‹ Traité des maladies de plomb ou saturninesChapitre 18 sur 51 · COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS

La colique de plomb peut se compliquer d'autres maladies saturnines ou d'affections totalement étrangères au plomb. Ces complications sont le résultat de l'action du poison sur d'autres points de l'économie; des causes étrangères au plomb peuvent aussi les produire.

Les complications de la colique saturnine sont des maladies qui existent à part d'elle , sur lesquelles le traitement n'agit en aucune façon , et qui cependant modifient sa physionomie.

Maladies saturnines.

La colique de plomb se montre assez rarement seule chez un individu, comme expression symptomatique de l'em-

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poisonncment saturnin. Le plus souvent l'arthralgic, la paralysie et l'eneéphalopathic saturnines compliquent la colique, c'est-à-dire l'accompagnent, la précèdent, lui succèdent ou se développent pendant le cours d'une attaque d'empoisonnement saturnin. Nous avons déjà parlé de ces maladies saturnines comme prodromes de la colique; nous n'y reviendrons pas ici.

Dans nos douze cent dix-sept cas de coliquo de plomb, nous avons eu occasion de constater la présence simultanée de l'arthralgie cinq cent vingt- cinq fois. Dans quarante-quatre cas de colique, il y avait paralysie, et dans trente-cinq cas, encéphalopathie saturnine. L'intoxication saturnine primitive complique presque constamment la colique.

Nous dirons plus tard (voy. Marche et Terminaison) la manière dont se comportent, dans leur marche simultanée ou successive, les diverses maladies saturnines relativement à la colique de plomb.

Maladies du tuée digestif.

Inflammation.— On doit ranger au nombre des complications principales qui peuvent survenir avant la manifestation, pendant le cours ou après la terminaison de l'empoisonnement abdominal, la gastrite, l'entérite, la dyssenterie, la péritonite et la fièvre bilieuse de Stoll, la fièvre typhoïde (putride et maligne des anciens).

Il nous a été donné d'observer quinze individus affectés de gastrite aiguë ou chronique, qui furent consécutivement atteints de colique de plomb. Chez douze malades atteints d'entérite et trois de dyssenterie, les accidents de la colique de plomb se sont développés. Enfin, nous avons pu constater trois fois la péritonite en même temps que la colique de plomb ; la fièvre typhoïde s'est développée chez un ma-

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lade atteint de colique saturnine. A quels signes peut- on reconnaître cette coïncidence qui a été mentionnée, mais non étudiée avec soin par les auteurs ? G'est ce que nous allons chercher à établir.

Dans le cas de complication de gastrite , il peut arriver de deux choses l'une , ou la douleur de colique siège à l'épigastre, ou elle existe dans tout autre point de l'abdomen. Dans le premier cas, la douleur a des exacerbations peu marquées et augmente d'une manière sensible à la pression , ainsi que par l'introduction des boissons et des aliments. Les vomissements se répètent très-fréquemment pendant tout le cours de la maladie; leur retour est provoqué par l'action déboire ou de manger; il a lieu également d'une manière spontanée. Le malade éprouve un sentiment de brûlure continu à l'épigastre , qui par moment se change en une sensation de tortillement ; sa figure alors se grippe , il pousse des cris , change sans cesse de position, se roule dans son lit, se comprime le ventre, etc. La langue est sèche, grosse et recouverte d'un enduit blanchâtre, épais, sous lequel on voit une teinte rouge très-prononcée; sa pointe présente nombre de papilles hérissées. Il y a désir excessif de boissons rafraîchissantes; on constate de l'anorexie , et un dégoût marqué pour toute espèce d'aliments. La constipation existe. Mais les parois abdominales, au lieu d'être déprimées, sont plutôt bombées et nullement contractées. L'urine est rouge , chargée et rare. La peau acquiert une chaleur sèche, acre ; le pouls développé donne cent à cent vingt pulsations. La figure est injectée ; cette coloration rouge des pommettes se marie avec une teinte d'un gris plombé des autres parties de la face. Le malade se plaint de céphalalgie et d'un sentiment de brisement général.

Si la colique siège à l'ombilic ou à l'hypogastre , il est alors plus facile de faire la part des symptômes locaux de l'inflam-

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