‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 5)Chapitre 40 sur 61 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De l'oblitération et du rétrécisssement acciden-

tels du conduit auditif.

Le méat auditif peut être rétréci ou obstrué par une foule de causes. Les principales sont le gonfle- -ment des parties osseuses, cartilagineuses, membraneuses, qui entrent dans la composition de ce conduit , et les végétations polypeuses.

Je n'ai point eu occasion d'observer le gonflement de la partie osseuse du conduit auditif; l'extrême dureté dont il est doué doit rendre très^rare cette espèce d'altération. Mais j'ai vu deux fois la partie cartilagineuse contribuer par son gonflement au^étrécissement de ce conduit. J'en jugeai ainsi parce que les cartilages de la conque étaient évidemment épaissis. Dans l'un et l'autre de ces deux cas le, gonflement paraissait dépendre d'une affection dartreuse qui avait son siège à l'oreille externe , et je remarquerai ici en passant que les dartres , qui s'établissent sur cette partie , ont un caractère d'opiniâtreté et d'exaspération plus prononcé que partout ailleurs.

Mais là partie qui le plus souvent fait seule les

OBLITÉRATION ACCID. DU CONDUIT AUDITIF. ZzQ

frais de cette tumëfaction est la peau qui tapisse l'entrée du conduit. La membrane qui le revêt étant d'un tissu plus serré, se gonfle plus rarement que la peau dont elle n'est qu'un prolongement; ce n'est guère que dans les cas d'otite et d'otorrhée qu'on la trouve notablement boursouflée , sur-tout quand ces écoulements reconnaissent pour cause uiie diathèse scrofuleuse. La petite-vérole confluente produit quelquefois le même effet; l'on a vu à la suite de cette maladie , quand l'éruption avait été trèsabondante à la tête et aux oreilles, le méat auditif rester bouché par la tuméfaction et l'adhérence des bords de son orifice.

On détruit ces adhérences par une simple incision cruciale qui n'a pas besoin d'être bien profonde, parce que l'orifice seul est ordinairement le siège du rétrécissement. Si les adhérences se prolongeaient dans le conduit, on pourrait sans aucun inconvénient enfoncer un bistouri étroit jusqu'à la profondeur de deux lignes, dans la direction du canal, et tamponner ensuite le conduit avec une mèche de charpie.

. Le rétrécissement du conduit par cause d'otorrhée .disparait ordinairement quand l'écoulement vient à tarir. Je l'ai vu cependant persister une fois au-delà de ce terme chez un enfant scrofuleux. Le méat auditif n'offrait plus qu'une ^espèce de fissure susceptible tout au plus d'admettre une lame de

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canif. Ce rétrécissement n'occupait que l'entrée dvi conduit ; un peu plus avant il était libre , et parais* sait avoir son diamètre naturel. L'usage des canules, auquel on avait eu recours à diverses reprises ^ n'avait eu qu'un effet momentané. \ Deux vésicatœres que je fis placer derrière les oreilles, des purgati6 fréquemment administrés , les préparations ferrugineuses unies au quinquina dissipèrent cet engorgement qui durait depuis deux ans, et entretenaîl un^e smrdité telle , que le timbre delà voix en était déjà changé et l'articulation de la parole très-embarrassée. ' , • La diathèse dartreuse produit de même cette espèce de rétrécissement par gonflem^t des téguments. Ici le conduit auditif est sec, recouvert de pellicules farineuses , et dépourvu d'une grande partie de sa sensibilité. Si on y introduit une sonde, on croirait au bruit qu'elle fait qu'on touche un morceau de bois. Un cruel symptôme accohipagne cet engorgement : c'est un prurit des plus vifs qui ète tout repos, et prive même du sommeil. Du reste je n'ai pas vu ce rétrécissement fidter au point de causer une surdité très-prononcée. Seulement l'audition est troublée par des bourdonne^ ments ou par un retentissement incommode des sons , qu'une personne tourmentée de cette indisposition comparait à celui qu'on éprouve lorsque, sans être sourd , on place da^s l'oreille un cornet

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