CHAPITRE IV
De l'usage des parties qui composent Vorgatm^
de l'ouïe.
Quelques faits avères, universellement admis, séparés par des lacunes immenses ; beaucoup d' que l'on soupçonnait par analogie ; un plus grarm.c nombre d'hypothèses absurdes, ingénieuses ou insignifiantes , que les esprits peu justes confondeKit avec les produits de l'observation la plus exacte telles ont été les bases chancelantes sur lesquelles reposa trop long - temps la science physiologiqixe. Depuis qu'on a cherché à lui donner des fendements plus solides, ses progrès n'ont point été ^ rapport avec ceux de l'anatomie; malgré les tra* vaux des hommes les plus recommandables , 1^ connaissances positives sur l'usage des organes fl^ se sont point accrues, et l'on n'a^vu grossir que b , somme de noa^ doutes et de nos connaissances négatives.
Ces réflexions s'appliquent sur-tout aux fonctions . de l'oreille, sur lesquelles nous pouvons dire qœ ! nous en savons beaucoup moins que ne croyaient ' en savoir les anciens physiologistes.
L'élasticité du cartilage du pavillon, les anfrac^
USA^E DBS OIFFÉR. PARTIES DE l'oREILLE. 1 3 1
vuosites .de cette appendice, semblent le rendre trèspropre à recueillir les ondes aériennes sonores; telle était Topinion de Boerrhaave , qui la croyait prouvée par le calcul : et pourtant tout se réunit pour déinontrer que Tauricule est absolument inutile dans l^homme; l'audition n'est nullement altérée quand on l'enlève ; j'ai eu occasion de m'en assurer de la uianière la plus positive. Pour que notre pavillon faTorise un tant soit peu l'audition, il faut changer totalement sa forme, et lui donner autant que pos-> sîble celle d'un cornet. Alors on produit le même efifet qu'en plaçant la main disposée en creux, dernère le conduit auditif, la concavité tournée en avant ^ comme le faisait le consul Adrianus dont parle Galien.
Chez un grand nombre d'animaux qui oiH l'ouïe très-fine, il n'y a pas de pavillon ; la taupe, les oiseaux en sont dépourvus. Chez plusieurs autres il est très-grand, très-mobile, mais il en est peu quil§ s 4 <lirigent vers tous les points d'où le son arrive ; r# MUS ce rapport il semble plus nuisible qu'utile, et les animaux qui l'ont ainsi disposé es^tendent moins nettement d'un côté que de l'autre. Son étendue ne 5einble pas même favoriser la réception des ondes qui viennent directement vers son ouverture ; car il est peu d'animaux dont l'ouïe soit plus fine que ks chiens courants, par exemple, dont le pavillon trèsmou tombe aurdevant du conduit auditif, et le couvre
l32 PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE W.
entièrement. Les niouvenienis très - sensibles que plusieurs animaux lui impriment paraissent n'être pas plus utiles qu'e dans l'homme doue de cette frcultë. Un cheval effrayé par la vue d'un objet pinfsenté suljitement à sa vue, sans aucun bruit , s'arrête, ride la peau de son front et dresse fbrtemenl ses oreilles en avant. Il les dirige en arrière, quand 3 est dispose a mordre ou à frapper du pied les personnes qui se trouvent à sa portée. Ceux d'entre les chiens qui sont aussi pourvus d!une auricule mohile, pai^aissent également la faire servir bien tucSm à ^exercice des fonctions auditives, qu'à la manifestation de leurs affections, de leurs passions, teiki que la joie, la fureur, la crainte, la tristesse, IVunîtié envers leur maître. On dirait que la nature, aya» caché sous une peau épaisse et couverte de. poils les muscles destinés à l'expression faciale, a vouh suppléer aux fonctions incomplètes de ceux-o par les mouvements aussi prononcés qu'expiessib dont elle a doué certaines parties saillantes, leUei que les oreilles et même la queue.
Le seul usage que l'on puisse assigner à l'auricnfc chez l'homme, est qu'elle ne s'oppose à PadmisaoB d'aucun son de quelque côté qu'il se présente. (3* l'éléphant il paraît avoir le même usage nëgatif eft raison de sa disposition.
Tout ce qu'on peut dire sur les fonctions du cûtt* duit auditif, c'est qu'il livre passage aux sons dort