‹ Traité des maladies de plomb ou saturninesChapitre 47 sur 51 · L: iaDOTem: s lomb es et de la fesse ont dis · texte numérisé non relu

L: iaDOTem: s lomb es et de la fesse ont dis

: mais cette: :nt devenues encore pins fortes que

les autres ux g "îles d'huile de cr m ; douze à quinte

- ians la jourtk: autres liquides.

Le 3 Mon des douleurs à la colsse quand le malade est

- eillent. et des cram-

èrent. Les élancements et les crampes du jarret, de la plante du pied ont encore ac : las haut degré d'ë

observations. 527

aussi le malade s'agile en tout sens, pleure, etc., au moment des exaccrbations.

Orge miellée ; un quart d'alimentation. Aucun traitement.

Les jours suivants on ne fait non plus aucun traitement. La maladie reste à l'état aigu, mais non au même degré.

Le 5 , bains sulfureux ; amélioration sensible des douleurs et des crampes ; on n'aperpoit pas de sulfure de plomb à la surface de la peau. Sommeil une partie de la nuit, pour la première fois depuis l'entrée à l'hôpital.

Le 6, 7, 8 et 9, continuation des bains sulfureux.

Le 10, les crampes ont presque entièrement disparu; elles ne reviennent plus que lorsque le malade marche ou se tient debout depuis quelque temps. Aussi, la jambe n'est-elle plus fléchie par suite de la contraction spasmodique des fléchisseurs.

Enfin, le 12 novembre, les douleurs et les crampes ont cessé complètement; Rémy, solide sur ses jambes, sort parfaitement guéri de l'hôpital.

Arthr algie violentedes membres inférieurs et supérieurs. — Douleurs temporales. — Insomnie opiniâtre. — Traitement de la Charité; bains sulfureux. — Gucrison. — Durée de l'ictère saturnin.

Labarre (Jean-Henri), figé de quarante-trois ans, d'une trèsforte constitution et d'un tempérament bilieux, menant constamment une vie sobre et régulière, a travaillé trente ans à l'état de peintre en bâtiments. Pendant tout ce temps il n'a jamais été atteint du plus léger accident saturnin. Il y a environ six semaines, manquant d'ouvrage dans sa profession, il fut travailler à la fabrique de minium de Clichy. Au bout de cinq semaines de ce nouveau genre de travail, il commença à ressentir, dans le doigt médius de la main gauche, quelques crampes qui le lendemain envahirent successivement les genoux, les jarrets, les mollets, la plante des pieds, etc. Ces accidents allèrent en aug-

5'i8 ARTIIRAI.GIE SATURNINE.

mentant, et furent bientôt accompagné? de douleurs très-vives qui empêchèrent Labarre de continuer son travail. Alors il entra le sixième jour à l'hôpital delà Charité, salle Saint-Louis, n. 5, le 10 décembre i856.

Etat actuel. Teinte de la face d'un jaune terreux peu prononcé, qui s'étend au reste du tronc, mais d'une manière moins sensible ; conjonctive un peu jaune; urines d'une couleur orangée. Absence déboute espèce de douleur dans le ventre. Le malade a faim, va tous les jours une fois à la garde-robe. Insomnie. Du reste, on n'observe pas le moindre phénomène morbide du côté du cerveau ou de la colonne vertébrale.

Des douleurs lancinantes, continues, mais exacerbantes, diminuées par la pression, point changées par le mouvement, siogent des deux côtés au genou , au jarret , au mollet, à la plante du pied, au pli du coude, au métacarpe, et enfin à la tempe. L'hyperesthesie , qui n'est accompagnée ni de rougeur ni de gonflement des parties, se trouve plus aiguë au jarret et au mollet que partout ailleurs. Au moment des exacerbations, qui arrivent plus souvent que toutes les cinq minutes, le malade change sans cesse de place dans son lit pour tâcher d'alléger ses souffrances, et essaie, à cette intention, d'allonger ses membres, ce à quoi il ne peut arriver; caries muscles sont fortement contractés, comme convulsés; mais bientôt la détente arrive; le calme revient, et les crampes disparaissent avec l'acuité des douleurs. Ces accès reviennent plus fréquemment la nuit que le jour..

Le pouls à quarante-cinq pulsations est dur et régulier. Insomnie opiniâtre.

Les dents et les gencives présententla teinte brunâtre et bleuâtre qui se remarque chez les individus travaillant les préparalions saturnines.

On commence le traitement dit de la Charité.

Le 14 décembre, les douleurs et les crampes ont diminué d'intensité. Toujours insomnie.

On coniinue les jours suivants le traitement de la Charité, auquel ou associe les bains sulfureux.

Le 17, les membres et la tête sont entièrement débarrassés

des douleurs et des crampes. La motililé est bien conservée. En un mot, le malade se trouve tout a fait guéri, et cependant il ne peut s'endormir seulement quelques minutes.

Le 19, la première l'ois, depuis le commencement de son entrée à l'hôpital, le malade dort quelques minutes.

Labarre, après sa guérison, reste dans les salles en qualité d'infirmier. La teinte jaune plombée de sa peau disparut insensiblement, et fit place à une décoloration entière; mais ce résultat ne fut complet qu'à la fin du mois de janvier 1837.

Attaque primitive, colique et arthr algie. — Rechute. Arthralgie violente des membres supérieurs et inférieurs. — Emploi de bains simples et de médicaments calmants. — Guérison.

Tarin, âgé de quarante-quatre ans, taille de cinq pieds trois pouces, cheveux rouges, d'une constitution assez forte, quoique sèche, a fait un service militaire de vingt-trois ans. Plusieurs fois il a été atteint de fluxion de poitrine,' de vérole, etc. Autrefois il faisait beaucoup d'excès, surtout en femmes ; maintenant il mène une vie régulière. Il entra, dans l'hiver de i836, en qualité d'ouvrier dans une manufacture de céruse, où il resta deux mois et huit à dix jours sans éprouver de maladies saturnines. Après sa sortie de cet établissement, il se, plaça dans un magasin où il était occupé à polir des glaces; il n'y contracta pas de tremblement mercuriel. Enfin, le 1" juillet 1857, il fut de nouveau travailler la céruse. Au bout de vingt-sept jours, attaqué d'une violente colique, accompagnée de douleurs des membres supérieurs, il entra à l'hôpital Cochin, où M. Briquet le guérit dans l'espace de cinq jours, à l'aide d'émélo-cathartiques. Après sa sortie de l'hôpital, Tarin resta chez lui huit jours à se reposer, éloigné de tout contact avec les préparations de plomb. A peine ce temps était-il écoulé depuis sa guérison, qu'il fut subitement U 34

53o ARTI1IULGIE S.VTlT.i'IM ..

repris, sans cause connue, de douleurs trt --rives dans les membres, qui l'obligèrent à entrer à l'hôpital de la Charité, salle Saint-Charles, n. 16.

Etat actuel te 9 acût 1807. De chaque côté, au pli du bras et à la face palmaire de l'avant-bras, douleurs de torsion, augmentant par accès, et diminuées parla pression.

Elancements à la partie interne et postérieure de la cuisse. Le jarret, le mollet, ainsi que les faces dorsale et plantaire du pied sont dans les accès le siège de crampes très-douloureuses, que la pression et la marche diminuent par moment; les muscles des parties malades sont très-durs; la jambe et le pied se trouvent fléchis. Lorsque les crampes ont cessé, elles sont remplacées par une sensation de déchirement. On n'observe ni rougeur ni gonflement sur tout le trajet des parties endolories.

Au moment des csacerbations, la figure du malade se grippe; il pousse quelques cris, sort précipitamment ses membres inférieurs de son lit, etc.

Les douleurs des membres inférieurs ont beaucoup plus d'acuité que celles des supérieurs.

On n'observe ni douleurs dans le ventre, ni constipation. Le malade accuse une faim modérée; la digestion se fait bien. Toutes les autres fonctions semblent s'accomplir normalement.

Bain simple. Potion gommeuse avec une once de laurier-cerise et un demi-grain d'bydrochlorate de morphine. Lavement simple. Ce traitement, continué journellement jusqu'au 20 août, triomphe complètement de la maladie saturnine. La guérison a commencé par les membres supérieurs; ce sont les crampes qui ont disparu en dernier lieu.

Avilir algie lioltnie des membres, du tronc et du cou (après un irarail de cinq joàrs au miniiwi).— Colique.— Bains sulfureux. — Guérison.

>~audio (voy. Encéphalopathie saturnine, observation 11),

OHSi:l'.VATlo\> ô,ïl

après être sorti île l'hôpital tic In Charité parfaitement guéri, d'une colique saturnine, Put, au bout de quelques jours de repos, trarailler de nouveau au minium à Clichy. Cinq jours s'étaient à peine écoulés, qu'il fut atteint de douleurs très-aiguës dans les membres; bientôt aussi des symptômes de colique se déclarèrent; cette double affection saturnine le fit entrer de nouveau à l'hôpital delà Charité, salle Saint-Michel, n° 3a, le 22 janvier 1 857.

Etat actuel. — Toute la peau se trouve imprégnée de minium. Douleurs dilacérantes, sans rougeur ni gonflement, augmentées par le mouvement, diminuées par une pression douceetuniforme, exacerbantes, occupant toute la profondeur et toute l'étendue des membres inférieurs , mais plus vives au jarret, au mollet et à la plante des pieds qu'à la cuisse et au reste de la jambe et du pied. Aux extrémités thoraciques, les douleurs sont plus aiguës vers l'épaule, au pli du coude, que dans les autres points du membre également endoloris.

Le col, les parois pectorales, le dos et les lombes sont aussi le siège de douleurs. Quoique le mouvement augmente ses souffrances, le malade change sans cesse de position pour tâcher d'en modérer l'acuité, ce qui prouve que ce moyen les exaspère peu. Le plus habituellement les jambes sont fléchies sur les cuisses et les avant-bras sur les bras, en même temps le tronc est ramassé sur lui-même. Cette position semble être la plus supportable. Les mouvements du col sont gênés; le malade tient la tête presque immobile. Par moments , les douleurs acquièrent tant d'énergie, que le malade pleure, se lamente, et qu'une agitation générale s'empare de tout son corps. Les fonctions digestives et urinaires sont dans le meilleur état possible. Teinte de la face d'un jaune cire. Pouls de soixante à soixante-cinq pulsations. Bonne chaleur de lu peau. Les autres fonctions ne nous offrent rien de particulier à noter. Bain sulfureux.

Le y5, un peu de soulagement ; bain sulfureux. Le 24, continuation de l'amélioration. Bain sulfureux. Le 25, les douleurs des membres et du troue ont complètement cessé. Cependant les jours suivants, on n'en continue pas moins l'administration des bains sulfureux.

532 ARTIIRALGIE SATURNINE.

N. B. Nous avons fait arriver, ù plusieurs reprises, un courant de gaz hydrogène sulfuré sur les urines et la salive de ce malade, jamais nous n'avons vu se former du sulfure de plomb.

Arthralgie violente des membres supérieurs. — Bains sulfureux. — Guérison.

Montreuil, âgé de quarante ans, d'une forte constitution, habituellement bien portant, imprimeur en lettres depuis son enfance, puisqu'en 1809 il commença à exercer son état. Auront de cinq ans de travail, il ressentit une première attaque de colique de plomb; la seconde colique arriva en 1821. Depuiscette époque jusqu'en 1 855, il a toujours été soldat. Cet homme, qui s'adonne à toute espèce d'excès, fut pris vers le i5 décembre 1806, de douleurs très-fortes dans les membres inférieurs, pendant qu'il était occupé à peindre une porte. Cette maladie le força d'eutrer à l'hôpital de la Charité, salle Saint-Louis, 22, le 18 décembre i836.

Etat actuel. — Des douleurs lancinantes , sans rougeur ni gonflement, diminuées un peu par des frictions, et augmentées légèrement par le mouvement, occupent toute l'épaisseur de la partie inférieure de la cuisse de chaque côté, le genou, le mollet et le dos du pied. Quelquefois, au lieu d'élancements, ce sont des crampes qui se déclarent tout-à-coup; alors le malade cherche à exposer les parties endolories au froid, et pour cela il saute hors de son lit; mais la jambe étant rétractée en ce moment, il ne peut l'allonger assez pour se tenir debout ou marcher. Ces crampes et ces douleurs, aussi fortes le jour que la nuit, s'exaspèrent environ toutes les heures; dans l'intervalle des exacerbations , il y a seulement un sentiment de constriction tout îe long du membre, et le malade peut marcher un peu; il ne ressent aucune faiblesse dans son membre , dont tous les mouvements sont parfaitement conservés.

OBSUUVATtOKS. 000

Nulle part ailleurs le malade ne ressent de douleurs. Les fonctions intellectuelles, digestives, urinaires et respiratoires sont en bon état. Pouls à soixante-cinq pulsations, régulier et souple. Les bains sulfureux employés pendant cinq jours enlèvent les douleurs et les crampes des membres inférieurs.

Arthralgie violente des membres supérieurs et inférieurs. — Bains simples et de vapeur; insuccès. — Eau de Sedlitz et bains sulfureux. Guérison.

Lybor, âgé de cinquante-deux uns, d'un tempérament nerveux et d'une constitution encore assez forte , est broyeur d? couleurs depuis vingt-cinq ans. Il n'a jamais eu d'autres mata dies que des fièvres d'accès. Quelquefois il travaille et fatigue beaucoup ; il éprouve de temps en temps de légères coliques qui se dissipent bien vite d'elles-mêmes et ne sont point accompagnées de constipation ; à de longs intervalles il se plaint aussi de crampes dans les mollets et les jarrets. Le i'rjanvieri855, il ressentit des picotements dans les membres tant inférieurs que supérieurs, accompagnés d'un sentiment prononcé de lassitude; le moindre travail exaspérait les douleurs Une insomnie continuelle se déclara aussi. Le mal allant chaque jour en augmentant, Lybor fut bientôt obligé d'abandonner ses occupations, et d'entrer à la Charité, salle Saint-Michel, n° 28, le 17 janvier i855.

Etat actuel. Des douleurs picotantes, accompagnées d'un sensentiment de constriction et d'engourdissement , siègent dans les membres supérieurs et inférieurs; elles s'exaspèrent de cinq minutes en cinq minutes environ, diminuent par la chaleur du lit, augmentent légèrement par lemouvement sans éprouver le moindre changement à la pression. La douleur est plus aiguë à la partie interne des cuisses, aux jarrets, aux mollets et à la plante des pieds que partout ailleurs; aux membres thoraciques elle semble partir comme un trait de l'épaule pour aller s'irradier jus-

554 ARTHBALGIE SATURMNE.

qu'aux extrémités des doigts. Les parties endolories nullement rouges ni gonflées, sont fort sensibles au froid; le malade s'imagine qu'un liquide glacial coule dans ses veines. La nuit, la douleur a plus d'acuité que le jour. Les dents et les gencives présentent les altérations propres aux ouvriers qui travaillent le plomb. La figure, un peu ridée et fatiguée, offre une teinte d'un jaune terreux. Les autres fonctions de l'économie s'accomplissent comme dans l'état de santé.

Bains simples, puis de vapeur pendant huit jours; alternatives d'augmentation et de diminution des douleurs. Alors emploi de bains sulfureux, précédé de l'administration d'une bouteille d'eau de Sedlitz; au bout de huit jours laguérison fut complète.

Cet homme, dans le but d'éviter les maladies saturnines, mène une vie très-régulière ; jamais il ne fait de ribote, ni d'excès de femme. II a soin de se tenir le plus propre possible, en se lavant jusqu'à cinq à six fois par jour la face et les mains. Un tablier de cuir recouvert d'un autre de toile, l'enveloppe depuis les pieds jusqu'à la tête. Enfin, fréquemment il fait usage de lait. Son maître, qui ne prend pas toutes ces précautions, est souvent atteint de colique de plomb.

Arthraigie violente des membres inférieurs. — Colique légère. — Usage de bains sulfureux. — Guérison.

Alexandre, peintre en bâtiments (voyez, pour antécédents, observation ix de colique), éprouva, les derniers jours du mois de mai i854> de violentes douleurs de tête du côté gauche, avec quelques vomissements sans colique. Lo cinquième jour de ces accidents, il se mit les pieds dans un pédiluve sinapisé, et dans moins d'une demi-heure, la douleur de tête si violente, disparut; mais d'autres douleurs se déclarèrent aux pieds. L'arthralgie se maintiut très- vive jusqu'au i(\ juin 1<S54, époque à laquelle cet

QBSlillVATIONS. 555

homme vint à la consultation de la Charité, où je constatai l'état suivant:

Le malade accuse des douleurs très-aiguës à partir du genou jusqu'à la plante des pieds, qui sont beaucoup plus vives dans cette partie que partout ailleurs. Le dos des pieds, les talons, les mollets, les jarrets çt un peu les genoux, sont douloureux à un degré proportionnel à l'ordre dans lequel je viens de les nommer. La douleur est déchirante, exacerbante, augmentée par la marche et le mouvement, diminuée par le repos, mais nullement changée par la pression; elle s'accompagne d'un sentiment de chaleur ardente, sans aucune rougeur ni gonflement, qui fait que le malade essaie sans cesse de mettre ses membres souffrants en contact avec des corps réfrigérants; la chaleur du lit accroît la douleur. De temp9 en temps des crampes douloureuses se font sentir aux mollets et à la plante des pieds. Quelquefois aussi ces derniers sont envahis par des picotements et des fourmillements. Dans d'autres instants il éprouve comme des tressaillements, des secousses, des commotions électriques qui passent par tout le corps, et surtout par les membres inférieurs. L'arthralgift est plug vive la nuit que le jour. Enfin, le malade se sent très-fatigué, comme courbaturé de la durée de douleurs si violentes.

Au moment oà nous prenions des notes sur ce malade, il est pris d'un accès. Alors il se couche par terre, se roule en tous sens, se met dans toutes les positions, comprime avec les mains ses pieds, ses mollets, ses genoux, pousse des gémissements, demande du secours; sa figure grippée exprime la plus vive angoisse; toutpréoccupé de sa douleur , il peut à peine nous répondre. Au bout de trois à cinq minutes, le calme revient un peu,et le malade semble exténué ; il peut à peine se tenir sur les jambes.

Les mouvements sont conservés; mais ils peuvent difficilement s'exercer, à cause de la douleur qui modère leur promptitude, et limite leur étendue. Le malade, pendant les exacerbations, peut à peine se tenir debout quelques minutes, tellement il souffre.

Le sommeil a disparu complètement depuis l'arrivée de l'ar-

53C> ARTilRYLGIE SATURNINE.

thralgie. Aussi les traits du visage se trouvent un peu retirés, et les yeux gros et rouges. La peau de la face et du tronc a acquis une teiote terreuse, plombée. La langue est recouverte d'une couche jaunâtre, épaisse. L'appétit a diminué un peu. Le ventre est souple , cependant la digestion ne se fait plus aussi facilement qu'en santé , et il y a quelques rares et légères coliques; tous les deux jours, selles composées de matières noires et épaisses. Rien d'anormal du côté des appareils urinaire et respiratoire. Le pouls, assez développé, est un peu lent. Le malade n'accuse pas la plus légère douleur vers la tête; il jouit de toute l'étendue de son intelligence.

Alexandre est reçu dans le service de M. Lerminier, où, sous l'inflence de bains sulfureux administrés pendant huit jours, l'arthralgie disparaît complètement, ainsi que le léger dérangement fonctionnel du côté du tube digestif.

Arthr algie des membres inférieurs, douleurs des parois ihoraciques et abdominales , à la suite de la colique disparue depuis quelques jours. — Bains sulfureux. — Guérison.

"Weber, peintre en bâtiments, d'une constitution un peu sèche, âgé de vingt-huit ans, a été atteint de plusieurs coliques de plomb, avecquelques douleurs des membres, depuis six ans qu'il travaille à son état. Les premiers jours d'août i854> *J éprouva les avantcoureurs d'une colique qui le fit entrer le 8 du même mois à l'hôpital de la Charité, salle Saint-Michel, n. 7. La colique modérée céda facilement à un traitement composé d'huile de croton et de lavements purgatifs des peintres. Le malade, guéri depuis deux jours, se disposait à sortir de la Charité le i5 août, lorsque tout-à-coup il sentit dans les genoux et la plante des pieds des douleurs vives, dilacérantes, augmentées par le mouvement, lu chaleur du lit, diminuées par des frictions légères, accrues, au

contraire, par une forlc pression. Par moment les douleurs reviennent plus aiguës et s'aceomp;ignent alors de crampes dans les pieds. On n'observe ni rougeur ni gonflement anormaldes membres endoloris. Les parties antérieure et latérale des parois thoraciques se trouvent être le siège d'élancements revenant plus vifs par moments; souvent alors le malade y éprouve un sentiment de constriction; il ne peut dilater suffisamment sa poitrine; les douleurs l'en empêchent. On compte vingt-cinq inspirations par minute. Les parois abdominales elles-mêmes sont le siège de douleurs violentes, d'élancements exacerbants; Lorsque le malade , étendu dans son lit , vient à fléchir la tête sur la poitrine, ce mouvement rappelle ces élancements; Weber lui-même dit que les souffrances qu'il éprouve maintenant sont fort différentes de celles qu'il a ressenties il y a quelques jours, et qu'elles sontbeaucoup plus superficielles. Du reste, les voix digestives et urinaires sont en fort bon état; le malade prend des aliments, boit comme dans l'état de santé; la langue est belle. Ce matin, il y a eu une selle fort abondante. Le pouls est à soixante-cinq pulsations, souples et régulières.

Bain sulfureux.

Le 16, augmentation des douleurs des genoux; diminutionde celles de la plante des pieds ; même état des parois abdominales et thoraciques.

Bain sulfureux.

Le i5, augmentation des douleurs de toutes les parties affectées, à l'exception de celles de l'abdomen. — Bain sulfureux.

Le 18, les douleurs des genoux ont cessé; celles des pieds sont plus vives qu'elles n'ont jamais été; les parois thoraciques et abdominales ne sont plus atteintes de douleurs. La respiration s'exécute avec facilité et avec toute son étendue normale. — Bain sulfureux.

Le 19, légère diminution des douleurs de9 pieds. — Bain sulfureux.

Le 20, guérison.

538 ARTHRALG1E SATURNINE.

Arthralgie légère des membres inférieurs , douleurs violentes de ta face et de ta tête. Otalgie. — Sangsues. Insuccès. — Bains sulfureux. Guérison. — Paralysie du poignet.

Launey (voy. pour antécédents Obs. i de l'encéphalopathie saturnine, t. 11), peintre en bâtiments, entra, le 7 juillet 1837, dans la salle Saint-Louis de la Charité, pour se faire traiter de douleurs qu'il ressentait depuis huit jours dans les membres, la face et la tête.

Etat actuel. — Les deux côtés de la face sont le siège d'élancements, accompagnés souvent de crampes que la compression n'augmente pas, mais que le mouvement accroît. La douleur est plus vif e auxjoues que partout ailleurs; elle ne s'étend point dans les narines,dans les yeux, la langue et les dents; mais elle se propage dans l'oreille; le malade, outre la sensation d'élancements, éprouve encore un bourdonnement presque continu dans le conduit auditif; aussi l'ouïe est en partie détruite. La partie supérieure de la tête est affectée de douleurs dilacérantes, revenant par moments, comme celles de la face, plus fortes par accès, et diminuées un peu par la pression. On ne découvre ni rougeur, ni gonflement, ni chaleur morbide des parties endolories. Les douleurs de la face et de la tête deviennent si violentes par moment qu'elles font jeter les hauts cris au malade.

Les genoux, les mollets et la plante des pieds sont par moments le siège d'élancements que la chaleur du lit et la compression diminuent. Pendant la rémission, le malade accuse dans ces parties un simple sentiment de constriction.

Eonne chaleur de la peau. Pouls à soixante-dix pulsations. Les organes respiratoires, digestifs et uriuaires remplissent parfaitement leurs fonctions.

Douie sangsues aux apophyses mastoïdes.

Le 8, les douleurs des membres inférieurs augmentent un

OBSERVATIONS. 5»5q

peu; celles de la tête existent au môme degré qu'hier- — Bain sulfureux.

Le 9, les accjdents du côté de la face ont un peu diminué. — Bain sulfureux.

Le 10, le bourdonnement d'oreille a cessé; les élaneem entsde lafacesontremplacéspar un sentiment de raideur. Il n'yaplus de crampes. Les douleurs du cuir chevelu et des membres inférieurs sont à peu près au même degré. — Bain sulfureux.

Le 11, disparition des douleurs de la tête et de la face; engourdissement de ces parties. L'ouïe est redevenu aussi fin que dans l'état de santé. Les genoux et les mollets ne sont plus douloureux. — Bain sulfureux.

Le 12, le malade ne gouffre plus nu}Ie part, Léger tremblement de rayant-bras droit. Les jours suivants, paralysie du muscle extenseur commun des doigts de ce côté, mais sans lésion de la sensibilité.

Colique, — Arthralgie des membres supérieurs et des tombes. — Eau de Sedlitz, bains sulfureux. Guérison. — Paralysie.

Un broyeur de couleurs de forte constitution, après avoir travaillé six semaines à son état, éprouve des coliques très-fortes. Pour combattre cette affection il prend seulement deux bouillons de veau aux herbes. Pendant quinze jours que durent ces souffrances cruelles, il ressent à peine quelques douleurs légères dans les membres. Mais, à celte époque , les accidents du côté du ventre cessent tout-à-coup^et des douleurs aiguës s'emparent des membres supérieurs. Alors cet homme se décide à entrer à la Chanté, salle Saint-Michel, n. 55, le 9 mars 1 855.

Etat actuel. — Douleurs térébrantes dans toute l'étendue de la face palmaire de l'avant-hras, ainsi qu'an pli du coude et à l'aisselle ; le bras n'est point douloureux. La pression douce et modérée allège les souffrances, tandis qu'une forte compression en

540 ARTIIR ALGIE SATURNIKK.

augmente un peu l'acuité. Quoique continues, elles reviennent par accès beaucoup plus fortes; alors le malade se serre les avantbras avec les mains ; prie ses camarades de les lui lier avec des cordes, son mouchoir, etc. Il sort ses membres de son lit, pour les y cacher un instant après. Tantôt il va appliquer ses bras sur les points les plus chauds du poêle; d'autres fois il les fait arroser d'eau froide. Ce malheureux dit qu'il sent un liquide glacé couler dans ses veines, que ses os sont rongés, etc. Lorsque les accès sont violents, l'avant-bras devient dur, tendu à sa face palmaire, des crampes ont lieu; le mouvement provoque leur retour.

La région lombaire de la colonne vertébrale et les masses musculaires des lcmbes sont le siège d'élancements, et de crampes qui reviennent plus intenses par crise^, que la pression diminue, mais que le mouvement augmente. Aussi quand le malade veut se ployer, se mettre en double ou marcher, il est arrêté dans ces mouvements par la douleur.

Dans toute l'étendue des parties endolories, il n'y a ni rougeur ni tuméfaction morbides.

Les voies digestives et urinaires sont dans le meilleur état. Le ventre est souple. Le malade a faim, les digestions sont bonnes; depuis deux jours il va à la garde-robe une fois dans vingt-quatre heures. Les urines sont excrétées aussi abondamment et aveo autant d'aisance que dans l'état de santé. Teinte jaune terreuse de la face et du tronc peu prononcée , ainsi que la couleur noirâtre ou bleue des dents et des gencives. Pouls à quatre-vingts pulsations, assez larges, mais souples. Bonne chaleur de la peau. La respiration s'exécute avec la plus grande aisance. On compte vingt inspirations par minute. Absense de céphalalgie. Insomnie.

Eau de Sedlitz.

Trois à quatre selles.

Le îo, augmentation des douleurs de la région lombaire; le malade y souffre tant, qu'étendu tout de son long, il ne peut se remuer pour s'asseoir dans son lit, se ployer, etc. On est obligé de le faire boire et manger. Même état des souffrances des bras.

OBSERVATIONS. 54l

Eau de Scdiitz. Deux à trois selles.

Le 1 i,Ies douleurs des membres et des lombes ont encore plus de violence qu'hier. — Bain sulfureux.

Le 12) aucun changement. — Bain sulfureux.

Le i5, diminution considérable de la douleur des lombes; disparition de celles de l'aine : même intensité de celles des avantbras. — Bain sulfureux.

Le i4, cessation presque complète des douleurs des avantbras, mais tremblement et flexion légère du poignet et des doigts; le malade éprouve quelque difficulté à les relever complètement pendant quelque temps. Les douleurs des lombes continuent à diminuer. Bain sulfureux.

Le i5, retour des douleurs à la face palmaire de l'a vautbras et au pli du coude. Le poignet et les doigts se fléchissent de plus en plus. — Bain sulfureux.

Le 16, la paralysie augmente ; les douleurs restent les mêmes. — Bain sulfureux.

Le 17, flexion permanente des poignets et des doigts; douleurs térébrantes avec crampes à la face palmaire des doigts. La face dorsale de l'avanl-bras n'est pas le siège de la moindre souffrance. — Bain sulfureux.

Le 18. grande diminution des douleurs ; elles ne consistent plus qu'en un sentiment de constriclion. Cessation des crampes — Bain sulfureux.

Le 19, disparition des douleurs. La paralysie reste la même; on la traite et on la guérit à l'aide de la strychnine administrée à l'intérieur et suivant la méthode endermique. Pendant tout ce temps, les douleurs des avant-bras ne reviennent plus.

Page 1