POLYPES OU CONDUIT AUDITIF
Ds sont peu douloureux , et saignent à la moindre pression. Itn'y en a qu'un ordinairement dans le con-* duit. Deux fois cependant }'ai vu les productions polypeuseâ prësenter une série de lobes arrondis, dispo« ses à la suite les uns des autres, en formedc chapelet. Dans tous ces cas divers ils m'ont toujom*s paru de la même nature. C'était une substance blanche, homogène, d^apparence graisseuse , et dans laquelle on ne découvcait aucune trace de vaisseaux sanguins après l'extirpation, quoique auparavant les excroissances saignassent au moindre contact. Il peut arriver cependant qu'à l'instar de toutes les tumeurs pc-* lypeuses celles-ci acquièrent un grand développement , s'épanouissent hors de l'oreille , divisées eu plusieurs lobes , comme l'a vu Fabrice de Hilden , «t tendent à la dégénérescence cancéreuse. Il n'est pa^ très^rare qu'elles se rencontrent dans l'une et l'autre oreille en même temps ; au moins est-il remarquable que cette maladie suppose tout l'organe plus ou moins gravement affecté; car lors même qu'un des conduits est sain, il finit par s'affecter souvent après l'extirpation du polype , et presque toujours l'audition est affaiblie. Cette maladie peutêtre congénitale , ou du moins se déclarer dans les premiers mois de la vie , conmae le prouve l'exemple d'une surdité de naissance, due à une pareille cause^ et dont je rapporterai l'observation à l'article des cophoses avec obstruction du canal auditif*.
336 DEUXIÈIVIE PARTB^, CHAPITRE VII-
Celte maladie est une des plus graves de'celleâ qui ont leur siège dans le conduit auditif. Elle suppose presque toiijours dans la membrane qui le tapisse une disposition fongueuse ibrt difficile à détruire , et qui affecte également la membrane de la caisse. De là vient peut-être quaprè$ l'extraction da polype , la surdité qui Taccompagnait n'ëprouve aucun changement favorable, ce que j'ai vu arriver deux ou trois fois. La disposition a la récidive est encore un des inconvénients de ces tumeurs polypeuses. D faut s'y attendre si , après les avoir complètement enlevées , l'écoulement ne tarit point, ou si la membrane du conduit reste rougeâtre et boursouflée.
La méthode dont je me sers pour extraire ces polypes est celle de l'arrachement secondé par la ligan ture. On essaierait en vain de les arracher avec des pinces ou des érines. Ces excroissances sont trop molles; on n'a point assez de jeu dans le conduit qu'elles remplissent pour faire usage de ces instni-: ments. Quand le polype est très -peut , on peutlecharger tout simplement avec un cure- oreiU^; eten pressant fortement contre la paroi à laquelle il adhère , on l'en détache facilement. Mais si son pë-' doncule se trouve considérable^ si lui-même il occupe une grande partie du condiiit, il faut porter une Ugature jusqu'à sa base avec l'extrémité four-* chue d'un stylet, réunir les deux chefs de la ligature
F0LYPE8 DU GONDUIt AUDITIF. S3^
dtt» le dias d'ane aigiiilie longue et plate , l'euiboM' oer emre les parois du conduit et la tumeur jusqu'à son pédoncule , tirer alors ks deux bouts de la Ifga^ ture de manière à étrangler la racine du polype sur le chas de l'aiguilk arec laquelle on opère akH»s ^arrachement.
Oti trouvera des observations sur cette maladie dans Je second LÂvre de cet ouvrage.