‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 5)Chapitre 38 sur 61 · VERS ET INSECTES DANS L^OKEILIE · texte numérisé non relu

VERS ET INSECTES DANS L^OKEILIE

ayec soin le conduit auditif, et Ton prescrira , 'dans ce cas seulement, des injections amères, Huileuses ^ salines. *

Ordinairement , après l'expulsion du corps étrangler y l'oréilie recouvre ses fonctions qui avaient été troublées plutôt que suspendues. On a vu des cas dépendant où il est resté une surdité plus ou moins complète , ce qu'on peut expliquer par l'inflammatkm qu'a provoquée le séjour de l'insecte , par les désordres qu'une pression long-temps continuée a dû produire sur la membrane du tympan et sur les osselets de cette cavité. Mais ce qu'onne pourrait expliquer estk iaitobservépar M. Bouteille, qui avula surdité ne se déclarer qu'après la sortie de l'insecte.

Ce que nous avons dit de l'otorrbée comme cause propre à faire naître cet accident , indique assez par quel moyen prophylactique on peut le prévenir : c'iest d'avoir soin, en été et sur»tout à là campagne , de tenir bouché , par un peu de cOt^ti , le conduit auditif qui est le siège àè l'écoulrâient.

• XXXI"'*' OBSERVATION. — « J'étdis, dit Morgagni(i), avec Yalsalva, dans sa viUe natale, lorsqu'il seprésenta à lui une jeune déme qui lui raconta «pi'étant encore demoiselle , eUe avait rendu un ver par loreille gauche ; que six mois i^près elle en avait reandu un autre de la forme d'un petit ver-à-soie ,

• 0) Efist. XIV. . '

denxi

3oo DEL'XliniE P,\HTIE. CIIVPITRE IV

et dont le séjour avait été accoinpayné de dod •dans l'oreille,, la tempe et le front, latjucUe avait cessé aussiipt après la sortie du ver et du pus; que depuis lors elle avait e'te par intervalle saisie de la niiJnie douleur, mais plus vive ei telle qu'elle tombait toul-à-coup privée de ses sens pendant denx heures, jusqu'à ce que la douleur cessant eU( à elle; ijne peu après celte crise elle rendait un d'une forme pareille aux autres, mais plus petit: tant de plus qu'elle était sourde de cette oreiUe, et qu'elle éprouvait de la stupeur ei du prurit dans les parties voisines. Valsalva ne douta point que le ipipan ne Kit ulcéré , et proposa contre la présence vers, s'il en restait encore, l'eau distillée d'hypéncum , dans laquelle on aurait ayiie' du mercure. " XXXÏI™' OBSERVATloiM. — (i Je tus appelé, le août 1761 , pour voir la fille d'un nommé M Laurent, laboureur à Chartres, près Méry-sur-Si âyée d'environ quinze ans, d'im iiiible tempéramc malade depuis quatre jours. A mon arrivée , U trouvant sans connaissance, j'interrogeai sa mère su^ IWiyineet les progrès dç cette, maladie. Il y quatre ans que cette fiUe avait perdu l'ouïe de 11 reillc «jauche, à la suite d'une douleur violente' cette partie, accompagnée de lièvre, d'insomnie, ' Cette douleur, après avoir duré trois à quatre joi fiit suivie d'un écoulement purulent, à la lavi duquel tous les accidents se dissipèrent, et

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reni la surdité de cette oreille. Cette maladie , qui exigeait les secours de Fart les mieux administrés , £ut abandonnée aux soins delà nattu'e : Técoulement purulent se supprima environ trois mois après. La suppuration ayant donné lieu à un engorge* ment nouveau dans ces parties j tous les accidents se reiioù vêlèrent; et après s'être iait sentir avec force pendant deiix à trois jours, Fécoùlement purulent reparut , et ramena un calme aussi trompeur que le premier. Pendant quatre ans cet écroulement s'était supprimé tous les trois mois, et chaque suppression avait été accompagnée d'accidents plus ou moins vicAents, siiivant le temps que récoiilement mettait à reparaître. '

Là malade, dans ces premières altérnativies de dottletu*^ et de tranquillité, perdit Fouie de l'oreille droite, san^ éprouver la moindre douleur à cette partie, ni aucun autre acèident. Âloi*s les parents voyant leur fille entièrement sourde , pensèrent à luixihercher du soulagement. Tous lès remèdes dont on fit usage né changèrent ni la nature ni la mai*che de là maladie de l'oi-eille gàiiche; quant à la surdite de l'oreille débite , elle cessai entièrement au hout de deux ans, dans ûu tehljps où là malade n'employait aùcuii remède.

L'après-midi du 6 août 1761, lacère de la Énalade allant moissonner près du village, y mena sa fille, qui, à son arrivée, se coudïaYûr; une gerbe

DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE ir. ' «xposee à l'ardeur du soleil , sans avoir rien mis dant son oreille, à bquelle elle n'avait resseoii aucuot

'' douleur depuis plusieurs mois , parce que l'econto ment ne s'était point supprimé. Dans cette situation cette fdle s'endarmit. Après environ une heure da ■ommeil tranquille , elle tut surprise de sentir tout- I "JKroup un bourdonnement dans son oreille , occatione , disait-elle d'atord ( ce qu'elle soutint eusuite), par une mouche qui venait d'y entrer. La

; mère, dans l'instant , regarda dans l'oreille, el n'y yit point de mouche , mais quelques gouttes d'un sang rouge , vermeil , qui sortait avec l'écoukinefll ordinaire, A ce bourdonnemeul se joignit une vive douleur ; la malade poussait les hauts cris ; sa raère la ramena aussitôt çliez çlle , el chauffa des linges qu'elle lui appUqua sur la partie soufl'cante : moyen qui lut inutile, et peui-éire dangereux. Le bourdonnement et la doideur augmentèrent; le visagv se couvrit d'une rougeur extraordinaire ; la fièrw s'alluma incontinent ; la malade passa le reste de ]àm journée, et la nuit du 6 au 7, dans de violentes a^ tagions. Le 7, tous les accidents augmentèrent j 4 sur le soir la malade , étant tonfbée dan& le délîii eut une nuit plus mauvaise que la précédente, malin du 8, les muscles de la mâchoire inlerieiii et des lèvres entrèrent en convulsion , déterminèri la contQrsion de la bouche , ensuite le spasme cyq que', quelques heures après les extremiiés 6uu

- TER8 ET DiSBCTES D159 l'oBEILLE. 3o3 lieures, et successivement tout le reste du corps , lui'ent a^il^sde mouvemeuts convulsitk, qui s'annonçaient par un iremblement de tout le corps, cl se terminaient par des detailtances.

Vers le K)ir du H , les pai'eiis allèrent chercher le cure du lieu pour donner les secours spirituels à la malade ; mais la trouvant sans connaissance , il ne put les lui administrer. Surpris de l'eiat lie cette fille , il essaya de lui procurer du soulagement; pour cet etfet, il lui fit faire des injections «lans l'oreille avec l'huile d'hypéricum et le hautne du Commandeur. Ces ÎAJections n'eurent d'autre efTet que d'arrêter le saug qui sortait abondamaaent de cette partie , et non l'écoulement ordinaire. Les accidents augmenièreui, et la malade tut réduite à l'état le plus triste.

Le matin du lo, on m'envoya chercher. Apr^ »Toir élé instruit de ce que je vienj de rapporter ^ i'esaniinai la malade , qui , depuis vingt - quatiif ' betu%s , avait refusé toute nourriture. Elle avait lli \ visage violet et bouffi, les yeux éteints, les narinei dilatées, les lèvres allongées, la bouche ouverte; il s'en échappait beaucoup de saUve écumeuse; le| ] mouvements convulstfs éuiem moins tréquents; Id 1 resfHration était laborieuse ; la voix éteinte et )« 1 pouls concentré , taible et intermittent ; toute \i j partie latérale gauche de la tète, était de coulem? 1 livide, gonflée et menacéed'une guigrène prochaine.

3o4 oeuxièmœ; partie , cHAimiiË iv. '

Après avoir absorbé tout le pus contenu ckns U conduit auditif, dont la largeur était augmentée da double de l'état naturel , j'aperçus y dans le fond de cette partie, une espèce de membrsme blanchâtre/ située à l'endroit dé la membrane du tambour , et ^ue je doutai en faire partie. Je poitai sor elle une sonde, et la touchai Un peu 'fort, ce md donna lieu à un petit mouvement , après leqqel elle me partit être un peu plus enfoncée ; en consécpience de ce changement de. situation , et après- avoir léilé-^ chi: siu* .tous les .accidents de cette maladicy je m^ persuadai que<^était un corps^'u-anger ; <|ueUet[iKr fût sa nature, il fallait l^extr-aire sans délai. Pour y parvenir^ je situai la. malade - commodément j et j# portai des pinces. àia^neaux ^ians son- oreille- pour saisir ce corps étranger ; mais, il me présentait une sur&ce polie ^ et remplissait, exa^ement- le conduit auditif; je ne pus ,4e saisir qu'imparfaitement; il m'échappa plusieurs ibis. Pendant ces. tentatives ^ la malade ressentit, des. mouvementsiconvukifs, et eut luie si grande défaillance que je: craignis, de la voir, expirer. Revenue de sa faiblesse, jexiisposai tout pour l'extraction, mais. aux moindres-efibrtsjque je fis pour pincer ce corps, étranger ,. les mouvements coavulsits,. les faiblesses reparurent, et m'arrête-* rent. Convaincu cependant que , si j'attendais à une troisième fois , je trouverais les mêmes difficultés, je ne voulus pas quitter prise que je ne me fusse âft«

V£fl5 ET INSECTES DANS L'OREILLE. 3o5

sure d^l» nature et de la prince de ce corps étran<g^t : j'arrachai m&n un yer de la longueur d'enyiron huit lignes. Maigre l'état fâcheux de la malade , je continuai mon opération, et successivement je tirai quatre autres vers. Je portai ensuite une sonde dans cette oreille ; les parties molles qui constituent Porgane de Foùïe étaient détruites, et laissaient à décoayert tout le conduit auditif de Fos temporal 9Qngé par la carie. J'y fis couler quelques gouttes d'huile d'hypéricum; j'appliquai, sur la partie latérale de la tête, des compresses trempées dans l'eau-de^yie ; la malade était d'une faiblesse extrême, jel toujours sans oonnaistanee.

» J'examinai ces cinq yers ; ils étaient égaux en jlgrosseur , et avaient la foi^me d'une'pyramide tron«- ^oée; leur grosseur, prise à leur base , égalait celle d'un tuyau de plume À écrire ; leur têt^ se terminait «n pointe , et l'on y apercevait une ouverture de la<^ ^peUe partait un petit canal noirâtre. Je n'y remai^ qnai ni harlnllons , ni sûgmates ; leur mouvement était vermiculaire; on les mit dans un vase de terre, oà ils i^urem cinq jours sans aucune noorrit^iure ; ila ont été vus de tous les gens du village.

» Le lendemain je revis la malade ; il lui restait à peine le souvenir des accidents qu'elle avait essttyés. Je lui fis des injections dans l'oreilie avec la teintfoe de myrrh€^ et d'aloès, seul remède dont je me sois servi pendant Je traitement de cette maladie.

3o6 DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE IV.

J'ai eu la satisfaction de voir la carie se détruire neiià-pcu, et la fjuérison s'opérer en six mois, sans £\- Ibliation sensiLlej cependant le conduit auditif de celte oreille est Leaucoup plus large et plus profond que celui de l'oreille droite j les sons les plus aigus , les bruits les plus forts n'excitent aucune sensation dans cet organe (i). »

XXXIII""* OBSERVATION. — « Marguerite Siocflin , âge'e d'environ 4^ ans , se trouva attaquée de fièvire, le 27 août 16941 ^° sortant de son jardin, où elle s'était fort échauffée à travailler, La nuit suivante elle eut un très-grand mal de tiîte , accompagné de défaillance et de voniissement. On la saigna le lendemain pour prévenir les suites; quelques ■heiu'cs avant k saignée la fièvre et le mal de tât redoultlèrent , et il survint luie sueur abondanU avec syncope. La fièvre étant un peu diminuée, 00 lui donna un lavement , et le soir un julep sommfêrt «ni calma la douleur. La fièvre se ralluma cependant à l'ordinaire , et continua jusqu'au 5 septembre, jour auquel la malade eut un peu de relâche, quoique le mal de tête continuât loujours. Le 8 du mcme mois la fièvre recommença plus Ion iju'auparavant, et la malade se plaignit d'ime trèsgrande douleiu' dans l'oreille droite , sentant , di-

(1) Berliand, chirurgien â Alér; ~ sur- Sein» ; Journal de nictlecine, loma ao.

VERS ET IXSECTES DANS l'oKEILLE. 3o7

saU-elle, quelque chose qui semblait lui ronger ie dedans de cette partie. La douleur était accompagnëe de bourdonnements et de si grands élancements qu'elle tombait souvent en syncope, et ne revenait qu'avec beaucoup de peine. Elle eut enisaite quelque calme, pendant lequel on la purgea, et même avec une sorte d'apparence de succès. Mais au bout de quelques jours les symptômes recommençant, obligèrent d'appliquer des vësic2d.oircs à la nuque , et un cataplasme anodin derrière l'oreille , ce qui la mit encore en état de vaquer à ses affaires pendant quelque temps. Au commencement dti -mois d'octobre le mal recommença comme auparavant avec tle si grands élancements dans l'oreille, quon fut oblige d'y mettre de l'huile d'amandes amères, de l'huile d'absinthe, de l'eau-de-vie , etc. Cinq jours après il sortit, de son oreille six petites chenilles vivantes , de différentes grosseurs et couleurs; les unes étaient grosses de trois à quatre Mgnes et longues de cinq à six; les plus petites de deux à trois hgnes , et longues de trois à quatre. Les plus grandes étaient entièrement blanches , et . les plus petites mêlées de rouge et de blanc. On les mit dans l'eau tiède, elles nagèrent à lasuperfî- 4cîe de ce hquide ; il en sortit de cette grosseur jusqu'au nombre de quatorze ^ différentes ibis.

» A la fin du mois d'octobre la malade sentit re- ^uîder les élancements dans la npteme oreille; et y

3o8 DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE HT.

ayant porté son doigt ^ssez raderaent^dki occasioDa une otorragie considérable, et en même temps ia sortie d'une chenille vivante de l'e^>èce des arpenr teuses.

)) Cette chenille avait dix«hmt à vingt lignes de longueur et cinq à six de grosseur. Son ventreéait entremêlé de Ugnes vertes et jaunes, et soa àsà marqué de rouge, de vert et de Ivun. Scm corps était couvert d'un di^ivet assez long; elle av»t six pâtes, quatre proche de la tête, deux de chaque côté, et deux vçrs la queue, une de chaque côté. Elle avait à côté de la tête, ^ur le devant, deux ei^ pèces de cornes qui représentaient assez l»en oelks du limaçon; sa tête était plate, ses yeux noirs A proéminents ; sa queue avai^^quelque rapport avec celle de la carpe.

» Après la sortie de cette dernière chenille toi» ks symptômes cessèrent , et la malade se trouva eatiè^ rement guérie , sans qu'il restât aucune apparence de mal. Elle entendit et continua d'entendre aojW distinctement de l'oreille malade que de l'autjpe.-

» Il iaut remarquer que cette femme a toujours dik qu'il lui était entré quelque chose dan» l'oreUl^; ce pourrait être quelque papillon qui aurait laissé ses œui's dans le méat audifif*, que la matière cm^ mineuse dont elle est enduit^ aurait retenus, et qw la chaleur de cette partie aurait lait éclore. U reste à expliquer comment ce^ insectes ont pu se nounû,

VERS £T IKS£CTES DANS l'oRËILLE. ^og

etdaos quel endroit ils ont pu se tenir si long-temps Gâchés sans boucher lorgane de rouie, ni se faire apercevoir (i).»

XXXIV"** OBSERVATION. — « Dans le mois de juillet de Tannée 1766, un eni'ant , âgé de 6 ans, fils du fieur Séguy, haUtant de Montpellier , était affligé depuis un mois environ, d'une légère suppuration , dans le conduit auditit*qx.terne de Foreille gauche, qui lie lut occasionait aucune douleur. Ses parents n'y faisaient pas beaucoup d'attention ; ils se contentaient 4e laver la conque avec l'eau tiède, ou la décoction d'orge. Le i4 du même mois, cet enfant se plaignit d!uxïe douleur vive, qu'il ressentait dans l'oreille at^ fifictée. On y fit rayonner du lait de femme; on y jeta de l'eau d'orge ; la douleur se calma ; quelque^ heures gprès , elle reparut avec la même vivacité; on eut ncours aux mêmes remèdes , avec le même succès. Le 15^ la douleur fut plus con^dérablcy ell^ fiit caimée par les mêmes secours. Le 16, elle fut plus vive et plus firéquente; on était obligé & chaque instant d'employer et les mêmes remècks, et l'huile d'amandes douces, dont on laissait couler quelques gouttes dans l'orâlle. Le 1 7 , la douleur fut si aiguë yers le soir, que l'enfant eut dés mouvenieiits €on-» .vu1m(s, et rendit par l'oreille quelques gouttesdesang. M. Régis, chirurgien^ fut appelé ; il essaya de çakaer jb douleur par les saignées, par les remèdes àé\k în-»

' {i) Savîârd,

Sià DEràlÈME PAUTIfi, CHAMTRE W.

diqùës , et par les gouttes anodine^ de Sydcnhaûr ,' qu'A joignit a Thuile d'amandes douces; maïs le font i'ut employé presque sans succès. Le 1 8 au matin,la douleur fut si grande que les mouvements convulsifs devinrent plus fréquents et plus considérables vers le ïnilieù-du jour. Le sang commença à coïder constamment par Foreille , et en ^i grande quantité; que dans l'espace de quelques heures il en sortit Isr valeur de deux poélettes. La triste situation de cet enfant détermma les parents à m'appeler; lc6rs(pie je le vis, il poussait les hauts cris*; les mmivemeixt^ convulsifs persistaient, et ITiémforragi^ ne discontinuait pas : les saignées, les narcotiques e^les adoneissants furent mis en usage sans succès; on n'aper* cevait rien dans l'oreille, qudqu^ attention qu'on y apportât. A six heures dû soir les mouvements convulsifs détinrent plus violents, et les forces diminué^ rent considérablement. On conunençait à craindre pour les jours de l'enfant; mais à sept heures les convulsions se calmèvent beaucoup ,» la douleur di* . minua, et l'enfant se plaignît de quelque chose qui lui rongeait l'oreille. La mère , qm était pour lors toute. seule auprès de lui , examinaf la partie; et jetant les yeux dans le conduit auditif externe 5 elle y aperçut un corps blanc; elle y introduisit la tête d'une épingle , et en tira par ce secours un ver blanc, assez gros, qu'elle jeta avec jM-écipitation à terre, où â se rapetissait et s'allongeait. Effirayée

VERS ET INSECTES DANS l'oIUEILLE. 3iI

de cet-éyéaement, elle me fit appeler aveo le chirurgien. A la yue de ce ver, nous ne doutâmes plus de la cause de tous les accidents ; et conune ils persis- . taient, nous augurâmes qu'il y en ayait encore quelque autre. En effet, à Taide de petites pinces, que le chirurgien introduisit assez ayant, il en tira deux vers sem&lables au premier. Dès qu'ils iureni sortis, l'hëmorragie cessa, la douleur se calma, et les mouvem^its conyiilsifs disparurent. Ce jeune ^ifiaint s'endormit bientôt après ; à son rëyeil, il fut trèfr-csAme; il ne lui restait qu'une très4ëgère suppuration dans le conduit auditif, laquelle se guérit en peu de jours par le secours de la décoction d'orge, ^ des eaux de Baréges. Ces vers étaient blancs, de la longueur et de la grosseur d'un gros pignon; leur tête était noire et pointue; on apercevait sur leur ^ dos une ligne noire.

» Par l'examen que j'en fis, je les trouvai res-» semblants , par leur figure et par leur couleur , à ceux qu'on aperçoit sur les matières animales qui croupissent dans les latrines et dans les carrefours; je ne pus cependant me persuader qu'ils fussent de la même nature. Je les emportai chez moi, pour les examiner avec plus de soin; mais quelque attention que fj donnasse, ^'y trouvais toujours la même ressemblance. Pour m'en convaincre, je lés entêrmai séparément dans des cornets de papier» Cinq jours après je vis qu'ils étaient noircis, et qu'ils

3l2 DBVXIÈHK PARTIE, CHAPITRE IV.

avaient pris la figui'c d'une chrysalide noire ettcrnifl j'avais soin de les examiner lous les jours. Le Ireiwèiïie après la métamorphose, voulant ouvrir, vert les six heures du matin, an de ces cornets, j'en yts £oriîr une grosse mouche. Fâche de l'avoir laissée échapjier, je courus hien vite à me» autres coraets, que j'ouvris avec plus de précaution. D;ii» \t premier, j'j trouvai la chrysalide percée par une des exiréniilés , qui laissait voir la tête d'une mouche- Je ^ hàlsi du ta mettre dans une liouteiUe. Dass le second , la ehrysahde était dans son entier, et je la mil 4ans la mûme lioutcille. Dans la journée, la mouclic

< ^Dt la tète était hors de la coque, se débaiTossa entièrcaneiit , et vola çà ci là dans la houteille. Le lei)'

' demain, l'autre fut aussi sortie de sa cocjue. ipouches étaient eniièrement semblables à cell qu'on voit voltiger en été sur la viande expoMJe n l'air^ et dans les endroits où il y ï des nuuièrei animales corrompues, ou qui par la chaleur pca'- Tcnt devenir telles. Je fus alpi's convaincu de lure de ces vers, et je ne pus douter de leur origi

)i Personne n'ignore que les nM>uches ( liien d'autres insectes) déposent leur» œuls sur matières où les vers nouvellement éclos pei trouver leur nourriture. 11 est par coaséju présumer, avec beaucoup de certitude, que l'oi de cet enfant n'étant pas couverte, une de ces çhes, attirée par le pus, dont la conclue était endi

en-

\mS ET INSECTES DANS l'ÔREILLE. 3i3

j^. déposa quelques œufs, qui furent entraînes dans le coudait par l'eau dont on lavait la partie, et que la chaleur les y fit éclore; ou bien les œufs s'ëtant collés aux parois de la conque, ils y ont ëcics, et se Boat insinués ensuite dans le conduit auditif ex:terne ; parvenus à leur grosseur naturelle, ils ont occa- BÎoné les accidents , en rongeant la membrane qui tapisse cette cavité.

)) Cette observation me parait éclair ci r Forigine des vers qu'on a vus^ et qu'où voit sortir des oreilles, du nez, des sinus frontaux et maxillaires, et de ceuk qu'on trouve sur la surface de certains ulcères. N'cBt**dle pas plus naturelle que de penser que les Qçufs ont été entraînés et déposés jpar la voie de la cifeis^Laiion? La finesse des ouvertures des veines lactées , là petitesse des vaisseaux des parties où on Icouve des vers ^ et ks actions vitales ne comredi- 3eiit-^yies pas ce système plus ingénieux que vraisemblable (ï)?)i

XXXV""® CMERViTlON. •*-. « Je fus appelé il y a qudquè temps au Ménil-Saînt^Dems , à tme lieue dé BeaunKHttr^uivOise, pour voir un enfkot de 8 à 9 ans f à qui il venait, d^oa , de sortir trois gros vers fpoi l'oreille. L'on me dit qiie Fon en voyait encore qvà étaieat prés de sctitir,et que l'ea&ni pous«»t des ccia -affreux. Je m'y transportai;; je visitai l'ooreille, et l'y vis en efiÇbt plusieurs poimes de ysts^ qui sénat-

(i) tst]oû.

3l4 DEUXIÈME flRTIE, ClUPlTTlE tVt

Maient vouloir soriir de la conque. Je fis mon pos- L siblepour les extraire , mais je n'en pus venir à bout, k|)arce qu'ils rentraient en causant des angoisses hor- F rïiles. J'examinai avec soin ceux qui étaient soi Us ont huit à neut'Iignes quand ils s'allongent, ci , à six quand ils sont rassemblés dans leurs aniieai , Us sont de la grosseur d'une plume à écrire, qu' ' appelle boul-d'aile. 11 y a une extrémité qui est minée par un petit point noir ; c'est la télé , sur I( » côtés de laquelle on aperçoit de petites émmenccs I comme l'on en remarque à de certains insectes , et qui ressemblent à des pâtes; l'autre extréoiîté est I laans queue, terminée en rond avec un petit prolongement; leur enveloppa est assez dure.

» Je ue crus pas me tromper en conjectarant CCS vers étaient de la classe de ceux qui vivent d; les substances putréfiées. Pom- les l'aire sortir ' avait injecte dans l'oreille du lait , du jus de morell

un mélange de suc de brou de noix écrasé.

' poivre et de vinaigre. Ces remèdes n'avaient cause I que de grandes angoisses sans eSbt. Je crois qu'on P «urait plutôt réussi à les tuer en employant des lii jqueurs alcalines , l'eau de chaux, la lessive decenf -tires, de soude, la dissolution de savon, dans les^ l «pieUes ils noircissent et meurent. Je n'osai pas ce- *pendant conseiller ces moyens; je crus devoir en employer de plus simples et de plus doux en tâchant de les attirer au-dchors. Pour y parvenir, je me dé-

I est Ion-

VERS ET INSECTES D\?îS l'OÎIRILLE. 3î5

térmifiai à mettre dans Foreille un morceau de chair de bœuf, pensant qu'il serait bientôt putréfié; il n'y fiu pas plus d'une heure que Tentant sentit remuer les vers , et prétendit les entendre manger. La mère ayant soulevé sa tête avec précaution, ainsi que je l'avais recommandé , elle retira la viande sur laquelle il s'en trouva deux ; elle la remit, et au bout d'une demi-heure elle fut encore obligée de la retirer à la sollicitation de l'enfant ; elle en trouva un qui était si fort entré declans, qu'elle ne put l'en ôter qu'en le déchirant.

» Ce ne lut que depuis la sortie du quinzième ver que l'enfant fut tranquille. Je fis injecter de l'eau salée dans l'oreille , tant pour atténuer la matière qui commença dès lors ^ couler, et qui était fort épaisse, que pour résister à la putréfaction. L'oreille n'a pas perdu la faculté d'entendre. Il parait que cet accident a été la suite d'un coup qu'avait reçu l'enfant , depuis environ six mois , de la botte d'un càvaUer qui le jeta par terre sur le côté, la tête portant sur une éminence de terre. Six semaines après il y eut un écoulement par l'oreille qui s'arrêta environ trois semaines avant la sortie des vers (i). »

- XXXVI"*^ Observation.^ — «Une petite fille, âgée de 3 ans, avait un léger dévoiement séreux depuis quatre à cinq jours , sans tranchées et sans perte

(i) Sauteur Alteyrac; Gazette de sanêéf 17805 jï* aa»

DEUXIEllE PARTIE, CHAPITRE IV,

d'appëlil, lorsqu'un soir elle se ptat d'iiûe douJeiir dans l'oreille gauche. Lye père et la mère examinèrent celte oreille, et ne découvrant rien , tant à l'extérieur qu'à l'intérieur , y firent peu d'attention. La petite s'endormit et passa te reste de la nuit assez tranquiUetnent; mnis le lentleniain matinelle lîit réveillée par le retour de ladou-

- leur (jui augmentait à chaque instant , et (jiil devint si aiguë que l'enfant faisait les hauts cris, et même avait des mouvements convulsils. Le père, ne sa-

1 chant que faire, imagina, pour adovicir la vivacité de la douleur, de lui faire injeclcr dans l'oreiHe le lait d'une nourrice du voisinage. Dès que l'ûijectioQ -iut faite, la petite jeta dus cris perçants, qui, de ipême que la douleur , cessèrent presque à l'instant par la sortie d'un ver vivant qui surnageait dans le lait injecte, et qu'on tjra de Toreille avec de pelitcs pincettes. On coucha l'enfant sin- le côle malade pour faciliter l'écoulement du lait, et pour voir s'il Borliiait encore quelque autre ver ; maïs , après que le lait fut écoule , il parut sept à huit gouttes de sang,

L et tout fut termine' par-là. Ce ver , dès qu'il fui hors de l'oreille, se mut pendant quelque temps avec

*- vïic célërilé étonnante. Il élail blanc , avec nne petite raie noire le lortg du dos; sa longueur était d'environ six hgnes, et sa grosseur égalait à-peuprès celle d'une paille de Iromcnt. En un mot, je ne pourrais mieux le comparer, quoique plus gros

VERS ET mSEGTES DAINS L'OREILLË. 3i7

cepeudant, qu'aux ver» que Ton trouve dans le fromage. Voulant éprouver si les remèdes qui eausent la mort aux autres vers du corps humain, le^ raient à celui-ci le même effet, je le mis dans l'huile d'amandes douces; en deux ou trois minutes, il fut sans mouvement et sans vie. Je l'en retirai , et il passa bientôt à l'état de putréfaction. La petite fille y après la sortie de ce ver, continua d'avoir le dévoiement pendant quelques jours , et rendit des strongles m^és avec beaucoup de matières blanchâtres et glaireuses. Pour n'être point induit en erreur, je m'ii^ormai exactement du père et de la mère si celt« petite ne couchait point dans un lieu où il y eût des insectes qui eussent pu s'introduire dans l'oreille; mm content de leur réponse, je l'examinai moimême , et ne trouvai rien qui pût me le faire soup- ^nner. La chambre était située au midi , et le lit de f^nfant, voisin de celui dtt père, était d^ns un lieu propre , sec , et parfaitement sain (i )• »

XXX VU"*® OBSERVATION. — «Unepetite fille, âgée de tipis semaines , fit connaître par ses cris et par ^ -mouvement de ses bras qu'elle éprouvait une vive dpuleur vers le côté droit de la tête. Au bout de huit jours àrpeu-près on aperçut un léger écoulement par le méat auditif du même côté; et à compter de ■ ■■- ■'- ■■■ ■ ■ ' j , . I . I ■ » ■ ■■

(i) Daquin; ancien Journa( d&' médecine, décembre ^77^'

3l8 DEUXIÈME PÀiVTlE, CHAPITRE- IV.

ce moment les douleurs parurent cabnëes. Quinze jours après l'écoulement, les accidents revinrent, et se terminèrent par un semblable flux de l'oreille gauche. Au milieu de la matière qui sortait on découvrit des vers semblables à ceux qui se forment dans la viande. Ayant ëtë mande, je trouvai dans le conduit auditif externe un de ces vers qui, s'étant retire' plus loin, m'echâppa. On me l'apporta le lendemain, et l'on me -dit qu'il en était déjà sorti au moins trente- deux autres entièrement semblables. Je conseillai des fumigations avec le semen contra, et des injections avec le vin tiède. Il n'en reparut plus ; l'écoulement cessa, et l'.enfant s'est bien porta depuis (l). »

XXXVm^" OBSERVATION.— <( Le lo juiUet 1786 un enfant d'environ 1 1 ans étant couché sur le &mier d\ine basse-cour , une grosse mouche se reposa sur son oreille gauche , d'où suintât depuis quelque temps une humeur puriforme , et y fit une piqûre. Dès le lendemain cet eniant sentit du mouvement dans son oreille , et ses parents virent qu'il y avait des vers. Les douleurs aiguës, et la fièvre même qu'il éprouvait, les déterminèrent à m'appeler le surlendemain. Je tirai avec mes pinces à anneaux, du conduit auditif, cinq vers longs d'un demi-pouce, gros comme le tuyau d'ime médiocre plume à écrire, et six plus petits.

(1) Maget; ancien Journal de médecine, mars 1786.

VERS ET INSECTES DANS l'oREILLE. SlQ

)) Maigre Tinstillation de la teinture de myrrhe et d'aloèsque je fisetfislairedaiis Foreille du jeune ma* lade,pour empêcher la reproduction de ces insectes, ou pour les féiire périr s'ils se reproduisaient , j'en tirai encore le lendemain de cette même oreille cinq autres, gros à-peu-près comme ceux de la veille; mais à- ma troisièn[te visite je n'en trouvai plus^ soit qh'il n'y en eût plus , soit que le remède instille en eût empêche le développement. Je fis faire pendant quelque temps des injections dëtersives dans l'oreille de cet enfant ; elles tarirent la suppuration purulente dans laquelle ces insectes avaient baigné , ce qui m'avait fait craindre que la membrane du tympan ne tombât en suppuration ; mais heureusement il continua d'entendre aussi-bien de ce côté que de l'autre (i). »

XXXIX""*" OBSERVATION. — (( Rose. . . , du village de Puimichel , département des Basses-Alpes, r^ssen- , tait , depuis environ trois ans , une céphalalgie habituelle qui occupait sur-tout la partie gauche de la tête, et s'étendait du front vers les tempes jusqu'à la nuque ; quelquefois les muscles du cou , de ce cô|^, étaient pris d'une tension spasmodique douloureuse, qui occasionait la constriction simultanée de la partie supérieure de l'œsophage et de la trachée-artère, et rendait la déglutition et la respiration pénibles.

(i) Filleau; ancien Journal de médecine ^ septembre

S^o. UËUXièm PAoriK, chafitiie iv. • Depuis quelques mois la malade éprouvait uu lit- HlousBeiiient conviilsit" et douloureux' dans toute h l partie gauche du tronc depuis le cou jusqu'à l'hy- [ pocondro , ainsi que dans le bi'as du mi^me cûte'.

H Celle leuinie ni^gligcait ces maux qu'elle auii- ' |>uait à un étal vaporeux, dont elle croyait irouver I la cau% dans la cessation de ses menstrues et dans j son tempérament nerveux et très-moLile. Ce fut par I hasard que je la rencontrai auprès de sou iils , ma- [ ladeauiMéeSjdanslecourantduraoisdemars 1806. r ie lui conseillai l'application des sangsues sur le trajet des ju^'ulaircs, l'usage des bains locaux et g néraus , ci celui de quelques teiup^ranis et nerv [, internes. Ces moyens , dont quelques - un» pai I Baient calmer instantanément le mal , n'en cmpl ' clièreut pas les progrès. Une inflammation des piq 1 violentes à l'oreille se déclara par des douleurs . Atroces. Le cou, l'e'pine et l'extremitë supérieure I gauche l'urent agites de mouvements convuisils. la bouche devint sèche et ardeuie, des pulsations lancinantes se firent sentir dans l'oreille interne, et firent croire à la formation d'un abcès.

» Divers emoltieuts furent employés de toutes 11 Hianières; la malade, pour tempérer la sechei Jirùlantede la lx)uche et du fond du palais, se senril avec avantage de l'oxicrat en gargarisme, quVUe remplaça dans la suite et avec plus de soulagement par le vinaigre pur ; souvent même la bouche rem-

VERS ET INSECTES DANS L'oREILLE. 321

plie de ce vinaigre , les voies nasales fermées avec les doigts 9 la malade faisait une expiration forcée pour faire pene'trer, disait-elle , ce liquide ya^^^^'ae^ cers^eau afin de le rafraîchir.

» Ce fut dans un de ces efforts , et pendant des douleurs très-vives , que la malade éprouva , le 24 avril, un sentiment de déchirement dans l'intérieur de l'oreille; et que, présentant le doigt au méat auditif, elle sentit un corps étranger qui remuait. Elle retira le doigt, et aussitôt un ver très-gros sortit avec force de l'oreille , et alla tomber à quelque distance du lit. L'apparition de cet animal effraya non- seulement la malade, mais aussi la plupart des nombreux spectateurs que ses souffrances et ses cris avaient attirés auprès d'elle, et dont plusieurs s'enfuirent. Ce ver serpentait avec assez de vivacité sur le sol, et vécut deux jours. L'ouïe,- qui n'avait nullement souffert jusqu'à ce moment, lut dès-lors notablement alté- . rée du côté gauche. La malade fut presque tout-à- ' fait calme le reste du mois. Les douleurs reparurent • dans les premiers jours de mai; le 4 ^Ues étaient' portées à une violence extrême. J'examinai l'oreille primitivement affectée , de concert avec M. Sarntet , chirurgien du lieu. Nous découvrîmes assez facilement un nouveau corps étranger qui commençait à • être engagé dans le conduit auditif externe ; les mouvements que ce corps imprimait à la sonde avec laquelle nous l'explorions , ne nous permirent pas I. 21

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de douter que ce ne fût un autre ver qui se présentait 9 et dont nous tâchâmes de hâter la sortie 4 l'aide d'une pince à dissection. En efiet , nous panrinmes à extraire avec peine un second ver intact et paroi au premier; il vécut dix jours.

» Tous les symptômes ^laladifs , toutes les souf* frances disparurent aussitôt. La malade ëprouva , seulement encore pendant quelques jours , un sentiment plutôt pénible que douloureux , dans Finté^ riem: de l'oreille, et une ^iklesse notable dans la fonction de l'œil gauche. L'im et l'autre cédèrent facilement à quelques injections et à quelques applications nervines et détersives. Une partie de chaqut injection pénétrait dans l'intérieur de la bouche. La surdité devint complète du côté gauche, et nous la regardâmes comme incurable. Cependant^ )'ai eu occasion de revoir cette femme ; elle m'assura que la santé parfaite dont elle jouissait n'avait pas même été altérée par un seul instant de souffrance, et qu'elle conunençait à distinguer de l'oreille gaucba quelques sons, dont la perce|)tion lui devenait chaque jour plus facile. '

» Les deux vers se ressemblaient parfaitement Leur longueur était de vingt-cinq lignes (cinq centimètres ) , et lé plus grand diamètre de leur corps de six lignes et demie (sept millimètres) ; leur couleur extérieure était uniforme et d'un jaune luisant analogue à la couleur du cérumen. Leur tête légè-

VERS ET INSECTES DANS l'OREILLE. 323

rement aplatie e'tait recouverte d'une enveloppe qui avait la duretë de la corne. Cette enveloppe avait à sa partie anteneure une ouverture transversalement oBlongue , au milieu de laquelle se trouvait la bouche de l'animal. Auprès de la bouche s'élevaient deiix serres, une de chaque côté , de couleur brune foncée , et assez semblable à celles de la cottrtillière. Leur corps était partagé en dix anneaux, dont les trois plus voisins de la teie étaient les plus étroits , le sixième était le plus renflé , les autres diminuaient progressivement jusqu'au dernier ^ qui était pla^ aplati et plus large que tous les autres. La partie qui formait la queue était également aplatie^ et se terminait en pointe. Chaque anneau était marqué, de chaque côté, sur sa partie latérale inférieure, d'un point rougCi Cette empreinte manquait au dernier anneau^ sànsi qu'à la partie qui formait la queue ; die y était remplacée par un petit repK membraneux transversal. Six pâtes en forme de mamelons, et de couleur cramoisie , étaiem placées, ttx)îs de chaque côté, sut kf lace inférieure et un pea externe des trois premiers anneaux (i). »

(i) Éotiteiile fils , ancien Journatdemiclecinc, vol. i3

DEUXISME SECTION.

MALADIES DE l'oREIL^E EXTERNE.

Parmi les différentes maladies qui peuvent attaquer l'oreille, plusieurs sont exactement semblables â celles qui ont leur siëge dans les autres parties du corps , se présentent avec les mêmes indications, et ne doivent pas, pour cette raison, trouver ici leur place, sur-tout lorsque ces lésions de l'oreille n'en causent aucune dans l'audition. Telles sont les différentes plaies et tumeurs de la conque auditive. Quoique le pavillon paraisse destiné à concourir à l'audition , les plaies qui peuvent le diviser , les engorgements qui le déforment , les ulcères qui le détruisent en partie, ne nuisent point aux fonctions de l'organe. J'ai vu un militaire qui, tombé entre les mains des. Vendéens dans nos premières guerres civiles , avait eu les deux oreilles complètement coupées. Il s'était fait mettre des conques artificielles seulement pour déguiser cette horrible mutilation, qu'il assurait n'avoir diminué en rien la finesse de son ouïe. Je ne m'occuperai donc dans cette deuxième section que des maladies propres au méat auditif, comme la seule partie de l'oreille externe dont les lésions puissent nuire à l'audition.

IMPERFORATION CONGÉN .DU CONDUIT AUDITlT. 325

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