‹ Traité des maladies de l'oreilleChapitre 29 sur 57 · INFL. DE LA MEMBRANE MUQ. DE L OREILLE MOYENNE · texte numérisé non relu

INFL. DE LA MEMBRANE MUQ. DE L OREILLE MOYENNE

qui le mette à Tabri des accidents capables dé ramener la maladie. Il faut qu il évite tout ce qui pourrait lui occa- «onner un coryza, une angine gutturale, une bronchite , en un mot, une irritation quelconque des membranes mu* queuses. Je rappelle ici les conseils que j'ai donnés plus haut. Les personnes sujettes à ces sortes d affections doivent prendre beaucoup d'exercice, se livrer même à des travaux fatigants, et provoquer par ce moyen des transpirations abondantes. Il arrive souvent que les trompes se dégagent au milieu de ces efforts, et cela constitue un très grandavantage qu'on ne peut trop rechercher. On devra également faire de fréquentes lotions avec de Teau fraîche sur le col, le dos et la moitié supérieure du corps. L usage intérieur de Teau à grandes doses est aussi très salutaire. On engagera le malade à se lever de bonne heure, à dormir sur des matelas de crin , à s'envelopper de couvertures de laine, et à suivre un régime sec, tonique, et même excitant.

Les individus vigoureux^ pléthoriques, qui ont été affectés accidentellement d'engouement muqueux de^ trompes et des caisses, peuvent seuls , sans inconvénient, reprendre leur genre de vie habituelle; les récidives sont beaucoup plus rares chez eux ; mais ils ne doivent pus omettre toute précaution.

Observation XXXIX. — M. P..., de Berlin, âgé de quarante ans, d'une constitution saine, d'un tempérament nerveux, éprouva , à la suite d'un grand refroidissement, une douleur très vive dans tout le côté droit de la tète. Presque aussitôt le malade s'aperçut que l'oreille droite était le siège de bourdonnements considérables, ils persistèrent et Fouie devint très mauvaise. L'oreille gauche resta excellente. M. P... essaya de remédier à ces accidents divers en prenant une vingtaine de bains russes , des purgatifs très énergiques; mais il n'en éprouva aucun soulagement. La maladie durait déjà depuis trois mois

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loi*sque je fus consulté. La céphalalgie n'avait pas cessé, et même elle devenait de temps en temps très violente ; les bciardonnements continuaient, et ma montre n était entendue qu a la faible distance de a ou 3 centimètres. Il n'y 4vait aucune altération notable dans le conduit auditif externe. J'introduisis un cathéter dans la trompe, etlair qne j'iusufQai par cette voie, pénétra aussitôt dans la ca* vite de loreille moyenne, en produisant un bruit de gar- 'gouillement qui éclatait derrière la membrane du tym* pan. Aussitôt t ouïe s améliora beaucoup et la même montre fut entendue à la distance de 68 centimètres. Je ré* pétai cette opération les jours suivants, et le malade luimême parvint, au moyen d*une fierté expiration, a intro* duire de Tair dans sa caisse. Il répétait cette manœuvre plusieurs fois par jour, et peu à peu tous les accidents disparurent, I^ mal de tête se dissipa promptement , lea bruits qui le fatiguaient cessèrent bientôt, et la surdité diminua de jour en jour. Après une semaine decessoins, il ne restait plus de traces de cette maladie , et Ton peut dire que ces accidents si fâcheux , qui avaient résiste si longtemps à tous les remèdes, s'étaient dissipés soua Faction d'un soufBe léger.

Observation XL. -— M. Sei..., secrétaire de ladminia* t ration des postes, âgé de trente-deux ans, dune excellente oonstitution, s'étant exposé à un refroidissement subit, ressentit tout à coup de violents bourdonnements dans Toreille dix)ite et se trouva bientôt sourd de oe eèté. Le quatrième jour de la maladie, je constatai que lebmît de ma montre n était entendu que quand rinstrumeilt était appliqué sur le pavillon de loreille. L'examen le plus attentif du méat externe ne m'y fit découvrir aucune trace de lésion quelconque. J'essayai, mais en vain, d'in* suffler de lair dans la cavité tympanique, ce fluide ne pouvait pas franchir lobstacle qui existait dans la u*ompe. L oreille gauche était restée dans l'état normal.

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Je fis de petites iajections d'eau tiède dans la trompe malade , et il en résulta des douleurs qui persistèrent pendant plusieurs heures. Cette opération rendit Youm un peu plus fine, et ma montre put être entendue à 3o centimètres. Les jours suivants^je recommençai lesinjec* tions aqueuses « et Feau qui avait été poussée revint avec quelques stries sanguinolentes. Il y eut beaucoup moins de douleurs i la suite de cette opération , et bientôt Touïe s améliora au point que ma montre était entendue a I mètre 3a centimètres. Dès le troiÂème jour de oe tpai* tement, le malade put, en iaisant une forte expiration, le nei et la bouche fermés, pousser de lair dans la caisse. Je lui avais enseigné ce procédé qui réussit très bien qtiand les malades ont la patience nécessaire. Je pus dès lors me dispenser de faire de nouvelles injections , et lâentèt après la surdité disparut à tel point que les deux oreilles saisissaient le bruit de ma montre à une égale dis* tance, cestrà-dire à lo mètres.

Oksetvaiion XLL* — Un domestique nommé Eyrich, âgé de quarante ans ^ d'une bonne santé habituelle , fut eontraint de coucher, pendant un hiver assez rude^ dans une chambre humide, et chaque matin ses couvertures étaient roîdies par la gelée. Il fut bientôt afiieeté de bour* doonements assez forts pour troubler son sommeil, et spn o\âe devint tellement mauvaise qu'il fut incapable de finre son service. Cette maladie durait depi^s trois semaines lorsque je fus consulté. Je trouvai les deux coudoits aoditlfiB externes en tl*ès bon état j Inais lorsque je voulus pousser de lair au travers des trompes, il me 6u impossible de le faire arriver jusque dans loreille moyenne. J'écoutais avec soid , et aucun bruit ne se fieiisait entendre derrière la membrane du tympan. Les bmhs intérieurs étaient considérables, et ma montre n'était pas du tant entendue à gaudie. Elle ne l'était à droite qu'en lappKqoan 1 9m le pavîtton .

2&8 ^ MALADIES DE LOBEILLE MOYENtlE.

J eus reoours aux injections aqueuses , et , dès ia première séance , ie liquide pénétra dans la caisse droite. Il sortit parle nez des mucosités teintes de sang, et dès cet instant ma montre fut entendue à la distance de 66 ceutimèires. U me fallut beaucoup plus de temps pour obtenir le même résultat sur loreille gauche, et à la troisième séance seulement Iç mieux se manifesta. En somme , Tengouement muqueux des trompes et des caisses , les* bourdonnements et la surdité disparurent d'une manière complète après trois séances d'injections à droite et cinq séances à gauche.

Observation XLIJ. — M. G..., étudiant suédois , de Gothenbourg, âgé de vingt-deux ans, d'une constitution robuste , remarquait que , depuis environ six mois , son ouïe s'afFaihlissait peu à peu, sans qu'il put en préciser la cause. S'étant offert à mon examen, je constatai que les deux méats externes , ainsi que les tympans , ne différaient en rien de l'état naturel. Le fond de la bouche était recouvert de mucosités épaisses, et le bord libre du voile du palais offrait une teinte rouge très marquée. Je trouvai les deux trompes complètement obstruées. Le malade se plaignait de tintements d'oreilles qui revenaient de temps en temps, et d'un bruit énorme de vagues agitées qui se reproduisait régulièrement tous les soirs. Ce tapage persévérait jusqu'au moment du sommeil, et aussitôt que les yeux étaie)^ ouverts le matin, le malade le percevait encore. Il existait tant que les bruits extérieurs ne parvenaient pas à le masquer suffisamment. Du côté gauche, ma montre n'était entendue qu'à 40 centimètres, à droite elle l'était seulement à 3o centimètres.

Je ne Bs usage que des douches d'air. Dès la première séance, ce fluide pénétra jusque dans la caisse et vint produire un gros gargouillement à la face interne de la cloison tympanique, et presque aussitôt l'ouïe s'améliora notablement. L'oreille gauche paa«a svcgessiveaieBt à

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I métrera 2 mètres même ; 1 oreille droite arma à 36 centimètres, puis à 5o centimètres. Après huit séances, 1 ouïe avait repris toute sa finesse et les bourdonnements n'avaient pas laissé de trace.

Observation XLIIL — M. 61... deMemel, âgé de vingtquatre ans, d'une bonne santé, mais un peu disposé à lobésité , est affecté d un certain degré de surdité qu'il attribue à un refroidissement. Cette maladie qui date de sept années environ, s'est accompagnée, dès son début, de bourdonnements qui se sont fait sentir plus paiticulière* ment dans l'oreille droite. Ces bruits ont présenté cela de remarquable, qu'ils étaient plus forts le matin au réveil et surtout après un exercice un peu violent. Le malade a pris chaque année des bains de mer, des bains russes; il a presque toujours employé l'huile acoustique de Mène- Maurice, mais sans en avoir jamais retiré aucun bon effet.

II parait même que ces divers remèdes ont eu pour résultat de produire un afiaiblissement notable de sa vigueur habituelle.

J'ai trouvé les deux conduits auditifs externes dans un très bon état. Le malade dit que l'air pénètre dans les trompes et dans la cavité tympanique, mais j'ai pu m'assurer que ses sensations n'étaient pas exactes, car il ne m'a pas été possible de vaincre l'obstacle qui existent dans la trompe d'Eustachi. Les bruits sont toujours pareils à ceux que j'ai décrits plus haut. Ma montre est entendue de chaque côté à 3o centimètres seulement La partie supérieure du pharynx fournit une sécrétion muqueuse fort abondante, le voile du palais est d'un rouge vif, mais toutes les parties voisines paraissent en bon état

J^ai fait, mais en vain , plusieurs tentatives médiodlques pour introduire des cordes de boyau dans la cavité de la trompe, et je crus devoir prescrire au malade un régime sévère, des aliments secs^ toniques ; je lui défendis de manger des viandes moUes, grasses^ mucilagineuses et

290 MikLADHUf DE l'oREILLE MOTBMMfi.

toas les dMMQts ayant des propriétés analogues. Je me servis eDsvnte de i air comprimé , et avec un tel succès, qu'en très peu de temps oe fluide parcourut la trompe dans toute sa longueur et arriva dans la caisse de ftiçoti à iaire cesser très premptement lès bruits si fatigants dont j'ai parlé plus haut. Presque aussitôt ma montre put être entendue à la distance de i mètre 66 centimètres à droite, et de I mètre 33 centimètres à gaucbe. 11 me fut aisé de découvrir que cette faiblesse relative de Touïe dépendait d'une surdité nerveuse compliquant l'antre maladie ^ et que le départ du patient ne me permit pas de traiter comme je laurais voulu.

Observation XLIF. — M. Lu..., âgé de cinquantehuit ans, petit et très robuste , d'une excellente constitution , éprouva un refroidissement subit à la suite duquel il^urvint des bruits violents dans l'oreille gauche ^ des douleurs aiguës, puis un écoulement de matières verdâtres^ épaisses ; il y eut en même temps beaucoup de surdité de ce côté. L oreille droite resta parfaitemelit saine. On appKqua des stfngsues au-dessous du pavillon , on fit des fbnentations émollientes sur l'oreille malade ^ on mit un large vésicatoire sur la région mastoïdienne, et tons ces moyens produisirent à peine une légère amélioratioB qui fut de très courte durée. La maladie durait depuis un mois lorsque je fus appelé adonner mes soins au patient. Les symptômes relatés plus haut persistaient toujours, et de plus je fis les remarques suivantes. La trompe d'Eu^ tachi gaudbe était obstruée. Le fond du méat , près le tympan, offrait une tuméfaction considérable et une rougeur vive; le tympan lui-même était rouge et épaissi^ et ma montre, de ce côté, n'était pas même aitendùe quand je l'appliquais sur le pavillon.

Je prescrivis les remèdes suivants : appliquer six sang* sues derrière l'oreiUe gaucbe , faira de fréquentes iogec* tiom d'eau tiède dans le coadait aodiltf , détenninar une

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abondante suppuration au^essous de roreille par des frictions avec la pommade stibiée. Ces moyens eurent pour résultat de faire disparaître Finflammatlon du con« duit auditif externe et avec elleréeoulement purulent qui ma résultait I mais les autres symptômes persévérèrent^ et la surdité ne diminua pas. Le tympan conservait sa couleur rouge et son opacité.

Je fis des injections aqueuses dans la trompe d'Eus*taobi f et chaque opération de ce genre entraîna Au dehors des flocons de mucus épais, grisâtre. Presque ans* sitôt les bourdonnements devinrent moins violents et la surdité diminua notablement. Le liquide injecté dans la trompe ne parvint jusqu'à la caisse qu à la huitième séance. Il en fallut six autres pour enlever en totalité les matières muqueuses.qui s'étaient amassées dans la cavité tympanique^ et à cette époque Tair insufflé put remplûp l'oreille moyenne.

Oe fut seulement alors que les bnritd disparurent tout à fait 4 et je constatai que ma montre pouvait être entendue à la distance de i mètre 65 centimètres. Je me ooë* tentai de cette amélioration , persuadé qu'il était AfBoîlé d'en obtenir une plus grande par suite de l'épaississement du tympan qu'avait caudé l'inflammation violente qui occupait cette membrane.

Ob$erv€Uion XLV. — Charles Kr...^ jeune enfant de onze ans, d'une constitution scrofuleuse» ayant le nez large, se plaint d'éprouver dans cette cavité un sentiment d'embarras^ de plénitude, qui lui occasionne une gène habituelle. On a remarqué, depuis environ quatre années^ que son ouïe est mauvaise , surtout pendant l'hiver. La belle saison le débarrasse plus ou moins de cette surdité, et dans l'été de 1 834 qui fot très sec et très chaud, ceue amélioration, sur laquelle on comptait, n'étant pas survenue, l'enfant me fut adressé vers l'automne suivant.

Je trouvai l'orifice des deux méats garni de potls^très

abondants ; il y avait beaucoup de cérumen dans Tinté* rieur des conduits, et, après que je Feus enlevé, je remarquai que Touïe n'en était pas devenue meilleure. Les deux trompes d'Eustachi étaient engorgées, Fair les parcourut difficilement; cependant je pai*vins à le pousser jusque dans la cavité de Toreille moyenne, et j entendis dans cette cavité un gros bruit de gargouillement. Dès ce moment, la sensation de plénitude disparut, et le jeune malade put percevoir lebmit de ma montre à la distance de 90 centimètres.

Je soumis cet enfant à un régime sévère, je lui administrai des remèdes légèrement apéritifs, et je continuai d'insuffler tous les jours de Tair dans les caisses. A peine trois semaines s'étaient-elles écoulées que Touïe avait repris toute sa finesse, et je pus acquérir la certitude que la membrane muqueuse de la trompe et de la cavité tympanique ne sécrétait plus rien d'anormal.

Observation XLVl. — Au mois de novembre i833, mademoiselle Ste... ayant été exposée à un grand refroidissement, éprouva aussitôt de violentes douleurs dans Foreille gauche, et bientôt les deux oreilles furent affectées de surdité. Quelque temps après , il survint, par le méat gauche , un écoulement de pus d'une odeur désagréable; il y eut en même temps des bruits passagers et peu intenses , et la malade usa, sans aucun succès, de divers remèdes , comme sangsues , injections , vésicatoires , etc.

Cette maladie durait déjà depuis plusieurs semaines lorsque j'eus occasion d examiner les oreilles de cette jeune personne; Foreille droite était saine extérieurement, la membrane du tympan était transparente, mais la trompe d'Eustachi ne laissait pas pénétrer Fair dans la caisse, et ma montre n'était entendue, de ce côté, qu'à la distance de 5 ou 6 centimètres. L'oreille gauche m'offrit un léger rétrécissement du méat externe, qui était plein

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d'uD pus jaunâtre, très fluide et inodore. Après avoir enlevé cette matière, je trouvai le tympan d'un rouge pâle, et il y avait, à son centre, une^petite perforation par laquelle lair expiré fortement sortait en produisant un bruit aigu. De ce côté ma montre était entendue à 22 centimètres. Il y avait en outre, des deux côtés, un bourdonnement assez fort ressemblant au bruit du vent. Le pharynx et le voile du palais étaient rouges mais indolents.

Ayant pratiqué, à plusieurs reprises, des insufflations dair dans la trompe droite, je parvins avec beaucoup de peine, et en y mettant beaucoup de force, à pousser de 1 air jusque dans la cavité tynipanique, et j'observai alors dans cette cavité un bruit de gargouillement considérable. Aussitôt louïe s améliora à un tel point que ma montre fut entendue à 45 centimètres. Je ne pus pas répéter cette manœuvre aussi souvent que je Taurais voulu, parce que Fétat inflammatoire chronique de la membrane muqueuse du pharynx rendait très douloureuse l'introduction du cathéter. U eu résulta que la maladie reparut proroptement ; la caisse se remplit de nouveau de mucosités épaisses, et louïe s afïeiiblit beaucoup.

Il y avait donc nécessité de débarrasser le pharynx de la phlegmasie chronique dont il était aflecté , et je tentai divers moyens pour y parvenir. Vainement j'appliquai des sangsues au-dessous des oreilles, je donnai sans succès des vomitifs , des purgatifs , des gargarismes de toute espèce et même des bains russes. Ce dernier remède occasionna de violentes douleurs dans loreille gauche, tant au dehors qu'en dedans , et Totorrhée devint plus abondante. Les douleurs augmentèrent au point que la malade ne pouvait plus ouvrir la bouche, et' que les deux aocades dentaires ne s'écartaient pas assez pour que Ton introduisît le bout du doigt entre elles. Je prescrivis dés instillations d'huile tiède , des cataplasmes de gruau , je donnai quelques verres d'eau de Sedlitz, et bientôt les ac-

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ctdetiCs dimiouèreBi aMes pour qu'il fût possible de s'occuper dç nouveau du fond du gosier.

Je mis en usage successivement les préparations d'iode, les bains russes , les gargarismes alumines et autres , mais le tout en vain. Le pharynx et le voile dû palais conservèrent une rougeur très vive , un gonflement notaUe, et il fut facile de constater que cette disposition fluxionnaire de la membrane muqueuse de cette région tenait sous sa dépendance la membrane muqueuse de la trompe et de la caisse.

Cependant , au moyen de quelques insufflations d'air faites de temps eu temps avec beaucoup de prudence , je parvins à ramener loreille dmite à de bonnes conditions d audition > ma montre fut de nouveau entendue à 2 mètres 60 centimètres ; mais au bout de quelques jours, les mêmes inconvénients se reproduisaient et la surdité n'était pas moindre qu avant l'opération. On résolut alors d'administrer la décoction de Zittmann , et ce remède fîit pris avec une extrême régularité pendant six semaines consécutives. Vers la fin de ce traitement, il se manifesta tout à coup dans l'oreille un claquement qui était produit par le passage de Tair au travers de la trompé. CSe fluide arriva dans la cavité de la caisse , et bientôt on constata que l'ouïe avait subi une très grande amélioration. Ma montre put, en effet, être entendue à la distance de f o mètres, et, depuis, l'oreille droite a conservé toute sa finesse.

Il est probable que dans cette circonstance la décoction de Zittmann a modifié la consistance du mucus épanché dans la cavité de l'oreille moyenne et l'a disposé de façon à pouvoir sortir facilement au travers de la trompe. Ce phénomène a sans doute donné lieu au bruit subit , à ce claquement qui annonça le passage de l^ir. J'ai trouvé que ce traitement intérieur avait produit un diangement très oonaidérable dans l'état du pharynx, la membrane

INPU DE U HfHPilANi MVQ. DE L'oaeiU.B MOYENNE. 2S5

muqueusç da c«Ue regioQ était devenue beaiiocmp moins rouge y Je gpDflement avait presque disparu^ et cette pblegmasie chronique, dissipée, ne réagissait plus sur les tissus semblables du voisinage.

L'oreille gauehe était malade, mais le traitement que jt kii fis subir ne se rapporte pas à lobjet de ce chapitre , aussi je n en dirai rien.

Obsmvation XLi^//.—* Mademoiselle Von fiich..^ d'une bonne santé habituelle, d'une belle constitution, était a^ feotée, depuis efiviron trois ans, d'une surdité qui s'est développée sans cause connue , et qui s'est acerue peu à peu. Son père est sourd aussi, mais à un degré beaucoup p|u9 coRsidir^Ws, et c^ife fiur4it^ l'a même cp^^rain^ à quitter le service militaire.

Chaque année , la jeune malade avait pris les bains de mer, qui ne lut furent pas avantageux, car la surdité avait paru augmenter sous leur influence. L'exploration des oreilles me fit reconnaître que les deux méats externes étaient sains, et même à tel point, que la sécréiion du cérumen n'avait subi aucune modification* Les deux trompes d'Eustachi étaient obstruées et l'air ne pouvait arriver dans les caisses. L'oreille gauche pouvait saisir le bnût de ma montre seulement à i centimètre de distance, tandis que la droite l'entendait à 35 centimètres. La première était le siège d'un tintement violent , la seconde avait un bourdonnement très fort et à peu près continu. Il faut noter que le pharynx offrait une vive rottgeur, que la lue^e et le voile du palais étaient gonflés, douloureux, ai que les mouvements de déglutition ne se faisaient qu'avec beaucoup de peine.

Je consetUai à la malade de se lotionner très souvent le col aveo da l'eau fratohe, de suivre un régime sévère, et de prendre pendant plusieurs semaines une préparation d'iode. Ces moyens eurent une influence tr^ heureuse sur l'état inflammatoire chronique du gosier. J'employai

256 MAL Ames DB l'cHOSILLE MOTEHIie.

msuite ks insufflations d^air dans les trompes, et, après une douzaine de séances , l*ouîe devint assez bonne pour que ma montre put être entendue à 4^ centimètres à gauche, et à I mètre 32 centimètres à droite. Il ne restait plus de traces de Tengouement muquetix de la caisse du tympan, et Tair que je poussais par la trompe arrivait dans cette cavité en y produisant un bruissement aign et presque douloureux. La faiblesse de Touïe, c[ui persistait encore, défendait évidemment d'une complication de surdité nerveuse que je traitai avec un grand succès par remploi des vapeurs éthérées.

B. — Inflammation de la trompe d^Eastachi, avec rétrécissement de ce canal.

Ce mode d altération du conduit guttural de l'oreille moyenne ne s'accompagne pas de douleurs , car on ne peut donner ce nom à un sentiment de plénitude que le malade accuse, et encore beaucoup de personnes ne 8*en plaignent-elles jamais. Ordinairement, la surdité, dès son début, est assez considérable, mais souvent elle suit une marche lente , elle s accroît peu à peu , et il faut ua intervalle de plusieurs années pour que cette infirmité devienne tout à fait incommode. Quelquefois les deux oreilles sont prises en même temps, ou bien la maladie les envahit successivement , et Ton [>eut dire avec asses d'exactitude que, le plus souvent, l'un de ces deux organes est seul affecté. J'ai constaté que, chez un graad nombre de malades , il y a absence com^dète de bruits pendant toute la durée de cette affection.

Ces remarques, assez contradictoires, ne peuvent servir de base au pronostic, et il est impossible de dire si la ma- Jadie sera ou non curable. Quoi qu'il en soit, on remarque, chez tous les individus affectés d'inflammation et de rétrécissement de la trompe d'Eustachi, que le gosier, le

INFLAMMATION DE LA TROMPE d'eDSTACHI. 257

pharynx et toutes les parties environnantes sont le siëge dWe phlogose chronique. Le voile du palais est rouge , la luette est épaisse, pendante , comme infiltrée; elle tombe sur la base de la langue, et toute la muqueuse de cette région offre une teinte rouge qui varie d'intensité. Souvent ^eette membrane prend une couleur violacée , livide, elle est parsemée de veines engorgées, eC les bords du voile du palais, au lieu d'être minces, taillés à pic, sont obtus et forment des bourrelets irréguliers , sans li<^ mites. Toutes ces parties semblent confondues , les follicules muquenx sont saillants, de sorte que toute la surfece profonde de la bouche semble parsemée de grains de millet. Les amygdales ont quelquefois un grand excès de volume , mais cet état d'engorgement ne se lie pas nécessairement avec Tinflammation chronique de larrièrebouche (i).

Il arrive assez souvent que la membrane pituitaire participe à TafTection de la trompe, quelquefois même il y a, comme complication, un état catarrhal de toute la muqueuse intestinale, et cela se remarque le plus ordinairement chez les individus qui sont chargés d'embonpoint. Cependant on rencontre Tinflammation de la trompe chez des personnes douées d'une santé parfeite, et qui n'éprouvent aucune incommodité notable par suite de cet état d'inflammation chronique de Tarrière-gorge.

J'ai toujours trouvé les conduits auditifs externes dans l'état normal , et cependant j'admets la possibilité de certaines complications de ce côté, et qui peuvent avoir une influence Âcheuse sur l'ouïe. Le tympan est quelquefois

(i) L'amygdalite chronique ezerce-t-elle une influence directe sur les trompes et, par conséquent, sur Tsudition ? Cette question est de la plus kttàt Importaiice, et les matériaux ne manquent pas pour la résoudre. Je ne tcux pas , dans une simple note, examiner ce point de pratique etfoir quel parti Ton doit prendre quand la surdité paraît liée à ce déidoppement anormal des tonsilles. Je me réserve d'en parler un peu pl«s loin. P* M.

258 HàLAMES m, LORBILLK MOTBBIIIE.

briliant et translucide, quelquefois il est d'un b\wm comme du papier, il s'épaissit et ne permet plus de distinguer nettement le point d'insertion de la longue bran* che du marteau; mais je ne pense pas que ces altërationê dépendent de TafFection de roi:eille moyenne.

Les divers phénomènes que je viens de relater ne peuvent suffire, en aucun cas, pour servir de base au diagnostic exact de cette maladie. L'engouement de la trompe avec rétrécissement de ce conduit ne peut se re* connaître à des symptômes de ce genre qui sont essentiellement variables, et l'on pourrait se tromperbeaucoup si l'on se bornait à ce que je viens de dire. 11 y a nécessité absolue d'examiner la trompe ainsi que la caisse du tympan^ mais ici les injecti(»ns- aqueuses et les insufflatioaa d'air ne peuvent plus suffire. Ces moyens, en effet, sont incapables de franchir l'obstacle qui existe dans l'iateneur de la trompe , et celui qui les emploie est porté à croire que le bout du cathéter ne pénètre pas dans le pavillon de ee conduit. Très souvent, en effet, le gonQemem de la meiiibraue muqueuse est tel , que l'orifice de la trompe a perdu sa forme concave, la sonde ne rencontre plus le bord saillant de Fouverture pharyngienne du canal, et la plus grande attention ne suffit pas pour maintenir l'instrument. dans le lieu qu'il doit occuper. Dans cette circonstance > on emploie en vain un air fortement oomprimé, rien n'arrive dans la caisse et l'opération reste tout à fait inutile.

f I faut donc recourir à un autre moyen et se servir des petites bougies faites en corde de boyau. Voici le procédé opératoire. Le cathéter étant bien placé, on introduit dans sa cavité cette corde qui doit être très fine, par exemple une corde de harpe connue dans le commerce «ous la désignation delà lettre E, et on la fait pénétrer peu à peu jusqu'à l'extrémito de la sonde en contact avec IWîfice du canal guttural. Ou pousse avec précaution ceiie

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corde de harpe, et bientôt on s'aperçoit qu'elle s'arrête contre no obstacle existant dans Tintérieur de la trompe. Si Ton augmente la force d'impulsion , on parvient queU quefeis à franchir cet obstacle, et Ton doit répéter cette mancsuvre plusieurs fois de suite. Si Ton ne peut réussir, il faut laisser la bougie en contact avec le point rétréci et atteudre quehpies instants; un peu plus tard , on recommence à pousser la corde et souvent alors on réussit. Quelquefois on n'y parvient qu'après quelques jours de tentatives, et Ton sent très bien que l'instrument passe avec peine au travers d*un rétrécissement annulaire et marche librement au-delà de cet obstacle. Si on essaie dU retirer la corde de harpe, on s'aperçoit qu'elle est rete* tenue par ce cercle étroit, et le malade indique avec assez de précision qu'il sent le gonflement du canal se rétablir à mesure que l'on enlève l'instrument qui le distendait. Jai vu des malades qui disaient que la bougie, pendant qu'on la retirait, entraînait tout aprèselle, et que l'oreille intérieure semblait se renverser en dedans pour suivre l'instrument qu'on ramenait vers le haut du gosier. Ce mode de sensation extraordinaire prouve, selon moi, que le rétrécissement de la trompe d'Eustachi est porté à un point extrême, que la muqueuse est épaissie, endurcie, qu'elle est devenue en quelque sorte cartilagineuse , et que la maladie est absolument incurable.

Quand on a eu soin, comme je l'ai recommandé, de mesurer exactement la corde de harpe et d'établir le rapport de sa longueur avec celle du cathéter, on peut apprécier avec beaucoup de netteté le point précis où se trouve le rétrécissement , et cette évaluation de la profondeur et de l'étendue du mal est d'une grande utilité pour le traitement à* suivre ( i ).

(1) Os éTaloations , emprantées k la chirurpe des yoies mioâires, pmmetA pk» rationDelletr qu'expérimentalefl, plos théoriques que pratiques. Je ne teux pas dire que tout eed soH absohunent impossible h

260 MALADIES l>E LORBILLR MOYENNE.

Lorsque la membrane muqueuse de la trompe d'Eustftchi est gonflée dans toute Tétendue de ce canal, Vatr insufHé par cette voie ne péuètre pas mieux dans la cavké de Foreille moyenne que quand le rétrécissement est partiel. Dans ce cas, la corde de barpe, enfoncée avec précaution, parcourt le conduit malade sans rencontrer d'obstacle^ circulaire, et toutes les sensations dont fai parlé plus haut ne sont pas indiquées parle patient. Celui-ci n'éprouve qu'une sorte de piqûre due à la sensibilité paiticulière de cette membrane délicate. Si Ton retire la corde de boyau , en ayant le soin de laisser le cathéter ^n place, et que l'on ess€Ûe d'insuffler de l'air immédiatement après la sortie de la bougie, on remarque que ce flcride n'arrive pas dans la caisse, quelle que soit la force avec laquelle on le pousse -, les parois de la trompe, tapissées par la membrane muqueuse , reviennent sur elles-mêmes avec tant d'énergie que l'occlusion demeure complète.

Je n'ai jamais pu parvenir, à l'aide de ces deux moyens, à déprimer le gonflement de la muqueuse et à rendre libre lé conduit ainsi obstrué. La bougie n'a qu'une action passagère,, etlair insufflé n'agit pas avec plus de puissance. Cependant Deleau affirme avoir souvent obtenu ce résultat , mais je n'en suis pas convaincu, il est facile de reconnaiti^e les conditions matérielles de cette maladie, îl suifit pour cela de se rappeler ce qui se passe tous les jours sous nos yeux dans l'arrière-boucbe. Le voile du palais se gonfle rapidement, et l'isthme du gosier est bientôt fermé par suite de cet épaississement des parties phlogosées. Appliquant ces phénomènes évidents aux

réaliser ; mais, en ne tenant compte que de ma propre eipérienêe, )e terab tenté de croire que ces subtilités ne sont qu'une illusion. J^i^ule que Peiiguïté extrême des instruments que l'on doit employer en pareil cas ne permet guère de procéder a^ec le degré de précision que Ton trèUTe indiqué dans ce paragraphe. P. M.

INFLABIMATION DE LA TROMPE U ËUSTACHI. 261

léaons analogues de la trompe d'Eustacbt, on ooni|n*endra aiséoneat que locclusion de ce conduit étroit doit être plus grande et plus difficile à guérir ( i ).

L'inflammation de la trompe, avec rétrécissement de ce conduit, est une maladie généralement rebelle aux di* vers moyens curatifs, et elle a une grande tendance à persister pendant des années entières, lors même qu'elle n est pas entretenue par une disposition particulière aux l^egmasies catarrhales. Elle donne lieu, comme je l'ai dit , à une surdité considérable , quelquefois dès le oommeocement de la maladie , ou bien un peu plus tard. Il est fort probable que la tuméfaction de la muqueuse ne se borne pas à celle du conduit (;utuiral, mais qu'elle envahit égaiemeut celle de la caisse. Cette complication donne lieu à une accumulation de matières muqueuses dans cette cavité , et elles ne peuvent en sortir que quand le canal excréteur est redevenu perméable.

Les mêmes causes qui produisent Tengouement de la caisse donnent également lieu à lengouement de la trompe , les prédispositions individuelles sont les mêmes, seulemenfil est impossible de dire ce qui détermine plutôt un de ces accidents que lautre. Enfin, il feut noter que la similitude organique qui existe entre les deux oreilles ne suffit pas, dans bien des circonstances, pour entraîner une similitude d affections, et que Tune des deux peut être malade pendant longtemps, sans que lautre

(1) Ce rapprochement ne peut être lait sans quelque résenre. Les muqueuses du nez , de la gorge et de Toreille moyenne, sont continues, eria est éfident, mais elles a'ont pas une similitude complète , et leur texture, comme leurs fonctions, présentent des diffiérenses très notables. La muqueuse de la trompe est douée d'une sensibilité tactile autre que odle des fosses nasales et de Parriére-bouche. Les malades sentent pariâteoMiit que k bout de la sonde pénètre dans le conduit guttural de fordlle. Cette membrane muqueuse est très mince, son QonilemeDt est proportionnel i cette épaisseur, et on ne peut Tapprécicr avec exactitude si Ton compare Vobstruction qui en résulte à celle que nous voyons dans leneietàristhmedugOMer. P. Bl«

26S MALADIES OB L^GAËILLE IIOT£lllll£.

soit lésée d« la même maaière. Mes observalioDS à cet égard prouvent que dans la moitié des cas , la mabdie n'existe que d'un côté.

, fin général , le pronostic est grave. Dans quelques cas rares 9 la trompe ou la caisse se trouvant légèrement af* ftctées , on peut ramener avec assez de promptitude la membrane muqueuse à son état naturel, guérir la surdité et rendre au conduit guttural de loreille ses dimenskmt normales; mais ces cas sont exceptionnels ^ et cela Bm peut arriver que quand le mal est récent.

Ce ^succès devient presque impossible dès que Ton a affaire a un individu de constitution molle , lympha« tique 9 débile, et que son genre de vie expose à des refroidissements fréquents* Lors même que le tempérament du malade est plus robuste, il arrive que le mal local prend un caractère chronique qui rend la guérison bien difficile ; la membrane muqueuse de la trompe subit peu à peu des altérations profondes, elle dégénère et il se forme des rétrécissements partiels qui sont, pour le succès du traitement, un obstacle beaucoup plus considérable que le gonflement en masse. Quand la maladie est générale et uniforme, elle est ordinairement plus aisée à traiter et à guérir.

Le traitement des inflammations avec coarcturc de la trompe exige impérieusement que Ton s'occupe d'abord de Tétat général du malade, de sa constitution , et plut particulièrement encore de Tétat local du gosier, de la partie su])érieure du pharynx, car il est tout à fait impossible de rétablir la trompe dans son état normal tant qiM l'on n'aura paa remédié à la maladie qui existe dans l'arrière-bouche et dans les narines postérieures.

On doit d'abord employer méthodiquement tout 1m remèdes qui ont quelque efficacité contre la constitution scrofiileuse, et il faut bien avouer qu'ici la médecine est trop souvent impuissante. Si cependant les soins donnés

INFLAMMATION DE LA TAOMPB d'eUSTICUI. 36S

ont eu quelque résultat fevorable , on cherche à combattre I irritation chronique qui existe au voile du palais, àFisthine du gosier, au fond du pharynx. Si ladéglutitioa est douloureuse, il feut appliquer des sangsues derrièius Fangle de la mâchoire inférieure , ou bien on aura recours aux éfflétiques , aux purgatifs et aux gargarismes adoucissants. U est vrai que ce traitement, légèrement antiphlogistique , n est applicable que dans un très petit nombre de cas. Je n'ai jamais rencontré de malades à qui il tût nécessaire de tirer beaucoup de sang, et je ne comprends pas comment Deleau (i) a pu , dans des circonstances analogues , pratiquer une saignée locale de 60 grammes, tous les jours, pendant un mois et même plus. Rien ne me semble justifier cette manière d'agir.

On engagera le malade à se lever de bon matin; il de* vra s abstenir avec soin d aliments épicés, de boissons excitantes ; il renoncera aux aliments mucilagineux, aux laitages, au beurre, au fromage; il en sera de même à l'égard des légumes farineux, des acides et des viandes grasses. L'eau pure, la bière légère et amère, le vin trempé d'^u, sont les boissons qui conviennent le mieux en pareil cas. Les viandes fortes constitueront la base du repas, et la digestion sera accélérée par une vie active, des exercices même violents , ce qui contribue parfaitement à modifier la constitution.

Les vomitifs, qui ont été vantés, exercent une action locale assez bornée , et d ailleurs on ne peut pas les administrer indéfiniment, car ils fatiguent l'estomac, rendent les digestions difficiles et peuvent ti oubler la santé de l'individu. On peut cependant en retirer de bons effets, et Ton devra y recourir de temps en temps , sans trop compter sur leur efficacité contre une lésion locale. On en peut dire autant des purgatifs, qui sont toujours salu-

(1) ifUtêduetion à ée$ r$eherche$ pratiquée, etc.

taires au malade, mais dont laction éloignée ne peut guère exercer d'influence sur la partie supérieure du pharynx et la trompe.

Beaucoup de moyens locaux ont été mis en usage, et parmi ceux-ci on place en prçraière ligne les gargarismes; puis viennent les vésicatoires sur la nuque, autour du col , les cautères, les sétons et enfin les frictions avec la pommade stibiée. On a essayé d'entretenir une vive irritation de la peau du col au moyen d'un petit ap pareil galvanique composé de deux plaques de cuivre et de zinc, convenablement mises en rapport; mais cela n*a aucune efficacité. Parmi ces agents thérapeutiques, il en est qui ue sont pas innocents , et , par exemple, ceux qui produisent des suppurations abondantes ont trop souvent pour résultat d'affaiblir la constitution générale de l'individu , sans amener aucun changement dans la Vnaladie locale.

L'expérience journalière m'a prouvé le peu d'efficacité des bains de mer, des bains russes et de la plupart des eaux thermales, comme] celles de Tœplitz, de Warmbrunn, etc. L'inflammation de la trompe résiste ordinairement aux traitements mercuriels, même à ceux qui ont pour résultat des salivations prolongées ; et la décoction de Ziitmann , si efiicace d'ordinaire contre les maladies scrofuleuses et rhumatismales, échoue le plus souvent contre cette lésion de l'oreille moyenne (i).

Je considère comme généralement incurables toutes

(1) 11 m^est impossible , Je TsTOue , d^admeUre que Vocclusion de la trompe ail uoe telle influence sur Pouïe. L'absence de Pair dans la caiaae ne donne lieu à cette surdité incurable que quand il existe en mène temps des lésions plus profondes et qui portent une action plus directe sur le nerf acoustique. Il y a ici une grande lacuhe : c'est rapprécittion exacte des altérations consécutives de l'oreille moyenne et iateme, lorsque la trompe a cessé d'apporter à la caisse la quantité d'air dont elle a besoin. C'est un point capital sur lequel Je possède un certain nombre de failtf très intéressants. Je les ferai connaître plus tard.

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