OBSERVATION LVIII
I^liie Von Pannewiz , d'une constitution très-robuste, souffrait depuis quelques années de surdité et de bourdonnements aux deux oreilles ; ces derniers augmentent quand la malade se livre à quelque exercice et même quand elle mâche; la tête en devient légère et étourdie. La malade est abattue et découragée surtout après avoir vu que toutes les tentatives de guérison faites avec les bains russes, les instillations et les fomentations excitantes, et l'électricité , n'ont produit aucun effet , et paraissent même avoir empiré son mal. La malade ne connaît au reste pas la cause de son affection ; elle avait commencé d'une manière insensible et en faisant des progrès lents et continuels elle était parvenue au point que l'oreille gauche n'entendait plus notre montre qu'à la distance de deux pouces et la droite à quatre pouces. Nous trouvâmes les conduits auditifs sains ainsi que les trompes d'Euslache ; mais les nerfs acoustiques étaient si sensibles que 1 insufflation seule augmentait l'étourdissement et la surdité d'une manière notable, mais passagère. La malade éprouvait surtout une sensation trèsgénante : il lui semblait qu'un doigt se pressait fortement dans ses oreilles.
Nous administrâmes les vapeurs éthérées ; les séances
se répétèrent tous les jours et durèrent pendant trois raois et demi. Au bout de ce temps , la malade se vit délivrée de l'étourdissement , de la pression des oreilles et des bourdonnements.
La portée de l'ouïe s'étendit à deux pieds à gauche et à trois pieds à droite; ce résultat paraît d'autant plus beau que chez tous les malades dont l'oreille a été soumise à l'action de l'électricité, on s est en vain fatigué à rétablir ou à améliorer la faiblesse de l'ouïe.
Les affaires domestiques de la malade ne lui permirent malheureusement pas de prolonger son séjour à Berlin ; cela n'empêcha pas son ouïe de s'améliorer encore dans les mois suivants : c'était l'effet de l'action posthume du traitement qui ne manque jamais.