ÉPAISSISSEMENT DE LA MEMBRANE DU TYMPAN
à cause de l'étroitesse ou de la courbure plus pro, noncée que le canal auditif présente dans beaucoup de personnes; et, lorsqu'il n’est pas possible de s'en assurer par les yeux, il n'existe aucun signe rationnel qui puisse établir le diagnostic. Il faut alors ranger la surdité, qui est la suite de cet état , dans le grand nombre de celles dont on ne peut pénétrer la cause ni indiquer le remède. |
Däns le cas contraire, lorsque la membrane se trouve visiblement épaissie, et que cet épaississement est assez ancien pour qu'on n'ait plus rien à attendre des efforts de la nature, il faut proposer la perforation de la membrane. 1:
X LIX"®® OBSERVATION.—A la suite d’une diblonte otalgie pour laquelle on conseilla et lon employa l'instillation de quelques gouttes d’eau de Cologne , une dame éprouva une otite externe qui fournit un écoulement peu copieux et de peu de durée. En examinant cette oreille, je trouvai la membrane peu transparente, ce qui me la fit supposer plus ou moins épaissie. Quelques semaines auparavant il était survenu un léger suintement qui avait diminué la surdité ; la dame, en me rappelant cette circonsiance , regrettait beaucoup que son oreille n'eut pas flué davantage, persuadée que cet écoulement aurait pu la guérir sols Son idée me parut fondée, et servit de base à mes prescriptions. Je conseillai de faire de fréquentes injections
dans l'oreille avec une légère solution aqueuse de savon noir, et d'appliquer tous les matins sur l’oreille la moitié d’un petit pain chaud sortant du four. Ce simple remède eut un plein succès, l'écoulement reparut; louïe reprit à peu de chose près toute sa délicatesse, quoique la membrane n’eût pas recouvré sa transparence ordinaire. Îl est vrai que la dernière fois que je l’examinai, l'écoulement durait encore, et que je n'ai pu, depuis qu'il a tari, voir cette dame qui fut obligée, à cette époque, d'aller joindre son mari à l’armée.
L°* OBSERVATION. — J'ai vu dernièrement une femme - de- chambre presque entièrement sourde, à qui je fus prés de perforer la membrane que je croyais épaissie, et qui ne l'était pas. Aux premières. atteintes de sa surdité, elle consulia une femme qui passait pour guérir ces sortes de maladies, et qui lui donna un liquide excessivement gluant pour être insuillé dans l'orcille deux ou trois fois par jour. Cette application fut douloureuse, et suivie en peu de jours d’une augmentation considérable de la surdité , tellement que cette fille était depuis quelque temps hors d'état de faire son service, . quand elle vint me consulter. En examinant ses oreilles, le fond du conduit auditif ne me présenta qu'un cul-de-sac opaque mais uni, incliné, présentant absolument toutes les dispositions de fa
cloison membraneuse du tympan. "Tout m'en npo-
ÉPAISSISSEMENT DE LA MEMBRANE DU TYMPAN. 383 sait pour son épaississement et j'allais proposer d'en faire l'ouverture quand j'aperçus dans l’une des deux oreilles, vers un point de sa circonférence, une petite pellicule tout - à - fait détachée, dont la pointe se présentait isolée au fond du conduit auditif; je la saisis avec l'extrémité d’une pince dont je me sers pour extraire les corps étrangers, et Jjamenai sans difficulté, mais non sans beaucoup de . douleur, un fragment écailleux de je ne sais quelle substance qui ressemblait à de la gomme épaissie et desséchée. J’y revins:à plusieurs reprises , et je détachai à chaque fois des parcelles de la même matière. Comme il en restait encore de petites portions qui ne m'offraient point de prise, et que l’autre oreille paraissait également obstruée par ce corps emplastique, je me contentai de prescrire des injections délayantes faites avec une eau de savon légère. Cette matière ayant été ramollie, et en partie entraînée par les lotions , j'enlevai peu de jours après ce qui restait avec un cure-oreille d'écaille, et Pouïe se rétablit complétement.