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Traité des maladies de l'oreille et de l'audition

Toutes les fois qu’il se fait dans l’oreille une sécrétion purulente ou puriforme , l’ou’ie en est plus ou moins affaiblie. Il est vrai que ce n’est pas là toujours la seule ou la principale cause de la surdité qui accompagne les écoulements par l’oreille. La maladie qui les produit peut être accompagnée de carie de la caisse , de destruction de la membrane, de la perte des osselets, de fongosités dans la trompe d’Eustache : et , dès lors , la matière qui engoue les cavités intérieures de l’oreille, en s’opposant à la libre intromission des ondes sonores , ne

joue qu’un rôle très-secondaire dans la production de cette espèce de surdité. Je ne veux donc parler ici que de celle qui reconnaît seuleuient pour cause la présence de l’humeur purulente ou puriforme dans la caisse , ou même dans le conduit auditif. 11 est peu de cas où il soit aisé de faire la différence de l’une et de l’autre ; mais voici dans quelles circonstances la chose est possible. Si , par l’inspection du conduit , par l’examen des signes commémoratifs, on parvient à s’assurer que l’écoulement n’a pour cause qu’une otite catarrhale^ soit externe , soit interne ; si même la matière était un véritable pus procédant d’une otite ou d’une otorrhée purulente, pourvu qu’il n’y ait pas de carie considérable , et que les osselets n’aient été ni détachés , ni expulsés ; pourvu , surtout , que la surdité soit incomplète , et qu’elle paraisse éprouver un amendement notable quand l’écoulement est moins abondant , on est fondé à supposer que la cause de la surdité est , en totalité ou en grande partie , dans l’obstacle que l’humeur purulente ou puriforme oppose à la libre admission des ondes sonores.

Cette espèce de cophose est une de celles qui me sont plus familières, et qu’il m’a été le plus souvent possible de guérir. J’avouerai cependant que ma pratique ne m’a pas offert, sur la curabilité de cette surdité, des résultats aussi faciles, aussi brillants que ceux dont se glorifie un praticien de Londres, le îîocteur Saunders. A l’exception d’un très -petit nombre de cas , où l’otite était peu profonde et récente, j’ai constamment vu que l’écoulement , et la cophose qui en résultait , ne cédaient qu’à un traitement de plusieurs mois, et au concours des moyens curatifs les plus énergiques et les

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