XVI. CAUSTIQUES
Acide chromique pulvérulent 3 gr.
Eau pour dissoudre q. s.
Touchez les ulcérations et les fougosités tous les deux jours ; essuyez avant et après.
RÉSUMÉ. — 1" La stomatite gangreneuse simple est caractérisée par une perte de substance s' effectuant en masse, et en dehors de toute cause S23éciale;
2° Elle est primitive ou secondah-e ;
3° Les causes de la première sont surtout les caustiques, acides et basiques; et celles de la seconde, le diabète, la fièvre typhoïde et la fièvre intermittente;
4" Sous son influence, toutes les fonctions de la bouche sont plus ou moins altérées;
5° L étude de ses lésions compiorte celle de l'eschare, celle des tissus sous- j accents, et celle de la substance pulpeuse qui les sépare;
6" Dans la forme primitive, l'eschare diffère peu de l'état normal ; dans la forme secondaire on y rencontre, déplus, des cellules migratrices plus ou moins nombreuses ;
QUATRIÈME LEÇON
7° La matière pulpeuse contient quelques débris de tissu conjonctif, de globides de pus, des globules rouges, des granulations pigmentaires, et la plupart des infiniment petits que l'on rencontre ait début de la putréfaction;
8» Ces infiniment petits sont : le leptothrix buccalis, les bacillus trémulus et subtilis, le vibrio rugida, le spirochœte denticola, le vibrio linéola, des bactéries mono ou pluri-loculaires , des micrococci et des infusoires à divers degrés de développement;
9' Ait-dessous de cette zone, les tissus présentent les caractères des tissus de nouvelle formation;
10° Son diagnostic ne peut être discuté qu'avec la forme ulcéreuse, le noma et la forme ulcéro-membraneuse;
11° Seide, celle qui naît sous l'influence du diabète, peut donner de sérieuses inquiétudes;
12° Son traitement est tout entier dans l'emploi des èmollients et des désinfectants jusqu'à la chute de l'eschare, et de quelques attouchements modificateurs ensuite.
CINQUIÈME LEÇON
(16 Avril 1888).
SOMMAIRE. — Anatomie de la gencive
^' -^Divisions"^"^"^*^' ~ ^^^'^i'^i^'^- - litymoloyie. - Synonymie. Giiiçrivites simples. - Déttnition. - Division. - Fréquence. -
Bibhograpliie. - Etiologie. — Symptomatologie. — Coraplioations.
- Anatomie patliologique. - Diagnostic. — Pronostic. —
Traitement. — Résume.
STOMATITES SIMPLES PARTIELLES Messieurs,
Les stomatites simples, vous devez vous le rappeler, ont été réparties en deux groupes : les totales et les IKirtieMes. Les stomatites totales, comprenant \'érythémateuse aiguë, V êrythëmateuse chronique, V ulcéreuse et la gangreneuse, venant d'être étudiées dans les leçons précédentes, c'est donc du groupe des partielles dont nous allons avoir à nous occuper; et parmi ces affections, en suivant le tableau des stomatites, c'est par la gingivite que nous commencerons.
Notions anatomiques. - La gencive, nous le savons, n'est qu'une partie de la muqueuse buccale; et, par conséquent, comme à cette dernière, on peut lui compter trois couches. Mais ce n'est pas cependant sans présenter de différences, et quelques-unes assez marquées pour mériter de vous être signalées au point de vue pathologique.
D'abord son chorion, fortement augmenté de volume et de consistance, revêt les caractères des flbromuqueuses ; ensuite, sa couche celluleuse est si amincie, qu'elle se confond avec le périoste, qui, d'après quelques auteurs, existerait même seul sur
STOMATITES SIMPLES PARTIELLES
certains points; et enfin, tandis que ses papilles sont un peu plus nombreuses, les glandes lui manquent d'une manière complète.
' Quoique appartenant au même type, la gencive, et la muqueuse buccale prise en général, se distinguent donc par des différences notables quant k leurs deux couches profondes ; seule, la plus superficielle, l'épithéliale, ne présente rien de spécial.
Définition des gingivites en général. — Le nom de gingivite s'applique à toutes les inflammations de la gencive, quelles que soient leur cause et la profondeur de leur processus an atomique.
Etymologie. — L'origine du mot gingivite (de gengioa, gencive) est latine et non grecque, ce qui a lieu le plus souvent. Nous trouvons cependant trace de l'étymologie grecque dans les mots un peu moins employés aujourd'hui, époulis, épidis ou é2mlie, et paroulis ou paroulie, venant de èTri ou Ttapà (sur ou auprès;, et de iu),ov [gencive).
Les premiers servent à désigner les fougosités volumineuses venant sur les gencives, et les seconds les abcès gingivaux.
Division. — Les gingivites décrites par les divers auteurs sont des plus nombreuses. • Magitot, qui a résumé les divers travaux faits sur ce sujet, n'en compte pas moins de vingt. De là, on le conçoit, la nécessité de les diviser, de les séparer en groupes différents.
Cette question de la division des gingivites a été longuement discutée par Bontemps dans sa thèse, faite sous l'inspiration de Magitot ; et, en tenant compte en même temps de l'étiologie et du processus anatomique, il les a réparties en quatre groupes : les ii-aumatiques,
CINQUIÈME LEÇON
les essentielles, les toxiques et les s2Jécifiques, Je donne, du reste, le tableau do Bontemps, en ajoutant les trois gingivites argyriques, cupriques et du Jaborandi, que Magitot a décrites en plus dans son article si complet du dictionnaire encyclopédique.
Division des Gingivites d'après Magitot
avec dépôts charbonneux G. des Fumeurs.
id. détartre G. tartrique.
de certaines industries G. des verriers.
superficielle localisée
érosions épitliéliales
profonde suppurée
avec des fongosités.
avec masses liypertrophiques.
Sous l'influence de
certains médicaments ou
poisons spéciaux.
G. simple.
G. aphtheuse.
G. plilegmoneuse G. fongueuse.
G. liypertrophiq.
G. mercurielle.
G. iodique.
G. pliospliorique.
G. cyanique.
G. fuschinique.
G. argyrique.
G. cuprique.
G. du Jaborandi.
épidémique g. ulcéro-memb.
liée au scorbut g. scorbutique.
liée à certaines pyrexies G. gangréneuse.
liée à la grossesse G. des femmes
enceintes.
A cette classification, dont les divisions sont cependant faciles à justifier, j'en ai pourtant préféré une autre, qui la modifie sur certains points et à laquelle je trouve l'avantage, pour notre cours, d'avoir les mêmes bases que celles que je vous ai donnée pour les sto-
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matites elles-mêmes, et que j'adopterai pour les angines.
J'ai pensé, en effet, qu'il y aurait un intérêt sérieux k ne pas multiplier les divisions et à réunir les affections de la gencive, de la muqueuse buccale en général et de la région tonsillo-pharyngienne dans les groupes semblables, en donnant la même base à chacune de leurs divisions.
C'est ainsi que je suis arrivé à constituer le tableau que vous avez sous les yeux.
Tableau synoptique des Gingivites.
GINGIVITES '