‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 5)Chapitre 25 sur 61 · USAGE DES DIFFÉR. PARTIES DE L^OREILLE · texte numérisé non relu

USAGE DES DIFFÉR. PARTIES DE L^OREILLE

rintensité est peut-être augmentée par la courbure de ce canal. Soit par cette raison , soit dans Fintenlion de garantir la membrane tympanique de Faction trpp directe de Fair ambiant ou de Fatteinte tr^p, facile des agents extérieurs , toujours est-il digne de remarque que le méat auditif affecte dans tous les animaux qui en sont pourvus une direction constamment oblique, ou coudée, ou tortueuse.

Voulant assigner un usage déterminé à la plus insignifiante partie des corps vivants, des physiologistes, Valsalva sur^tout, ont prétendu que les incisiiures du cartilage du méat auditif, rendent Faudition pJiis parfaite. Santorini assurait qu'elles sont poury^^xçs d'un muscle qui en rapproche les bords par ses Contractions; comme si tout faisceau fibreux poi^ ^**SMisversalement sur une fente située dans un car- ^Uoge , devait irrévocablement être de nature mus- ^^'O.laire ; se livrer à de pareilles considérations , c^«st ^^surément abuser de Fingénieuse distinction des ti^sùs vivants.

On peut encore citer comme un rare exemple de ^ manie des explications, Fusage assigné, par Du- ^^rney, au tragus, qui, selon lui, analogue à la paupière, couvre Forifice du méat auditif de Foreille ^^^ laquelle on est couché^ et empêche ainsi Fac- ^s de Fair.

Ijcs poils du tragus n'ont point assurément pour fonctions de s'opposer àFentréede petits corps étranr

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gers dans le conduit auditif; s'il en était ainsi , pourquoi n'existent - ils jamais chez les enfants, les femmes, et les hommes adultes même? pourquoi ne se voient - ils guère que dans les vieillards ? Us ne sont pas plus utiles que les poils qui croissent iam les narines, ou plutôt, ils nuisent certainem^it i l'audition quand ils sont très-nomhreux.

La couleur et l'amertume du cérumen avaient inspiré à Bérenger de Carpi une singulière opinion. Il pensait que cette substance est le poduit d'une dépuration, au moyen de laquelle le cerveau se débarrasse des humeurs bilieuses que U envoie le foie.

Le cérumen est une humeur oléo-muquense, onctueuse, jaimâtre, d'un goût amer, sëcréiéepv les follicules situés dans le tissu cellulaire soi»cutané de l'auricule et du conduit auditif. Au Uende chercher à connaître l'usage dont il peut être aux parties sur lesquelles il se répand , il vaut mieux se, borner à exposer quelques-unes de ses propriM chimiques, qu'il est utile de connaître dans le tr» tement des maladies du conduit auditif.

Chaufié légèrement, le cérumen se fond, répmi une odeur un peu aromatique , et tache le jpMfà comme pourrait le faire l'huile. Jetë sur d»

charbons incandescents, il se ramollit, rëpandnv fumée blanche, se fond, se boursoufle, acqakfi une couleur plus foncée, donne une odei:^ ammo*

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niacale et empyreumatique, et laisse un charbon peu volumineux.

Le ce'rumen est soluble dans l'eau chaude et dans la salive; il forme avec la première une sorte d'émulsion qui se putre'fie promptement, et dépose des flocons blancs. Dans Talcohôl chaud il se dissout aussi, mais en partie seulement; les 0,075, qui ne se dissolvent pas , ressemblent à Falbumine mêlée d'un peu de matière oléagineuse. Si Ton évapore Falcohol, il reste un résidu orangé, trèsamer, ayant l'odeur et la consistance de la térébenthine, et qui, soumis à l'action du feu, se fond, et disparait en fumée blanche, sans laisser de trace. Ce résidu est aussi soluble dans l'éther. La partie albumineuse du cérumen laisse après elle, 'quand on la brûle, des traces de soude et de, phosphate de chaux. L'autre partie dissoute dans l'éther est moins colorée, moins amère lorsqu'on l'obtient par l'alcohol.

Ces résultats sont dus aux recherches de Fourcroy , et de M. Vauquelin, qui en a conclu que le cérumen contient de l'albumine, une huile épaisse, une matière colorante , de la soude et du phosphate de chaux.

L'usage général de la caisse est &cile à déterminer. A la vue de cette cavité ^ terminée dé deux cotés par une membrane très - élastique , et percée d*une ouverture analogue à celle qui se trouve au centre de la partie cylindrique d'un tambour, on ne peut

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méconnaître un véritable instrument d'acoustique destiné à recevoir, renforcer et propager les ondes sonores. Il reste à trouver le rôle que joae, dans celte fonction, chacune des membranes dont nous venons de parler, et celui de la chaîné ostéo-musculaire, éminemment mobile, suspendue entre deux de ces membranes.

On a beaucoup écrit sur les mouvements des osselets. Bérenger de Carpi a dit que, mus parTair agité, ils frappent l'un sur l'autre, et forment ainsi k son. Massa prétendit que le marteau seul firappait, non sur l'enclume , mais sur la membrane du tympan. Selon Ingrassias, l'air extérieur, mu en cercle par le corps sonore, comme l'eau frappée par une pierre, heurte la membrane du tympan , agite Far inné y enfermé dans la caisse, et qui aidé des osciUft* tions de la membrane et de l'action d'un muscle, met en mouvement le marteau, puis renclume ci l'étrier. Il pensait que cette locomotion n'est pas soustraite à l'empire de la volonté, et qu'elle s'opère au moment où l'on apporte le plus d'attention pour bien entendre , et où le pavillon semble s'ëriger. Manfredi a cru au contraire que les osselets ne sont susceptibles d'aucun mouvement. Duvemey se croyait assuré que par l'action du muscle interne di marteau, seul ou agissant de concert avec le musdi externe, cet osselet est porté en dedans , tandis qxA se dirige en dehors, quand le muscle externe se con-

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tracte isolement. Ce célèbre anatomisle voyait dans les osselets une chaîne osseuse vibrante; le muscle de Tctrier lui paraissait propre à tendre la membrane qui unit la platine de cet osselet à la fenêtre ovale , à le fixer en titrant cette platine en dehors , et à le rendre ainsi plus susceptible de transmettre l'impulsion vibratoire à Foreille ; il croyait tous ces mouvements indépendants de la volonté. Selon Aranzi) le muscle interne porte le marteau en avant et en dedans, loin de l'enclume restœ immobile, tandis qu'au moyen de l'apophyse recourbëe de cet osselet, la membrane du tympan poussée en dehors, se met en rapport avec l'air extérieur. Le muscle supérieur ou externe de Casse'rius est destiné, selon cet anatomisle, à porterie marteau en dehors. Cotiigno a fait voir que le manche de cet osselet est dirigé vers le vestibule par l'action de son muscle interne , tandis que sa tête est dirigée en dehors , avec la base de l'enclume , de telle sorte que l'extrémité libre du marteau se trouve parallèle à la paroi interne du tympan, et que l'os lenticulaire et l'étrier sont disposés sur ime ligne horizontale; l'étrier est tiré en dedans et en arrière par son muscle propre j et la partie postérieure de sa base pénètre dans le vestibule , sans que sa partie antérieure s'éloigne en aucune façon du bord de la fenêtre. Ces remarques de Cotugno réfutent complètement Valsalva, qui pensait que le muscle de l'étrier empêche Cet osselet

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de pënéuxr trop avant dans le vestibule, et Ham- Lerger qui prétendit que , dans l'état ordinaire ,. b platine de Tétrier ne touche jamais le bord de la fenêtre ovale (i).

L'inspection des cadavres confirme la justeue des observations de Cotugno ; mais on ignore caoh plétement jusqu'à quel point tous ces mouvepientt ont lieu dans l'ctat de vie.

J'ai voulu m'assurer si en effet la membrane du tympan est portée tantôt en dehors, tant6t en der dans ; afin d'être plus apte à recevoir les différents sons que lui transmet le conduit audititl Dans phsieurs cas de surdités séniles incomplètes y le cou* duit auditif est quelquefois très - évasé , et permet d'explorer la membrane du tympan* avec la plitf grande facilité. Cette disposition remarquable, doflt on n'a pcnnt encore parlé , m'a permis de faire (k nombreuses expériences à l'aide d'instruments trèisonores; des sons très - aigus , d'autres très^gravei, et tous très-forts 9 ont été perçus sans que j'aie t* la membrane du tympan, que je distinguais tri^ bien, subir aucun mouvement général ou partiel même trè&-léger. Me défiant du témoignage de mtf yeux, ou du moins voulant ne rien négliger povi que mes expériences fussent concluantes, je pbf*

(i) Phfitiol. mcdic. cap. ix, sect. 5 , de auiîl* S 90-

USWETtESDTPF^.PftBTIES HE l'oreille. iSg 2 soie de porc sur le centre de la memhrane, et He ne Loujjea nullcraeni.

On aurait tort de conclure de ces recherches, r^il me semhlent décisives, que la membrane du tympan soit inutile; en sa qualité de membrane très-mince elle contribue à rendre !a caisse plus propre à la transmission des ondes sonores. Lorsqu'elle s'épaissit, ainsi que je l'ai vu très - souvent , l'ouj'e devient très-dure; quand elle est déchirée dans une grande partie de son étendue , et suMoul à l'endroit où le niancbe du marteau lui est uni, il* , en résulte un cbangemcnl notable dans l'audition'; la personne ne peut plus alors entendre la voix Ixisse.

Tel est aussi le résultai de la perte des osselets} ' l'expérience m'a tdJenicnt convaincu de cette vé- .' rite, que, lorsque dans l'otile, et sur-tout dans les otorrhées, je vois se détacher et tomber un ou plusieurs osselets, j'annonce très-positivement le genre d'altération qu'éprouvera l'ouïe, et jamais je n'ai été , démenti par les suites plus ou moins tardives de ces I fâcheux accidents. On a donc eu tort de prétendre ' E^e la destruction de ces osselets, et même de I

T , n'enlrainait d'autre inconvéniarit quede rendre ]

J'ouïe un peu dure pendant quelque temps ; cette

sertion prouve que les sujets de ces observations

Inexactes n'ont point clc examinés avec tout le soin

lëcessaire. On ne les a point interrogés surles chan-

Kjgements qu'ils éprouvaient dans l'audition relative-.

l4o rHEMIÈfiE rARTÏE, CHAPITRE IV.

menl ans différents Ions des instmnienis et de la voix; on s'est coniente de leur demander s'ils entendaient moins qu'avant la chute des osselets. L'ohservaieur le plus judicieux des maladies qui sont à chaque instant sous nos yeux , peut omettre ci laines particularités importantes , quand il est con* suite pour des cas peu communs, ou dont il a ,pas fait une emde spéciale.

Tout porte donc à croire que si l'homme jouitplus que tout autre animal de la iaculté de saisir le» nuances les plus fugitives du son le plus faible, c'es* aux osselets qu'il la doit, ou du moins c'est à eu* qu'il est redevable de la faculté d'entendre parler » vois basse.

M. Geoffiroy-Saint-Hilaire, dont j'ai fait connaûtf*' ■l'opinion, sur la détermination des os operculaii** » a donc eu tort de rejeter a))soluD]cnt au rang d^* lh!)lc5, tout ce qu'on a dit sur l'utilité de ia mei*'"' brane du tympan et des osselets. H s'appuie s"*" ce qu'on n'a pas trouve ces derniers plus grande chez les animaux doues d'tme grande finesse d'o* roilie ; ,sur ce que les oiseaux , qui lui paraissent snpe'rieurs à tous les ammaus , sous le rapport de l'oiiie , ont tous les osselets dans un e'iat plus simple, plus imparfait, ou, comme il le dit , plus rudimetitaire que les mammifères. Il fallait d'abord prouver que l'ouïe est, dans les oiseaux, plus parfaite que chez l'homme , ce qui est fort douteux ; car si l'on prend

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les ibnçtions du larynx pour mesure de l'audition , il ne serait pas .difficile de prouver que les sensations auditives sont plus variœs dans Tbomme, ainsi que Fa très-bien remarqué Ch. Etienne.

C'est dans 1^ poissons que M. Geoflfroy-Saint- Hilaire pense que les osselets sont vraiment utiles ; ils y servent y selon lui , à la respiration. Dans les mammifères , les oiseaux et les reptiles, ils ne sont qu'une sorte de superflu resté rudimentaire et indicateur.

Si les poissons entendent en effet sans osselets , ce qiie je suis très-ëloîgnë de nier , ne fût-ce que parce qu'il en est ainsi quelquefois >chez l'homme y ce fait ne prouve rien , sinon que l'ouïe peut avoir lieu sans eux ; et l'on a tort d'en conclure qu'ils sont inutiles chez les animaux daiis lesquels onies trouve faisant partie de l'organe auditif. Qui voudrait croire queles orteils, et sur-tout le plus gros, soient inutiles à l'homme , parce que le cheval qui est doué d'une vitesse de progression bien supérieure., en est^ d^ pourvu ? Le mot rudimentaire ne me semble devoir être appliqué qu'aux parties dont le développement incomplet dans quelques espèces les rend impropres, non- seulement à la fonction qu'elles remplissent dans d'autres espèces , mais encore inha-* biles à toute fonctioii quelconque. Tel est le cas de l'appendice cœcale,de la dernière pièce du coccix et de l'auricule dans l'homme. Quant slux osselets de

l'ouïe, je pense au contraire, d'après ce qi:ie j'ai dit, que chez l'hcMiime ils sont au plus hau& degrë de dé» yeloppement nécessaire pour la fonction du sens auditif ; ridée de leur petitesse n'afiaiblh point y ches moi, cette opinion; car cette considération ne serait pas digne du siècle éclairé dans lequel nous vivons ^

Non content d'aycnr d'abord voulu réduire kà| osselets à une complète inutilité , le savant natu* ra&ste , avec qui je me trouve à regret en opposition , veut ensuite qu'ils fournissent aux animaux les mojens de se rendre sourds à volonté; l'oréiUe, dit-il, peut donc s'en passer; plus loin, il avoue qu'elle en tire quelques services, soit parce que Fétrier ferme la fenêtre ovale , soit que le marteau tende la membrane du tympan et l'étrier^ en iâissiiift un mouvement de bascule au-devant du labyrinthe^ et mette ainsi (c l'oreille au guet ». De toutes qes vues , qu'on ne peut s'empêcher de trouver contradictoires, il conclut que les osselets ne rendent que des « services très-secondaires » à l'organe auditif. M. Geoffroy-Saint -Hilaire a tout sacrifié au désir de prouver l'analogie des os operculaires avec les osselets; il eût été plus ^mple de sacrifier le principe hasardé, qd'un organe peut passer d'une fonc» tion à une autre. On eût ainsi évité de dénaturer les faits les plus notoires et de forcer les analogies. G^ie marche, non moins philosophique que toute autre , Éi'eut pas porté la plus légère atteinte au principe

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fëcond et lumineux des connexions , si utile dans la recherche des analogues. Seulement on n'aurait pu dire que les osselets de l'ouïe des mammileres, des oiseaux et des reptiles , ne sont que des rudiments des os operculaires des poissons , qui rëduits à tme petitesse extrême, et renfermes dans la chambre de l'ouïe^ « prennent du service dans cette nouvelle condition, et s'y trouvent comme des ilotes à la disposition des organes qui les entourent. ))

J'ai du rappeler ici les opinions d'un naturaliste, dont j'honore le savoir , parce qu'elles m'ont paru complètement en opposition avec des faits décisifs, qui^usqu'ici n'ont point été connus.

Jusqu'au temps d'Eustachi l'hypothèse d'un air innë dans la caisse , fut universellement admise comme un fait démontré ; quand cet immortel anatomiste découvrit le conduit guttural de l'oreille, fl fallut bien convenir que l'air qu'elle coi^^ent lui est fourni par l'air extérieur; mais l'on crut encore quW gaz particulier , plus pur que celui de l'atmosphère , occupait le labyrinthe.

La trompe d'Eustachi parait n'avoir d'autre usage que celui de renouveler l'air contenu dans le tympan. C'est, comme je l'ai indiqué, l'analogue du trou, sans lequel l'air n'éprouverait aucun mouvement vibratoire dans ime caisse militaire. L'analogie est si frappante, que je m'étonne qu'elle n'ait point été remarquée par ceux qui voyaient

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dans la caisse du tympan un yëritable tambour , sur-tout à cause du filet nerveux auquel on a donné le nom de corde.

On a prétendu que la trompe d'Eustachi était une sorte de conduit auditif buccal, à l'aide duqud l'audition peut avoir lieu sans l'intervention du coùduit auditif externe. Les cas fréquents de surdité, par engouement ou obstruction de la trompe , prouvent que son intégrité importe au maintien de l'ouïe ; mais ils ne démo^trent pas qu'elle serve a la transmission des sons. Cette erreur a été réfutée par Cotugno, ainsi que je m'en suis assuré tout récem*> ment dans mes dernières recherches sur les travaux des auteurs. Il a très-bien reconnu la manière dont l'audition a Ueu, dans les cas tels que celui-ci, rapporté par Ingrassias : il s'agit d'un Espagnol qui devint sourd à la suite d'une maladie aiguë, par l'obstruction du méat auditif, et qui pouvait néanmoins entendre avec autant de plaisir qu'auparavant les sons d'une guitare , lorsqu'il en saisissait le manche avec ses dents, ou quand il plaçait dans sa Ijouche l'extrémité d'ime baguette touchant à l'instrument par son autre extrémité ( I ) .

Les erreurs se renouvellent à chaque siècle avec une opiniâtreté toujours étonnante. En 1728, J.-C.

(1) Coinm. in Gaien. de ossiius , cap. i^ tcxt. 8^ p. m, 97; Palerme, i6o3; ia-fol.

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tllontag se donna la peine de chercher à prouver que l'on entend par la trompe d'Eustachi quand la bouche est ouverte (i). Telle fut aussi la conclusion déduite de quelques expériences superficiellement laites, il y a quelques années, sur un jeune sourdmuet de l'Institution. ***

L'enfant, à qui l'on avait fait répéter quelques mots , les avait tout simplement entendus par l'oreille, et non par la trompe d'Eustachi. Il ^'àvait pu même entendre en aucune manière par ce conduit tôùt-à-fait étranger à la transmission du son <lans l'organe de l'ouïe. Je ne connaissais point alors Topinion de Cotugno; mais, pour démontrer ma première assertion , je bouchai complètement les oreilles de Félève , et aussitôt , quoiqu'il eût la bouche grandement ouverte , il ces^a d'entendre. Pour appuyer ma seconde assertion, il suffit de placer une montre dans la bouche; elle ne s'y fait pas entendre tant qu'elle ne portp que sur la base de la langue, bien que cette partie soit de toutes la plus voisine des trompes d'Eustachi; mais on entend distinctemei^t le bruit du balancier , dès que la boîte vient à toucher à quelqu'une des parties osseuses de la bouche, et sur-tout aux dents.

Je fus ainsi conduit à examiner si le son considéré comme ^vibration ondulatoire de /^o/rpeut arriver

■ • ■ - I II"- I i '

( I ) JDe auditu ; Dantzick , 1 728, iii-4'.

l46 PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE IV.

à Foreille par d'autre voie que celle du condiût auditif , et je vis qu'aucuue des autres parties de l'oreille, de la bouche et du crâne, ne peut produire cet effet. Dans le son, il y a deux parties bien distinctes relativement à nous, ou du moins deux circonstances Botables doivent avoir lieu, pour qu'il se propage jusqu'à notre oreille ; c'est d'une part les vibrations du corps sonore, et de l'autre les mouvements ondulatoires de l'air. Or, les dents, ainsi que toutes les parties osseuses qui avoisinent loreille , peuvent par le contact immédiat, ou par le moyen d'un conducteur solide y transmettre à cet organe . les vibrations propres des corps , mais il n'y a que le conduit auditif externe qui puisse communiquer à l'oreille les oscillations sonores de l'air. Ce milieu, qui , rejeté' par les poumons où il vient de "porter ITaliment de l'ouïe , fournit encore à son retour les matériaux de la voix et de la parole y prend pour ainsi dire dans la bouche les sons articule^ , et de^ venu en quelcpie sorte colporteur de ses propres produits , se charge de les transmettre aux oreilles vivantes. L'aii va frapper inutilement dans ses vibrations oscillatoires les parties osseuses de la bouche, il y meurt inaperçu de la partie sentante de Voreille. Ceci s'explique ou plutôt est démontré par l'expérience dont je viens de parler ; dès l'instant que le contact de la montre avec les dents cesse, l'oreille cesse d'ouïr. Le résultat est le même si on

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place entre les deais le bouton dWe sonnette. C'est encore inutilement qu'après s'être bien exactement bouché les oreilles^ on reçoit, dans la boucha, la voix de quelqu'un qui parle très -haut. Le peu de son qui arrive alors dans l'organe, n'y vient pas par l'entremise des dents ^ mais par le méat auditif qu'il est difficile d'oblitérer exactement; ce qui le prouve c'est qu'on n'entend pas moins , si l'on répète l'expérience , la bouche close.

On a dit qu'à nos spectacles les gens dé la campagne ont presque toujours la bouche ouverte. Le peintre le moins instruit des secrets de sonî art répondrait tout aussi bien que moi à cette prétendue objection. Il dirait sans doute que l'un des caractères extérieurs de la Curiosité ignorante et de l'étonnement stupide git dans le relâchement des muscles de la mâchoire intérieure, et conséquemment dans l'ouverture de la bouche.

En vain l'on chercherait dans le bâillement un argument plus solide; si après cet acte de l'appareil respiratoire on entend plus distinctement qu'auparavant, ce n'est ni parce que la mâchoire inférieure, €a s'abaissant, ouvre un plus Ubre accès au son vers les trompes, ni parce que .les çondyles de la mâchoire se portant en avant et en bas permettent, aux i^onduits auditifs de se dilater. Il suffit d'introduire le bout du petit doigt dans ces méme^ conduits, pour s'assurer que cette prétendue dilatation est une de

ces nombreuses assertions physiologicpaes admises sans fondement pour satisfaite au besoin d'expliquer ; et fùt-€;lle \raie, je puis assurer qu'il n'en résulterait aucun avantage, convaincu d'après mes observations que Margissement du conduit auditif, bien loin d'augmenter l'audition, en diminue nota»*— bleiïient l'étendue et la finesse. Si l'ouïe s'opère aveteplus de clarté après le bâiUement , c'est que ,le^^ mouvements alternatifs d'inspiration et d'expiratioi». qui le constituent, et le jeu des muscles des )ones etdu pharynx, déterminent l'expulsion des mucositâ^ qui engouent assez souvent l'orifice de la trompe ; ce qu'on voit arriver sur-tout d'une manière bien évidente dans la surdité catarrhale.

On a dit que dans la conversation) les sourds tiennent la bouche ouverte; je n'ai point fait cette remarque. A la vérité dans quelques surdités, dans celles des vieillards sur - tout , on fait parvenir par la bouche quelques mots dans l'organe de l'ouïe ; mais ce n'est pas en parlant même très-haut dans la bouche du sourd qu'on parvient à s'en faire entendre. Ce n'est qu'en établissant un conducteur solide entre la bouche qui parle et la bouche qui écoute ; c'est au moyen d'une latte de bois tnince et fibreux, qui touche d'une part aux d^nts du sourd et de l'dutre à celles de la personne qui lui parle. Enfin si les sons pouvaient pénétrer dans la caisse du tym- * pan par la trompe d'Eustachi , ils se trouveraient

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èhez l'homme qui entend bien en opposition avec ceux qui arrivent à la caisse parle conduit auditif;, la membrane du tympan serait placée entre deux tendances opposées, les ondes sonores seraient confondues et confusément transmises par la caisse au labyrinthe, et l'audition serait notablement altérée.

Quel est donc le mode de commmûcation qui transmet la parole à l'ouïe par ces méipes parties^ osseuses que nous ayons dites inaptes à la transmission des sons, lorsqu'ils leur arrivent par lés ondulations de l'air? Le même qui rend sensible a l'oreille les oscijlations du balancier quand on tient une montre enireles dents ; c'est une succession d'ondulalions moléculaires qui se propagent de l'instrument vocal au conducte^ur, du conducteur aux dents, > aux os , pui3 aux cavités du labyrinthe et à la partie sentante de l'organe. S'il était vrai, comme on me Tobjecia , d'après la théorie d'Ingrassias , que les nerfs dentaires fussent les agents de cette transmis-* sion, il resterait à démontrer par le seccrurs de quel filet nerveux une dent postiche, mise en contact avec une montre, produit sur l'ouïe le même effet ,. . aixi^i que j^ai eu occasion de m'en assurei: sur une peirsonne qui voulut bien se prêter à mea expériences.

lies cellules nxastoïdiennes servent-elle9 à Êtyoriser la dilatation de l'air de la caisse, ou fournissentelles une sorte de diverticulum pour l'air qui s'en

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trouve chasse quand la membrane du tympan esc portée en dedans ? Cest ce qu'on n'a point dëniontrë^, et ce qui est très-peu important à déterminejp. Peutêtre ces cellules ne font-elles qu'ajouter à l'ampleur de la caisse dix tympan , et favoriser ainsi le développement des ondes sonores.

Si les mouvements de la chaîne que forment les osselets, dans l'audition, étaient rigoureusement démontrés, il en résulterait que cette chaîne, ëtant raccourcie par ces mouvements, tendraient non-^ seulement la membrane du tympan, mais encore celle qui unît le pourtour de la platine de î'étrièr an bord de la fenêtre ovale. Rien de semblable ne pouvant arriver à la membrane de la fenêtre ronde , ' tout ce qu'on peut dire d'elle, c'est qu'elle reçoit les ondes de l'air contenu dans la caisse, comme la mem^ brane du tympan reçoit celles dé l'air extérieur;. aussi a-t-elte été considérée par Scarpa comme une sorte de tympan secondaire.

Ingrassias pensait que l'étrier, mu par l'enclume, comprime raîr dans le labyrinthe, le force à en par<^ courir les cavités , de manière que le son formel comme une sorte d'écho reviendrait par la fênéire ronde qu'il croyait libre. La découverte de l'amentHbrane qui oblitère cette fenêtre, vint à Fappui de la théorie aristotélique qui supposait le liabytinthe rem* pli d'un air conné. Duverney assigna pour usage à cette membrane de recevoir les vibrations âé Fair

' USAÔE DES DIFFÉR. P.-mTIES DE l'oREILLE. 1 5 1

contenu dans la caisse, et de les communiquer à celui que renfermait j selon lui , la rampe , ou , comme il le disait, le chemin infe'rieur du limaçon.

L'on continua jusqu'au dix-huitième siècle d'admettre, d'après l'autorité d^Aristote, que les cavilës du labyrinthe renfermaient un fluide ae'riforme, ei;trémement pur, d'une nature particulière et specia-i lement affecté à l'organe de l'ouïe. Ainsi pensèrent, Vésale, qui né voyait dans l'oreille qu'un instrument de musique, répétant les sons formés par l'ébranlement de l'air ambiant; Willis, qui plaçait le siège immédiat de l'oùïe dans le limaçon; Perrault, qui le plaçait dans la lame spiroïde; et Duverney, qui étendit le siège dfe Paudition au vestibule et aux canaux demi-circulaires.

Ce ne fut qu'en 1684 que G.-C. Schelhammer attaqua victorieusement l'existence d'un air ihnédans le labyrinthe (1) ; mais ce fut d^abord en vain, puisque,' en 1704, Valsalva lui-même se conforma aux iàéeS encore généralement reçues; aussi son ouvragé est-il peu remarquable sous le rapport physiologique. Je crois inutile de m'arréter à réfiiter son opinion sur le rôle qu'il faisait jouer aux zones so-*^ nçres des canaux demi-circulaires et du limaçon. Déjà l'on trouve des traces de cette théorie dans In-

(1) Dô auditu; Leyde, 1684, in-8'. Voyez Blaujct, Biift anat, yq}'. a, p. 5.83,

ï52 PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE IV.

grassias, qui croyait à répanouissement membranîforme du nerf auditif, sur les cavités du labyrinthe. Mais quoi de plus fut«iie que d'admettre des vibra-^ tions dans des membranes molles, immédiatement eoucliees sur des parties d^res telles que les os ? CepeijLdanl la tliéorie de Duverney, de Perrault , de Valsalva siir - tout, vient d'être reproduite , avec mention honorable, par i^ie personne étrangère, il faut l'avouer, aux sciences physiologiques (l).

M.. Morel considère l'oreille comme un système de membinnesélasticiues; mais si quelques-unes de celles qu'on observe dans l'homiirie et les mammifères sont en effet dans un état de tension , on n^en trouve point de semblables dans le sac mexnfaraneox qui renferme la pulpe gélatineuse dont se compote l'oreille chez les poissons.

Il est d'autant plus étonnant que Valsalva ait cior à la vibration des prétendues zones sonores , qu'il avait très-bien vu que les parois du labyrinthe sont humectées par une bqueur (2) également onistatée par Vieussens (3), Cassebohm (4) et par Mor»

(1) Prineipe acoustique nouyeau et universel de la tbéo» rie musicale^ ou musique expliquée; ^ar A.-J. Moitl; Paris, 1816, in-S-.

(2) C. lu, p. 5i, n" 17.

(4) P. ao, S 221. ; Halle, i^SS*

USAGE DES piFFÉR. PARTIES 0£ l'oREILLE. 1 53

gagni (i). Ce dernier a de plus remarque que pour Lien voir cette lymphe il feut tâcher d'ouvrir le labyrinthe tout au plus une heure après I9 mort; et c'est sans doute pour n'avoir point rempli cette condition importante que tant d'anatomistes n'ont pu la, retrouver. On connaissait donc alors l'existence du liquide labyrinthique; mais il restait à en déterminer la quantité, et à lui assigner un usage. C'est ce que fit Coiugno, comme on l'a vu dans le premier chapitre de cet ouvragé.

Selon ce célèbre anatomiste, l'impulsion étant donnée à la lymphe qui remplit exactement le labyrinthe, par le mouvement de dedans en dehors et d'avant en arrière que subit la partie postérieure de la platine de l'étrier, la lymphe se trouve refoulée , le septum nerveux se bombe en avant , aussi longtemps que l'étrier presse sur l'humeur qui passe de la cavité antérieurç du vestibule, par le canal externe , à la cavité postérieure, et de là par le canal cozi^un au canal supérieur, et enfin à la cavité antérieure d'où elle était partie. Tel est ce qu'il nomme le grand circuit; \e petit s'opère de la manière suivante : l'humeur passe de la cavité postérieure du vestibule dans le canal commun, puis dans le canal postérieur pour revenir dans cette même cavité. Il est un troisième mouvement au moyen duquel elle passe

(1) Epist. 1,29 n" 64.

l56 PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE IV.

Breschet , . assurent que le labyrinthe conûsnt âB l'air. Us en ont trouve deux fois en ouvrant simul'* tanëment les deux fenêtres; ils n'ont jamais, dit-on ^ trouve d'eau dans le labyrinthe d'un homnic (pi entendait clairement. î^l. Ribes n'a jamais ti^uvé dans la partie la plus déclive de ces canaux aucune trace de l'humeur labyrinthique, et il a de plus observe' que l'ouïe s e'tait conservée intacte jusqu'à la mprt , dans un cas où la fenêtre ronde avait é\é de'truitc , et où elle aurait dû par conséquent donner issue à cette même humeur, et entrainer. par là même la surdité. Mais l'induction tirée àe ees deux faits repose sur une supposition démentie par les lois les plus simples de la physique ^ qui est d'imaginer que dans des conduits capillaires et fer-mes à l'air extérieur, la colonne du liquide qui y est contenu puisse obéir aux lois de la gravitation. Mrtr tons même de côté cette objection, et tout en accordant à ces recherches la confiance due au nom des anatomistes auxquels on les attribue, Aîsom remarquer qu'en bonne logique plusieurs faits nëgatiis ne sauraient balancer un seul iait poailif; or nous pouvons donner comme tel l'exi$tence i;îsible de l'humeur labyrinthique ; et j'ai expoaë drâns le chapitre premier les causes qui paraissent ex*« pliquer la vacuité, après la mort, des canaux destinés à la contenir pendant la vie ; il est inutile de revenir sur ce point. Dirai-je à présent que ce liquide

USAGB D£S DIFFÉR» PARTIES IMS l'oREILLE. I brj

est essentieUement n^essaire à Faudition? c'est ce

(pie je ne saurais avancer. Je me borne seulement à

penser qu'il en est de l'humeur de Cotugno comme

de quelques autres parties qui concourent à Texis-*

tence du sens auditif, tels que les osselets , par

exemple, lesquels peuvent manquer ou être lësés

sans que la (acuité d'ouïr soit immédiatement ou

absolument de'truite.

Pour terminer ce qu'il y a à dire sur l'usage des parties de l'oreille interne , il reste à chercher si les canaux demi-circulaires et le limaçon ont des fonctions identiques ou différentes.

; D^abbrd il est évident que le vestibule n'est guère \ çiWe simple cavité de communication entre les !' , <îaoauî, le Hmaçon et le tympan ; c'est là que comf ï^eiKseiH les divisions premières du nerf acous- ^ï<lue; et qucrique plusieurs ramifications se rendit dans la membrane qui le revêt, le limaçon ^ les canaux paraissent être plus spécialement destina % recevoir les^ impressions, puisque c'est dans CM cavités que s'épanouit complètement le nerf ^tceusiique.

Que nous offrent ces deux parties dont la disposition est «i remarquable? d'un Côté deux tubes solides, spiroides , accolés l'un à l'autre , séparés seulement par'Utie hane demi-osseuse, demi-membraneuse et très-tlégère , contournée en spirale autour d'un massif osseux qui lui transmet des filets nerveux, dont

4 58 PREMIÈRE PARTIE, GHAPITllÊ IV.

les ramifications s^etendent spécialement à sa face inférieure. De l'autre côte ce sont trois tubes solides , elliptiques , rapproches à leurs extrémités , dont deux se confondent en une seule, et sont isolés l'un de l'autre dans le reste de leur étendue ; tous trois revêtus d'une membrane garnie de filets nerveux , et que l'on retrouve également dans les deux autres.

Il y a donc la plus grande analogie entre les iCanaux demi-circulaires et le limaçon; mais danséelui-ci nous voyons réunies à un plus haut degré toutes les conditions propres à favoriser Fimpressiao des ondes sonores sûr les filets nerveux.

En jetant un coup-d'œil sur la prodigieuse variée de grandeur, de proportion, de position des canaA demi-circulaires et du limaçon chez les animaux qui en sont pourvus j et qui ne 'paraissent pas différer autant sous le rapport de la fonction de l'or* gane, on se convaincra aisément que la dispositioii circulaire et cylindrique de ces cavités les repd seor lement plus ou moins aptes à recevoir et à trans^ mettre aux filets du nerf auditif les ondes sonores, et non propres à modifier le §on ou à en percevoir spécialement telle ou telle uitance comme on Ta prétendu. Il y a plus de différence entre le labyrinthe d'un oiseau qui prête une oreille attentive aux sons d'un instrument , et qui les répète avec exactitude , et celtii d'un homme bien organisé qui écoute

USAGE DES DIFFÉR. PARTIES DE l'oREILLE. I bQ

avec plaisir une musique agre'aJjle , qu'entre l'oreille interne de cet homme et celle d'un chien qui semble soufirir lorsqu'il entend les sons du meilleur instrument. .

. C'est donc dans l'aptitude native ou perfectionnée par l'éducation, du nerf auditif ou du centre sentant^ qu'il faut chercher ou plutôt concevoir la cause des différences que l'ouïe nous offre dans les divers individus de l'espèce humaine, et peut-être dans les animaux. Cest le nerf qui distingue sans doute dans les sons, le ton, la mesure , l'expression vocale ou instrumentale; aucune des parties de l'oreille n'est spécialement destinée à percevoir quelques-unes de ces nusoiCes ; et pour achever de le démontrer il fftffit de rappeler que l'organe auditif d'un musicien h£tbi)e, ne diffère en rien de celui d'un homme qui entend avec une égale. indifférence les sons discor- 'dants d'un mauvais instrument, et les accords agréables d'un bon instrument. \

Ainisi, malgré tant, de recherches anatomiques , tant de savants calculs , tant de suppositions de toute espèce ; malgré tant de travaux dont les auteurs n'en méritent pas moins toute notre reconnaissance , l'état actuel de la physiologie de l'organe de l'ouïe est à-peu-près le même qu'au temps de Galien, et le tou|; se réduit à trois, points :

Vibrations ondulatoires de l'air agité par le mouvement total ou partiel d'un corps ;

iBo PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE IV. .

Transmission des ondes aériennes jusqu'aux fileti du nerf auditif;

Impression produite^par ces ondes sur le nerf.

Le reste rentre dans le mystère impàiëtrable de la perception et de la conscience des impressioiui exercées sur la fibre vivante.

n est probable qu'on n'en saura jamais davantage. En effet que de'sire-t-on savoir? pourquoi il existe un limaçon, trois canaux demi - circulaires , un labyrinthe , etc. C'est demander pourquoi l'œil se compose de différentes humeurs et de membranes; c'est retomber dans les causes finales qui ont donné lieu à tant de divagations. Il serait également puéril de vouloir chercher un rapport exact entre les nuances de l'audition et de la vision, et la structuiC compliquée de l'oreille et de l'œil. Les milieux difi^ rcnts de celui-ci, dirigent les rayons lumineux vers la rétine ; les cavités de celle-là transmettent les ondes sonores au nerf auditif.

Tel est en dernière analyse l'état actuel de la science relativement aux fonctions de l'oreille. S^i offre peu de connaissances positives, au moins il est débarrassé d'une foule de suppositions gratuites ^ de vues erronées ; 'richesse fictive dont une méthode expérimentale plus sévère et un sage scepticisme oui dû faire justice. Il en est de même pour presque toutes les autres parties de la science 'de la vie; son domaine a été plutôt resserré qu'étendu y par les prcH

USAGE DES DIFFÉR. PARTIES DE L^OREILLE. 1 6l

8 de ranatomie comparée et de ranalomie patho- .que. Ces sciences austères ont banni les théories lantes dont se composaient les romans physiolooes que l'on a donnés si long-temps pour Fhise des corps organi^s.

i; II

DE l'organe de l'ouïe CONSIDÉRÉ DANS l'ÊTAT

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