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FORMES

Dans la plupart des cas, la dég'énércsceiicc des cordons latéraux a son point de départ à la région cervicale : c'est là (prollc est le plus accusée, elle diminue ensuite de haut en bas; variable comme intensité et comme étendue, elle envahit les faisceaux pyramidaux croisés, les faisceaux cérébelleux directs, le faisceau antéro-latéral ; elle occupe plus rarement le faisceau pyramidal direct et le faisceau fondamental antérieur.

Lichtheim n'a jamais observé d'altérations des nerfs périphériques.

Fig. 174. — Anémie pernicieuse. Coupe transversale de la moelle cervicale au niveau du faisceau pyramidal croisé et du faisceau cérébelleux direct. Coloration par le picrocarmin en niasse. Grossissement: Obj. D, oc. 2, Zeissl. — On y remarque des lacunes, vides ou comblées par du protoplasma amorphe, mal coloré, des gaines vides, des cylindraxes hypertrophiés. La névroglie se présente sous deux formes : fibrillaire en bas dans la zone du faisceau cérébelleux direct ; cellulaire en haut dans la zone du faisceau pyramidal : ce sont des cellules araignées très •volumineuses, très bien colorées, pourvues de riches prolongements qui séparent les fibres nerveuses.

D'après Minnich, Nonne et Johnson, la dégénérescence et les scléroses des cordons de la moelle évoluent au voisinage de foyers scléreux développés eux-mêmes autour d'une hémorragie capillaire. Les hémorragies sont quelquefois assez abondantes pour former une cavité médullaire (Teischmûller) (1).

Pour d'autres, il s'agit d'une sclérose névroglique primitive.

Pour d'autres encore, les fibres nerveuses sont primitivement atteintes (Dejerine et Thomas) : en effet, en certains endroits, l'altération des fibres nerveuses existe seule, sans prolifération du tissu névroglique ; à leur place il existe des lacunes ; ces fibres sont dilatées,

(1) TeischmOller, Deut. Zeitschr. fur Nervenheilkunde., 1896.

gonflées : elles ne sont plus représentées que par des débris protoplasmiques, le cylindraxe est irrégulier, recourbé sur lui-même, volumineux. Lorsque la fibre nerveuse disparaît, le tissu névroglique se substitue à elle (fig. 174). La dégénérescence n'évolue pas suivant la loi de la dégénérescence wallérienne.

Le pseudo-tabes de l'anémie pernicieuse a donc pour substratum anatomique des dégénérescences combinées des faisceaux de la moelle : pour les raisons invoquées plus haut, elles ne sont pas en réalité systématisées, mais on peut néanmoins les considérer comme telles, à cause de leu'r symétrie et de la dégénérescence primitive des fibres.

Par comparaison avec les lésions médullaires de l'ergotisme, de la pellagre et du lalhyrisme, il est assez logique d'incriminer un agent toxique ou infectieux et d'envisager l'anémie et les dégénérescences médullaires comme deux manifestations morbides reconnaissant une même cause, mais n'ayant entre elles aucun rapport de causalité : la déglobulisation du sang paraît, en effet, étrangère à la production des lésions ds la moelle, et les symptômss nerveux précèdent parfois l'anémie.

Les caractères particuliers du sang des malades atteints d'anémie pernicieuse et les autres symptômes de cette affection rendent le diagnostic facile : ces accidents nerveux peuvent à leur tour être un élément précieux de diagnostic, leur apparition au cours ou au début d'une anémie grave doit faire songer immédiatement à l'anémie pernicieuse.

DIAGNOSTIC. — 1° Tabès. — Le tabès se distingue des scléroses combinées par les troubles oculaires (signe d'Argyll-Robertson), la topographie radiculaire des troubles de la sensibilité, les troubles trophiques, la plus grande fréquence des troubles sphinctériens. Dans le tabès combiné , lorsque la sclérose des faisceaux pyramidaux est très légère, elle ne se révèle parfois que par le phénomène des orteils (Babinski (1).

2° Sclérose en plaques. — Le diagnostic de la sclérose en plaques et de la sclérose primitive des faisceaux pyramidaux est parfois extrêmement délicat ; le nystagmus et les troubles de la parole devront être recherchés avec soin : ce seront parfois les seuls éléments de diagnostic qui trancheront en faveur de la sclérose en plaques.

3° Paraplégie syphilitique. — La paralysie, la contracture, les troubles sphinctériens sont plus fréquents et plus prononcés que dans les scléroses combinées.

TRAITEMENT. — 11 ne comporte aucune indication spéciale.

(1) Babinski, Congrès inlern. de méd., Paris, 1900.

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