INFLAMM . DE LA PEAU DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE
chez les enfiaiQts. On la voit se développer avec beaucoup de rapidité à la suite d'un refroidissement. Il y a dans ce cas des symptômes dlrritation aiguë de la peau du méat, et il est impossible de les méconnaître. C'est une maladie bien déterminée, dont Fétiologie est fecile, et qui est Éssez sujette à des récidives.
Le pronostic est toujours favorable quand le truite-' ment est rationnel , et le malade éprouve la vive satislac* tion de recouvrer l'ouïe dont il était privé quelquefois depuis longtemps. Il ne feut pas oublier cependant que cette accumulation de cérumen *peut être compliquée d'une surdité nerveuse. Dans ce cas^ fenlèvement du céinm^i ne guérit pas la maladie principale; il feut donc être circonspect et ne pas promettre un succès douteux.
Le traitement de cette maladie est fort simple , et Ton ne sait pourquoi quelques auteurs ont fait tant d'efforts pour le compliquer. Lentin (i) recommande de placer la téie du malade sur une table, de remplir l'oreille avec de feau tiède, d'introduire dans le méat le bout d'une canule de seringue pleiue et de pousser alors Finjection. Selon lui» cette manœuvre est très agréable au malade, et elle communique au tympan et à la chaîne des osselets certains mouvements très salutaires. Quand le cérumen est très dur, il se sert, pour faire son injection, d'une infusion de saponaire ou de mercuriale, à laquelle il ajoute quelques grammes de bile de veau , et quinze à vingt gouttes d'une solution ammoniacale.
Bucbanan (3) couseille l'usage d'une seringue armée d'une canule mince et longue, et dont l'ouverture doit avoir un très petit diamètre. Elle ne doit pas contenir plus de 125 grammes de liquide, une plus grande quantité pouvant nuire à loreille. La seringue étant toiiue convenablement et l'oreille relevée par un aide, le b«»ut
(1) Mêiirœge %wr ausûbenden Arxneiwiiêênscitaft, II. 135.
(2) IlUnêtratiom ofaemtH iurg9ry. p. 19.
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de rinstrumept est plaôé sur t orifice du méat tt le liquide est poussé avec force dans la direction de la paroi supérieure du conduit. Ces préceptes puérils sont superflus. Une injection ordinaire délaie le cérumen, Tentraine au dehors et guérit la maladie. On ne doit pas craindre de donner au liquide une vive impulsion ; eeia ne peut blesser le tympan, d autant plus que, dans la grande majorité des cas^ c'est la matière accumulée qui reçoit le choc. Les petites seringues dont tout le monde se sert sont inutiles ; elles ne contiennent pas assec d'eau, la canu le a une ouverture trop étroite . Celle dont je me sers habituellement a lo centimètres de longueur, sa cannle a 2 centimètres, son ouverture est assez large pour que Teausoit lancée avec force, et la dose du liquide contenu est de 45 grammes. Ije fond de Imstrument est garni de deux anneaux dans lesquels s'engagent Tindieateur et le médius, tandis que le pouce placé dans lanneau du piston, presse celui-ci et fait sortir le liquide; de cette manière on peut se passer d aide. La main gauche relève Toreille et Tinjection est faite de la main droite. On ne doit pas craindre d'introduire la canule un peu profondément. Ou place une cuvette sous Toreille malade et le liquide retombe dedans (i).
On a souvent conseillé de ramollir le cérumen accumulé en introduisant dans le méat quelques gouttes d'huile d amandes douces. î/eau tirade produit le même
(1) Toutes ces seringues, quel que soit leur Tolume, me paraissent insuffisantes pour agir sur une masse de cérumen durci. Je me sers* d'un appareil qui consiste en une large cuvette fixée sur une petite table. Au milieu de ce réservoir se trouve un corps de pompe à double courant, qui agit au moyen d*un levier assez long. Le liquide, dont le Jet est continu, s^échappe par un long tuyau. Celui-ci se termine par une canule en gomme. Le malade est assb prés de la petite table, il tient une cuvette sous son oreille ; l'injection, fiiite avec une force qu'il est très finale de graduer, pénétre au fond du méat et enlève toutes les matières qui y sont accumiûées. Cet appareil suffit dans bien des cas pour guérir la maladie en quelques roinûles. P. M.