‹ Traité des maladies de plomb ou saturninesChapitre 19 sur 51 · COMPLICATIONS. 'X · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS. 'X

mation de l'estomac et de ceux de l'empoisonnement saturnin. En effet, ces deux maladies se dessinent chacune dans leur lieu et place , avec leurs phénomènes caractéristiques accoutumés. Les symptômes généraux ou de réaction , tels que le mouvement fébrile; etc. , dépendent de la gastrite, et non de la colique saturnine. Quelquefois, ces deux affections suivent leur marche accoutumée , presque comme si elles existaient isolément l'une de l'autre.

L'embarras gastrique que les auteurs disent avoir souvent observé comme complication de la colique de plomb, n'est le plus ordinairement autre chose que la forme épigastrique simple de la maladie toxique.

Lorsque l'entérite vient à compliquer la colique, voici les symptômes qui servent le plus communément à déceler leur présence simultanée. Le ventre est un peu bombé , sans être contracté. La douleur tend à se généraliser; mais elle se trouve beaucoup plus vive dans quelques points , tels que l'épigastre ou Thypogastre ; continue et augmentée par la pression d'une manière très-sensible, elle revient cependant par instants beaucoup plus vive. Au moment des exacerbations, on remarque que la compression est bien moins douloureuse; le malade, en effet, se tourne et retourne dans son lit, se couche à plat ventre , se frictionne l'abdomen, etc. ; si les coliques sont vives, elles sont accompagnées et suivies de déjections alvines qui ne procurent aucun soulagement. Le mouvement fébrile, l'état de la langue, ainsi que tous les autres symptômes généraux qu'on observe encore, sont les mêmes que ceux que nous avons dit signaler la gastrite qui vient à compliquer la colique.

Dans le cas de coïncidence de dyssenterie et de colique saturnine, on rencontre une douleur tortillante, exacerbante, qui le plus souvent siège à l'ombilic , et que la pression au moment des accès augmente un peu. Lors des exacerbations,

il y a une agitation générale; le malade pousse des cris, La figure est grippée et offre une teinte jaune terreuse plus ou moins sensible. Il y a des ténesmes douloureux, des épreintes fatigantes , des selles assez nombreuses composées à la fois de scybales et de matières muco-sanguinolentes , qui procurent un soulagement marqué. Les parois abdominales se trouvent tendues et saillantes uniformément. Le ventre a acquis un degré de chaleur sensible; des nausées et des vomissements ont lieu ; la peau est chaude , sèche ou haliteuse, et le pouls fréquent; la langue offre une rougeur et une sécheresse notables.

Lorsque la péritonite et la colique sont associées , voici ce qu'on observe : Le ventre est tendu , volumineux, plein de gaz ou de liquides, d'une sensibilité telle que la moindre pression y détermine des douleurs insupportables, qui par moment se déclarent aussi spontanément et n'empêchent pas alors le malade de changer sans cesse de position dans son lit. Il y a encore des hoquets , des vomissements , une soif vive , une langue sèche, rouge, souvent croûteuse , et de la constipation. Enfin , le pouls est fréquent, mais ni petit ni concentré comme dans la péritonite pure et simple.

La fièvre typhoïde, que nous avons vu se développer chez un cérusier atteint de colique , masqua tellement l'affection toxique, que nous ne pûmes en poursuivre les traces. Stoll et M. Mérat ont vu également la fièvre bilieuse, putride, maligne , compliquer la colique saturnine,

Dans les diverses variétés de complications inflammatoires que nous venons de passer en revue , on observe donc des phénomènes dont la physionomie mixte indique qu'ils sont à la fois la traduction d'une phlegmasie et de la colique.

L'administration des purgatifs drastiques , loin de diminuer les accidents de la complication, les aggrave, tandis que

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