‹ Traité des maladies de la bouche (pathologie interne): suivi d'un précis dChapitre 6 sur 21 · SUR LES · texte numérisé non relu

SUR LES

(19 Mars 1888;.

SOMMAIRE. — Définition des slomatites. — Division — Terminologie. — Pbïsiolugie et Anatomie de la bouche. — Histologie de la muqueuse bucciile. — Résumé.

Messieurs,

DMinltion et division. — Les maladies de la bouché, que l'usage aclasséesdansle cadre de la pathologie interne, participant toujours plus ou moins du processus inâamn:iatoire, ont toutes reçu le nom commun de stomafiles,(deirâ,itt bouchej. Faire l'étude des stomatites, c'est donc faire celle de toutes les maladies internes de cette cavité.

Mais, si toutes ces maladies méritent également le nom de stomatites, il faut reconnaître que beaucoup d'entre elles diffèrent par de nombreux autres caractères, tels que leur étiologie, leurs lésions anatomiques, etc., et que leur étude didactique, aussi bien que la pratique, exige qu'on en donne des descriptions séparées.

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GENERALITES — DIVISION

* D'autre part, un certain nombre d'entre elles ayant des points commujns qui permettent de leur appliquer les mêmes considérations, j'ai cru utile, à l'exemple de la plupart des auteurs, de rapprocher leur étude, et de les réunir dans une série de groupes distincts; puis, ces groupes une fois constitués, je les ai euxmêmes disposés dans un certain ordre, d'après d'autres caractères plus généraux; et c'est ainsi que, partant des entités morbides isolées, et passant par les groupes, j'en suis arrivé à une classification qui les comprend toutes disposées d'une manière méthodique, et que je crois avantageuse pour leur étude ; c'est cette classification que je me propose de suivre.

Ce mode de groupement n'est-il passible d'aucune objection ? Je suis loin de le croire. Mais il m'a paru impossible de les éviter toutes. Ce que j'ai cherché en l'adoptant, c'est seulement qu'il présentât moins d'imperfections que les autres, préférant cette division, même imparfaite, à l'étude des diverses stomatites faite sans ordre et sans lien, sans que rien rappelât ce que chacune d'elles pouvait avoir de commun avec les autres.

Toutes ces maladies ont été d'abord répartiesen deux groupes : le premier comprenant toutes les formes que j'ai appelées SIMPLES, dans le sens que l'on donne généralement à ce mot en pathologie, et le second, celles qui, étant dues à une cause spéciale, toujours identique à elle-même, m'ont paru pouvoir justifier le nom de SPÉCIALES.

Les premières ont été ensuite subdivisées à leur tour en TOTALES, c'est-à-dire occupant ou pouvant occuper la totalité {V de la muqueuse buccale, et comprenant

(i) J'id da alopter le mot totd^< do préférence à (fénénles^ cette dernière exprassion étant employée plus loin dans un autre sens..

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lesstomatttes évythémateuses aiguës et chroniques^ les stomatites ulcéreuses et les stomatites gangreneuses^ et en partielles, c'est-k-dire se localisant sur un point exclusif de la muqueuse buccale, et parmi lesquelles Je décrirai la, gingioite^ la glossite, la palatite^ Vuvulite et la stomatite scléreuse. Voilà pour le premier groupe.

Le second est composé, je Vai dit, par les inflammations se développant sous l'influence d'une cause toujours identique à elle-même. Mais ce groupe comprenant des affections de nature très diverse, j'ai dû établir de nouveau des subdivisions, et, sans que je les croie plus inattaquables que la division elle-même, voici celles auxquelles je me suis arrêté. Ces subdivisions sont au nombre de quatre. La première comprend les stomatites dont la sphère d'action no dépasse que rarement les limites de la cavité buccale. Ce sont la stomatite vesiculo-ulcéreuse ou aphthe, la stoynatite ulcéro-memhraneuse et la stomatite gangreneuse ou noma. Celles de la seconde subdivision présentent ce caractère commun, de naître sous l'influence d'une cause toxique ou médicamenteuse, ce sont : la stoynatite mercurielle, jjhosphorigue, iodique, plombique et arsenicale. Dans laTRoisiÊME sont toutes les stomatites se montrant sous l'influence d'une cause générale, telles que les stomatites érysipélateuse, diphthérique (l), scroftileuse, syphilitique et tubercideuse.

Enfin la quatrième ne comprend qu'une stomatite, mais nettement distincte des autres par sa nature franchement parasitaire : la stoynatite crémeuse ou muguet.

(\) Des doutes existant encore sur la nature microbienne de Téryspèle, de la diphthérie et de la syphilis, je n'ai pas cru devoir les alpcer dans le groupe suivant.

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naître. Vous le voyez, du reste, elles sont déjà assez nombreuses. Mais toutes ne seront pas étudiées ici avec le même développement.

Quelques-unes, en effet, ne différant des autres que par de rares points spéciaux, ce serait s'exposer à trop do redites que de leur consacrer une étude distincte ; d'autres, n'étant qu'une manifestation d'un état général, tel que la syphilis, la scrofule, trouveront mieux leur place dans la description de ces diathèses ; et enfin d'autres, n'atteignant la muqueuse buccale que d'une manière exceptionnelle et toujours avec moins d'intensité que les régions environnantes,, ne seront considérées que comme des complications, et comprises tout naturellement dans l'exposé de l'affection, généralement du pharynx, au^îours de laquelle elles apparaissent.

Ainsi, en reprenant le tableau ci-dessus, vous pourrez voir qu'en tenant compte de ces éliminations, le nombre des stomatites, dont je m'occuperai, sera sensiblement restreint. Si, en effet, le groupe des stomatites simples doit être étudié d'une manière complète, celuidescauses spéciales seranotablementdiminué, mes descriptions se bornante celles des stomatites vésiculoulcéreuses , ulcéro - membraneuses, gangreneuses, mercurielles et crémeuses.

Les stomatites phosphoriques, iodiques, plombiques et arsenicales, ont trop peu de caractères propres pour justifier une étude distincte. La stomatite érysipélateuse n'étant, le plus souvent, qu'une extension de la pharyngite de même nature, sera décrite avec elle ; la stomatite scorbutique, étant surtout localisée aux gencives, sera comprise dans l'étude de cette même affection ; les stomatites tuberculeuses, scrofuleuses

ab:?JERALITi;8 — TERMINOLOGIE

tiques trouveront mieux leur place dans l'hislesdiatlièscs; enlln la stomatite dipbthérique de même que l'érysipélateuse, qu'une extenpbaryngite de même nature, fera partie de description.

lant, pour ne pas les passer entièrement soua ;t ne pas vous laisser ignorer trop longtemps s principaux les concernant, je me propose en présenter un résumé succinct en vous les divers diagnostics. C'est ainsi que. se complété ce que j'ai à vous dire sur celte la pathologie.

lologle. — Les règles qui ont présidé à la )gie que j'ai adoptée sont les suivantes : Le nom sera toujours donné par la kégion. C'est toutes les affections occupant la totalité de la û buccale recevront le nom de stomatites, e celles qui sont limitées b. une de ses parties, t celui de gîossite-, gingivite, etc., selon qu'il i la langue, de la gencive, etc. Le second i tiré de la nature du processus anatomique rons ainsi les désignations : ulcéreuse, gan- ', etc. Le troisièmeviendradelacAUsE.etdelk jssions : simple, mercurielle, diphthérique, euse, etc. Enfin, un dernier qualficatif, serïpécifler de plus en plus la maladie dont il ira tiré de sa marche, et aux noms précédents itè un des deux suivants, si usités en pathoguë ou chronique .

ne des entités morbides que nous allons étudier, onc, quand le besoin se présentera, recevoir oms qui suffiront, je l'espère, à la distinguer 1 les autres.

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Ai-je besoin de dire qu'assez souvent, il ne sera pas nécessaire de les réunir tous, un d'entre eux commandant k plusieurs autres ? C'est ainsi que, si, pour être complet, nous disons stomatite — êi^ythêmateme — simple — ai^W6?,pourla distinguer de la môme affection à l'état chronique; il pourrait suffire de dire, stomatiteérythématetcse-aiguë , le mot simple pouvant être lacilement sous-entendu sans erreur; et qu'il suffira également de dire, stomatite mercurielle^ iodique, aphtheiisey sans qu'aucune autre désignation soit nécessaire.

Mais il n'en est pas moins utile que ces régies de terminologie vous soient toujours présentes pour en user au besoin, et donner à votre langage l'exactitude qui est indispensable à tout langage scientifique et surtout au langage médical.

Ces divisions et ces règles établies, il ne me resterait donc qu'à commencer l'étude séparée de chacune de ces affections. Mais mon intention, dans le cours que j'inaugure aujourd'hui, étant d'une part de m'appuyer sur la physiologie pour expliquer la symptomatologie, et, tf autre part, de partir de l'anatomie normale pour vous faire apprécier les lésions anatomiques, je crois utile, sinon indispensable, de vous rappeler rapidement l'anatomie et la physiologie de la cavité buccale, en insistant plus particulièrement, bien entendu, sur les points dont la pathologie devra nous révéler l'importance plus tard. C'est cette étude d'anatomie et de physiologie qui terminera cette leçon.

Anatomie et Physiologie. — La bouche OU cavité orale, constitue la première portion des voies digesti-

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