‹ Traité des maladies de l'oreille (volume 2)Chapitre 32 sur 72 · OBSERVATION XXXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXI

M. Kôhler, âgé de 34 ans, qui depuis longtemps était sourd de l'oreille gauche, s'attira en se refroidissant, il y a douze jours, des douleurs très-piquantes dans l'oreille droite qui l'empêchèrent de dormir pendant quatre nuits consécutives. Pendant le jour il en était complètement délivré. L'application de six sangsues, un vésicatoire et des purgatifs ne lui avaient procuré qu'un soulagement passager.

Le conduit auditif du côté droit était rempli de mucosités blanches et tellement rouge et tuméfié dans le voisi-

nage de la membrane du tympan que la périphérie de cette dernière en était entièrement recouverte ; la partie visible de cette membrane était d'un rouge pâle et perforée ; le malade pouvait faire sortir l'air par les oreilles. Des douleurs très-vives revenaient toutes les nuits. Cette oreille n'entendait notre montre qu'à la distance de trois pouces; il s'y faisait un cliquetis continuel qui inquiétait le malade. L'oreille gauche ne présentait pas de maladie semblable.

Nous commençâmes par nettoyer le condu-t auditif au moyen d'injections d'eau pure; cette seule opération enleva les bourdonnements et les douleurs et étendit la portée de l'ouïe à deux pieds. On prescrivit ensuite une solution d'acétate de plomb pour être versée dans l'oreille et une pommade stibiée pour être frottée derrière cet organe.

La nuit suivante les douleurs reparurent encore et s'étendirent même jusqu'à la voûte du crâne ; mais ce fut pour la dernière fois. Après avoir usé de ces moyens pendant quatorze jours, le malade fut délivré de tous les phénomènes morbides à l'oreille droite, si ce n'est la perforation ; et on devait regarder la guérison comme aussi parfaite que possible. La portée de l'ouïe s'était étendue jusqu'à trois pieds.

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