OBLITÉRATION ACCID. DU CONDUIT AUDITIF
frais de cette tuméfaction est la peau qui tapisse l'entrée du conduit. La membrane qui le revêt étant d’un tissu plus serré, se gonfle plus rarement que la peau dont elle n’est qu'un prolongement; ce n’est guère.que dans les cas d'otite et d’otorrhée qu'on la trouve notablement boursouflée, sur-tout quand ces écoulements reconnaissent pour cause une diathèse scrofuleuse. La petite-vérole confluente produit quelquefois le même effet; l’on a vu à la suite de cette maladie, quand l'érupuon avait été trèsabondante à la tête et aux oreilles, le méat auditif rester bouché par la tuméfaction et l’adhérence des bords de son orifice.
On détruit ces adhérences par une simple incision cruciale qui n’a päs besoin d’être bien profonde, parce que lorifice seul est ordinairement le siége du rétrécissement. Si les adhérences se prolongeaient dans le conduit, on pourrait sans aucun inconvénient enfoncer un bistouri étroit jusqu'à la profondeur de deux lignes, dans la direction du canal, et tamponner ensuite le conduit avec une mèche de charpie.
Le rétrécissement du conduit par cause d’otorrhée disparait ordinairement quand l'écoulement vient à tarir. Je Vai vu cependant persister une fois au-delà de ce terme chez un enfant scrofuleux. Le méat auditif n'offrait plus qu'une espèce de fissure susceptible tout au plus d'admettre une lame de
canif. Ce rétrécissement n'occupait que l'entrée du conduit; un peu plus avant il était libre, et paraissait avoir son diamètre naturel. L'usage des canules, auquel on avait eu recours à diverses reprises, n’avait eu qu'un effet momentané. Deux vésicatoires que je fis placer derrière les oreilles, des purgaus fréquemment administrés , les préparations ferrugineuses unies au quinquina dissipèrent cet engorgement qui durait depuis deux ans, et entretenait une surdité telle, que le timbre de la voix en était déjà changé et l'articulation de la parole très-embarrassée.
La diathèse dartreuse produit de même cette espèce de rétrécissement par gonflement des téguments. Îci le conduit auditif est sec, recouvert de pellicules farineuses ; et dépourvu d’une grande partie de sa sensibilité. Si on y introduit une sonde, on croirait au bruit quelle fait qu'on touche un morceau de bois. Un cruel symptôme accompagne cet engorgement: C'est un prurit des plus vifs qui ôte tout repos, et prive même du sommeil. Du reste je n'ai pas vu ce rétrécissement aller au point de causer une surdité très-prononcée. Seulement l'audition est troublée-par des bourdonnements ou par un retentissement incommode des sons, qu'une personne tourmentée de cette indisposition comparait à celui qu'on éprouve lorsque, sans être sourd, on place dans l'oreille un cornet