‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'auditionChapitre 17 sur 69 · DE LA SURDITÉ AVEC OBEIT. DU CONDUIT · texte numérisé non relu

DE LA SURDITÉ AVEC OBEIT. DU CONDUIT

du tragus, qui se portait tout à fait en arrière ; de plus, l’entrée de ce conduit était fermée et resserrée de manière qu’en soulevant le tragus on voyait une ligne ou fente , au lieu d’une ouverture ronde. Il fallait crier aux oreilles de mademoiselle B...., pour se faire entendre d’elle ; mais je trouvai que la surdité cessait lorsque je soulevais le tragus, et que je rétablissais l’ouverture en rapprochant l’une de l’autre les deux extrémités de la fente.

« Voici le moyen qui, dans ce cas, m’a complètement réussi. Je pris, avec de la cire molle, sur chaque oreille, le moule ou la forme exacte de la conque et de l’entrée du méat , et sur ces moules je lis faire deux cornets d’argent très-légers, dont le sommet cylindrique pénétrait de sept ou huit millimètres dans le conduit, et le tenait ouvert; dont la partie antérieure soutenait le tragus dans sa position naturelle, et la partie postérieure s’appuyait sur la conque. Mademoiselle B.... a dès lors fort bien entendu, et n’a jamais été incommodée par ces petits cornets , qu’elle a constamment portés jusqu’à sa mort, arrivée environ quatre ans après (1). »

LXXXV“ OBSERVATION. — Un jeune homme, âgé de dix-sept ans , affecté de dartres sur différentes parties du corps , éprouvait chaque année , aux approches de l’hiver , un écoulement puriforme de l’oreille gauche qui ne se terminait qu’à la fin du printemps. En 1814 , l’écoulement se montra à peine , et disparut au bout de quelques jours. L’oreille et particulièrement l’entrée du conduit auditif restèrent tellement tuméfiées, que ce canal eût permis à peine l’introduction d’une grosse aiguille à tricoter. L’audition n’était que faiblement

(1) Bibliothèque britamiqm, vol. xxii.

gênée ; mais l’incommodité dont ce jeune homme se plaignait le plus était un bourdonnement continuel, qui troublait son sommeil et ses études. Je conseillai d’administrer, coup sur coup, quelques purgatifs drastiques, de faire percer le lobe de l’oreille, d’y passer une boucle , qu’on enduirait chaque jour d’un peu de pommade de garou , et de combattre la diathèse dartreuse par des pilules de résine de gaïac, unie au mercure doux, et par l’administration des vaporisations sulfureuses, selon la méthode de M. Galès. Ce traitement eut un succès complet. Les dartres et l’engorgement de la conque auditive ont disparu sans retour.

LXXXVl® OBSERVATios. — Un militaire qui, à la suite dune brûlure, produite par la poudre à canon, avait perdu l'usage d’un oeil et d’une oreille , vint chez moi, moins pour réclamer mes soins que pour céder au désir qu’on lui avait dit que j’avais d’examiner son oreille. C’était la droite. La conque avait été déformée et en partie détruite parla suppuration; l’entrée du méat auditif était fermée par une cicatrice qui , au rapport de ce militaire, avait été d’abord dure et calleuse, et qui, s’étant ensuite étendue et amincie, avait permis à cette oreille, qui avait été longtemps sans entendre, de reprendre en grande partie l’exencice de ses fonctions. En effet, la surdité était si peu considérable, que la parole, à voix haute et à une petite distance, pouvait être perçue distinctement. Je proposai de rétablir complètement les fonctions de l’organe, en incisant la cicatrice qui bouchait l'orifice du méat auditif. Cet homme parut y conseulir, et me quitta en promettant de revenir le lendemain. 11 ne tint pas sa promesse, et je ne l’ai plus revu.

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