‹ Traité des maladies de l'oreille (volume 2)Chapitre 41 sur 72 · OBSERVATION XXXIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXIX

M. Ponath , de Berlin, âgé de 40 ans , d'une eonstitu-

tion sèche et saine, eut, après un grand refroidissement, une douleur vive et oppressive au côté droit de la tête ; elle était accompagnée d'une dycésie intense et de bourdonnements violents et continuels à l'oreille droite ; celle du côté gauche resta tout à fait saine. Le malade chercha envain à délivrer son oreille en prenant 20 bains de vapeurs russes et de puissants purgatifs ; il n'en obtint pas le moindre soulagement. Trois mois se passèrent après ces essais , jusqu'à ce qu'il vint nous consulter. La douleur de tête et les bourdonnements étaient encore violents ; il n'entendait notre montre qu'à la distance d'un pouce; l'oreille externe était saine; mais lorsque nous soufflâmes dans la trompe d'Eustache à travers le cathéter, nous entendîmes l'air se presser en gargouillant jusqu'à la membrane du tympan ; cette injection fut suivie d'un soulagement immédiat; la portée de l'ouïe s'étendit à 24 pouces. On continua les jours suivants à y souffler de l'air avec la bouche ; et le malade lui-même faisait entrer plusieurs fois par jour son haleine dans la caisse du tambour; les gargouillements , les bourdonnements , la douleur de tête et la surdité diminuèrent de jour en jour et se perdirent si bien dans la huitaine qu'on put considérer le malade comme guéri et dire de lui qu'un simple souffle avait enlevé cette maladie qui pendant des mois avait résisté à de violents remèdes.

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