‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 5)Chapitre 37 sur 61 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

yers et insectes dans r oreille.

I)es yers peuvent se développer, se multiplier daris' différentes cavitës du corps, telles que le canal in-testinal, et y séjourner long-!-temps sans donner des signes de leur présence; mais il n'en est pas de même' de l'oreille, dans laquelle ils ne peuvent s'établir sans éveiller les plus vives douleurs et provoquer Jes accidenta les plus graves. L'introduction^ ou si Ton veut le développement de ces animaux dans' l'intérieur de cet organe , se fait particulièrement' remarquer dans les cas où il se trouve affecté d'otorâe» Attirés par la. matière qui $'en écoule, q«iel-

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•juefoisiU y séjournent; mais le plus sotivcnl ils »« conteiUent d'y déposer leurs œufs. Comme dans la plupart de ces écoulemerils, la memlirane du tympan est ouverte, ou détruite, il peut aixiTcr qu'ils occupent l'intërieur de la caisse, ce qui rend leur Bi^jour plus douloureux, et leur extractioD beaucoup plus difficile.

Les vers qtiedifli^rentsobserTateursom extraits oii vus sortir de l'oreille, présentent tant de différences qu'ilestimpossibte d'en donner une description particulière , ce qui tient sans doute au grand nombre d'insectes qui peuveni s'introduire dans l'oreille.

Tharantanus dit avoir vu s'échapper de l'oreille d'un jeune homme malade d'une fièvre aiguë, deux ou trois vers qui ressemblaient à des j^raiues depio. Voickraner, médecin de Nuremberg, parle d'uDe jeune fillequi en rendit tm de la ibrme d'une noisette. Panaroli rapporte qu'à ia suite d'une ilijl , tion laite avec dulail de cbèyre, dans une oreille Aait devenue le siège d'une vive douleiu-, il en sorW plusieurs vers semblables à des mites de tiximage, et la douleur cessa. Kerckrîng donne la figure de cinq ▼ers sortis de la même partie, et qui ressemblaient à des cloportes. Mais on en a vu de plus volumineux, ai tellejnent disproportionnés avec ia cavité qui les oonienail, qu'on ne pouvait concevoir, après lenrso^ tie, comment ils avaient pu s'y loger. Oncnirouïera un exemple très-remarquable dans une obscrvatioa

d'u pe I leqi^

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i^cueillie par M. Bouteilleriils, et rapporlëe à la fin de cet article. Morgagni parle d'une femme qui, à dificrentes époques, rendit par l'oreilleun Ter de la forme du veivà-soie. Un chirurgien d'une de nos provinces méridionales ,' M. Chaudorcy, a fait la même obser~ yatiou. On verra, par les exemples qui suivent, que ces larves sont susceptibles de passer à l'état de pymfAie^ comme l'avait observé, en 1750, M. Leau-* c^ud, chirurgien - major de l'hôpiul d'Arles, qui tira de l'oreille dW homoie , cinq vers dans cet état de métamorphose. Sauvages rapporte pareille** ment qu'ayant mis dans un vase de-terre.plusteurs vers oblongs et blancs , tirés de l'oreille d'unhomme attaqué d'otalgie, il vit ces vers se changer en peu fie jours en mouches carna*cières.

Quelle que soit au reste la forme des vers intro^ duits ou engendrés danà l'oreiUe ^ ils ont cela de commun que leur présence excite une otalgieplus ou moins violente, des céphsdées atroces ^ des ver«< ^ge^, des mouvements convulsifs, des, accès d'épi-* lepsie, et une sorte de stupeur de 4^ conque auditive^ . U n'est pas toujours facile de pénétrer la couse de ces d^rdres , non-$eulen)ént parce que , la douleur occupant une grande partie de la teté, on ne à'avisé pas 4'aUer chercher dans l'oreiUe le siège du nisJ 4 nuiis encore parce que cet^^reiUe, lors^méine qu'elle est le ceipitre de la douleur, , et qu'elle ealt soumise à ^ ex^amen pdrticuli^ ^ pevA reeeler dax)a ses çayités

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îiitérteures ranimai qui Firrlu^ si douloureusement^ Ceci a lieu st^r-tout quand la membrane tympani-i' que est détruite; alors^ Finsecte pénètre ou se développe dans la caisse* U peut aussi y arriver par là trompe d'Eustachi. Un fait de cette nature, des plus curieux, est celui que rapporte Andry, dans sont Trîûté de la génération desvers* Il s'agît d'un ascaride lombrical de la grosseur d'une plume à ëcrirtf, qui, 4u canal intestinal, s'était porté^ par le pharynx et les fosses nasales, dans la trompe d'Eustacbi. On con-* Goit même que, sans y pénétrer du dehors, des vers puissent s'y. engendrer comtne dans toutes les ca-> vités du corps, et dans l'intérieur même de nos organes. >Mais ces .cas sont infiniment rares et presque toujours les vers de l'oreille sont dus àl'introductionr de quelque insecte dans le canal auditif. Rien ne le prouve mieux que la rareté de ces accidents dans les villos. C'est è Isi campagne, chez les personnes adonnées aux {royaux des. champs et exposées a dor-' mir en plein, air, que l'on observe cette espèce de lésion de l'orgaiie auditif.

Il semble au premier coup-d'œil qu'aussitôt quW a reconnu la pressée dû ces corps étrangers dans l'oreille, il ne doit pas être difficile de porter remèdcf aux accidents qu'ils occasionent, soit en faisant péfîr l'animal par l'injection de quelque anthelinintique, soit en l'entraînant au-dehors à l'aide d'un instrument [»t)pre à le rsaisir. Cependant lé premier dé

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ceemoyensest sonvenlinfructueux, et le secondn'est pas toujours praticable. Pour que les vers meurent dans les liquides- huileux ou amers- qui ontlapropriélé<de les détruire^ il faut qu'ils puissent en ^elque sorte y. être plonge ; ëe qui est difficile fbns ie^ conduit, auditif dont ils occupent souvent la .cavité j ou ou tond duquel ils se trouvent garantis de l'atteinte de ces poisons par unecouclie de ma^ Itère purulente. Le défeiut de kutgèut du conduit .rend -souvent* aussi les moyens d^eGi^actigii à-peuprès impuissants, et il jest plus aise d^ëcraser Vani-* mal dans son réduit que de l'en arracher; mais d'çstune pratique que je ne conseillerais point, dans la crainte d'enibncer' la jnembrane du tympah, lorsqu'elle existe encore ,- ou de pousser l'insecte dans, la caisse, quand elle est d^ourvue de sa cloi-' son. :Ainsi^ lorsqu'on veut employer les injections pour le iâire mourir , il: faut faire en sorte d'intro- ,,diuire préalablement celles qui ont pour effet de xiettoyer le conduit auditif, après quoi on a recours à d'autres, et surtout' aux liquides huileux. H n'est pas- nécessaire de recourir aux huilés médiicamenteuses. Quelles qu'elles soient , elles possèdent au .même degré la propriété de tuer les vers quand ils en . sont -exactement environnés. Il est même toujours .prudent de choisir >parmi les huiles ' les. plus douces, afin de ne pas augmenter l'irrita- .WOup déjà beaucoup, trop vive^ qui existe dans le cûn-

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diiît. La même raison doit faire proscrire les tein iDres amèreH on aromatiques, el les huiles esseiblioUes qui ne feraient «ju augmenter la douleur.

Lprsque le ver ou l'insecte est visible, lors(pi'il n'occupe pas en totalité la cavité du canal , el qu'il irrite cette panîe,l)ien plus par ses mouvements ^ue par 6on volume , comme cela arrive par la présence d'une fourmi , d'une puce même , il n'est pas dilRçile d'en faire l'extraction , soit avec un cure-oreilk, ^ soit avec le petit bout d'une plume qu'on dépouilll l'dc SCS barbes, qu'on enduit Ae quelque matièi gluante, comme de la lërdbenthinc, du batunedi copahu , et dont oo se sert pour chargea- l'anî

Ces moyens locaux ne composent pas tout le u ^ementde cette espèce d'accidenl, lorsqu'ils ne jx vent être suivis d'un prompt succès. Il tant a y joindre les calmants généraux, qui sont d'auUl plus indiques que souvent l'irriuUon est portée i plus haut degré ; et lors même qu'elle n'est pas e cessive, il faut s'attendre à la voir devenir telle par les manœuvres qu'on est obligé d'employer pour opérer l'extraction.

Lorsqu'on a re'ussi à expulser l'animal, et que l'irritation est calmée, si l'on a quelque raison de croire, parce qui s'est passe, qu'Ua pris naissance cl s'est développé dans l'oreille , U y a tout lieu dt cjfdndre qu'Une soit passetd,et que par conséquent les accideots se reproduisent. On examinera donc

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