SURDITÉ PAR ÉCOULEMENT
de la
mieux appropriés , employés tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Cependant , si l’on en croit l’autenr de l’Anatomie de l’oreille, il suffirait de quelques injections astringentes pour guérir cette maladie. Un petit nombre d’observations extraites de son ouvrage , et placées à la fin de ce chapitre , feront connaître sa méthode , et donneront eu même temps une idée de la manière dont sont présentées et observées les maladies de l’oreille dans un ouvrage qui passe , en Angleterre , pour un des meilleurs qui aient été publiés sur cette matière. L’indication qui se présente pour guérir cette surdité est facile à saisir, et, comme je l’ai déjà fait entendre , assez difficile à remplir. Il s’agit de tarir la source de l’écoulement purulent ou piiriforme. J’ai dit , en parlant de l’otite et de l’otorrbée, avec quelles précautions il fallait s’y prendre pour tenter sans danger cette suppression.
LIX”' OBSERVATION. — « Misti’iss S. . . . était affectée depuis six ans d’un écoulement puriforme du tympan ; en se mouchant , la bouche et le nez étant clos , l’air s’échappait par le méat auditif , comme à travers une issue étroite. Il fut impossible de rendre assez visible le fond du conduit pour s’assurer du degré de lésion qu’avait souffert la membrane tym panique; mais l’air, en s’échappant par l’oreille, même depuis que la malade est guérie, est une preuve suffisante de la perforation de cette membrane. Cependant, quoique ancienne , la maladie n’avait pas passé encore le premier degré (la suppuration simple du tympan). Elle disparut dans l’espace d’un mois, par l’usage continué matin et soir d’une solution de sulfate de zinc. Dans cet exemple, la surdité était ordinaire ; cependant l’ouïe fut parfaitement rétablie, et elle s’est maintenue telle, sans aucune
apparence de récidive , depuis plus de deux ans et demi que l’écoulement est supprimé. Le seul reliquat de la maladie est une sensibilité morbifique de l’organe , qui rend douloureuse l’action des sons élevés (1). »
LX™ OBSERVATION. — • « M. B. . . . était affecté de surdité à un très-haut degré , par l’effet d’un écoulement puriforme ; la membrane du tympan était lésée , car l’air sortait par l’oreille. Guérison en deux mois, à l’aide d’une solution de sulfate de zinc en injection; rétablissement presque complet de l’ouïe (2). »
LXI'"'’ OBSERVATION. — « M. S . , affecté d’un écou¬
lement puriforme venant du tympan, prouvé , comme dans les cas précédents , par l’issue de l’air à travers le méat auditif, était tombé dans un tel degré de surdité , qu’il entendait à peine le mouvement d’une montre à la distance de trois à quatre pouces. Il fut guéri, par l’usage du sulfate de zinc , au bout de trois mois , et il put alors entendre le mouvement d’une montre au delà même de la distance d’une verge (3). »
LXII”'' OBSERVATION t— « Marie W ebb se présenta au dispensaire, affectée d’une surdité très-intense; l’une et l’autre oreilles étaient remplies de matière puriforme, et l’air s’en échappait librement. La maladie avait eu pour principe une otalgie, qui avait affecté les deux oreilles; l’une depuis neuf mois, et l’autre depuis deux seulement. Comme il existait encore un certain degré d’inflammation dans l’organe , je recommandai d’y faire pendant quelques jours des fomentations , et je prescri-
(1) Saimders ; The Amtomy of the human car, etc,; Londres , 1806,
DE LA SDKDITÉ PAR ÉCODLEMENT. 5
vis quelques laxatifs; ensuite on commença l’usage de la solution de sulfate de zinc. Au bout de sept semaines les oreilles furent guéries, l’une avec rétablissement complet de l’audition , et l’autre à un degré beaucoup moindre , avec possibilité cependant de distinguer aisément la conversation (1). «
1X111“® OBSERVATION. — « On présenta au dispensaire un jeune enfant qui avait , depuis quelques semaines , une suppuration du tympan. Je le purgeai fortement, et lui fis fomenter l’oreille malade pendant plusieurs jours. Je fis ensuite une solution d’acétate de plomb , pour être injectée dans le conduit auditif trois fois par jour. Au bout de cinq semaines , la suppuration cessa. Je ne pus , à cause de l’àge de cet enfant, qui avait à peine six ans, constater la différence qui pouvait encore exister entre l’oreille guérie et celle qui n’avait point été malade (2). »
1XIV“® OBSERVATION. « M. G. . . s’adressa à moi pour une surdité produite par un écoulement puriforme existant depuis plusieurs années, et à la suite duquel l’air avait pu passer par le conduit auditif, ce qui n’avait plus lieu à l’époque où je le vis. En examinant le canal, j’en aperçus le fond rempli de fongosités, que j’essayai d’extraire avec une petite pince, mais inutilement, parce qu’elles ne purent soutenir la pression. Comme elles eUiienl molles , et qu’elles saignaient aisément, je me contentai de les détruire par pincées; ensuite , pour prévenir leur reproduction , j’injectai une forte solution d’alun , à laquelle je fis succéder l’em-
(1) Par le même.
(2) Par le même.
fi deuxième' PARTIE, LIVRE II, CHAPITRE III. ploi du sulfate de zinc. Ce traitement tarit l’écoulement, et améliora considérablement l’ouïe (1). »
LXV“ OBSERVATION. — « M. F.... , chirurgien, réclama mes soins pour deux polypes considérables qui lui étaient survenus dans le conduit auditif, et dont l’apparition avait été précédée d’un copieux écoulement, et ensuite de la perte totale de l’ouïe. J’en fis l’extraction au moyen d’une pince; l’un vint en entier, l’autre en morceaux, et sa racine resta. Le lendemain, je la pinçai, et la déchirai; deux jours après, j’en fis la cautérisation avec une solution de nitrate d’argent , que j’employai également en injections. Par ces moyens l’écoulement s’arrêta, et l’ouïe fut rétablie (2). »
LXVF OBSERVATION. — « M. H... était iucomraodé depuis huit ans d’une excroissance polypeuse, qui faisait saillie hors du méat auditif, et qui avait paru à la suite d’un écoulement puriforme de ce conduit. Longtemps l’air avait eu une libre issue par l’oreille, mais ce symptôme avait cessé de se faire remai-quer quand le polype s’était formé. Cette tumeur fut extraite en entier. Peu de jours après, M. H.... put de nouveau faire sortir de l’air par son oreille. On employa, matin et soir, les injections alumineuses; au bout de trois mois, la suppuration cessa ; la partie où le polype avait eu sa racine se cicatrisa, et l’oreille qui avait ét^ le siège de la maladie, quoique plus faible que l’autre , se trouva cependant améliorée au point de saisir, à la distance de douze pieds , une conversation à voix ordinaire , tandis qu’auparavant elle ne pouvait distinguer un mot (3). »
DE DA SÜHDITÉ PAR lÉCODLEMBHT. 7
LXVIP OBSERVATION. — « M. B... fflc çonsulta pour UD écoulement puriforme du, tympan , lequel était de trèsmauvaise nature et souvent mêlé de sang. La matière était siâcre, quela conque de l’oreille et lecoa en étaient fortement excoriés. L’air avait passé et ) t c 3 par le méat, avec des efforts répétés. En examinant les oreilles , je trouvai le fond du conduit auditif rempli de fongosités. La surdité était si intense, que je ne conçus aucune espérance de guérison. Je tentai cependant de tarir l’écoulement et de détruire les fongosités : à cet effet je fis usage du nitrate d’argent ; et comme il existait un état de faiblesse, j’administrai préalablement le quinquina. Au bout de trois mois, la suppuration était considérablement diminuée , et l’ouïe améliorée au point que M. B... pouvait nettement entendre parler à la distance de huit ou dix pieds, et sur un ton de voix ordinaire (1). »
[ Ces observations ont éfé conservées , afin que l’on puisse constater leur insuffisance ou leur nullité. Tels sont les faits sur lesquels s’appuyait la médecine acoustique jusqu’à l’époque où l’ouvrage d’Itard parut, et ouvrit une ère nouvelle à l’étude et au perfectionnement de cette branche spéciale de l’art de guérir. ]
LX VIH® OBSERVATION. — Mademoiselle Coypelle, âgée de vingt-quatre ans , fille et nièce d’une mère et d’une tante qui étaient devenues sourdes vers l’àge de cinquante ans, souffrit, comme elles, de plusieurs accès d’otalgie, à la suite desquels l’uue, puis l’autre oreille, devinrent le siège d’un écoulement puriforme, accompagné d’une grande dureté d’ouïe. 11 y avait dix ans qu’il durait,
(1) Par le même.
sauf quelques suppressions momentanées , pendant lesquelles la surdité disparaissait presque complètement , quand elle quitta son pays pour venir me consulter. En exposant ses oreilles au soleil , je trouvai le conduit auditif considérablement rétréci jpar l’épaississement fongueux de sa membrane, de sorte que je ne pus voir celle qui ferme le tympan; mais , d’après ce que j’appris de la consultante , qu’il lui était souvent arrivé de faire sortir de l’air, en se mouchant , de l’une et de l’autre oreille, je ne doutai nullement que la membrane du tympan ne fût ouverte. On avait en vain combattu cette otorrhée par les vésicatoires aux oreilles et des injections d’eau de Balaruc. Je prescrivis, comme formant un exutoire plus considérable et plus actif , le séton à la nuque ; et quand la suppuration fut établie, j’aidai l’effet que j’en attendais par les sucs d’herbes et des purgatifs répétés. Ces moyens diminuèrent et tarirent l’ écoulement, mais seulement pour une douzaine de jours , pendant lesquels l’audition fut à peu près aussi parfaite qu’avant la maladie. Bientôt la surdité revint, avec l’écoülement, quoiqu’on eût continué l’emploi des mêmes remèdes. Je crus alors devoir employer une injection astringente d’eau de rose, à laquelle j’ajoutai un huitième du vin composé connu sous le nom de collyre de Lanfranc ; par ce moyen , employé quatre fois le jour , l’écoulement ne tarda pas à disparaître , et l’ouïe à se rétablir. Cette dame quitta Paris , après y avoir passé encore l’espace de trois mois depuis sa guérison , afin de s’assurer si elle pouvait y compter ; pendant ce temps , et même depuis son retour en province, elle n’a éprouvé aucune récidive de sa maladie.
LXIX‘= OBSERVATION. — üu aide de camp de Murat
SÜRDITÉ PAK ÉCOÜLEMEHT.