INFL. DE LA MEMBRANE MUQ. DE L^OREILLE MOYENNE. 2SS
q«l n'a qae peu de relations avec l'organisme général. H faut surtout mettre une grande discrétion dans lemploî des moyens qui peuvent Gotnpromettre la santé de Tindfvidu, en agissant sur Fensemble des fonctions , sans modifier en rien Tétat de lorgane auditif.
Mats lorsque l'on a affoire à des individus dont la cousntntion est mauvaise , chez lesquels il y a des indices dune cachexie scrofuleuse, il faut alors administrer certains agents .thérapeutiques dont Tefificacité n est pas douteuse en pareil cas. C'est alors que les antîmoniaux, l'extrait de gaïac, les bains médicamenteux , etc., réussissent à merveille. Lorsque l'engouement est invétéré, je recommande de seconder l'activité de ces remèdes par des exercices violents et soutenus , par Thabitation d'un lieu très sec , très aéré , bien exposé au midi ; je prescris en outre des aliments toniques , un régime fortifiant , stinfnlant. Je défends très expressément les liquides muci-* lagineux, les aliments gras et mous, comme la bière, le hdt , le beurre, le fVomage et les fruits acides. Dans touti les cas, il importe beaucoup de surveiller les fonctions du bas-ventre , de régulariser les garde-robes , et de donner des pilules aioétiques aux personnes pléthoriques. On ne dent pas craindre de prescrire uti purgatif de temps en temps.
Les bains de mer ont été souvent prescrits en pareil cas, mais sans aucun succès. L'affection catarrhale de toutes les membranes inuqueuses supérieures n'est pas itiodifiée par ce moyen, et j ajoute que les malades qui en foat usage dans le but de se -fortifier contre lea refroidissenftents n'en retirent aûCun bénéfice. On croit que les bains de m^ diminuent les sécrétions muqueuses» mais je ne m'en suis janiais aperçu. Toat cela expliqite leur dé^ faut dipfhience heureuse sur les maladies d'oreilles. Trop souvemii arrive que celleâ-ci 3 aggravent, et je Crois que les praticiens qui pre^çriyenf çptt^ médwatioii éaer^
gique devraient s'abstenir de la conseiller auK personnes qui ont des engouements mpqueux de la caisse ( i).
Lorsque les membranes* muqueuses du nez et de la bouche sont engorgées, lorsque le voile du palais est rouge et tuméfie, quand le malade est très sujet aux angines gutturales, quand les amygdales, fréquenmient enflammées , ont acquis un volume considérable , il est utile d appliquer des sangsues autour du col , au-dessous de la mâchoire, de placer des vésicaloires sur la nuque, de faire des frictions sur le coi avec la pommade stibiée ; on peut encore recourir avec succès aux émétiques , aux pungaiik et surtout ù certaines eaux minérales, comme celles de Marienbad, de Kreuzbrunnen, etc.; il faut prescrire des gargarismes de difféi*ente nature, des décoctions amères de chicorée , et même quelquefois les bains russes ou autres bains analogues. H n'est aucun de ces moyens de traitement qui ne compte quelques réussites, surtout quand il y avait inflammation catarrhale violente. Il faut cependant ne pas se hasarder à porter un prouostic trop favorable quand il s agit d'une irritation profonde et chronique des muqueuses de la bouche et du pharynx. Ou ne devra pas oublier que ces sortes de maladies sont extrêmement tenaces , et que ces sécrétions muqueuse^ surabondantes donnent lieu h un même engouement dans la trompe et dans la cavité ty m panique.
(i) Ce paragraphe sur les bainfl de mer me parait devoir être pris en sérieuse considération par tous les médecins praticiens. On sait combien le public a pris goût à ces sortes ée bains depub quelques années, et oombien les médecins sont disposés-à favoriser cette mode. J'ai vu on grand nombre d'individus qui. ont éprouvé de graves accidents du oM des oreilles, à la suite de ces immersions prolongées dans Teau salée. Il 7 a là une cause puissante d'inflammation du tympan, cette membrane se perfore promptement sous l'influence du froid et des antres dreonstanees extérieure» qu'on rencontre au bord de la mer, tit, pour mon compte, Je recommande une foule de précautions capables , Jusqu'à ua certain point , de mettre les enfonU faibles et lymphatiques à l'abri de ces i^nls ai dangeceo», P. M.
INPL. DE LA MiOtfiftANE MUQ. HE L*0AE1LLB MOYENNE. 2^7
Il m'e^ arrivé, en pareil cas , d'obtenir de bons effets des presoriplions suivantes. Je conseillais au malade de se laver fortement, matin et soir, avec une épongée imbibée deau fi^aîche, le col, la nuque, la pat*tie antérieure et sti|>érieure de la poitrine et des épaules, et de frictionner les parties mouillées avec un linge rude jusqu'à ce quela peau fût devenue très rouge (i). Je joignais^à ces pratiques un usage habituel de leau froide en boisson et en gargarisme, et de plus , le maldde prenait de la teinture d'iode tant que ce médicament ne donnait pas de coKtf ues et ne produisait pas de diarrhée. J'ai vu disparaître, sous l'influence de ce régime aqueux, des irritations dironiques du voile du palais qui avaient résisté à une foule d'autres moyens très actifs, et même à l'emploi méthodique de la décoction de Zittmann.
Lorsque tous les ti*aitements ont échoué et que le voile du palaisalïre un excès de vohimeet une coloration ' très vive, il feut ne pas poursuivre au-delà du terme convenable, la guérison de cet état qui n'est pas toujours ta €au9e de ce qui se passe vers l^reille moyenne. Une bonna ouïe est compatible avec cette affection chronique des muqueuses voisiner. C'est alors le cas de recourir aux moyens tecaux , et d'attaquer directement la maladie des trompes et de la caisse.
Les premières tentatives iaités dans ce sens datent
(1) G*«st là , si Je ne me trompe, de Thf drothérapie , mitigée , il éêi jTÙf mab contre laquelle Priestnilz n^aorait rien à dire. M. Kramer, qui s^eat montré si hostile à cette méthode curative ( voyez page tf4 ), a «B p«Q modifié son Jugement sur ce point. Les pratiques du guéris- 9tm de Graefenberg ne différent de celles-ci qu^en ce qu'elles sont plus éaerg^ques, plus méthodiques, et quelles occupent une plus grande partie de TenTcloppe cutanée. Il est certain que des soins analogues, pfescrits pat moi, ont donné lieu aux plus heureux résultats, et que des malidipa depuis longtemps en proie à des affections catarrhales du nés, de la gorge et de Poreille moyenne, se sont très bien trouvés de ees lotions froides. Voir à ce si^et l'ouvrage du docteur Schedel, intitulé: i elNMftM da Vh§érothért^i9. Paris, 1845. P. M.
tM UAtskOÊM 11» L otmxB
déjà de loin. Riolan (i) a, le premier, rMOBuawftdë de perforer lapopliyse masti^e, afin de frayer nae voie au liquide qu oo iajeeteiaii p«ur désobstruer la trompe en eolevant les muoosités qui se sont accumulées dans Toceille moyenne. Cette opération, qui n'était quà Tétatde ^ojety fut exécutéepar Jesser(2) et Hogstrœm (3)^ et ion sait quelle na.pas réussi entre leurs muins. Il est arrivé quelquefois qu'un abcès de la région mastoMienne s étant ouvert au dehors; a pu recevoir des liquides injectés par cette ouverture, et Ton a vu ces liquides traverser la Q^isse^ les trompes, et tomber dans les narines ou dans le pharynx. Ces faits très exceptionnels ne prouvent pus que pareille chose pourra être tentée avec succès; il £iudrait pour cela que la trompe d*Eustaelii f(kt libre, ce qui n'arrive que rarement
Il fout noter que la disposition des cellules -mastoïdiennes ne permet que très diffieilenoent ce -passage <itrept deFeau injectée , et que ce liquide, quelque précaur tion que Ion prenne, ne conservera jamais asses de force pour aller chasser les matières épaisses qui remplissent la trompe. D ailleurs, cetle ouverture de la peau qui revêt lapophyse mastoïde , la trépanation de la lame osseuse qui recouvre les cellules, tout cela ne peut*se faire sans danger pour le malade. Amemann (4), qui s'est efforcé de faire ressortir les avantages de cette opération oubliée, n a publié aucun fait probant à lappui, et l'idée de Riolan noifre quelque intérêt que sous le rapport de l'histoire de lart.
J ai démontré ailleurs combien , dans lescasd'engove-
(i) Opéra anaiwniea,
(%) Sohmuckcr, vermitehtê ehirurg. Sehriften, ÏII. p. liS.
(3) ^6A,an(l(tffii^0fi der kœnigLSehwed. Àcad. der Wisanêeh, p. iOJ.
(4) Bêwiêrkungenikber di9 Durehbohrung det proem. maêtoU,^ oie.
INPL. DE LÂtMiMlâNfi MUQ. M l.'6ftMLLB ifOTENNB. 319
meut «itH|tieiiK de la omisse ou des^ trompes, on ^wbêî en tort de perforer le tympao poiir remédier àxses deux aceidents. Curtis (i) coaeidèrc. eaoore cette opéracioa comme \e meilleur moyen de guérir la surdité qni résulte de i oUftérationderoreiileeioyenne. Je ne retiendrai pas smr la manière de perforer cette membrane. Je veux considérer cette opération sous un tout autre aspect, et examiner jusqu'à quel point il convient' de suivre lee conseils d'Itard (2). Ce médecin a pensé que Ton pouvait ouvrir le tympan dans les cas d'engouement muqueux de la trompe et de la caisse, pomr injecter par cette voietflee liquides capables de désobstruer ces cavités. Je regarde cette tentative comme très hasardée. La canule de la se^ rmgue qui doit servir à faire cette injection , ne peut étrt maintenue dans la petite ouverture pratiquée au tympan^ elJcepend^nt, si Ton ne Tintroduit pas dans cette ouvert ture, le jet du liquide, en arrivant au fond du méat, ne peut pénétrer directement dans la caisse, et la. force d'impul^ sioB ae perd aussitôt. D'un autre- cété , il fout considérer que ce jet li(|uid&, lors même qu'il pénètre bien dans 4a caisse, ne peut agir sur la trompe qu'en chaogeatft de direction; il faut que sa force agisse - latéralement , et celle-ci doit en conserver trop peu pour pouvoir déplacer * l'obstacle qui se trouve dans la caisse et le précipiter dans le pharynx. Pour produire ce résultat , ij faudr-ail pousser l'injection avec une grande violence, et I'or s'exposerait alors à déchirer le tympan qui , dans bien^ des cas, résisterait moins que le mucus concret dont la trompe est remplie.
C'est probablement à cette circonstance dernière qu'ii faut rapportei* les divers accidents éprouvés par les malades auxquels Itard (^) a pratiqué ces injections; ils ont ressenti, en eflet, des vertiges, une céphalalgie aiguë, des
(1) Loe. eit. p. 151.
(2) Traité, etc. t II. p. 328 et Mq.
26^ MALIiOieS BB l'oREILLE BfÛTËNNfi.
bourdonnements cdnsMérables. Il avone lui-même que^, dans bien des cas , il n a pas voulu eontimier ce mode de traitement dans la crainte de voir se développer vers les oreHIes des accidents inflammatoires.
La véritable manièi'e de traifler et de giiérir Tobstruction de la trempe d'Eustachi , c'est d'agir directement sur f organe malade, par son orifice pharyngien, et de détruire lobstacle qui résulte de la présence du mucus dans ee conduit.
Lenttn ( i ;, qui n^avait^pas eu Fidée de pénétrer dans la tixHhpe, se contentait d'introduiia i^r les narines une sonde en argent, reconrbée suiv des fasses nasales, et armée à son ex1 éponge fine au moyen de laquelle il se proposait de frictionner le pavillon de la trompe pour en détacher les mucosités épaisses qui y adhéraient. Il croyait, et en cela il était dans Terreur, que les matières muqueuses développées pendant cette affection catarrhale occupaient seulement Torilice guttural de la troinpe. Gela se reneov* tpe, en effet, quek|iiefois, mats seulement dans les cas lef^ plus légers et qui n'exigent aucun traitement spécia n suffit que Ton exécute un mouvement brusque de flemenc, et cet obstacle passager disparaît aussitôt certain que, dans les engouements muqueux un forts, les matières sécrétées remplissent la ti t0Ute sa longueur , pénètrent dans la cavité t et ne peuvent, par conséquent, éirelatteintes ment de Lentin.
Watlien, Douglas, Saissy et Itard, ont l maladie en faisant des injections d*eau tiède dans la trompe d'Ëustachj. Il est certain que Deleau , lors de ses etébuts dans la praticpic de la médecine anriculaii*e , se semt du même moyen , mais il ^''renonça bientôt et le vemplaça par les insufflations (rair(2). Pendant plusieurs
^) JiMir^, etc. p. IM.
IWL. DE hk MniMANB MUQ. DE l'oBKLLB .MOYENNE. 2&1
r jai feîi, avec beaucoup de succès, des injections
seuses dans les trompes, et j'en rapporterai un bon
nbre d'exemples très concluants. Je déclare très nette-
i que je suis très partisan de cette méthode curative,
le je ne puis souscrire aux reproches faits par De-
des procédés si souvent utiles. Les objections de
ne sont fondées sur rien de réel , et leur exa-
Ation surprendra tous ceux qui s'en rapporteront à
Kpérience.
J ai reconnu qu'il y avait un avantage réel à dissoudre dans l'eau que l'on injecte, une certaine quantité de sel commun, mais il faut avoir égard à la susceptibilité des personnes, et cherchera reconnaître, par des tâtonnements, quel est le degré de sensibilité de la trompe et de l'oreille moyenne. On y parvient très facilement; à mesure que les parties malades semblent se rapprocher de l'état normal , on diminue la dose du sel ou de tout autre excitant , et on finit par injecter de Teau pure cpiand les muqueuses paraissent revenues à la santé. On s'est servi en pareil cas d'une solution de sulfure de potasse, et ce moyen, très irritant, a déterminé des douleurs aigûes. Il en a été de même de certaines infusions aromatiques au moyen desquelles on espérait dissoudre des engorgements anciens et considérables , mais il en est résulté des accidents fâcheux , des douleurs se propageant vers les mâchoires, etc. Pour ma part , j'ai promptement renoncé à ces remèdes trop actifs, qui aggravaient la surdité et pouvaient avoir des inconvénients encore plus fâcheux. Itard les a recommandés, les a vantés; mais je crois qu'il est très prudent de s'en abstenir.
Quoi qu'il en soit des avantages incontestables et de l'innocuité des injections aqueuses faites dans les trompes et jusque dans la cavité tympunique , j'ai cru devoir y
laédit, etc. — Intfodueiiim à de$ rech§reh$$praiique$ iur le iraitemmt iê$ wuUadiêi de Voreilk.
ihH MALàDIM DE LOItEItLK MOtKllllfi.
renoncer dans ces derniers temps , et je me suis borné à faire des insufflations d air dans loreilie moyenne. Mpn principal motif est la fedlité avec laquelle cette opération se pratique, et, en outre, la plus grande coomiodité qu'y trouvent les malades (i).
Gomme il est impossible de reconnaître de prime abord la densité de la masse de mucus accumulé dans la trompe , il ^st également impossible de calculer d'avance le degré de force qu'il faudra donner à Tair insufflé. Dans tous les cas, on doit agir au début avec beaucoup de modération, {|6n de pouvoir proportionner l^ pmissanoe à la résistance que Ton doit rencontrer. L'air étant oondemé dans le réservoir de la machine pneumatique, l'opérateur place son oreille sur celle du malade, et il ouvre lentement le robinet, de feçon à ce que l'air ne sorte pas avec trop de vitesse.
Dans les circonstances ordinaires , on entend ce fluide
qui pénètre peu à peu dans la trompe d'Eustachi ; le bruit
qu il fieiit est lointain , il se rapproche à mesure qu'il s'ki-
sinue dans ce canal , et qu'il déplace le mucus qui y est
contenu. I3n peu plus tard, des bulles d air arrivent isolé»
meut dans la caisse, «nfin un jet de ce fluide élastique
s'introduit dans cette cavité et vient éclater contre la ftae
interne de la membrane du tympan. Quand la trompe, un
peu dégagée , laisse passer l'air plus librement, le bruit
qui se fait alors dans l'oreAie moyenne est quelquefois
très considérable, il ressemble assez bien à celui que fait
une grande pluie sur le feuillage.
(1) Il est, taifaiit moi , oertâines ciroonsUiioas diiu teMiuriles em tn- Jections peavent être utiles, et Je ne croit pas devoir les iMuiair ée la pratique. Pai TeocoDtré quelques malades affeoiét de aiirdité neneuae, «hei lesquels l'introduction d'une petite quantité d'eau tiède dans une caissf notablement sèche avait produit un lK>n effet, et Je pense quHt y a quelques essaisà tenter de ce cOté« Ce même moyen a suffi égalemeat» éaas certains cas, à diminuer considérablement des bruits qui avaient résisté Jusque là k tous les moyens mb en usage pour en dÀarrasser les «mlades. F. M.
INFL. DE LA MrMBRAME MUQ. OE L^ORftfll.E MOYENNE. 2f|3
A mesure que le mucus accumulé se trouve divise, ramolli par Imr qui pénètre dans la caisse, les bruits qui résultent de l'arrivée de ce fluide ddus la caviié labyrinthique changent de natui*e et donnent lieu k des si{jnes très importants sur lesquels se fondent et le pronostic et le traitement de cette maladie. Ces phénomènes, qui Tarient en quelque sorte à chaque séance, indiquent très clairement la mesure des insufflations à faire, le nombre et la durée des opérations de ce genre qu'il faut pratiquer, et plus particulièrement encore le degré de force qu'il faut donner au jet aérien.
Lorsfpie les deux oreilles sont affectées en tnétne temps de cet engouement muqueux, il faut les traiter alternativement. Dès que l'air insufflé est arrivé jusqu'à la membrafie du tympan , on peut Constater aussitôt une amélioration considérable de l'ouïe, et cette amélioration est proportionnelle à la quantité d'air qui est arrivée dans la caisse. On remarque aussi qu'elle est d'autant plus marquée que la trompe était moins remplie de mucus, et que le bruit de gargouillement a été moins fort.
Si le mieux obteiuu de cette foçon ne dure pas longtemps, quelques heures au plus, on doit en conclure que la fhéme opération devra être recommencée tous les jours, et même plus souvent; si au contraire l'ouïe se maintient bonne pendant plusieurs jours , il est inutile de pratiquer des insufflations nouvelles , car elles pourraient surexciter la sensibilité de l'organe. Je ne i*ecommence que quand cela parait nécessaire, et cette manière d'agir m^a souvent conduit aux plus heureux résultats. On peut croire à la guérison lorsque, à la suite de quelques insufflations d'air, le bruit muqueux cesse peu à peu, se trouve remplacé par lui bruissemeftt régulier, étendu , et que l'ouïe a repris sa première finesse. Ces signes prouvent que la membrane mucpieuse de la caisse
2bU MALADIES DE l'oREILLE MOYENNE.
n'est plus le siëge d'une sécrétion trop considérable ^ et que cette cavité est revenue à Tétat normal.
Lorsque la malodie se trouve compliquée d épaississement du tympan ^ de surdité nerveuse, etc., on comprend que la douche d*air n agit plus que comme palliatif. Elle ne peut débarrasser l'oreille que de lengouement muqueux, et les autres phénomènes patliologiques persistent. Il y a bien, comme résultat de cette opération, un mieux notable, mais qui n'est ni aussi prompt ni aussi marqué que quand l'engouement muqueux existe seul. On remarque que l'amélioration cesse de faire des progrès lors même que la caisse se débarrasse chaque jour des mucosités qui lar remplissaient ; l'air qui pénètre facilement jusqu'au tympan lui communique bien une légère excitation , mais cela ne va jamais très loin. On comprend qu'il est tout à fait inutile , en pareil cas,^ de prolonger le traitement; on doit se borner à produire un soulagement très avantageux pour le malade, et ne |)as le fatiguer par des soins superflus. Si cependant celui-ci ne se contente pas du mieux obtenu , on doit rechercher avec soin les causes de cette surdité persistante, et tâcher de découvrir le mode de traitement qui lui convient le mieux.
Il importe beaucoup de connaître l'extrême tendance de cette maladie aux rechutes; qu'elle ait été guérie plus ou moins heureusement, on peut être certain qu'elle ne tardera pas à se reproduire, et souvent, pendant le traitement lui-même, le malade fait quelque imprudence qui amène ce fâcheux résultat. C'est pour remédier à cet inconvénient qu'il faut apporter une attention extrême à fuir l'action des causes qui ont occasionné l'engouement muqueux de l'oreille moyenne. Si le malade est d'une constitution molle, lymphatique, scrofuleuse même, il devra, pendant plusieurs mois après la gu^érison, suivre un régime approprié aux circonstances, et une hygiène