, le parcourt , fournit des rameaux au périoste de ce canal, à la membrane de la caisse, au muscle de létrier , aux cellules mastoïdiennes, aux canaux demi-circulaires, puis s'anastomose avec le rameau supé rieur de l'artère sphéno - épineuse, parvenu dans Vaqueduc par l’hiatus de Fallope.

DESCRIPTION DE L'OREILLE HUMAINE. 8 10° L’arière ptérygoïdienne , fournie quelquefois par la pharyngienne supérieure ou ptérygo-palaune, plus ordinairement par la maxillaire interne, parcourt le conduit ptérygoïdien, sort en arrière, et se ramifie à la membrane muqueuse de la trompe d'Eustachi et des parties voisines.

11° Quelques ramuscules de l'artère ptérygo-pa: latine se disiribuent à la membrane de la trompe d'Eustachi. au:

$ XIL J’eines de l'organe auditif. Elles suivent à-peu-près la disposition des artères.

1° Les rameaux auriculaires antérieurs, profonds et postérieurs ; venant des deux faces et de la circonférence du pavillon , ainsi que du conduit auditif externe, se réunissent les uns aux autres, et vont en s’anastomosant verser le sang qu'ils contiennent dans la veine temporale.

2° La veine auriculaire postérieure va s'ouvrir dans la veine jugulaire externe.

3° La disposition des veines du tympan est peu connue. | 4° Les ramuscules nés dans le vestibule et dans les canaux demi-circulaires, se réunissent pour former une branche qui traverse le diploé du rocher, dans un petit canal situé près de l’aqueduc du vestibule, et se termine dans le golfe de la veine jugulaire.

5° Les ramuscules venant du limacon, et sor-

Se PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE IL.

tant de la rampe interne, et même quelques - uns de ceux du vestibule , forment une seconde branche qui perce la substance du rocher, non loin de l'aqueduc du limacon, et va s'ouvrir dans le sinus latéral.

ç XIII. J’aisseaux lymphatiques de l’organe de l’oute. Les absorbants de l’orcille externe vont, dit-on, s'ouvrir dans les lymphatiques superficiels rassemblés devant et derrière le pavillon.

Existe-t-il des absorbants dans l'oreille interne, ou les veines en font-elles l'office? On a voulu donner comme preuve de cette dernière opinion la communication assez bien démontrée des veines du vestibule et du limacon avec ie sinus latéral et le golle de la veine jugulaire. |

$ XIV. Etat de l'organe auditif dans le fœtus et le vieillard. De tous les organes du fœtus, celui de l’ouïe est le plus développé; il a presque toutes les dispositions qu'on y observe dans l'adulte. Cependant toutes ses parties ne sont pas également complètes ; les plus profondes, celles qui consuituent spécialement le sens auditif, le sont davantage; les plus extérieures le sont moins.

Le pavillon est mou, peu consistant.

Le conduit auditif externe, wès-évasé en dedans, “est très-étroit dans son milieu et fort large en dehors ; les bords de son fibro-cartilage sont plus éloignés, les incisures plus larges que dans l'adulte ; la partie osseuse de ce conduit n'existe pas; il n’est

DESCRIPTION DE L'OREILLE HUMAINE. O3 formé en haut que par la membrane dermoïde ; en bas on retrouve cette membrane; mais là ellé revêt une mernbrane particulière ; très épaisse , à fibres parallèles, très-manifestes , qui, nées du pourtour du cadre du tympan; se terminent en dehors aû fibro-cartilage du conduit. C'est à cette membrane; quon peut considérer comine le rudiment de là partie antérieure de la portion osseuse du méat auditif, qu'est due la longueur remarquable de ce eanal dans le fœtus. La membrane dermoïde du conduit audiuf est fort mince, garnie d’un duvet plus prononcé que dans toutes les autrés parties du corps, et entièrement recouverte d'un enduit blanchâtre qui tapisse sur-tout la membrane du tÿmpan , lui ôte sa transparence naturelle; et parait être le produit de la sécrétion des glandes cérumineuses qui ne fournissent point encore une humeur jaune, visqueuse et épaisse Comme dans l'adulte.

La membrane du tympan est fort mince, pres:

que aussi large qüe dans les âges suivants, et on la trouve d’un rouge très-marqué quand on a enlevé l'espèce de gluten dont nous venons de parler, parce qu'alors on voit, à travers ses tuniques , la mem: brané très-vasculeuse qui tapisse la caisse. Cette cloison est presque parallèle à la paroi supérieuré du conduit auditif, avec laquelle elle se continue , tändis qu'elle forme un angle très-aigu avec la paroi imiérieure ; cette disposition est due à ce que le

cadre osseux du tympan esitrès-incliné en bas et en dedans et même presque horizontal. Osseux dans ses trois quarts, ce cadre est complété par la racine de l’apophyse zygomatique. En avant il avoisine les rudiments de la portion articulaire de la cavité glénoïde; en bas une lame osseuse très-étroite le sépare de l’ouverture du canal carotidien ; en arrière il est en rapport avec les rudiments de l’'apophyse mastoïde et le bord supérieur de l'occipital; il est isolé de toutes ces parties, excepté de l’apophyse zygomatique, par une racine circulaire qu'occupe un prolongement de la membrane qui revêt la caisse. Cet isolement, qui dure jusqu'au cinquième ou sixième mois, disparait peu-à-peu.

La caisse du tympan n'est guère moins grande que dans l'adulte, et sa forme ne varie qu'en raison de la situation de la membrane tympanique.

La trompe d’Eustachi, déjà bien développée, l’est moins que la caisse ; son cartilage est encore trèsmou, et ce conduit forme un angle très-obtus avec l'apophyse ptérygoïde. :

Les cellules: mastoïdiennes n'existent pas; l’ouverture qui y conduit est très-large, mais elle abouut à un cul-de-sac, où est placée la branche de l’étrier, etquiest creusé dans un tissu spongieux, de couleur rougeâtre, peu épais, remplaçant les cellules.

Les osselets entièrement ossifiés, ont acquis le développement le plus complet.

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La fenétre ovale a la même largeur que dans Vadulte. La situation de la fenétre ronde , varie selon ‘que le promontoire est plus ou moins saillant; et il l’est beaucoup dans le fœtus. Souvent cette ouverture n'offre rien de particulier dans sa position ; mais quand le promontoire n’est pas encore bien développé, elle est dirigée presque antérieurement ; à mesure que cette éminence se développe, vers le quatrième ou cinquièmé mois, il cache cette fenêtre qui alors se dirige en arrière , et reprend la situation qu'elle a dans l'adulte, lorsque l’apophyse venant à se développer, vers l'époque de la naissance, la repousse en avant. | |

La membrane qui tapisse la caisse est rouge, trèsvasculeuse, très-molle , et sécrète un mucus abondant qui remplit cette cavité.

Le labyrinthe du fœtus, non moins développé que la caisse, est parfaitement ossifié; on peut isoler facilement des parties environnantes qui sont encore spongieuses. Le vestibule est presque aussi large que dans l'adulte. Les canaux demicirculaires se voient facilement, à cause de leur blancheur, à travers les parties molles rougeâtres qui les enveloppent; le canal vertical supérieur est SUr= tout apparent ; il forme une tubérosité au bord supérieur du rocher, et au-dessous de lui on voit un enfoncement très-profond ( Bichat ); ses parois sont minces, et transparentes dans sa Convexité,

Le limacon très - développé l'est un peu moins que les canaux demi-circulaires.

Les sacs du vestibule , les tubes membraneux sont plus faciles à voir ; le liquide qu'ils renferment est rougeâtre; on l’aperçoit à travers les cavités qui le renferment.

Le conduit auditif interne est presque aussi large, mais moins long que dans l'adulte ; trèsévasé dans le fond, il l’est moins à son entrée.

Par les progrès de l'âge le cartilage du pavillon acquiert plus de consistance; l'enduit du conduit auditif disparait peu-à-peu, après la première année de la vie; la partie qu'il abandonne la dernière est la membrane du tympan. La membrane fibreuse du méat auditif s’ossifie ainsi que la cavité glénoïde et l'apophyse mastoïde; la portion osseuse de ce conduit se complète; la membrane du tympan devient transparente, d'un blanc perlé, et se redresse peu-à-peu; le cadre osseux qui l'entoure se redresse aussi, et se soude aux parties voisines qui ont acquis plus de solidité. Le cartilage de la trompe d’Eustachi devient plus ferme; ce conduit change de direction , et finit par former un angle aigu avec l’apophyse mastoïde. La caisse s’élargit un peu par le déplacement léger qu'éprouve la membrane du tympan; Venclume qui est presque perpendiculaire ehez le fœtus, s'incline du côté opposé à cette membrane, de telle sorte que les autres osselets n'éprouvent au-

cun déplacement , malgré lampliation de la caisse. Cette cavité ne contient plus de mucosités apparentes passé la deuxième année; la membrane qui la revêt devient moins rouge, plus fibreuse, et perd en partie l'aspect d’une membrane muqueuse. Les cellules mastoïdiennes se prononcent progressivement davantage.

Les canaux demi-circulaires cessent peu-à-peu d’être visibles à cause de l’ossification du rocher ; Jexcavation qui se voyait sous le vertical supérieur disparait graduellement. Le labyrinthe se soude complétement à la substance du rocher; le liquide qu'il contient devient aqueux et très - limpide. Le

conduit auditif interne acquiert plus de longueur, et __s’élargit davantage.

Scarpa assure que dans la vieillesse la fenêtre ronde s'oblitère fréquemment. J'ai dit ce qui me porte à croire qu'il en est de même de l’aqueduc du vestibule. On verra dans la suite de cet ouvrage que, dans des cas qui ne sont point rares, mais qui me paraissent avoir éié méconnus, le conduit auditif externe s’élargit considérablement, perd en quelque sorte sa longueur et sa courbure, et devient sec , aride par la cessation de la sécrétion cérumineuse.

io. M Ans ÿ 06 PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE IN.

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