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Les causes détenninantes n'ont d'effet qu'autant que la vessie est remplie.
Les plus fréquentes sunt les violences extérieures. Yelpeau admet que la vessie peut se rompre pendant l'accouchement, par suite d'une distension exagérée, parce qu'elle se trouve alors comprimée par la contraction dés muscles abdominaux. Cependant, à la suite de l'accouchement, on observe plutôt des escarres qu'une rupture. Toutefois c'est surtout aux traumatismes extérieurs qu'il faut attribuer les ruptures de la vessie; tels sont : les coups de pied ou avec des instruments contondants, les chutes d'un lieu élevé. On a trouvé ces lésions sur des individus pris dans des éboulements ou sur des cavaliers serrés sous leurs chetaux. Quand le traumatisme a été très-violent, il existe le plus souvent, en même temps, une fracture du bassin.
AîïATOMiE PATHOLOGIQUE. — Le siégc dc la rupture diffère suivant que celle-ci est traumatique ou spontanée. Quand la rupture est traumatique, ce qui est le plus ordinaire, la déchirure riége toujours à la face postérieure et inférieure de la vessie, dans la partie correspondante à l'angle sacro- vertébral, du moins au dire de Laugier. Mais, d'après les dix-sept cas rassemblés par Bouel dans sa thèse, on voit que les ruptures sont aussi fréquentes à la face antérieure qu'à la postérieure ; seulement ces dernières sont accompagnées de la rupture du péritoine, ce qui leur donne un grand caractère de gravité, puisque alors le liquide s'épanche dans la cavité péritonéale, tandis qu'en avant il s'infiltre simplement dans le tissu cellulaire circonvoisin. Quand il y a rupture, toutes les tuniques ou simplement une seule peuvent être déchirées; quant à Touverture elle-même, d'étendue variable, elle peut être ou longitudinale ou transversale. La gravité de l'aocident est, on le conçoit, en rapport avec le diamètre de la déchirure, car la rapidité de Tépanchement d'urine et sa quantité sont proportionnelles aux diamètres de l'ouverture vésicale.
Si un épanchement a lieu rapidement, la gangrène survient et le? tissus sont proroptement désorganisés ; dans le cas contraire, il se produit une inflammation qui forme bientôt une limite à répanchement et l'enkysté. La poche ainsi formée communique
quelquefois avec la vessie. Mais cette poche, pouvaht s'ouvrir tout à coup, retarde plutôt qu'elle ne conjure les accidents.
La rupture spontanée, dans les cas de Houel, siégeait surtout à la face postérieure. Ces ruptures sont toujours sous-péritonéales ; aussi, si l'urine s'échappe lentement, y a-t-il des chances pour qu'elle s'enkyste.
Si, dans ces sortes de rupture, le péritoine est atteint, il y aura, comme dans les cas précédents, une péritonite.
Les plaies de la vessie par traumatisme sont déchiquetées, irrégulières, et si le péritoine est atteint, il est plus largement rompu que la vessie. Dans les ruptures spontanées, ce qui peut, avoir une grande importance en médecine légale, l'ouverture est moins régulièrement transversale ou verticale, elle affecte la forme triangulaire à trois valves ; mais le point le plus important, c'est que les bords de cette ouverture sont très-minces ; de plus, ces vessies peuvent présenter des diverticulums.
Symptômes. — Ils se divisent en symptômes généraux et eo symptômes locaux, et ne diffèrent, dans les cas de rupture traumatique et de rupture spontanée, que par la cause extérieure.
La douleur est un des premiers symptômes locaux; elle siège ordinairement à la partie inférieure de la paroi abdominale et s'étend quelquefois à l'abdomen tout entier quand il y a péritonite. La douleur abdominale existe ordinairement dès le début et elle est accompagnée d'une ecchymose quand il y a eu coup.
Il existe un besoin fréquent d'uriner que le malade ne peut satisfaire que très-rarement. Le cathétérisme, facile à pratiquer quand il n'y a pas de rétrécissement, ramène ordinairement fort peu d'urine et montre une vessie petite, revenue sur elle-même. L'urine, quand il en vient, se trouve mélangée de sang, et parfois même il s'écoule une assez grande quantité de ce dernier liquide par la plaie.
Le bas-fond de la vessie n'existe plus et, si la rupture est large, le doigt introduit dans le rectum peut sentir facilement la sonde tout près de lui.
On pourrait croire quelquefois la vessie énormément dilatée, quand il existe une poche en avant; mais la sonde, dans ce cas, ne ramène que peu d'urine.
Quelquefois, au lieu d'une tumeur, on en trouve plusieurs ou bien il y a un épanchement général, en sorte que tout le ventre offre de la matité ; dans le cas contraire, il peut y avoir épanchement sous-péritonéal .
Les symptômes généraux sont yàvmhles. Parmi les individus frappés, les uns se sont sentis sur le moment atteints mortellement, les autres n'ont presque rien perçu et c'est seulement plus tard que les symptômes se sont révélés. Alors arrivent les vomissements bilieux, dont la persistance est plus ou moins opiniâtre ; le malade est agité ou dans la prostration. A mesure que l'infiltration fait des progrès, il y a des frissons, un pouls petit et fréquent, une altération profonde des traits et une transpiration urineuse accompagnée de refroidissement et de délire.
Il faut ajouter à cela que les lésions dont nous venons de parler sont souvent accompagnées de désordres très-graves dans les organes du bassin, tels que fractures et luxations.
Diagnostic — Il se tire des circonstances de Taccident. Si les symptômes dont nous venons de parler surviennent consécutivement à un coup ou à une chute, le doute ne devra plus exister. Si on ajoute à cela que la vessie était pleine avant l'accident etqu on ne puisse pas retirer d'urine après qu'il est arrivé, on aura un signe pathognomonique. Ajoutez à cela l'envie continueUe d'uriner du malade et le peu d'urine sanguinolente que retire la sonde, on aura un ensemble sufflsant.
La rupture spontanée arrive généralement à la suite d'une rétention d'urine. Le malade qui, quelquefois, a parfaitement senti quelque chose se rompre dans son ventre, se trou\e tout à coup soulagé jusqu'à ce qu'arrivent les accidents dont nous menons de parler et qui indiquent la lésion.
Proxostic. — Il est si grave que Laugier regardait les ruptures de la vessie comme toujours mortelles et ne voulait même pas qu'on plaçât une sonde dans la vessie ; mais c'est là un jugement exagéré, car on peut guérir d'une rupture de la vessie. Houel en a cité deux exemples. L'épanchement d'urine dans le péritoine aggrave le pronostic; mais celui-ci devient moins sérieux quand le liquide s'est infiltré dans le tissu cellulaire du bassin ou, mieux encore, s'il s'est formé une poche urineuse.
Itt G0RP3 ftniA.X6ER§ VC!CrS DO DEHORS.
TR4]TE3rK!rr. — D faut : i* combattre Finfiltration urineuse et, pour cela, placer dans la vessie une sonde flexible qu'on aura soin de maintenir débouchée.
Il faut, s'il existe une poche, s'efforcer, comme Denonvilliers, d'y introduire une sonde, afin de la débarrasser des caillots renfermés dans son intérieur.
En cas de rétrécissement, on pratiquera la boutonnière. Si des caillots obturent la sonde, on pourra y pousser doucement une injection d'eau tiède qui a réussi, dans un cas, à Denon* villiers. Toutefois on devra craindre d'au^enter ainsi l'infll* tration.
2* Les accidents locaux seront combattus par des sangsues, par des cataplasmes, des onctions mercurielles, des bains prolongés.
3* La troisième indication consiste dans révacuation du liquide épanché et du pus qui s'y mélange bientôt. Dans un cas, Syme a ouvert la paroi abdominale, opération qui a sauvé son malade. La tentative heureuse de Syme pourrait être plus facilement réalisée aujourd'hui. Avec les appareils aspirateurs rien ne s'opposerait à ce que, la collection liquide devenant sensible et fluctuante, on pût y plonger même quand elle est très-profondément située un trocart aspirateur de très-petit diamètre.
Les corps étrangers parvenus dans la vessie, en dehors de ceux qui viennent du rein, y pénètrent de rintérieitr du corps ou de ^extérieur. Les premiers, beaucoup moins fréquents et variés que les seconds, sont formés le plus souvent, soit par des débris de fœtus occlus dans la cavité abdominale, à la suite d'une grossesse extra-utérine, soit par des fragments de pessaires, de projectiles ou d'esquilles osseuses provenant d'une fracture du bassin, qui, après un séjour plus ou moins prolongé dans une région voisine de la cavité vésicale, ont fini par y tomber, consécutivement à une ulcération de ses parois. On a vu aussi dés
GORPS ÉTRANGERS VENUS DU DEHORS. it»
résidus alimentaires pénétrer dans la vessie par une fistule vé* sico- vaginale.
Les corps étrangers de la seconde catégorie, beaucoup plus nombreux que ceux de la précédente, viennent du dehors. Pdrmi eux, les uus sont introduits au travers des voies naturelles, par les malades eux-*mèmes, et forment le noyau de la plupart des calculs de la femme ; les autres p :nètrent dans la vessie, au travers des tissus, el par un tout autre mécanisme, à la suite d'une chute, d*un coup de feu, d'épée ou de baïonnette, en un mot, d'un traumatisme quelconque.
Tous ces corps sont flexibles ou rigides^ mais diffèrent par leur forme, qui est plus ou moins arrondie ou allongée.
Quand ils ont été introduits par les voies naturelles, c'est soufenl à la suite d'une orgie, chez l'homme, ou dans un but facile à comprendre, chez la femme. Plus rarement, c'est par malheur, qu'un instrument de cathétérisme a été brisé dans la vessie, soit par le médecin, soit par le malade lui-même; quelquefois, c'est une sonde échappée aux mains de l'opérateur, ou qui a pénétré spontanément dans les organes. Dans les autres cas, les corps étrangers n'ont aucun rapport avec le traitement des organes nrinaires : ce sont une aiguille, une épingle, un passe-lacet, an étui, une aiguille à tricoter en ivoire, un noyau de fruit, un bouton, etc.
Ceux qui ont pénétré dans la vessie au travers des tissus sont tout différents. Ce sont, la bourre d'un fusil, le culot d'une cartouche, une balle, un éclat d'obus ou un fragment de son enveloppe. D'autres fois, c'est un morceau de drap emporté par un des projectiles précédents, une esquille du pubis, de l'ischion ou d'un es quelconque. Ces corps étrangers ontpu^ d'ailleurs, demeurer longtemps dans la vessie, sans manifester leur pré*^ sence par aucun symptôme; les plaies d'entrée et de sortie s'étant cicatrisées sans qu'aucun signe local fût venu révéler leur présence. Les exemples ne sont pas rares dans lesquels les individus sont morts porteurs d'un de ces corps étrangers, que l'autopsie seule a révélé.
Si maintenant nous cherchons à connaître la proportion relative existant entre ces différentes espèces de corps étrangers,
nous voyons que Denucé, sur un relevé de quatre cent vingt cas, en a trouvé trois cent soixante-quatorze dans lesquels le corps étranger avait été introduit par les voies naturelles.
Mécanisbie. — Le mécanisme suivant lequel un corps étranger est attiré de Textérieur à l'intérieur, pour arriver jusque dans la vessie est, en somme, peu connu, d'autant moins que l'introduction de ces corps étrangers dans cet organe, étant le plus souvent, comme nous venons de le voir, la conséquence â*une manœuvre honteuse, on ne peut parvenir à counaître toutes les circonstances de l'accident.
Dans tous les cas, il faut distinguer, à ce point de vue, les corps allongés des corps de petites dimensions.
Quand le corps est allongé^ une sonde, par exemple, on peut adopter la théorie de Mercier. D'après cet auteur, l'oriflce du col vésical se ferme par suite de la traction de la lèvre postérieure sur l'antérieure ; il en résulte que l'instrument allongé, engagé dans son intérieur, éprouve un mouvement de bascule qui a de la tendance à l'attirer dans la vessie. Pour peu que, dans un cas pareil, une érection survienne, l'extrémité externe du corps allongé qui était encore au dehors, se trouve enfermée dans l'urèthre, dont elle ne peut plus sortir, parce qu'elle bute dans la fosse naviculaire. Dès lors, ne pouvant plus s'échapper en avant, tandis qu'il est sans cesse attiré vers la vessie, le corps étranger y pénètre tout entier.
Quand il est arrondi, le corps étranger peut aussi bien être chassé au dehors ou attiré en dedans. Le premier effet aura souvent lieu, quand ce corps étranger sera arrêté dans l'un des points de la région spongieuse, par conséquent en avant du bulbe; le second, au contraire, quand il aura pénétré jusque dans la région membraneuse. Le mécanisme d'attraction ou d'expulsion du corps étranger est la conséquence de la contraction des fibres musculaires de l'urèthre, agissant à la manière des doigts sur un noyau de fruit qui glisse entre eux. Dans la région spongieuse, le corps étranger est chassé vers l'extérieur, parce qu'il trouve de ce côté la voie tout à fait libre; arrivé dans la régioQ membraneuse, il est chassé dans la vessie pour la même raison.
On conçoit que chez la femme, le mécanisme de pénétration
des corps étrangers dans la vessie soit moins compliqué, quoique semblable au précédent. En effet, à peine abandonné à luimême, le corps étranger tombe dans la vessie, Turètbire n'ayant que trois centimètres de longueur^ et ne lui offrant plus sa paroi inférieure comme soutien. A cette cause de pénétration, vient s'ajouter la nature du corps étranger, qui est aussi plus ou moins mince et, à part quelques rares exceptions, toujours très-poli.
DiAO'osTic. — Le diagnostic de la présence des corps étrangers dans !a vessie venus du dehors est, en général, difficile, au moins quant aux commémoratifs. Comme ils ont été introduits le plus souvent à la suite d'une manœuvre honteuse, le malade nie, quelquefois même devant l'évidence des faits, et s'il ne nie pas, s'efforce d'induire le chirurgien en erreur. Ce n'est ordinailemeot, d'ailleurs, qu'après un temps plus ou moins long et vaincu par la douleur, que le malheureux patient vient trouver le médecin. 11 se plaint de douleurs dans le bas-ventre, de pesanteur au périnée, de chaleur le long du canal, de dysurie, de strangurie, d'hématurie, tous les signes, en un mot, de la pierre dans la vessie. Aussi, le médecin doit-il porter de suite sa pensée de ce côté et pratiquer l'exploration directe.
Celle-ci s opère avec la sonde exploratrice en argent et de la même manière que dans le cas de calcul vésical. Cet instrument donne la sensation d'un corps étranger, et certaines notions sur sa consistance, et, jusqu'à un certain point, sur sa conflguraîion, mais sans fournir toutefois des renseignements parfaitement exacts. Il est préférable, en pareil cas, d'avoir recours à un petit lithoclaste qui, en permettant de saisir le corps étranger air différents points de son étendue, de le lâcher, puis de le reprendre, de le comprimer entre ses branches, donne, sur sa forme, sa longueur et sa consistance, des notions plus précises que la sonde. Le lithoclaste offre un autre avantage plus prédeux, c'est de permettre, dans certains cas, l'extraction du corps étranger à l'instant même. Cette extraction peut s'effectuer quand il est sphérique et de petit volume, ou, quand, étant allongé, il a été saisi par une de ses extrémités. Si, l'ayant attiré vers le col, on ne peut parvenir à le retirer, on a déjà sur ses caractères extérieurs des notions approximatives.
i4i G0RP8 ÉTRANGERS VENUS DU DEHORS.
Pour savoir s'il est allongé, et vers quelle extrémité il est saisi. Mercier conseille de maintenir le lithoclaste contre le ool, tout en lui rendant la liberté et en ne le soutenant qu'avec le médius et Tannulaire placé sous la tige. Si, d'après cet auteur, Tinstru* ment n'éprouve aucun mouvement, c'est que le corps est said en travers, au milieu. Si, au contraire, il tourne sur son axe, c'est que le corps étranger, saisi par une de ses extrémités, proémine du côté opposé à celui vers lequel se tourne l'instroment.
A l'exploration uréthrale, on joindra celle par le rectum chef Thomme, par le vagin chez la femme. Quand le corps étranger est volumineux, on arrive quelquefois, par ce moyen, h une plus grande exactitude, surtout chez la femme.
Extraction. — L'extraction des corps étrangers introduits dans la vessie s'opère au moyen d'instruments appropriés à la forme et à la consistance de ces corps étrangers. Ces instruments peuvent être divisés en quatre groupes :
i« Instruments d'extraction simple pour saisir et retirer les corps ronds ou allongés^ quand ils peuvent être enlevés en entier ou brisés ;
2"* Instruments d'extraction par division, pour morceler les corps trop volumineux, trop longs ou trop durs ;
3** Instruments d'extraction par redressement, pour ramener dans la direction do l'urèthre, un corps allongé saisi à une cer* taine distance de son extrémité ;
4"" Instruments d'extraction, par duplicature, pour les corps allongés, mais flexibles.
Du{ns la première catégorie^ on doit ranger le trilabe, oo pince à trois branches dont se servait Civiale, mais qui est k peo près abandonné aujourd'hui. (Nous en donnerons la figure! l'article lithotritie.) Ce chirurgien habile a retiré avec cet instnif ment, dont le maniement lui était d'ailleurs excessivement femilier, un haricot, un pois et même quelques corps allongés^ comme un bout de sonde, un tube de baromètre, un fraginent de fœtus de paille. Toutefois le trilabe n'est réellement utile que dans les cas de corps arrondis et encore, si son extrénût* vésicale est fort bien disposée pour cet usage, a-t*il le grand
CORPS ËTBAMGBaS VKNUS DU DEHORS. 141
inconvénient d'être droit, et par conséquent difQciie u intro^ dnire pour un chirurgien peu accoutumé, au moins chei l'homme, car l'urèthre de la femme étant très-court, lui livre un chemin beaucoup plus facile à franchir. Néanmoins, il peut être encore utile, même chez riiomme, dans les cas de corps petits, arrondis et friables, que l'on puisse retirer intacts ou de manière à ne pas produire de désordres dans les organes.
Quand le corps étranger est arrondi, et qu'il n'y a pas d'inconvénient à le briser, on peut se servir du Utlioclaste avec plus d'avantage, absolument comme dans l'opération de la pierre pur la lithotritie.
Le lithoclaste, de même que le trilabe, pourrait^ au besoin, servir comme dans les cas de Civiale, à extraire un corps allongé, pourvu que, saisi par une de ses extrémités, il u'ofTrlt pas one disposition propre à déchirer les organes en passant au travers du canal.
Un des meilleurs instruments pour retirer les corps étrangers venus du dehors et introduits récemment, qu'ils soient ronds ou allongés, est la pince courbe de Robert et Collin (Gg. 30).
Si, tout en étant arrondi, le corps étranger ne peut être brisé, comme une balle de plomb, par exemple, il faut avoir recours à des instruments particuliers auxquels on a donné le nom de sécateurs, et qui font partie de la seconde catéfjorie. Ceux-ci pourront aussi servir à fragmenter des sondes en gomme élastique, des morceaux de bois, de linge, de ficelle.
Le premier instrument de ce genre a été inventé par Civiale. Il a la forme d'un lithoclaste ordinaire, dont la branche femelle
Fi p. 30. — Pince courbe lie Robert f t C'jUiu.
i44 CORPS ÉTRANGERS VENUS mj DEDORS.
est très-forte ; le bec de la branche mftie est muni de deux tranchants parallèles à sa longueur et séparés par une gouttière profonde et venant se cacher dans le bec de la branche femelle. On saisit de suite le mécanisme de cet instrument, qui agit à la manière d*un emporte-pièce.
Leroy a inventé un instrument à peu près semblable. C'est un lithoclaste ordinaire, dont les becs des branches mâle et femelle sont profondément excavés. Dans une rainure dont est creusée la branche màle, se meut un mandrin portant à son extrémité vésicale une lame de bistouri enfermée dans les becs et dont les mouvements correspondent à ceux du mandrin.
Le corps étranger étant saisi entre les deux becs, il ne reste plus, pour le couper, qu'à faire agir le mandrin d'avant en arrière.
Un inciseur très-employé est celui de Mercier. Cet instrument a la même forme extérieure que le précédent, mais en diffère par son bec. Celui-ci a son mors femelle profondément creusé ; mais un de ses bords présente une arête fortement tranchante; de son côté, le bec de la branche mâle porte une lame qui se croise avec l'arête de la branche femelle, à la manière des lames de ciseaux. Les mors étant très-larges et la partie non tranchante mousse et aplatie, en sorte qu'elle peut retenir une partie du corps étranger en même temps qu'il est coupé.
Cet instrument étant introduit comme un brise-pierre ordinaire, et le corps étranger saisi, on n'a plus qu'à faire jouer, par des mouvements de va et vient, le bec mâle sur le bec femelle, pour morceler ce dernier. Comme le précédent, il' est surtout utile dans les cas de gomme élastique, de bouts de bois, de fragments de linge ou de corde, qui sont coupés en deux parties, dont une reste dans la vessie pendant que l'autre, retenue par une de ses extrémités, peut être retirée.
Quand le corps étranger est moins lourd que l'eau, il est utile d'opérer à sec, ou, au moins, avec une très-petite quantité d'eau dans la vessie ; autrement, ce corps venant à flotter, on ne le rencontrerait qu'avec beaucoup de difûculté.
La troisième classe comprend les instruments redresseurs. Les premiers instruments (ûg. 31 et 32) de ce genre ont été
CORPS ETRANGliRS VENUS DU DEHORS. 145
iofentés par Leroy d'ÉtîoUes, qui en a préconisé plusieurs. Le lias ancien (fig. 31) a la forme d'un brise-pierre ordinaire, dont fingle de courbure serait très-saillant. Ses deux mors sont creu-
«ATTllCU
co
CO
lis d*une gouttière longitudinale. L'extrémité vésicale du bec iDile est munie, sur son bord droit, d'une saillie de quelques millimètres; il en est de même de l'extrémité du bord droit du bec femelle. Ces deux saillies, placées sur des points correspondants
H. PiCABD.
des becs, et ayant les mêmes dimensions, s'appliquent Tune contre l'autre, quand les mors sont rapprochés, dç manière à former un cercle complet en ce point. Toute la partie des deux mors qui s'étend en arrière de ces deux saillies jusqu'à l'angle de courbure de l'instrument est à jour. A gauche, les bords des deux mors sont appliqués l'un contre l'autre ; mais, le long du bord du bec femelle, glisse un curseur soudé sur un mandrin, dont l'extrémité externe, munie d'un bouton, répond à la poignée de l'instrument. En poussant le mandrin en avant, le curseur s'avance jusqu'à l'extrémité du bec; en l'attirant au dehors, il vient, au contraire, se placer dans l'angle que forme le bec avec le manche.
Pour la manœuvre, voici comment on opère : on attire le curseur jusque dans l'angle de courbure, puis l'instrument étant introduit dans la vessie, on saisit le corps étranger entre ses mors et on pousse le curseur qui chasse le corps devant lui. Mais arrivé à l'extrémité du bec, ce corps rencontre les deux saillies mâle et femelle, qui l'empêchent d'avancer de ce côté, tandis qu'il continue à être poussé du côté opposé; en sorte quil bascule, et que la partie droite vient se placer dans l'échancrure que nous avons dit exister en arrière des saillies.
On cherche alors à retirer le corps étranger ; si on ne peut y parvenir, c'est qu'il vient buter contre l'orifice uréthro-vésical et que, par conséquent, il n'est pas saisi par son extrémité. Pour arriver à ce qu'il en soit ainsi, on desserre un peu les mors de 1 instrument, tout en l'attirant au dehors et en appuyant le corps étranger contre la paroi vésicale, de manière à le faire pisser entre les mors, jusqu'à ce qu'il soit placé convenablement, c'est-à-dire que son extrémité soit entièrement embrassée par la cavité formée {wir le rapprochement des mors. On peut encore incliner le bec de Tinstrument tenant le corps étranger, entre ses mors, sur le côté, de manière à ce que l'échancrure repose sur le bas-fond de la vessie; do cette façon, il est possible d'arriver à saisir le corps étranger plus près de son extrémité, et apn'^s avoir redressé l'instrument dans Taxe du canal, de par* venir ù le retirer,
Leroy a fait construire un instrument analc^e, mais droit.
[ai sert à l'extraction des corps étrangers de la vessie des femmes. est une sorte de pince à pansement (fig. 34), h mors trés-
or
et
le
en
ar.
CJ
iltongés, creusés en forme de demi-gouttière. A droite, leur extrémité est munie d'une saillie; à gauche, se meut de la même manière que les précédents, un curseur qui lui est sem*
(S COBPS ÉTRANGERS VENUS M) DRHORB.
blablc. Od introduit la piace, après avoir attiré le curseur mobile dans l'angle d'articulation des branches ; puis, saisissant le corps étranger, on pousse le curseur qui fait basculer ce dei^ nier, comme dans le cas précédent.
Hobert et Cullin ont construit un instrument (fig. 35) destiné au même but, d'une forme différente, mais d'un maniement plus simple. Cet instrument, d'une forme presque semblable à un brisepierre ordinaire, a ses mors disposés de la manière suivante : le mors de la brancbe femelle a le dos large et rectangulaire; le bord droit très-saillant, au niveau de l'angle de courbure, s'abaisse graduellement, jusqu'à disparaître au niveau de la pointe du bec ; l'autre bord, très-échancrô , forme une saillie brusque, tout près de la pointe du bec.
Le mors m&le, qui s'embotte dans le précédent, présente aussi un dos en forme de rectangle.
Son bord droit forme une saillie correspondante h celle de la braa- ^ cbe femelle. Cette saillie, de forme - triangulaire, a sa base correspondante à l'angle de courbure de l'instrument, son sommet h la
Imlrumeot de Robert et CoUiù. pointe du bcC. Le bord Opposé
de ce bec ne forme aucune saillie, il est complètement droit. L'instrument étant introduit dans la vessie, et le corps étranger saisi entre ses mors, on rapproche ceux-ci en poussant l'une vers l'autre les rondelles de la poignée. Mais à mesure que les mors mftie et femelle s'avancent l'un vers l'autre, leurs bords
CORPS ËTD.UtGEHS TENUS W LEROnS. ks
aiBaDts limitent du cAté du bec un angle de plus en plus petit,
qui cbasse le corps étranger vers la pointe. Mais, tandis que de
te cAté il a l'espace libre, de l'autre il vient
boter contre la saillie que forme le bord
giiiche du bec remcllc, ce qui le fait basculer
et ramène son axe dans celui de la cavité
formée par le rapprochement des becs.
Pour savoir s'il est bien placé, on répète la
manœuvre que j'ai décrite pour l'instrument
de Leroy. Si on ne peut l'extraire, c'est /jfj
qu'il a été pris loin de son extrémité ; alors,
pour le mieux saisir, on peut appuyer cette
pirtie contre la paroi vésicale et agir comme
précédemment, ou bien imprimer aux becs
de légers mouvements de rapprocliement et
d'ëloignement, manœuvre qui rapproche de
plus en plus l'extrémité du bec.
Les instruments que nous venons de décrire (fig. 31, 32, 33, U et 33) sont surtout utiles pour l'extraction des corps longs arrondis et d'un certain diamètre : manche de porte-plume, tuyau de pipe, etc. | [ cj
Mathieu a inventé un instrument (fig. 36) ayant le même but que le précédent, mais d'une construction différente, utile surtout chez la femme, puisqu'il est droit et approprié surtout à l'extraction des corps étrangers droits minces, et, par conséquent, plus ou moins pointus : aif^uille, passe-lacet, etc. Il se compose : 1° d'une <;a;iulc extérieure droite, dont la moitié de la paroi est absente dans l'espace de quatre centimètres, et le tiers dans les cinq centimètres suivants; ii^ùiiitL-ur
2* d'un mandrin muni d'un crochet à son ?°"' pa*>e-iiLui, extrémité vésicale, mandrin qu'on peut faire avancer ou reculer au moyen d'un bouton placé dans lu poignée, ou d'une crémaillère.
L*imtnzni«it étant iÊÊroisâX éams^ h icne, oo fut saQlir le
CTFjchiit a?ec îéfT le-I ôQ i'tflûct* àt saLsT le corp? étranger. Quand r>n y «f^t pflir»r:.n, oa ramène ce «rodi^ daE> le tube, qui attire at?-^ lai tt €î'>rp-? ^mafçr; ouis ceioi-d reocontrant le rebord $ai Ur^: de lextr^iîûté lésîcak da tube, tiodîs qa^il est toujours «ttîpê p%' le proche: vers une paroi qoi aexiste pas, bascule pour ie p.âcer ea kn? dms li canule et s'y cacher tout entier, ce qiii \ft repd de? lor§ facile à eitralre, pcîsqu'il suffit de retirer cette Aernikrt.
yfja?, arrÎTOCi à la q^tairième dasse d'instruments, c'est-àdire à ceux qnî agissent par dupiicaiure. L'instrument de ce genre corre^pciidînl le mieux à l'inàioation. est celui de Courty (fiif. 37). I! est semblable à celui de Mathieu, si ce n'est que le tul>e a 3 s paroir complètes jusqu'à Textrémilé vésicale. Ce tube e<ît trës-résistant, un peu évasé à son extrémité vésicale, où il est encore renforcé. Dans son intérieur, se meut, comme dans le précédent, un mandrin muni d'un crochet, que Ion manœuvre au moyen d'une crémaillère, ce qui permet de déployer une grande puissance. 11 existe un de ces instruments droit et un autre courbe. Le droit est bien plus en usage, car c'est chez les femmes qu'on remploie surtout, puisque c^est chez elles qu'on rencontre principalement les corps étrangers qu'il nécessite : aiguilles, épingle.
L'introduction de l'instrument et la préhension du corps étrangers s'opérant de même que tout à l'heure, n'ont pas besoin d'être décrits spécialement.
Pour retirer les sondes de la vessie, et cette opération était souvent nécessaire autrefois, alors que ces instruments mal fabriqués se brisaient dans l'organe, on se servait de l'instrument de Mercier, qui peut être encore utile pour les cas de ce genre, et ceux où Ton a affaire à un corps moins facile à plier.
C'est une sorte de lithoclaste dont le bec de la branche femelle est percé d'une large fenêtre, tandis gue le bec de la branche mille est muni d'un crochet qui s'emboîte dans les bords de la fenêtre du bec femelle, fortement ramené en avant. On l'introduit, d'ailleurs, comme l'instrument dont il dérive; puis^ les deux branches étant écartées, on saisit entre elles le corps étran-
COare ÉTRANGERS VENUS DU DEHORS. ie1
jtr, w les rapproche et on retira l'instrument. Forcément le wps étranger se plie en deux.
Tous ces instruments sont assurément fort ingénieux, et peuat être parfois très-utiles ; mais que de fois ils ne réussiront it,méme entre des mains exercées, surtout quand lu présence i corps étranger ne sera pas récente, et que déjà il se sera cmsté. Alors que faire, si ce n'est la taille, taille souvent IScile, car on a aflairo il uu corps étranger, au volume
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duquel vient s'ajouter, dans bien des cas, la bizarrerie de l forme ?