‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 4)Chapitre 28 sur 47 · OBLITÉRATION ACUID. DU CONDUIT AUDITIF · texte numérisé non relu

OBLITÉRATION ACUID. DU CONDUIT AUDITIF

acoustique. Par intervalles cet engorgement chronique devient le siége d’une inflammation aiguë, le canal auditif se ferme alors complétement, toute la conque se tuméfie, se gerce, rend une sérosité roussâtre, et de vives douleurs se font sentir. Au bout de quelques jours tous les symptômes s'amendent, la conque reprend son volume naturel, et l'entrée du conduit seulement reste affectée d’un engorgement lardacé qui demeure stationnaire. ‘ j

Cette maladie est des plus opiniâtres; pendant bien des années je n'ai obtenu aucun succès des moyens les plus propres à la combattre efficacement , tels que les douches d'eaux minérales sul- fureuses, les exutoires, l'usage interne du mercure, les sudorifiques, les dépuratifs de toute espèce, etc. Je n’y saurais à présent même aucun remède, sans la guérison obtenue récemment par des bains de vapeur, dans un des cas de cette nature qui m'ont le plus occupé. Les moyens les plus efficaces avaient été épuisés, ét madame N... avait suivi sans fruit, sans soulagement aucun, les traitements divers conseillés et dirigés par les médecins les plus renommés de la capitale. La maladie toujours concentrée dans la conque avait pris un tel degré d’exaspération, que les crises inflammatoires dont je viens de parler se succédaient presque sans intervalle. La malade, auparavant douée d’un vif éclat de fraicheur

et de santé, alors minée par la fièvre, l’insomnie et les douleurs, tombait à vue d'œil dans le marasme. Bien avant cette époque elle avait cessé de recevoir mes soins; elle les réclama de nouveau. Nous convinmes d'employer les bains de vapeur de l’établissement de M. Giraud. La guérison fut rapide et complète. Elle me parut d'autant plus assurée que la tête, ni par conséquent les oreilles n'avaient point été exposées aux vaporisations, et que l'engorgement de ces parties avait cédé à des sueurs générales provoquées par ces bains. Je sais que depuis lors aucune récidive n’a décu mon espoir. Une membrane accidentelle peut s'établir dans le conduit auditif et le boucher plus ou moins complétement. Il est difficile d'expliquer la formation de cette production membraneuse par la théorie générale des fausses membranes. L’exudation lymphatique d'où celles-ci tirent leur source ne parait avoir aucune part à la formation de celles qu'on voit quelquelois dans le conduit auditif. Ce que jai vu arriver dans les violentes inflammations et les écoulements du conduit auditif externe, chez les jeunes sujets, me porterait à concevoir une tout autre étiologie des cloisons accidentelles qui peuvent s'y établir. Jai vu à cet âge, où le méat auditif est beaucoup plus étroit, et la membrane qui le revêt beaucoup moins dense, l’inflammation rapprocher tellement les parois de cette tunique, qu'elles s'entre-

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