CHAPITRE VIL
Surdité par rétrécissement ou oblitération du conduit auditif.
Le rétrécissement et l’oblitération du conduit , dont j’ai tracé ailleurs les causes et le traitement, ont des résultats très-divers par rapport à l’audition. Le rétrécissement peut être extrême sans affaiblir l’ouïe. J’ai vu le canal, par suite de l’engorgement de sa membrane, réduit à moins d’une ligne de diamètre, ses parois même s’entre-toucber, sans qu’il en résultât un affaiblissement très-marqué de l’audition. Un bourdonnement continuel est la suite plus fréquente de ce rétrécissement du conduit. L’oblitération nuit bien autrement aux fonctions de l’ouïe , et cause toujours une surdité plus ou moins considérable. Elle ne l’est pas quand cette oblitom. il 4
50 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE II, CHAPITRE VII. tération n’a lieu que par un prolongement tégumenteux qui couvre l’orifice du conduit ; mais quand le méat auditif est oblitéré dans une partie ou dans la totalité de son trajet, la surdité est telle, que le mutisme en devient la suite. Cette espèce d’oblitération, dont j’ai deux exemples , est toujours native.
Dans l’un d’eux, la conque auditive, très -aplatie, beaucoup moins large qu’à l’ordinaire , ne tenait à la tempe que par un pédoncule tégumenteux , dont l’aire d’insertion avait tout au plus trois centimètres de circonférence, et dans l’épaisseur duquel on ne sentait aucune dureté qui pût faire soupçonner la partie cartilag use lu conduit. L’enfant était complètement sourd, et par conséquent muet. Je ne fis et ne proposai aucune tentative de guérison.
Il n’est pas besoin de dire que le succès de l’opération pratiquée dans le dessein de rétablir l’audition dépend de l’existence du canal auditif ; et, si j’en puis juger par les deux cas que j’ai eu occasion d’observer, il n’est pas toujours facile de prévoir l’état des choses. En général, on peut croire que le canal manque, et que la structure de l’oreille est défectueuse, toutes les fois que la surdité est complète. Au moins, dans tous les cas de réplétion on d’occlusion totale du conduit , par des concrétions ou des excroissances, j’ai toujours vu l’oreille conserver un reste d’audition. .
LXXXIV' OBSERVATIOH. — « Il J a environ six ans que mademoiselle B...., âgée de soixante à soixante-dix ans, me fit demander pour examiner ses oreilles. Depuis quelques années elle était devenue graduellement sourde. Je trouvai l’orifice du méat auditif de chaque çreille fermé , comme par une soupape, par l’éminence