‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 5)Chapitre 30 sur 61 · IV. Otite interne puruiente · texte numérisé non relu

IV. Otite interne puruiente

ïï est rare qu'un écoulement puriforme qui se fait jour tout-à-coup , à travers la membrasie du tympan, ou par la trompe d'Eustachi, soit le résultat d'une véritable suppuration. Cependant quoique les connaissances actuelles sur le mode d'açti(»i des

membranes , aient fait regarder comme essentiel* lement delcctueuse la dénomination d'abcès de To* reille , des ouvertm'es cadavériques , des observations recueillies avec soin m'ont convaincu qpe la suppuration de l'oreille n'était point inadmissible. Sans doute il ne se forme point , et il ne peut se former de véritables abcès dans la caisse ; mais il ' arrive que la membrane qui la tapisse se gonflks, s'ulcère à la suite d'une inflammation aiguë et fournit un véritable pus qui s'y accumule. Toutes les Tois que ces symptômes ont lieu , la carie en est la suite immédiate et en forme e;n quelque sorte le symptôme pathognomonique ; ce qui imprime à cette maladie aiguë un caractère chronique d'après lequel je me suis décidé a la ranger parmi les otorrhées. Je n'affirmerais cependant fMtt que la suppuration de l'oreille interne puisse exister autrement qu'accompagnée de la carie des os. On conçoit même lapossibilité d'une suppuration simple et aiguë de l'oreille interne , enfin d'une vëritaUe otite purulente ; mais comme il ne m'a pas été possible d'observer cette maladie avec ce caractère de simplicité , je me contente d'indiquer ici sa place, me gardant bien de pui^r sa description dans le champ sans bornes des probabilités.

Traitement de Votite.

Le traitement de l'otite est celui de toutes lesphkg*

DE l'otite. 177

ma^es. Les moyens généraux que Ton mettra en usage seront en raison de Tintensité de Finflammation , ou plutôt de la douleur. Cependant lôrs même cpi'elle est peu vive , et qu'on juge l'inflammation modérée, il ne faut pas s'en tenir aux moyens locaux , et l'on doit , sauf les contre-indicalions , tenter , . par la saignée , la résolution de l'inflammation aussitôt qu'elle se manifeste. Ce moyen est des plus et ficaces , et l'on espérerait en vain le remplacer par d'autres , même par l'application des sangsues aux tempes du derrière les oreilles. L'effet des saignées locales n'est qu'instantané ; après quelques moments de calme , les douleurs se font sentir aussi vives qu'auparavant.

Oh varie les applications locales en raison du siège qu'occupe la maladie et du période de' l'inflammation. Si l'otite est externe , et non fluente encore , on peut la résoudre par les émoUients unis aux calmants , et même aux narcotiques. Ainsi rien , de plus efficace dans ce cas que des injections faites avec une solution de cinq ou six grains d'opium dans une décoction de plantain; et l'introduction dans l'o- , reille d'un bourdonnet de coton, dans lequel on a enveloppé trois grains de camphte ; et en mSme temps l'application derrière l'oreille d'un cataplasme fait avec la verveine. Mais si l'oreille a déjà comme ace \ à fluer , proscription des narcotiques , emploi des t calmants et des adoucissants et de tout ce qui peut I. 12

178 DEUXIÈME P\IIT1K, CHAPITRE I.

faciliter le dégorgement de lamranbraue enflami Inslillations laites avec le lait tiède, l'eau de gui-? mauve miellée; applrcation , sur toute l'oreUle ei la régiou temporale, d'un cataplasme de farine de graine de lin. Si l'otite est interne , les douleurs persisteront , tant que la matière muqueuse , calaidialc ou purulente j résultat de l'inflammation, oe se iera point jout au dehors. Il s'agit doue alors d'en obtenir la sortie ; la voie la plus naturelle sans doute pai' la trompe d'Eustachi; mais j'ai combien elle est diflÀcile et combien peu il compter sur elle. Il est néaiunoins des moyens propres à diminuer l'obstiicle qu'oppose à 1'* lement de la matière, l'eugouement du condi Tels sont des gax'garismes employés de que Ife flot de liquide vienne frapper fortement à diverSfes reprises , les parois latérales de 1' bouche , ou l'action du ubac en l'nmce que le tient soutire d'une pipe, et qu'on lui lait expirer loi à-coup et avec force , en lui recommandant de tenir la bouclie close et de se térmer les narines av«c la main.

Si, comme cela arrive assez ordinairement, moyens sont insuflîsants pour rempKr lebutqu'' se propose , il faut évacuer la matière par l'issue que lui tburnit le plus communément la nature^ et pratiquer la perforation du tympan. 11 y grand inconvénient à attendre l'ouverture

iv«u

0E l'OTITB. 179

Hér de cette membraK. Je suis persuade que la plupart des surdités qui viennent à la suite de f iufiammstion de romlle îmeme , reconuaissent paur caase n le «^ur probn^ de la madère catarrhale dans ia cxn%é tympattique. Cette matière ainsi anasjstfe^ renfermëe dans des parois qui ne peu« i^nt se prêter A son accijunulaftion pro^ssive, s'ittiînve dans les plus <$troites sinuosités de Tor*- ^MM , s'y ^^ssit , y adhère et les obstrue à ja-

S eat donc important d'évacuer sans délai les col-

leotions muqueuses ou purulentes de la caisse, en

pTsubijoant lane ouverture à la membrane du tym-

p«fti, •Ceœ peiibrflcion est nmpk , facâe et, sans in^-

GQKivéÉaetu, ainsi que nous le dirons à i'ufide de

Misie mçérHàom. Dès qu'on donne un libre cours à.

F^onlâflient , soit qu'il vienne «du conduit auciUtif ,

9^ «p'îl ait M souroe dans l'oreille interne , il lâut

P^iMlaHt c[u4que temps abandonner ce^te fluxion

^^ ttaiure , et se btnmer à i'^nploi de quelques in*-

i^^^ticms délayantes. Pendant ce temps on cherche

^ ^'assurer y ps»r les signes exposés ci^essus , si l'o-

^^ est <^tardbale ou purulente. Si l'otite est catai^-

^^^sle, emploi jouraali^ des toniques, du quinquina

' ^^rtmft, j[>urg^s fréquents au;tquei!S on donne

P^ur 'base la rhubarbe ou t'aloès ; bons effets des

Poudres stemotatoires de muguet , de bétoine et de

^ïle dite de Saint-* Ange , m^es avec le tabac, et

l8o DEUXIÈME PARTm, CHAPITRE I.

prises en assez grande quantité pour causer vat corysa violent. • -

Lorsque par l'emploi de ces moyens , et particu-^ lièrement des purgatifs , Ton a obtenu une diminution considérable dans l'écoulement, si surtout il y a peu ou point de douleur, on peut sans crainte recourir aux injections astringentes, et sur-tout à celle que l'on fait avec des eaux de Barrèges arti-* jCucielles. On conçoit le danger d'un pareil moyen^ si l'oiite s'qtait pre'sentée comme la crise heureuse de quelque maladie habituelle , ou comme la suite de quelque éruption.

. Si J'otite est purulente , il faut soigneusement exa* miner si cette suppuration est purement locale on dépendante de quelque affection virulente , telle que les scrofules, la syphilis, une diathèse dartrèose. Dans tous ces cas, nul espoir de guérison jusqu'à ce qu'on ait soumis le malade à un traitement général approprié au caractère de la maladie. Le virus détruit , la suppuration tarit d'elle-même. Quand on a lieu de la croire locale,. il convient d'employer les injections émollientes, secondées de l'application i^éitéréc de sept ou huit sangsues à l'auricule, puis, instillation de quelque liquide tonifiant , tel qu'une solution de^eux gros de potasse caustique par pinte d'eau de roses. S'il y a carie du conduit auditif ou de la caisse , cette complication exige des moyens qui serçnt indiquç's à là suite de l'oiorrhée.

DE l'otite. ï8î

r**^ ùBSÉKVKTio^' Otite catarr^hale externe. ■- — Orivel, sourd - muet, âgé de 7 ans, d'un tempérament lymphatique bien prononcé, ayant éù plusieurs écoulements par l'oreille et différentes éruptions cutanées pour lesquelles il avait porté pendant long-temps un vésicatoire au bras, éprouva^ au commencement de germinal an i3, un corysa <dés plus violents. Le mucus nasal, qui mouillait continuellement la lèvre supérieure, y détermina une «ruptîon pustuleuse qui se prolongea bientôt jusque dans les narines. Peu de temps après, le cuir chevelu se couvrit dé croûtes farineuses , pour les pansements desquelles il fallut raser la tête. Un refroidissement brusque , qui survint le jour mênie de œtte opération , dessécha les croûtes de la tête et celles du nez. Le surlendemain, perte de l'appétit, assoupissement, fièvre légère; même état pendant trois jours , au bout desquèls,*démangeaison et douleur dans l'une et l'autre oreilles ( diète, injections et vaporisations émollientes). Le second jour à dater de celui où la douleur s'était déclarée, écoulement parles oreilles d'une matière purifbrme peu copieuse. Dès ce moment disparition de la fièvre, retour du sommeil et de l'appétit. Le trofsième jour augmentation de Técoulement , plus consistant le znatin que le soir , boursouflement fongueux du conduit, auditif, rougeur de la conque , suintement séreux derrière les oreilles. Le quatrième, retour de

162 DElrxiÉME PARTIE, CRAPITRE T.

l'éruption pustuleuse du uea, diminution de )'e( lemcnt^ la uialière excrétée est très-épaisse et sera- Uahle à du Iromage à la crème.

Même ((uantilc et ménie consistance de Técoukment du cinquième au dixième jour, époque à quelle les oreilles lurent trouvées le matin à-peusèciics et remplies d'un véritable cérumen trèsépais ; j'examinai avec soin l'oreille exleroe , qui ne m'offrit aucune apparence d'altération de sa texture,

II''"' OBSERVATION. Otîte puTuletHe externe. — Une jeune personne âgée de 1 2 ans , pensionmiire chez madame G--, institutrice, doue'e d'une forte constitution , éuit convalescente d'une rougeole pour laquelle je lui avais donné mes soins. Trèsdiflicile à purger, elle avait pris sans aucun effet JHcn marque deux potions purgatives , dont la dernière était composée des drastiques les plus actifs. Deux jours après cette seconde pui^alion , mademoiseUe H.... ressentit , dans Vorcille droite, lui liourdonaevacnt sourd, accompa^ié de douleur et d'una audition très-obtuse. Je prescrivis l'application d'un cataplasme émollieut et uae injection sédative î la garde que je chargeai de la Ihire, me dit le lendemain que le Uquide poussé par la seringue n'avait pu pénétrer dans l'oreille , parce que le conduit en était bouché. Je trouvai eu effet le méat amiitif «xtraordinairement rétréci par de petites tumeurs geâures situées à peu de distance àe son orifiçfi.

im l'otite. i83

les pris pouv ost polype qui, n'eiant pas d^ahord acoompagoé de douleur, aurait pu se déx'elopper leot^meiU à ViAsu de la malade. Lie lendemain la lunieur a'<^taifc,l>eaucoup accrue, et se montrait toujb-à^t è Vwtcëe du conduit. Devenue plus apparente» et eu même temps yisiUement phlegmop iieuse, la tun^ur me parut alors, ce qu'elle était en effisi , un petit abcès qui avait sou siège dans l'épais* aeiir de la membrane du copduit- U s'ouvrit spouta* A^mwl h jour d'après, quc^ième à dater de celui <>*x la Couleur s'était £ût seuUr. Il eu coula un pus ^f^ais, saugninofent, très - abondant en raison du ^ojume nécessairement limité de ce petit phlegnK)n. ^^ < Q t éeoukmeni purulent dura à-peur-près une ser , au imA de laquelle la source qui fournis-^ fe pus se iêrma. Mais il resta toujours daus ^ membrane uoie sorte d'engprgement , et par cou- *^cjuent un rétrécissement dans la partie du con^ ^^^ qui «vaii étvé h siège de l'abcès , sans que ce '^^ré^lesem^tt nuisit à la libre {Msrception des sons. ÏÏI"^^ OfiuavATioor. Otite purulente extern^. — ^^ lue msunmâ Harwe^ fierggjbe^, âgé de 27 ans, natii 4^ Haoster^pel en Hollande, enixa à rhopitalle ^ MflMCS 176a pour un mal d'oreille qui avait com- ^^^^iQAcé depitts quiaste jours. En l'es,aminant j'aper- 9^$ la &ce antérieure du pavillon , élevée en bosse ^^^ttdie depuis Thélix jusqu'à la crête transversale d® la conque. Cett^ tui^neur .avait à-peu-près le vo-

l84 DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE I.

lume et la grosseur d'un œuf; la membrane , qui la recouvrait , quoique assez épaisse, n'empêchait pmnt d'y reconnaître yxn fluide. En effet, après avoir cerné cette espèce de calotte , il sortit une quantité de lymphe roussâtre , mélangée avec une matière purulente mal liée, dont l'évacuation entière mit à découvert le cartilage, de façon que je reconnus aisément que ce singulier dépôt ayait son siège entre ce dernier et la peau qui le recouvre. Le pansement fut des plus simples; le malade guérit dans l'espace d'un mois, ayant son oreille, comme on ^ peut le penser, repliée en cornet et en dedans (i). >>

Cette observation nous prouve combien les cartilages se recouvrent promptement d'une substance propre à former les cicatrices , lorsqu'ils ont été dépouillés de leur membrane commune, et que leur exfôliation n'est point nécessaire pour cet objet.

IV^^ OBSERVATION. Otite purulente interne,.'^ Nicolas Paris, militaire, âgé de 28 ans, doué d'un tempérament bilieux , d'une constitution robuste, n'ayant jamais ressenti de douleurs rhumatismales , ni aucune fluxion aux oreilles, éprouva, le 12 frimaire an 10, à la suite d'une manœuvre très^iatigante , des bourdonnements dans l'une et l'autre oreille , qui furent bientôt suivis de douleur et de .^"•""^■^"""^^"^■^"""""^■"""■""""""■""""""""""^"""■""^"^•""■"^^^■^■^"^'■'■"■^^"^■■■^'^^■•"^"^■.^.^■^^^

(1) Martin 9 ancien Journal de médecine, tom. â5.

DE l'otite. i85

surdité incomplète. Au bout de trois jours la douleur fut des plus vives, et se compliqua de fièvre, ^^ céphalalgie et d'insomnie. Le moindre bruit, 1 exposition même des yeux à une lumière vive, les "Mouvements de la tête et de la mâchoire, augmen- *^^nt les angoisses du malade. Il retira pourtant 4>xelque soulagement de l'application des sangsues derrière l'oreille et d'iftie salivation abondante qu'il *^ procura en fumant du tabac à plusieurs reprises. A^O. bout de quinze jours la doiileur, d'aigùe qu'elle ^^sùt, devîiit gravative, et la surdité presque complète. Ce fut alors que dans un effort de toux catarr«ale qui compliquait cette affection, la congestion fc^ï'mée dans la caisse de l'oreille gauche s'ouvrit sj^ontanëment , et se fit jour par le conduit audi-* ^•^f ; l'écoulement, d'abord très - abondant, diminua P^^omptement de lui-même au bout de quinze jours, ^^s aussitôt après , l'oreille droite , qui était toul^Virs dure et douloureuse, le devint encore davan- ^^ge, et rie laissa de calme au malade que lorsque la '^^^tière qu'elle contenait se fit jour au dehors.

Dès ce moment, disparition de la douleur et de la

s'^rdité, bien-être inexprimable, jretour du sommeil

^^ de l'appétit. Ce militaire ayant aussitôt repris son

service par un temps froid et pluvieux, l'écoule-

^*^entse supprima. Aussitôt reparurent la douleur et

^^^-tout la surdité, pour laquelle ce militaire entra

^ l'hôpital le 1 5 nivôse an 1 3.

l86 DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE I.

J'examinai à la clarté du soleil l'intërieur de$ ^eux conduits auditifs; je trouvai celui du cèttf droit obstrué par upe matière jaunâtre , crouteuse^ de consistance trè&*dure. Après en ayoir fiitr iyn^ une grande partie avec l'extrémité d'une aoside eanelée à cul-de-sac , je détachai ee <{ai restait et qui était beaucoup moins solide, par une injiectiQfi d'enu tiède poussée avec violence. •Ayanc ainsi nettoyé k can^l , j'ej^ examinai le fend, ot je pus hoht distino tement la membrane du tambour que je cru» in* tacte ; mais elle ne l'iétait aj^Muremmem que dans la partie visible; car, ayant ordonné au Hiolade de se moucher avec violepce, il s'échappa par ee Vfiêmt conduit des bulles d'air mêlées avec ime m^tièiDe puriforma et sanguinolente, qui, sans doute, ^fvait son foyer dans la caisse. Dès cé moment Vécoukjnent se irâablit, et eoaatinua avee plus d'aboBcUaoe qu'auparavant. Le conduii auditif, les aiifiraciiiosit^s d^ laeonque, abreuvées conjùnuellemeiit-d'Hne matière qui possédait apparemment des qualités in> tantçs , se pUbgosèrent , prirent un a^ct puruki|t| et sécrétèrent 4^ ipiéme un liquideépajs, purilbnnei qui se CQwrét^ facilement par l'action de l'air, e| qui détt^min^it siir ks parties voisines du cou , et paV'^tQiai où il C wWt, d^ la rougeur, du prurk et des pu/»tuhes vésicidaiF^. Avec l'écoulement se rél9JU^ rent presque entièrei^i^t les fonctious de l'ouis} mais elles se perdirent de j^uvç^tu à lœsure que le

DE l'otite. 187

^^oxxduk auditif se trouya lui-même atteint de cette

it^ammation consëcutive. D'abord on s'était borné

à Êôre des injections détersives et à purger iréquem-

oieat le makde. Ces moyens n'ayant eu aucun effet

<>oiitre l'abondance de l'écoulement , on prescrivit

iKn yésicatoire à la nuque. Cette application eut

l'efibt que )e lui ai vu depuis produire le plus sou^-

-y^M dans des circonstances aniAogues : il augmenta

<^ojftsideraUemait l'écoulemcaat. On le laissa se fer-

OEiter ; en revitt aux purgatifs fréquemment rëpetes ;

le malade fut mifS à l'usage des sucs de cresson^ de

cerfeuil et de bourrache. Ces moyens et im 1^

de temps de six semaines dindimàrent l'écoulement;

^ ce qtti comribua sans doute à le tarir conqiléte-

Stent fut un devoîement eonfiidérahk qui ^ par les

^<siiesmes qu'il occasiooa , réfabUt \m flux muqueux

. b^âmorroïdal auquel ce militaire était sujet depuis

ludqms années.

. L'écottlement tari , l'oreille qui en avait été le

^%e resta néasonoms un peu duoe ; toutes ks

sHs que le malade se mouchait, il entendait dans

<2^lâe méwe «veille un aifflemeat pareil a celm qiie

jPiTQcluH Vair quand il s'échappe avec peÛDe par une

.^laoKerture très-étroite. Cependant la membrane du

t^i^dMHiiÈr paraissait imacte, au moins dans sa partie

^^ttUe; il éti^t -aisé néanmcÂns de voir qu'dyie avait

Ç^u sa tran^ftrence.

V""® OBSERVATION. Otiie puruleni^ mteme, —

l88 DEITXIÈME PARTIE, CHAPITRE I. '

Mademoiselle Vioite , couturière, âgëe de 27 aûs^ra» chitiquc, convalescente d une afTection catarrhale fé» brile,ayant passe' plusieurs heures assise sur Hierle, dans la soirëc du 2 1 prairial nn 1 3 , tut prise le lendemain d'un acc^s de fiovre avec froid , céphalalgie douleurs dans les membres , et Lourdonnement dans rorcille gauche. La fièvre ne dura que vingt-quatre heiu*es , mais le bourdonnement augmentant rapidément , dégénéra en une douleuf des plus violentes', qu'exaspérait le moindre bruit et même les mouvements de la mâchoire dans la mastication. Enflure de la joue du même côté , pesanteur de la tête, perte du sommeil et de Fappétit , surdité complète.

Même état à-peu-près pendant une semsône, as bout de laquelle je vis la malade pour la première fois. La douleur d'oreille était moins aiguë y c'ëtak plutôt un sentiment de plénitude dans toute la xé» gion temporale. La malade assurait qu'elle avait un dépôt dans la tête, et qu'elle sentait même la pesanteur du liquide. L'examen du conduit auditif ne me montra aucune lésion sensible. La parotide du côcié affecté était visiblement tuméfiée. Lorsque la malade se mouchait, eWe sentait dans l'oreille comme une matière qui remontait au cerveau. Il nV avait point de fièvre , quoique la figure fi\t très - animée, l'anxiété extrême, les yeux cernés et douloureose^ ment tiraillés au fond de leur orbite. Je prescrivis des fumigations émoiliçntes , dirigées dans le condoit

DE l'otite. i8g

auditif et dans la bouche, et une potion narcotique. Xjc lendemain, qui était le dixième jour à dater dé ^io.\asionde l'accès fébrile, pendant que la malade rôuouvellait ses fumigations , il survint une quinte ' de loux , dont les efforts déterminèrent l'issue par ** trompe d'Ëustachi, d'une matière puriforme, sans goût et sans odeur , assez abondante pour remplir une tasse ordinaire. Dès ce moment la douleur disparut, mais non la surdité.

Pendant un mois , l'écoulement par la trompe continua avec abondance ; la matière puriforme^ ^tait quelquefois mêlée avec les mucosités de l'arrière-lx)uche, d'autres fois firesque pure. Pendant la ^uit elle fluait dans la trachée-artère; alors la malade «'éveillait en sursaut, tourmentée par un cha- ^uillement au larynx,qui la faisait tousser. Peu-à«peu C'ette sécrétion muqueuse diminua , mais au détri- ^ent de la malade , qui commença à ressentir de Nouveau dans l'oreille une pesanteur douloureuse, ^t par intervalles un bourdonnement qui ne l'incommodait pas moins que la douleur. Pour désobstruer ^trompe d'Eustachi et redonner issue à la matière 4om la rétention me paraissait causer tous ces ac- G^dems , je conseillai des gargarismes irritants , des ^^porisations acéteuses et l'usage de la pipe. Aucun 4e ces moyens ne réussit. Cependant la douleur alwitcroissanl et se compliquait d'insomnie , de fièvre, d^ céphalalgie violente ; la malade réduite'à un état de

190 DEUXIEME PARTIE, CHiiPITRE I.

maigreur squetétique^trouvaitson ezisteiicepîieqor la mort, et me demandait du souia^^ement à ffuelque prix que ce fut. Je lui proposai l'ouTeiEiiire de tiï membrane du tympan , elle n'attendk pas «foe je loi eusse expliqué ma proposition pour y aidhërer ; et me pressa de la mettre sur-le-champ àexécutiosi.

GeliitlelendeQuin matin , quaraM&-liaittèiBe jo» de la maladie , que je pratiquai ceOë opëmâon aa moyen d'un simple poinçon d'técaîUe, tjA t[à& jt\t décrirai en parlant ailleurs de cette perforotioiL ÂTatnt de l'introduire , j'examinai de nouveau ie fonl du conduit auditif, et je vis que la xnemliraoe éak d'un Manc mat , et nulkment tran^Murente. ëq k perçant de part en part , je n'enteâdis point k l>ruit de dédhdrement que rend celte cloiaoa dans k cas où elle est saine , et la caisse TÎde; je semis k pointe de mon instrument sjpidbncer dans unenifr tière que je jugeai , d'après l'espèce de râîstaiici qu'elle offrait , avoir à-peu-près ia coHsistaattoe 4i iroma^. Aussi l'opëraftioii faite , il ne sVsdl ^foonk rieft d'abord , et ce ne fut qu'après avoir injecié, avec beaucoup de force, quelques onces d'eau tiède dan^ le conduit auditif,que la matière qui ëtait contenue dans l'oreille interne commença à se jour au dehors. C'était un liquide puritbmie y guinolent, très-fétide, inégalement consistant, et do reste peu abondant. Néanmoins le soulagement n'était qu'imparfait. Je l'attendais d'un dëgorgemem

DE l'otite. 191

complet , et pour robtenir je conseillai defrëquentes

fiunigations et injections. Ces moyens suffirent en

cifet; pendant doufte jours l'écoulement fut consi-

âérabk et entraîna au dehors les osselets de l'ouïe

et plusieurs concrétions de la consistance et de la

couleur du savon. Les liquides injectés qui , d'a-«

Wd nessortaieui en totalité par le conduit auditif'^

passèrent en partie au bout de qudques jours par

la trompe d'Eustachi , et ce ne fut qu'alors que dis-

pteorent co mplétement , et sans retour , les bourdon-

ft^menits, ladouleur d'oreille et la c^[)halalgie. Je crus

pouvoir aloi^ substituer aux injections émolli^tes

^^^ décoptions toniques et un peu astringentes, avec

*^ précaution de purgâr fortement et fréquenunent.

^ l'aide de ces moyens , je vms à bout de tarir tout-

^Hlîét i^oulement. Cependant l'oreille resta privée

^^ ses fonctions ^ et la nsytiu^ de cette surdité ne

'hissant aucun espoir de guérison , je conseUlai de

^ ^stenôr de tout TeHiède inutile.

TP*® OBSERvATWN. OtUe punUentB interne. —

^suleuioiselie G...., âgée de quinze ans, était

^*E^ntée sur un ^l^val qui g^ppait avec force

*ciirsqu'il tomba; elle fut jetée sur l'herbe, sa tête

porta i terre sur le côté droit , mais cette chute

*^e fiit pas assez vioWte pour l'^^Hpédber de re-

^OHter à dwfval et de continuer sa promenade. Le

*^ïidemaitt aucune incommodité ni aucun remède

Prétendu préservatif, signée ou autre. Dans le

192 DEUXIÈME PARTIE, GQAPITRfi !•

cours de rannëe qui suivit cet accident y pesanteur de tête par intervalles , sentiment de gène et de plénitude. Ces légers accidents se renouyelèreot de temps en temps , sans devenir jamais assez vifi pour exiger aucun remède. Un an après sa chute , mademoiselle G... allait à une fête de campagne, quoiqu'elle se ti'ouvât un peu incommodée , sauf éprouver cependant autre chose qu'un état de malaise, lorsqu'elle sentit tout- à- coup dans ronôUe droite un élancement très^vii' qui alla toujours ai augmentant, et l'obhgea de revenir chez elle pour se mettre au lit, où les douleurs continuèrent à. s'ao croître. Cetétat très-pénihlediu*a deux jours, au bout desquels elle éprouva une nouvelle augmentatioD .de douleur , suivie d'une sorte de craquement dans l'oreille, nouveau surcroît tout-à-coup suivi d'un écoulement qui prociira quelque soulagement. Dans la nuit où cela eut lieu elle avait été saignée pour h troisième fois , après avoir essayé tous les topiques anodins et cmollients. L'écoulement fut à l'instant assez abondant, diminua bientôt , fut suivi d'un renouvellement de douleurs qui donnèrent lieu à un nouvel écoulement. Cette alternative de bien et de mal continua malgré tous les remèdes imaginables, injections et auti*es , quatre ou cinq fois dans l'es* pace de quinze jours , ensuite plus rarement , et avec moins de violence pendant encore un mois, époque où récoulcment ayant totalement cessé , la

DE l'otite. 193

knaladè s'aperçut qu'elle était complètement sourde SeForeille droite! Cette surdité dura trois inois , et se dissipa insensiblement sans aucun remède. Il n'est . resté aucune trace de cette inconuhôdité (i).

VII"*® OBSERVATION. Otite interne catarrhale. — Jean Bouquette, âgé de vingt-six ans, fusilier dans le 18® régiment de ligne, doué d'un tempérament sanguin et d'une constitulion roljuste, fut reçu à Fhôpital militaire du Val-de^Grâce le 19 ventôse au - 1 2 , et placé dans la salle du cloître, qui m'était alors confiée. Sa maladie était une pleurésie catarrhale dont il avait été pris deux jours auparavant en montant la garde. Les principaux symptômes étaient une douleur vive , redoublant par le toytcher , occupant tout le rebord des fausses côtes gauches et mie partie de fhypochondre du même côté, une toux fréquente . qiii amenait difficilement des crachats muqueux un peu sanguinolents et très-visqueux, beaucoup d'oppression , une langue couverte d'un limon épais, les pommettes colorées d'un rouge vergeté, beaucoup .d'anxiété , un pouls dur, plein et fréquent.

Je prescrivis une saignée de dix onces, un vomitif avec IHpécacuanha pour le lendemain matin , et un cataplasme émollient très-chaud sur la partie douloureuse , la diète et des boissons oxymelées.

(1) Communiquée par le docteur C. ..., médecin a Paris.

Le lendemain, quatrième jour de la maladie, la douleur de poitrine et de Thypochondre avait entièrement passé à Tëpaule, la respiration était libre , la toux , quoique assez fréquente, indiquait beaucoup moins d'embarras dans les bronches ; la figure était moins animée et moins jaune, mais le pouls toujours fréquent et dur quoique moins plein ; nul remède , même boisson. Le malade, d'après mon conseil j sç rcvct à nu d'un gilet de laine tricoté qu'il portait sur sa chemise. Dans la soirée la douleur se déplaça de nouveau et se porta dans la région lombaire; les urines, qui jusque-là avaient présenté une couteur naturelle, devinrent rouges, briquetéeset sédimei^ teuses. Pendant la nuit sueurs abondantes.

Le cinquième au matin , la douleur des lombes éiait moindre, mais l'état de la poitrine à-peu-près le même que la veillé ; le malade souf&ait beaucoup d'un torticolis , accompagné de gonflement dans les glandes parotides. Ce gonflement s'accrut rapidement dans la journée, et prit le caractère des oreillons. Il s'y joignit une douleur vive danfi les oreilles, sur-tout dans celle du côté gauche, et un bourdonnement qui imitait le bruit d'un torreut. Fomenta-^ tions et cataplasmes émollients appliqués sur les parotides ; vaporisations d'éther , dirigées vers le conduit auditif.

Le sixième , gonflement monstrueux des. parties latérales et supérieures du cou et du pourtour infé-

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rieur de la fàœ ; douleurs iutoleraLles , lancinantes , avec pulsations dans les oreiUes , sur-tout à gauche; mastication et déglutition excessivement douloureuses ; céphalalgie violente , figure animëe , pouls dur et plein ; plus d'oppression ni de douleiu», ^ cependant toux sephe, expectoration muqueuse P^u abondante et libre. Nulle ie'sion visible dans Vin-» ^ieurde l'oreille, qu'on ne peut explorer qu'imparfeitement faute d'un jour assez pur. Mêmes remèdes V^ le jour précèdent. Les accidents redoublent dans ** soirée. Le malade ne pouvant goûter aucun re- Pos, ne trouvant aucune bonne position dans son **t , le quitte , se promène à grands pas dans une ^^e voisine dont toiitesles croisées étaient ouvertes, P«U:ce qu'il n'y avait point de malades , et ne rentre ^ns sa salle et dans son lit que lorsqu'il y est forcé P^ un redoublement de lièvre, précédé d'un frison des plus vifs. Pendant la* nuit un peu de délire ^t beaucoup d'agitation.

Le septième jour au matin , je trouvai le malade Wii moins souffrant, mais dans un état plus alar-r filant. La douleur des oreilles était supportable , la tuméfaction du cou était entièrement affaissée-^ li^ figure pâle, le pouls profond et fréquent , la respi** ration forte. Le malade éproivvait sous le mati^elou* gauche une douleur profonde dont il ne se plaignait que lorsque la toux l'arrachait à une sorte Aè stupeur dand laquelle il était tombé. Je reconnus dans

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Tenseinble de ces symptômes ime vërîtable plea« résie métastatique. Mais ce fut en vain que, dV près cette idée , je tentai de ramener le point d'irritation dans son siège primitif en Êdsant appliqiÎBf deux vésicatoires sur les parotides. Les symptâmel ne firent qu'empirer, et le malade mo^rut le lendemain matin.

A l'ouverture du cadavre, qui fut faite vingt-quatre heures après la mort, je trouvai dans la cavitëthorachique le poumon droit tenant en plusieurs points à la plèvre costale par des adhérences imcienneft, compacte et crépitant sous les doigts; le poumoB gauche adhérent aussi à la plèvre , mais à la &vear de fausses membranes récentes, gorgé de sang, le laissant déchirer par la traction, à l'instar de la rate, et baignant dans une assez grande quantité d'eau sanguinolente. Plusieurs incisions faites en divers endroits de sa substance , ne fournirent qu'un liquide rougeâtre et très-gluant, dont les bronches étaient totalement engouées.

Les parotides et le tissu cellulaire environnant ne. présentèrent aucune sorte de tuméfaction; jy aperçus seulement un réseau vasculaire fortement injecté, avec nombre de taches ressemblant â des ecchymoses. La dissection des oreilles me laissa voir, dans celle de droite, la membrane de la caisse encore rouge, gonflée, villeuse, tapissée d'un mucus puriibrmé dont cette cavité était entièrement remjJiei

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les liens membraneux qui unissent les osselets entre eux considerablemeni épaissis ; un liourrelct circulaire forme tout autour de la membrane du lam-' bour, résultant évidemment du gonflement inflammatoire du feuillet membraneux iburni à cette membrane par celle de la caisse; de telle sorte que, vue de ce côté, la membrane tympanique, au lieu d'ùtre convexe , présentait une excavation dont U: tbud seulement avait conservé l'épaisseur et la transparence ordinaii-e de cette cloison. Les cellules mas-lo'ùliennes étaient pareillement enyouces de matières muqueuses, ainsi que tout l'intérieur de la trompe- , d'Eustachi. Le mucus amassé dans ce conduit étaiti plus épais, moins puriforme tpie celui de rintérieiu"» ] de la caisse; et sa consistance e'tanl plus considé-i rable encore vers l'oriiice guttural, il Ibrmait là uni ' bouchon assez résistant pom- empêcher l'écouic-' ment des matières muqueuses, ■■

L'oreille gauche , qui avait été le siège d'une dou- ■" leur beaucoup plus vive, ne présenta pas à beau^> ■ coup près des traces d'une inflammation aussi in** ■ tensc. La membrane tympanique n'avait perdu ni' sa ténuité ni sa transparence, l'intérieur de la Caist»^ et les cellules mastoïdiennes ne présentaient aucuiifr' congestion muqueuse ; néanmoins la membraiie qrti-l tapisse ces cavités était d'un rouge très-foncé, ainsi-' que ceUe qui revêt la trompe d'Eustachi. Mais ce canal ne présentait de ce côté aucun oljstacle qi« '

en produisiL l'oLHlcration ; ce (]ui donnait lieu à rfenser que l'excrétion muqueuse inflammatoire s'ëtaît e par la uompe. La partie de ta dure-mère, qui revêt le roclier dans ses deux Jàces anierieuf « et posierienre , tenait au cerveau par des adliérences récentes; elle e'tait rouge, épaissie, dct,a^ che'e du rocher qui avait déjà une couleur lerU^- Entre cet os et la mcmlirane se trouvait une den**" once à-peu^rès d'un liquide gélatineus et transf>**~ rent.

VIII""* OBSERVATION. OUte crterne catarrhcRi^' — Un cuirassier, àgéde vingt-sept ans, portait derrière l'angle droit de la mâchoire deux cicatrices d'*^ crouelles. Tourmenté toutes les années , depuis »*' commencement de l'hiver jusqu'à la un du pri*"*" temps, par un catarrhe pulmonaire très-opinîàir*^ ' il entra pour la même maladie à l'hôpital militai *^^ du Val-dc-Grâce dans le milieu de prairial an l "^ "* et fiit placé dans une des salles dont la visite m'ét!»-* confiée. Je traitai cette affection catarrhale avec \€^ sucs de cresson et le&voniitîis, fréquemment ré| tés. Ce militaire i entièrement débarrasse de sa ton: au hout de huit jours , était prêt à quitter l'hôpiul lorsqu'il lut pris presque tout-à-coup d'une vioienle doulcui- dans l'oreille gauche, accompagnée?^^ d'ime grande dui-elé d'ouïe , d'un bourdon nement aigu, qu'il arrêtait à son gré en enibnçanl le boi (U^Wn peliLdoijjt dans le condtiit amUtUV^i: qu'il.

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j^oavàît faire cependant sans beaucoup aiignienier ^ <louleur. Insomnie , agitation , perte de Fappctit ,• l^^c^uls dur, quoique peu fébrile. Je mis le malade à isfc. diète, et prescrivis l'application de trois sangsues d^s^rrière Foreille et des vaporisations e'thërées. A la ^■-^ite de ces moyens , diminution de la douleur , dis-*; I^ <S3^tion momentanée du tintement.

Le deuxième jour de cette nouvelle affection je

tc-i^z^uvai le malade plus souflrant que jamais ; il ba-

l*-:»3çait sa tête sans relâche , ne trouvait de repos

i^^jns aucune position , et demandait que je lui ou-

^'^■c^îsse l'oreille. J'examinai cet organe aux rayons du ,

s^>îeil; je trouvai le conduit auditif d'un rouge très-

fc>:«ncé, nullement gonflé cependant, ce qui me per-

DOLit de voir la membrane que je trouvai de même

, fc>^»:tement injectée. Saignée du bras, cataplasme

^■iriollieht , krge et épais , Couvrant l'oreille et toute

*^ jrégion latérale de la tête. Le chirurgien chargé

^^^^ pansement étant venu le soir pour le renouveler,

^^^^uva ie cataplasme imprégné d'une sérosité rous-

*^^re. Dans la nuit, l'écoulement mùqueux s'e1:ablit

^^^^ empiétement , et lé malade se trouvait le lendemain

^ 3a visite du matin considérablement soulagé, et

*^]ivré complètement du tintement d'oreille. Ce-

ï^^ndant la dureté d'ouïe n'avait éprouvé aucune

^^ininution. Injections et fumigations émoUientes ,

mrriture légère.

Cet écoulement, tantôt plus, tantôt moins abon-

::00 DEUXIÈME PARTIE y CHAPITRE I.

dant et consistant , toujours accompagné de surdité incomplète, se soutint ainsi pendam un. mois, .an bout duquel je parvins à l'arrêter en donnant plusieurs purgatifs drastiques à des distances très-rap- ' prochces. Restait toujours la dureté d'ouïe. du cote qui avait été affecté. Je fis appliquer, pour la dissiper, un vésicatoire à la nuque, et prescrivis eipi même temps les sialagogues et les errhins ies pins acti&; ce fut en vain. Cette incommodité persista; le militaire, impatienté du peu de succès de ces moyens, ne voulut plus se soumettre à aucun autre.^ et. sortit de l'hôpital.

IX™^ OBSERVATION. — Dans le conunencement de fructidor an 12, un ferblantier de larue SainlrJaçques m'amena, pour consulter, son frère âgé de trente ans , doué d'une constitution robuste et d'ua tempérament lymphatique sanguiit. Cei«ho]xunesoQ& frait depuis trois jours d'une vive douleur dans IV reille droite , accompagnée d'une tfînsion douloureuse dans le pavillon , d'un hourdonuement qui disparaissait par intervalle , lequel avait été précède par une odontalgie des plus violentes, qui n'était devenue supportable que lorsque la douleur s'était fait sentir dans l'oreille. Je trouvai Iç conduit auditif d'un rouge très-foncé , et si douloureux qu'il me fbt impossible de donner à sa partie cartilagineuse.la rectitude nécessaire , pour rendre visibles le fond de ce même conduit et la membrane du tambour. .

DE l'otite. 201

Le pouls était dur, les yeux rouges, la tête pesante et douloureuse; j'ordonaaiune saignée du pied, l'exposition de l'oreille à la vapeur d'une décoction de mauves, et l'application sur la même partie, d'une vessie à moitié remplie de la même décoction. Dès le soir du même jour , il survint un écoulement séreux qui augmenta considérablement pendant les trpisjotu*s suivants, sans prendre cependant plus del consistance. 4^ bout de ce temps, il fut remplacé par une excrétion d'apparence caséeuse, qui nefluait point , qui seulement remplissait le méat auditit'peudant la nuit, et que l'on enlevait le matin avec un çure-oreillc. Cependant , quoique ce catarrhe fût àpeu-près terminé ,. il restait du côté qui avait été atiecté une surdité presque complète, dont cet homme ne s était aperçu que lorsque la cessation de la dou» leur lui avait permis de supprimer les pansements de son oreille. Deux purgatiis drastiques, l'instillation, dans Foreille malade , de quelques gouttes d'huile de camomille suffirent pour dissiper celte incommodité. X"^"^ OBSERVATION. Otite exteme catairhale, — La femme d'un pâtissier du faubourg Saint- Jacques , âgée de vingt-un ans , douée d'ime constitution délicate et d'un tempérament sanguin, ayant, dans un des jours gras de l'an 9, couru les rues de Paris , la figure couverte d'un masque qtii fit transpirer abondamment cette partie, et s'étant lout-à-coup j après s'être démasquée , exposée à un

courant d'air froid et rapide , fut prise d'un gon-» llcment douloureux de tout le côte gauche de k face. (DËdème des paupières, roideur du cou, cëpb»^ lalgie violente , langue sale, pouU l^èrement (é^ Lrile, vin tiède sucre pris en grande quantité, d'après le conseil de son mari ; sueurs abondantes ^ crachement continuel ; disparition de la fluxion aâ boutde deux jours. Le lendemain , bourdozm^nent continuel dans l'oreille gauche , douleur très-supportable qui ne précéda que de quelques heures un écoulement de matière muqueuse très-liée. Cette affection catarrhale, qui n'avait eu jusque-là que des symptômes peu prononcés, augmenta d'intensité, et iiit accompagnée de fièvre, de surdité, d'une douleur des plus vives, d'un écoulement de matière qui enflammait toutes les parties qu'elle touchait, et d'une agitation continuelle qui écartait le repos et le sommeil. Cependant, après cinq ou six jours, tous ces symptômes s'adoucirent et disparurent , à l'exception de la surdité et de l'écoulement , qui ne tarit qu'au bout de deux mois; pour la surdité, elle resta dans le même état. Je ne proposai aucun' remède pour la dissiper, tout occupé que j'étais des soins qu'exigeait une .maladie bien plus grave dont cette tèmme commençait à ressentir les atteintes ; c'était une phlhisiepubnonaire à laquelle elle était doublement disposée, et par sa conformation et par héré- 4iu\ Tous les secours de l'art furent inutiles , la

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xnâuncfae de la maladie fiit si ra^de, que lar malade y ccomba au bout de deux mois et demi. Ayant déandé et obtenu d'en faire l'ouverture, je n'oubliai âB, apfès aroir examine la poitrine, de viisiter soieusemefnt l'oreille, qui, à la suite dfe l'otite survenue eux mois auparavant , était restée atteinte de surite complète. Je crus en trouver la véritable cause' ans là membrane du tympan qui était opaque et ' isiblement plus épaisse ; cette cause me parut 'autant plus démontrée, qu'ayant examiné avec soin <lreille interne, je n'y pus découvrit aucune trace

^« lésion organique.

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