‹ Traité des maladies de l'oreilleChapitre 49 sur 57 · EIPLORATIOM DE L APPAREIL AUDITIF. 51 S · texte numérisé non relu

EIPLORATIOM DE L APPAREIL AUDITIF. 51 S

d'ailleurs que le docteur Fabrizi regardait la chose comme impossible.

Voici maintenant de quelle manière il faut agir : le malade, placé, comme je Tai dit, devant une fenêtre bien éclairée, est assis , la tête un peu relevée, sans qu'il soit utile de Tappuyer sur un coussin. La main gauche seule, placée sur le front, Suffit pour empêcher les mouvements de cette partie. L'instrument est tenu de la main droite, et la concavité de sa courbure est dirigée en bas. Le bec de la sonde parcourt toute la longueur du plancher de la fosse nasale, et arrive au bord adhérent du voile du pa* lais. Je crois inutile de s arrêter dans cet endroit, comme la plupart des chirurgiens le conseillent, et de chercher Yorifice de la trompe en passant aussitôt de ce plan incliné à la partie externe du pharynx. L'expérience m'a prouvé qu'il vautmieuxafler au-delà, toucher la paroi paBti^rieure du pharynx, et ramener la sonde d'arrière en uvant , afin de rencontrer le bord saillant du pavillon de la trompe.

Il importe beaucoup, pour le succès de l'opération , que les parties qui entourent la trompe conservent leur position normale. Or, la présence du bout de la sonde donne lieu à une contraction du voile du palais et de tout le phiu*ynx,et change la situation respective de la trompe et des fosses nasales. C'est pour éviter cet inconvénient que je porte la sonde aussi loin que possible, afin de ne pas stimuler les muscles péristaphytins et ceux du pharynx.

En ramenant la sonde le long de la paroi externe du pharynx , on sent bientôt une saillie sur laquelle glisse l'instrument , et , au-devant d'elle, une cavité qui reçoit le bout de la sonde. Un mouvement de rotation en dehors un peu plus prononcé fait pénétrer cette sonde plus loin, et si on essaie de l'attirer au dehors en lui conservant la direction précédemment indiquée, on sent un obstacle qui prouve que l'instrument est engagé dans un conduit d'où il ne peut sortir qu en suivant la route oblique qu'il

iik ADDlTfOnS DU TRADDCTEtJK.

a parcourue pour y pénétrer. La sonde, ainsi engagée, s'avance seulement de 3 à 4 lignes dans la trompe , et détermine une sensation plutôt incommode que douloureuse. Quelquefois le malade ressent une sorte de chatouillement dans le méat externe , et y porte instinctivement le doigt; mais, dans le plus grand nombre desoas, cela n'arrive point.

• Quel but se propose-t-on en introduisant une snnde quelconque dans la trompe d'Eustachi? Il s agit évidemment de savoir si ce conduit est libre, jusqu'à quel point il Test, et quel genre d'obstacle s'oppose au passage de Talr. La sonde seule peut-elle éclaircir toutes ces questions? C'est ce que je vais examiner brièvement.

D'abord, il faut admettre que les sondes d'argent oo de gomme élastique ont toujours trop de volume pour parcourir la trompe dans toute sa longueur. Son tiers supérieur n'a pas plus d'une ligne de diamètre, et les parois doivent à un épais cartilage un degré de résistance qui ne permet aucune distension. Plus haut encore la portion osseuse n'est pas moins inextensible, de sorte que, pour arriver jusque dans la caisse, il (audra't «ivoir recours à une bougie filiforme, à une corde de boyau d'un très petit diamètre, comme celles employée^ par Kramer. Mais les sondes de Saissy et d'itard , celles de M. Deleau et de plusieurs médecins auristes , ne peuvent occuper que la moitié, et tout au plus, les deux tiers de la longueur totale de ce conduit, de sorte que tout obstacle situé au-delà de ces limités ne peut être ni reconnu, ni détruit par ces divers instruments.

Dans le plus grand nombre des cas , l'occlusion de la trompe est le résultat du gonflement de la membi*aiie muqueuse qui la tapisse, ou d'une accumulation de mucus épaissi etaltéré de diverses manitVes. Nul doute qu on ne parvienne le plus souvent à vaincre la résistance de ces deux états pathologiques ; mais cela ne peut avoip lieu que dan« de certaines limites, et, il faut le dire, presque

Page 1