INTRODUCTION. XVII
ralysie et l'cncéphalopalhic peuvent également ouvrir ou fermer la scène de l'empoisonnement.
Quoique les diverses formes de l'empoisonnement saturnin n'aient aucune iulluence directe et réciproque sur leur développement , on est cependant obligé de convenir qu'une maladie de plomb prédispose aux autres, puisqu'elle indique la présence du plomb dans l'économie , qui devient passible de tous les désordres que peut entraîner ce poison : or, la colique étant la maladie saturnine la plus commune , il n'est pas étonnant que les individus atteints des autres affections saturnines soient affectés , souvent en même temps, de colique.
La violence de l'une des maladies saturnines ne détermine pas plus facilement le développement des autres formes de l'empoisonnement , que si elle était modérée ou légère. Ainsi , l'on doit se garder de croire qu'à la suite d'une colique atroce on verra plus fréquemment se développer l'arthralgie, la paralysie ou l'encéphalopathie, que dans les cas de colique modérée et légère.
Des maladies de plomb semblables ou fort différentes peuvent se développer chez le même individu à diverses époques. L'espèce d'affection saturnine antérieure ne décide rien sur la forme de celle qui pourra se déclarer plus tard.
Ainsi , nous supposons un sujet une première fois atteint de colique ; la deuxième fois ce sera encore la colique, ou bien l'arthralgie, la paralysie , l'encéphalopathie , qui traduiraient chez lui l'empoisonnement saturnin. Cependant les circonstances n'ont pas changé pour lui , et aucun changement apparent ne s'est opéré
XVII i IXTUODICTION.
dans l'organisme; d où vient donc que la manifestation de la présence du plomb dans l'économie ne soit plus la même?
Il y a un petit nombre d'individus qui , chaque fois que le plomb développe en eux des accidents morbides, sont toujours frappés, les uns d'encéphalopathie , les autres de paralysie, ceux-ci d'arthralgie , ceux-là de colique saturnine. D'où vient cette plus grande disposition à être atteint plutôt d'une forme de l'empoisonnement saturnin que d'une autre? Est-ce à une disposition particulière de l'organisme, au mode d'absorption du plomb, à sa quantité ou à sa qualité? C'est une question que nous aurons soin de discuter.
C'est une chose fort remarquable que sur cent individus placés en contact avec le plomb dans des circonstances en apparence les mêmes, les uns soient pris de colique, les autres d'arthralgie, ceux-ci de paralysie, ceux-là d'encéphalopathie saturnines, etc.
Ce qui précède prouve suffisamment que la colique, l'arthralgie, la paralysie et l'encéphalopathie saturnines sont des maladies distinctes, indépendantes les unes des autres , qui peuvent traduire isolément l'empoisonnement saturnin, et qu'elles ne sont point des effets sympathiques ou consécutifs de la maladie de plomb la plus fréquente, la colique. De ce que les ouvriers qui travaillent le mercure sont souvent affectés de tremblement des membres, de stomatite, de salivations, de coliques, etc., en conclut-on que lune de ces affections est la suite de l'autre? ?s en certainement; ce sont des maladies, comme celles produites par le plomb, qui ont une commune origine.
Les diverses maladies salui nines occupent des organes