CHAPITRE XIV, De rengouement et des obstructions de la caisse
Les cavités de l'oreille interne , et particulièrement la caisse, peuvent se trouver obstruées par MiflKtentcs matières liquides ou solides , qui s'y sont graduellement amassées. Quand la membrane dit conduit auditif a été détruite par quelque fludon catarrhale ou purulente , le cérumen qui à la fin de ces écoulements est sécrété en abondance dans ce conduit , et s'y amafsse en forme de bouchon plus ou moins solide , s'avance quelquefois' jusque dans l'intérieur de la caisse , et cause une surdité qui persiste lors même que le méat auditif a été nettoyé. D'autres fois cette concrétion de la caisse est le produit d'uijie sécrétiou particulière de cette même cavité. Ce n'est plus du cérumen , maïs une matière qui a la consistance et la couleur du fro;^ mage , et que je suppose être la même ( à la dureté près ) que celle des concrétions gypseuses , que l'on trouve quelquefois dans l'oreille interne. J'ai rencontré cette matière blanche et solide, dans l'oreille droite d'une vieille femme, morte sourde de cette même oreille. La cavité tympanique en était remplie , et les osselets désarticulés s'en trou-
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valent enveloppes de tous côte's. J'ai vu aussi cetlô espèce de rëplétjon de la caisse dans Tune et l'autre oreille d'un sourd - md^t de naissance; mais il ne s'y trouvait aucun des osselets , et la membrane du tympan manquait pareillement. J'ai ëte' consulte il y a quelques années par un goutteux devenu sourd , qui à la suite d'une vive douleur d'oreille , terminée par un écoulement de quelques purs, avait retire' sans peine de l'entrée du conduit auditif un petit cylindre de matière crayeuse , assez dure pour ne pouvoir être écrasjee entre les doigts , et qui enveloppait un des osselets de l'ouïe, que l'on ne put me de'signer avec précision.
Les matières amassées dans la caisse ne sont pas toujou; s dans un état concret. On a trouvé quelr quefois cette cavité pleine d'une mucosité épaissie, ainsi que^'a vu Gaspard Aubin. Valsalva nous apprend que souvent il l'a vue remplie d'un liquide aqueux. EUe peut aussi être le* siège d'un épanchement sanguin , provoqué par une chute sur la tête ou par quelque coup porté stir cette partie , ou î)ien, ainsi que j'ai eu l'occasion de l'observer, par une attaque d'apoplexie sanguine. Mais la congestion la plus ordinaire à laquelle cette cavité soit sujette , est un amas de matières muqueuses , quelquefois gélatineuses , sécrétées par la membrane qui la revêt et par celle qui tapisse les cellules mastoïdiennes. Telle eât la cau3^ de ce grand nombre
INFLAMMATION DE LA TROMPE d'eUSTACIII. SSq
Je surdités catarrhales qu'on rencontre dans la pratique des maladies de Foreille.
CHIPITRE XV.
De Vinjlammation de Im tronipe d'EustachL
Les affections morbides du conduit guttural de l'organe auditif portent un pre'judice plus ou moins notable au sens de l'ouïe ; celles de ces le'sions qui nous sont le plus connues, et qui méritent le plus d'attention , sont l'inflammation et l'occlusion de la trompe. * ^
Il est très-rare que la trompe d'Eustachî soit atteinte isole'ment de phlegmasie. Presque toujours l'inflammation fait partie ou est la suite d'une angine, d'un violent corysa, d'une otite interne, de la phlogose vénérienne, etc. Quand dans, le cours ou à la fin d'une angine, ou après la rescision des amygdales, l'inflammation s'empare de la trompe d'Eustachî , elle se propage jusque dans la caisse , et il peut arriver que le produit de cette fluxion catarrhale, au lieu de s'avancer par le conduit guttural de l'oreille, se fasse jour par le conduit auditif en ](ompant la membrane tymps^^ique,' c'est là un des
Sgo DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XVI.
accidents le plus à craindre dans rinflanunation de la trompe. i
Les symptômes de eette phlegmasie sont, outre ceux qm appartiennent à l'angine gutturale , une douleur plus ou moins vive, dans l'intérieur de l'oreille , qui se tait sentir sur-tout à l'instant de la mastication et dé la déglutition , et dans l'aspiration que nécessite l'action de se moucher. Il s'y joint un bourdonnen&nt cominiiel et un degré variable de surdité.
Cette affection inflammatoire doit être traitée comme celle qui affecte l'arrière - bouche , par de» évacuations sanguines, des délayants, des garga-^ i^ismes et des pédiluves. Un moyen très-avantageux à joindre à ceuxrla, est de faite respirer au malade des vapeurs émoUientes , et de lui recommander de les refouler avec force vers le fond de la gorge, en fermant la bouche et les narines.