CHAPITRE XVIIL
De l'absence du liquide labyrinthique.
Ur seul fait m'autorise à signaler comme maladie de l'oréille l'état du liquide labyrinthique, et ce fait est relauf au marque total de cette humeur. Je lai observé sur un portier , âgé de 6o ans, qui était venu me consulter, peu de temps avant sa mort, pour une surdité qui lui avait fait perdre sa place, Une personne de ma connaissance le recueillit, et mit son cadavre à ma disposition aussitôt qu'il fut mort. Je ne trouvai dans l'examen d’une des deux oreilles aucun changement pathologique qui püt me découvrir la cause de cette surdité, si ce n’est l’état du labyrinthe qui me parut entièrement dépourvu de humeur dont il est ordinairement abreuvé. N’étant pas bien sûr que ce liquide ne se fût pas écoulé par l'ouverture faite à cette cavité, je fis geler, en la couvrant de glace, l’autre moitié du crâne, qui était encore intacte; et ayant bien pris mon temps
et mes mesures, je découvris avec précaution Île limaçon et les canaux demi- circulaires | que je trouvai également à sec et sans trace aucune de la lymphe qui les remplit. Je n'oublierai pas de dire qu'une aridité encore plus remarquable: se faisait voir dans le méat auditif externe. Au lieu de l'en-: duit onctueux qui le lubrifie, lors même qu'il n’y a pas d’amas de cérumen, il n’offrait qu'un épiderme farineux et l'aspect d’un conduit tégumenteux, au lieu d’un canal revêtu d’une membrane muqueuse. Ÿ aurait-il un rapport constant entre la suppression du liquide labyrinthique et le défaut de sécrétion de l'humeur cérumineuse? Je serais tenté de le croire, d'après les observations que j'ai faites sur cette aridité du méat auditif, et qui me la font regarder comme un symptôme assez constant de la surdité par paralysie, ainsi que je le dirai à. l'article de cette espèce de cophose.