DE LA SÜEDITÉ PAR
fille, âgée de huit ans, qui s’était introduit un pois de Guinée daus l’oreille droite. Les tentatives d’extraction avaient eu pour résultats la destruction de la partie inférieure de la membrane du tympan , et la chute de ce corps dans la caisse du tambour. Bientôt apparurent le strabisme de l’œil droit , le spasme des muscles de la face du même côté, l’insomnie, et une excitation insolite du cerveau. Un stylet délié et légèrement recourbé ne put pénétrer entre le corps et les bords de la déchirure faite à la cloison tympanique ; l’air et l’eau injectés par la trompe sortirent par le conduit auditif, mais sans déranger le pois, qui avait augmenté de volume. Toute espèce de manœuvre étant devenue excessivement douloureuse , il fallut agir exclusivement sur le coi’ps étranger, sans lui communiquer de mouvemciits, dojit les efl'cts dans la caisse malade étaient si sensibles. Pour atteindre ce but, M. Deleau évida le pois à l’aide d’un petit instrument semblable à ceux dont se servent les tourneurs pour fabriquer les jouets d’enfant que l’on nomme diables. Tous les débris du pois réunis avaient deux fois la grosseur de graines semblables à l’état sec. Cette opération fit cesser les accidents, et fut suivie de la guérison de la malade.
Dans des recherches faites sur les différentes parties de l’oreille des cadavres de personnes affectées de surdité accidentelle, fti. Bibes a fréquemment trouvé la perforation du tympan , suite de l’usure de cette partie. Cette usure est produite par la présence du cérumen épaissi dans le conduit auditif externe, et se rencontre chez les personnes avancées en âge, et qui négligent de nettoyer leurs oreilles : non-seulement le cérumen devient très-dur, bouche exactement le conduit auditif,
48 DEUXIÈME PAHTIE, LIVRE II, CHAPITRE VI. et donne lieu à la surdité , mais encore il s’applique sur toute l’étendue des parois du conduit auditif , et , par la pression qu’il exerce, il s’empare des feuillets les plus superficiels de l’épiderme ; ces feuillets l’enveloppent dans presque toute son étendue, et lui composent une espèce de gaine, qui a extérieurement l’aspect villeux et l’apparence d’une sorte de duvet : ce corps ainsi disposé donne lieu à la longue, chez quelques sujets, à une irritation et à une douleur très -incommodes. Ce qui arrive constamment , c’est que l’extrémité du bouchon qui répond au tympan s’empare également, d’abord de la première lame de cette membrane , ensuite , peu à peu , de la seconde ; et si ce bouchon persiste , la troisième lame est entamée. Cette destruction s’étend du centre à la circonférence , de manière que le milieu est plus usé que les bords ; bientôt la lame la plus interne est atteinte, et le tympan enfin perforé.
L’ouverture, d’abord très -petite, augmente à mesure que la maladie devient ancienne , jusqu’à ce que la membrane soit presque entièrement détruite. M. Eibes l’a vue usée à tous les degrés ; il l’a trouvée quelquefois détruite au tiers, à la moitié, aux trois quarts; de manière qu'il ne restait à la circonférence qu’un cercle membraneux, frangé, flottant à l’extrémité interne du conduit , et usé obliquement à l’extérieur, du centre à la circonférence , comme les os le sont quelquefois par les anévrismes, les tumeurs fongueuses et enkystées. Mais lorsque la membrane à totalement ou presque entièrement disparu , le corps étranger est poussé, par son propre poids , ou de toute autre manière , du côté de la caisse , et il pénètre en partie dans cette cavité. Alors les osselets de l’ouïe s’enchàssent dans cette ma-