‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'auditionChapitre 7 sur 69 · DE LA SURDITÉ PAR ÜLCÉRATIOM ET CARIE · texte numérisé non relu

DE LA SURDITÉ PAR ÜLCÉRATIOM ET CARIE

tants, puisqu’ils annoncent d’une manière indubitable la carie de l’os.

En suivant les ravages de la carie, on s’aperçoit bientôt qu’elle n’affecte pas indistincU ment toutes les parties du temporal, qu’elle suit certaines directions qui correspondent précisément aux différents conduits avec lesquels la caisse du tympan est en rapport. Ainsi l’on conçoit pourquoi l’apophyse mastoïde est, de toutes les parties du temporal, celle qui est le plus souvent affectée. Cette apophyse peut s’affaisser et disparaître presque entièrement, sans que les parties molles qui la recouvrent soient affectées ; c’est pourquoi, dans tous les cas d’écoulement de l’oreille, il est important de comparer le volume des deux apophyses mastoïdes.

Après avoir détruit les cellules mastoïdiennes , la carie s’étend très-souvent à celles qui forment la base du rocher, et gagne ainsi l’intérieur du crâne.

La partie du temporal qui est le plus souvent affectée de carie après l’apophyse mostoïde est la portion du rocher qui loge les canaux demi-circulaires aboutissant au vestibule , et par lui à la caisse du tympan ; ils sont trèsexposés à participer à l’inflammation de cette cavité.

Le canal demi-circulaire supérieur n’est séparé de la cavité du crâne que par une lame fort mince de tissu compact : voilà pourquoi c’est presque toujours la face supérieure du rocher qui se détruit , pourquoi c’est vers la partie postérieure de cette face que s’établissent les communications de la cavité du crâne avec celle de l’oreille , pourquoi c’est la portion du cerveau qui repose sur cette partie du rocher qui est presque toujours le siège des abcès.

La carie suit quelquefois l’aqueduc du limaçon. C’est

22 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE II, CHAPITRE IV. alors sur la surface interne du rocher , au-dessous de la tente du cervelet , quelle vient aboutir dans la cavité du crâne. C’est dans ces cas que le cervelet est affecté.

D’autres fois la carie s’étend à l’aqueduc de Fallope , probablement par l’ouverture qui donne passage à la corde du tympan. Le malade éprouve dans le principe de vives douleurs, des contractions spasmodiques de la face , semblables à celles du tic douloureux. Enfin la paralysie des museles survient quand le nerf facial est désorganisé.

La carie peut s’étendre au delà du rocher, et envahir l’occipital, les deux premières vertèbres, etc.

Quels que soient , au reste , le siège et la direction de la carie , lorsqu’elle arrive , la dure-mère ne tarde pas à se décoller et à s’enflammer , ainsi que l’arachnoïde ; et presque toujours la portion correspondante du cerveau prend part à l’inflammation.

La surdité est le symptôme le plus constant des caries de l’oreille : cependant on a des exemples de destruction presque complète du rocher avec conservation de l’ouïe , ou du moins sans que l’ouïe ait été entièrement perdue , ce qui tient à ce que les portions du rocher qui logent les ramifications nerveusesavaicnt été conservées ; mais on ne pourrait pas conclure, en sens inverse, de de que l’ouïe est perdue, que ces portions du rocher soient cariées, ni même qu’il y ait carie, la surdité pouvant dépendre d’une autre cause.

En général , la carie produite par une cause accidentelle est plus susceptible de guérison que celle qui s’est développée spontanément chez des individus d'un tempérament lymphatique bien prononcé , offrant des traces de vice scrofuleux.

DE LA SDHDITÉ AVEC EXGROISSAHCES. 23

Ges considérations pratiques ont été extraites de la 4' lettre du professeur Lallemand, sur l’encéphale et ses dépendances ; lettre dans laquelle il expose, avec son rare talent d’analyse, l’influence des maladies de l’oreille sur les organes contenus dans la cavité du crâne , ainsi que la marche et les progrès de la carie vers cette cavité.

Nous sommes heureux , en terminant ce chapitre , de reproduire le jugement porté par ce professeur sur les travaux d’Itard ;

« Je ne pourrais , sans m’éloigner trop de mon sujet , « vous parier du traitement des maladies de l’oreille ; « j’aurais d’ailleurs peu de chose à ajouter aux excel- « lents préceptes que M. Itard a consignés dans l’ou- « vrage que je vous ai si souvent cité, et auquel je dois « vous renvoyer, comme contenant tout ce qu’une lon- « gue expérience et une grande sagacité lui ont appris « de positif sur ce sujet.» ]

Page 1