JJ
Teinture éthérée de belladone.
goutte xx
Sirop d'orgeat.
Nous remplaçons quelquefois cette potion par le mélange suivant :
Teinte éthérée de belladone. goutte v
Sirop d'orgeat, une cuillerée à café.
Mêlez pour une dose.
Cette préparation de belladone ne se trouvant dans aucune pharmacopée, nous croyons convenable de faire con naître la formule que nous avons donnée pour l'obtenir :
% Poudre de feuilles de belladone. 5 j
Ether sulfurique à 66 degrés. 5 iij
Laissez macérer pendant trois jours.
6°. Cataplasme anti-névropathique. On ordonne un cataplasme de farine de graine de lin , assez grand pour couvrir le ventre; saupoudrez la surface avec le mélange destiné à l'épithème abdominal.
Mode d'application. — Premier jour. Application sur le ventre de l'épithème abdominal et sur les lombes de l'épithème lombaire; le tout maintenu avec un bandage de corps.
Trois frictions, avec le liniment , des parties douloureuses, front, tempes, nuque, membres.
Lavement anti-névropathique aux sujets constipés, un ou deux par jour , suivant l'intensité de la douleur et la durée de la constipation.
Potion anti-névropathique par cuillerées à bouche dans les crises violentes des douleurs.
Pour boisson, eau d'orge gommée, de chiendent gommé,
petit-lait émulsionné, donnés en très-petite quantité; diète absolue.
Deuxième jour, même traitement.
Troisième jour. L'épithème lombaire est laissé en place , attendu qu'il ne produit pas d'éruption.
L'épithème abdominal doit être enlevé du moment où les malades se plaindraient de l'apparition de pustules. On le remplace par un nouveau , si les douleurs ne sont point calmées , et on le rend plus actif en portant à deux gros la dose du tartre stibié.
Du reste, même traitement.
Quatrième jour. Si les douleurs sont calmées, on enlève les deux épithèmes , mais on continue encore le lavement et les frictions. Potages légers.
La persistance des douleurs, ce qui est très-rare, provient du défaut d'action de l'épithème abdominal, ce que l'on reconnaît à l'absence de rougeur et de pustules. Alors inapplication de l'épithème en doublant la dose de tartre stibié.
Cinquième jour et suivants. — Pansement des pustules avec du cérat mélangé avec de l'onguent Rosat ou du baume Geneviève.
Si les douleurs des membres survivent aux souffrances abdominales, on remplace le Uniment par l'épithème stibié, qu'on applique sur toutes les parties douloureuses.
Si des rechutes ont lieu, on recommence complètement le même traitement.
Cent quarante-cinq malades , dit M. Ranque, ont été traités par cette nouvelle méthode ; cent quarante-cinq ont été complètement guéris. Le terme moyen de la guérison a éti de douze jours.
Les deux épithèmes ont pour objet spécial d'agir sur toutes les houpe.s nerveuses qui viennent s'épanouir sous l'épiderme des lombes et du ventre. L'épithème lombaire est se-
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datif; l'épithème abdominal est composé de manière à produire sédation et révulsion. Le lavement et la potion sont destinés à faire cesser l'état tétanique de la portion inférieure du gros intestin.
Dans quatre-vingt-quatre cas de colique de plomb, dont vingt-deux légères, trente modérées et trente-deux violentes, nous avons suivi les effets de l'opium ou hydrochlorate de morphine, administrés seuls sans être associés ni aux purgatifs, ni aux vomitifs, ni aux émollients, etc.
L'opium a été donné à trente-huit malades , à des doses variables depuis deux jusqu'à dix grains, suivant l'intensité et l'opiniâtreté des symptômes. Chaque grain était divisé en plusieurs pilules , qu'on administrait tout le jour et la nuit à des intervalles le plus égaux possible.
L'hydrochlorate de morphine, qu'ont pris quarante- six malades, était administré depuis un jusqu'à sept grains , divisés également en plusieurs pilules, et aux même temps que l'opium.
L'interne du service, la sœur et l'infirmier veillaient à ce que les pilules fussent prises exactement.
Les symptômes des cas de colique de plomb légères ont disparu insensiblement dans l'espace de cinq à ëix jours. Lorsque l'affection était d'une intensité moyenne, elle a cessé au bout de six à sept jours, et enfin, dans les cas de colique violente, les accidents n'ont disparu, terme moyen, qu'a,près huit à dix jours de traitement. Nous avons observé cinq rechutes , quatre cas de paralysie, pendant le cours ou au moment des terminaisons de la colique: et trois fois l'encéphalopathie s'est déclarée.
Vingt-cinq cas de colique, <lont six légères, dix modérées, et neuf très-violentes, ont résisté à cette médication pendant
douze à quatorze jours de traitement. L'emploi des purgatifs a dissipé les accidents.
Mais dans huit cas de colique violente, et deux de colique légère, qui n'avaient pu être guéries par l'usage répété des vomi-purgatifs, l'administration des opiacés a fait cesser dans quelques jours la colique.
ke traitement par les opiacés a évidemment une influence salutaire, plus'marquée sur la marche de la colique, que toutes les médications que nous avons passées en revue. Eu effet, il abrège assez souvent de quelques jours la maladie, rend les rechutes, la paralysie, et i'encéphalopatbie un peu moins fréquentes.
Les partisans enthousiastes àos narcotiques trouveront peut-être notre résultai sur l'efficacité de cette médication trop peu en harmonie avec ce qu'ils ont observé. Mais qu'ils administrent ces médicaments seuls et qu'ils prennent toutes les précautions nécessaires pour apprécier rigoureusement l'influence de ce traitement, et qu'ils fassent toujours la part du repos, (le la diète, et des efforts de la nature médieatrice, dans l'appréciation de J'influence de leur remède favori, ils ser-onl biculôt de notre avis.
M> Andral ayant prescrit quatre grains d'opium h un nommé Duhourg, atteint d'une colique de plomb des plus violentes, nous ne fûmes pas peu surpris de trouver le lendemain ce malade entièrement guéri. Après nous être informé, séparément et avec beaucoup de soin, de l'époque où les accidents avaient commencé à diminuer, Î\J. Andral et moi reconnûmes qu'une amélioration excessivement marquée s'était déclarée deux heures avant la prise de la première pilule d'opium , et qu'à partir de ce moment le mieux avait toujours été en augmentant, malgré l'administration des autres pilules. On cessa l'emploi de l'opium, et cependant les jours suivants la guéjrison se maintint Si ce fait avait été observé par un par-
3^6 COLIQUE SATURNINE.
lisan enthousiaste des opiacés, il n'eût pas manqué de rapporter la guérison au médicament. Plusieurs élèves qui suivaient la visite de M. Andral étaient émerveillés , et chantaient déjà les louanges de ce remède si puissant avant que nous eussions découvert l'époque de la diminution des accidents.
Nous n'avons pas remarqué que l'hydrochlorate de morphine et l'opium aient une influence différente sur la colique de plomb.
Lorsque la guérison est le résultat de l'administration des opiacés, voici ce qui arrive le plus souvent : Au bout de deux à trois jours de l'usage de ces médicaments , les malades se disent un peu soulagés , quoique ne dormant pas et n'allant point à la garderobe. Les jours suivants l'amélioration se continue d'une manière sensible; mais quelquefois le mal reparaît tout-à-coup avec toute son énergie, puis l'amélioration reprend le dessus et la guérison arrive dans l'espace de temps précité. Dans un petit nombre de cas, la guérison arrive très-rapidement dans l'espace de deux à trois jours ; les symptômes s'amendent quelques heures après l'administration d'une grande quantité d'opium.
La guérison s'annonce d' abord par la cessation assez prompte des douleurs, suivie un ou deux jours plus tard de l'évacuation des matières fécales. On est tout étonné de voir les fèces sortir avec autant de facilité.
Les opiacés, administrés à haute dose aux individus atteints de colique de plomb, ne développent pas aussi facilement que dans les autres maladies, les symptômes du narcotisme, tels que l'ivresse, la somnolence, l'agitation, les bâillements, la pesanteur de tête, les rêves, les ténesmes, les sueurs avec démangeaison, les vomissements, la constipation, etc. ; aussi peut-on dans cette affection en donner à doses très-élevéés sans danger.
La difficulté de faire subir un traitement aussi douloureux
et aussi lent que celui de M. Ranque aux malades de l'hôpital de la Charité, qui, sachant qu'on les guérit rapidement à l'aide d'autres médications à peine douloureuses , ne veulent pas endurer les souffrances de cette singulière méthode, nous a empêché de vérifier l'exactitude des faits avancés par le médecin d'Orléans.
Tabac. — Le docteur Graves , de Dublin (the Med. Record, 1827), dit avoir guéri promptement, par des fomentations de tabac faites sur le ventre , des individus atteints de colique de plomb. Mais il faut remarquer que ce médecin administra en même temps des pilules purgatives; il en résulte qu'on ne sait à laquelle de ces deux médications il faut attribuer l'honneur de la guérison. La même incertitude règne sur un cas de colique de plomb que M. Grisolle a vu traiter à l'hôpital Beaujon, et guérira l'aide d'un lavement composé avec deux gros de tabac en décoction et deux onces d'huile de riccin. Ce médecin indique un autre cas où des lavements et des fomentations de tabac , non-seulement ne produisirent aucune amélioration , mais déterminèrent quelques-uns des accidents du narcotisme.
Une seule fois nous avons essayé, pendant deux jours, sans succès aucun , de traiter une colique de plomb violente a l'aide de lavements où entraient deux gros de tabac en décoction. Chez un autre malade atteint d'une colique modérée, des fomentations n'ont pas produit plus d'effet.