‹ Traité des maladies de l'oreilleChapitre 13 sur 57 · INFLAMM. DR M PEAU DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE. 9S · texte numérisé non relu

INFLAMM. DR M PEAU DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE. 9S

après une série de i^hangements remarquables. Le malade se trouve mieux, se croit presque guéri , Touïe revient; puis tout à coup le mal reparaît et le méat se trouve entièrement obstrué. Ordinairement les deux oreilles sont ^ectées de la même manière.

Le diagnostic ne peut être établi que d'après Tinspec* tiou directe du méat. On ne doit jamais s'en rapporter à ce qae disent les malades , et cependant chaque jour on voit les plus singulières erreiirs commises à ce sujet , au grand détriment du patient qui pourrait toujours être guéri avec la plus grande facilité. Presque toujours alor$ les médecins inattentifs s'évertuent à rechercher les causes de cette surdité accidentelle; ils l'attribuent à des troublés fonctionnels du bas- ventre, et administrent au hasard des remèdes qui ne sont pas toujours seulement inutiles.

Voici un fait, que j'ai constaté tout récement. M. B..., conseiller intime de justice, ayant eu, il y a quatre ans, un refroidissement delà tête, éprouva dans Toreille droite un sentiioent de gène, de resserrement, suivi d'un peu de surdité. Il y avait en même temps du bruit et des vertiges. Pendant quatre ans , on lui prescrivit des vésicatoires » des fomentations chaudes , et beaucoup de remèdes intérieurs. On l'envoya aux eaux thermales de Tœplit2 et de Warmbrunn, on le soumit à un traiieméut homœopatbiquQ» et tout cela sans prendre la peine de regarder dans le conduit auditif. Je découvris dans les oreilles une grande quantité de cérumen altéré, épaissi, adhérent; je fis des injections d'eau tiède, et en une àmni* heure je le guéris de sa surdité.

Chez beaucoup de malades, il suffit de tirer l'oreille en haut et en arrière, et d'exposer l'orifice du méat aux rayons du soleil, pour apercevoir la masse plus ou moins brune qui remplit le méat. Quand ce conduit est un peu étroit et que le cérumen est situé plus profondément, il

faut se servir du spéculum , et Ion ne -peut manquer de découvrir la cause d*une surdité Facile à guérir.

Cette accumulation de cérumen a «Hé regardée à tort comme le résultat de la négligence et de la malpropreté des malades. C est un produit morbide que Ton ne peiil pas enlever sans précautions. Les parois du méat sont douées y dans ce cas, d'un excès de sensibilité qui est en raison de la violence de Tinflammation érysipéiateuse, aussi le moindre froissement est insupportable. On ù dit encore que le cérumen, retenu par les poils de lorifice du péat, s'Meumulait dans le fond du conduit, s'y altérait et donnait lieu à tous les accidents que j ai décrits; mais cela est tout- à fait erroné. On regarde généralement cette maladie comme l'apanage de la vieillesse, mais rien n'est moins fondé. Chez les vieillards qui ont les poils du méat-plus abondants, plus roides, il y a presque toujours absence de cérumen. Cette maiière s entasse habituellement dans le fond du conduit, là où il n'y a pas de poils. Elle est plus souvent méUe à des lamelWs épidermiques qu a des poils ( i ). Enfin, cette maladie est assez oooHnune

(t) Un exameu attenlif de nombreuses coocrétions cérumioeuses démontre que, dans la majorité des cas, ces concrétions contiennent en proportion considérable des poils courts, entrelaoés, feutrés, etqui donnent au cérumen un degré de consistance quHl u^aurait pas sans eux. Je me suis livré dans ces derniers temps à une analyse microscopique des masses de cérumen , et J*ai pu apprécier la nature variée des divefses matières qui entrent dans leur composition. Il n^oil pas très difficile de séparer les éléments de ces corps étrangers , et J^ai été étonné de leur nomÉie. Les pellicules épidermiques y Jouent un grand rôle ; mais les puits fins et roides qui s'y trouvent mêlés en si grande abondance ne ▼ÎMliMt certainement pas du tragus et des bulbes piliféres qui garnissent Couverture du méat externe. Pai pu me convaincre que Tétat in^ flammatoire de la peau de ce conduit provoquait le développement de ces villosités singulières. J*ai encore constaté la présence de certaines productions cristallines dues aux combinaisons des matières constituantes du cérumen. De plus, J^ai aperçu des formes organiques, sortes de végétations crypiogamiques analogues à celles qui ont été décrites par M. le docteur Gruby. J*espère être bientôt en mesure de publier un travail complet sur ce si^et. P. M.

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