OBSERVATION XI
La comtesse de Dankelmann souffrit pendant ces dernières années, à différentes reprises, de surdité et de bourdonnements ; elle entendait mieux en voiture qu'en repos ; ces souffrances disparaissaient chaque fois d'ellesmêmes après avoir duré plus ou moins longtemps, et leur disparition s'accompagnait d'une sensation pareille à celle qu'on éprouve en enlevant quelque chose des oreilles. Ce sentiment était si rapide qu'elle devait se boucher les oreilles pour les protéger contre l'influence vive et douloureuse des sons devenus trop perçants. En 1832, cette maladie avait durée pendant plusieurs mois; elle avait commencé par de faibles bourdonnements, s'était fort accrue en peu de temps et s'accompagnait d'un étourdissement si intense que la malade ne pouvait plus écrire une lettre qu'à grande peine. Les bruits violents lui étaient excessivement désagréables ; il se développait souvent des démangeaisons et des picottements dans le conduit auditif. On employa envain une foule de remèdes externes et internes; on recourut même
à la science du docteur homœopathe Stiiler pour guérir cette maladie en apparence si rebelle ; personne ne s'avisa d'examiner l'organe souffrant. Nous trouvâmes sans peine que les deux oreilles étaient complètement bouchées par du cérumen que nous ne pûmes parvenir à enlever atec la spatule à cause de la grande sensibilité du conduit auditif; nous y réussîmes complètement au moyen d'injections aqueuses : alors l'étourdissement , la surdité et les bourdonnements disparurent d'une manière aussi prompte et durable que complète. Une légère récidive qui eut lieu un an après , fut tout aussi parfaitement guérie en une séance et n'a plus affligé la malade depuis ce jour (1836).