‹ Traité des maladies de la bouche (pathologie interne) suivi d’un précis d’hygiène de cette cavitéChapitre 3 sur 26 · Quant au muguet, sa nature parasitaire · texte numérisé non relu

Quant au muguet, sa nature parasitaire

INTRODUCTION

est connue depuis longtemps ; et je n'ai rien à ajouter aux faits connus.

17. Nous devons donc conclure que toutes les affections précédentes sont microbiennes, ou que tout au moins, dans l'évolution de toutes, les microbes jouent un rôle plus ou moins important.

18. Il en est de même de la plupart des complications et entre autres des engorgements gan ■ glionnaires qui accompagnent beaucoup d'entre elles.

19. Gela étant, le traitement soit préventif, soit curatif, en découle tout naturellement.

20. Le traitement préventif doit comprendre tous les moyens pouvant supprimer ou atténuer les microbes de la bouche. La propreté de cette cavité faite méthodiquement et souvent remplit la première de ces indications, et les antiseptiques la seconde.

21. Gomme moyen curatif, c'est également à ces deux moyens qu'on doit s'adresser; mais, outre qu'il faut employer les antiseptiques les plus puissants pour chaque microbe, il est également nécessaire de soutenir l'énergie des leucocytes.

Telle est la doctrine des affections buccales, relevant de la pathologie interne. Gomme on le voit,

xxxvin

INTRODUCTION

les principes qui la résument sont bien rapidement exposés.

Mais, si ces indications suffisent au point de vue de la pathologie générale, si elles offrent même l'avantage de permettre d'embrasser ces affections . dans un rapide coup d'oeil d'ensemble, j'ai pensé que les jeunes praticiens seraient bien faiblement armés, si on ne mettait à leur disposition que ces données.

A côté des exposés théoriques, des grandes lois qui nous séduisent par leur généralité/ nous ne saurions l'oublier, il y a la pratique avec ses impéHeuses nécessités. A côté de la doctrine, il fallait la clinique.

D'autre part, si tout nous fait supposer que ces vues seront confirmées bientôt, on ne doit pas moins avoir présent à l'esprit qu'à côté défaits bien établis, se sont glissées bien des hypothèses ; et que si ces hypothèses, grâce à leur grande probabilité, peuvent suffire pour inspirer les recherches, il est bon que dans la pratique nous nous en tenions encore aux règles fixées par la clinique qui, par dessus toute théorie, doit toujours continuer à juger en dernier ressort.

Ce sont ces considérations qui, dans l'exposé de ces maladies, m'ont fait donner la préférence à la forme clinique que j'ai adoptée. Ce sont elles qui m'ont fait penser que ces leçons peuvent encore être utiles, quoique elles aient été faites dépuis plusieurs années, et avant même que

INTaODUCTION

,<iuelqu.es-uns des faits que je viens d'exposer furent trouvés.

C'est que, en effet, d'abord ici comme dans beaucoup d'autres points de la pathologié, la pratique, avait devancé la théorie. Pour toutes ;ces atfectioûs, r utilité des antiseptiques n'étaitellè pas déjà connué ? N'en était-il pas de même de la propreté,jetc. ? Seule l'interprétation nous ■manquait.

Ensuite, il m'a paru que même pour utiliser les découvertes nouvelles, il y avait une sérieuse utilité à grouper tous les matériaux que depuis des siècles lâ clinique avaient amassés. Or, leur, mise en ordre et surtout leur interprétati<Dn ne pouvait se faire que par leur exposé compliet.

Puis, j'ai cru aussi qu'il n'y aurait pas Une moindre utilité à guider le jeune prâticiénTdans la recherche du diagnostic ; et je ne crois pas que la pratique puisse déjà se contenter: dé celui qui nous viendrait de la bactériologie. Pour longtemps, sur ce point comme pour d'autres, la clinique sera encore notre meilleur guide.

Enfin, si dans une vue d'ensemble on peut se oontenler de dire qu'une affection étant microbienno, il faut s'adresser aux antiseptiques; je ne pense pas que ce canseil; puisse suffire aux jeunes praticiens. Pour ceux-ci, on ne saurait descendre dans trop de détails; et si je remonte à cette époque où je devais tout puiser dans mes livres , je trouverai que les détails ne m'ont

INTRODUCTION

jamais paru trop longs, mais, au contraire, souvent trop courts. C'est pourquoi, dans maintes circonstances, je n'ai pas craint de multiplier les indications. Je dois, en outre, l'ajouter en terminant, les détails concernant non seulement le traitement, mais aussi l'anatomie, je les ai donnés d'autant plus complets, que les maladies de la bouche sont encore souvent traitées par un personnel qui manque parfois de l'instruction qu'a tout médecin. Beaucoup de ces affections, en effet, ne sont vues que par les dentistes. Or, il m'a semblé utile, en écrivant un traité des maladies de la bouche, d'écrire pour ce personnel en même temps que pour le corps médical; et voilà pourquoi l'on trouvera certaines parties qui seraient sûrement de trop, si je n'avais pensé qu'à ce dernier.

Tel est le traité que j'offre aujourd'hui au public médical, et les pensées qui l'ont inspiré.

En l'écrivant, j'ai voulu, tout en faisant profiter cette partie de la pathologie des progrès accomplis pendant ces dernières années, donner un ouvrage surtout clinique et utile en même temps aux dentistes et aux médecins. L'accueil que lui feront les deux personnels auxquels je le destine, me dira si, en agissant ainsi, j'ai bien su comprendre leurs besoins.

INTRODUCTION

Ce sont là les idées générales auxquelles m'ont conduit les travaux les plus récents Mais je dois, dès maintenant, en prévenir le lecteur; sur quelques points les opinions émises dans ces leçons ne sont pas tout à fait en accord avec celles que je viens d'exposer (1).

(1] Page 3. — Il est dit dans une note : « Des doutes existant encore sur la nature microbienne de l'érysipèle, de la diphtérie et de la syphilis... » Ces doutes, on le sait, ont disparu aujourd'hui.

Pages 6 et 7. — Ces explications sur la terminologie étaient justifiées par le personnel auquel je m'adressais ; et qui comprenait beaucoup d'étudiants commençant l'étude de la pathologie. (2'"" semestre de la 2'"° année).

Page 16. — « On ne trouve dans leur étiologie (celles des stomatites dites simples) ni influence microbienne...» J'ai expli(pié dans l'Introduction comment il faut comprendre maintenant l'intervention de cette influence.

Page 53. — Dans l'étiologie de la stomatite ulcéreuse, l'influence microbienne n'est pas mentionnée. Il n'est pas douteux aujourd'hui qu'elle n'y joue un rôle important.

C'est qu'en effet, au moment où ces leçons ont été faites, certaines idées relevant de la théorie microbienne ou bien n'étaient pas encore bien établies, ou même n'avaient pas encore été publiées.

Toutefois, je dois le dire, ces points sont peu nombreux, sans importance pratique, et ne se trouvent que dans les premières leçons. Pour les autres, en effet, leur impression n'a eu lieu que plus tard, et tout en respectant le texte, j'ai pu ajouter quelques notes qui ont suffi pour les mettre à jour.

Pages 69 et suioantes. — C'est à propos de la stomatite gangréneuse que j'ai donné la description des divers micro-organismes vivant dans la cavité buccale. Cette énuraération est forcément incomplète ; et, en outre, je ne fais jouer à ces micro-organismes qu'un rôle peu important. C'est qu'en effet, d'une part les travaux les plus concluants à leur égard n'étaient pas encore publiés; et que d'autre part le rôle des microbes pathogènes vivants dans la bouche n'était pas encore connu.

Ce que j'en ai dit dans l'Introduction doit suffire pour compléter l'étude de ces micro-organismes, aussi bien au point de vue de leur énumération que de leur influence.

Pages 143 et 216. — C'est pour la même raison que je n'ai pas fait mention des microbes pyogènes à propos des abcès de la langue, de la palatite phlegmoneuse et des autres suppurations.

INTRODUCTION

Aussi quoique j'ai à regretter ces imperfections, qui, du reste, sont difficiles à éviter dans un travail de longue haleine, il m'a semblé, surtout ayant pu exposer les doctrines récentes dans V Introduction, que ces leçons, qui ont surtout un but pratique, avaient conservé toute leur utilité; et c'est ce qui m'a décidé à les publier.

Page 1