‹ Traité des maladies de l'oreille (volume 2)Chapitre 40 sur 72 · IS · texte numérisé non relu

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quence de ces séances et surtout pour la force qu'on doit donner au jet gazeux.

Lorsque les deux oreilles sont affectées à la fois , on leur donne alternativement une douche. Il se montre, après chaque injection qui est parvenue jusqu'à la membrane du tympan , une amélioration considérable dans la portée de l'ouïe; ce soulagement est d'autant plus notable que la dernière douche a pu pénétrer jusqu'au tympan par une voie plus libre et plus large et en produisant moins de gargouillement. Si l'amélioration ne se soutient que pendant quelques heures , et n'est qu'insignifiante, les séances doivent devenir journalières ; quand au contraire le soulagement se maintient jusqu'au jour suivant et même au delà , il est prudent de ne pas répéter tous les jours ces injections de crainte de surexciter l'organe auditif; il est alors préférable d'attendre quelques jours et même quelques semaines ; l'on se prépare ainsi une voie sure pour la cure. Lorsque pendant le cours du traitement le gargouillement produit par l'entrée de l'air, disparaît et est remplacé par un bruissement étendu et régulier, et que d'ailleurs l'ouïe a repris définitivement toute sa finesse et son étendue, on peut croire que la sécrétion muqueuse morbide a cessé dans l'oreille moyenne et que le malade est guéri.

L'engouement de l'oreille moyenne est-il compliqué d'une surdité nerveuse, d'épaississements de la membrane du tympan, etc., la douche d'air ne peut soulager la dycésie que pour autant qu'elle dépend de l'engouement de l'oreille moyenne. On y observe, dans ce cas, les mêmes changements que ceux qu'on a décrits plus haut. L'amélioration est aussi sensible après chaque séance; mais elle ne se développe pas dans la même mesure que l'oreille se délivre des mucosités ; elle s'arrête même à la fin , quoique le jet d'air pénètre avec tant de facilit* qu'en soufflant légèrement on excite une sensation ne-

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table à la membrane du tympan. Dans ces circonstances il ne serait pas prudent de prolonger l'emploi de la douche; en effet, le soulagement produit par la disparition de l'engouement , satisfait aux désirs et aux besoins du malade ou bien il ne lui suffît pas , et dans ce cas , il faut un examen ultérieur pour découvrir quelles sont les anomalies qui entretiennent encore la surdité , etc., et quel est le traitement qu'on pourrait le mieux y opposer.

Que l'inflammation catarrhale de l'oreille soit guérie et l'ouïe rétablie en totalité ou en partie , la grande tendance qu'elle a à récidiver n'en exige pas moins , même longtemps après la fin du traitement , que le malade fasse une grande attention aux causes qui ont provoqué ou entretenu la maladie. Il doit encore suivre pendant plusieurs mois, surtout s'il est d'une constitution scrophuleuse, une règle de vie qui non seulement n'aide pas à la tendance dominante aux refroidissements, aux afl"ections catarrhales et aux engouements muqueux , mais qui peut même la diminuer d'une manière puissante; au nombre des moyens qui peuvent remplir ce but , il faut surtout mentionner le grand exercice, des lotions froides du cou et de toute la partie supérieure du corps et l'usage abondant d'eau froide; le malade doit se le^er de bonne heure, dormir sur des matelas de crin et sous des couvertures de laine , et suivre une diète maigre et sèche , comme nous l'avons décrite |)lus haut. Il n'y a que ceux dont la constitution plus forte et plus sèche est tout à fait étrangère aux engouements , qui puissent reprendre sans préjudice leur ancienne manière de vivre après que le catarrhe local de l'oreille moyenne est guéri ; les récidives sont un peu plus rares chez eux

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